La COP 21 : Et maintenant ? // COP 21 : What now ?

drapeau-francaisLe 12 décembre 2015 rentrera-t-il dans l’histoire ? Cela dépendra de ce que chaque pays va en faire ! Comme le déclarait le Président Obama samedi soir, « le problème n’est pas résolu grâce à l’accord de Paris ».
Les 195 Etats parties à la conférence ont un an pour signer l’accord conclu au Bourget. Ensuite, les parlements nationaux devront le ratifier avant qu’il entre en application en 2020. Le texte sera probablement rejeté par le Congrès américain à dominante républicaine climato-sceptique. C’est pour cela que les Etats-Unis voulaient que les engagements soient volontaires et non contraignants.
De leur côté, la Chine et l’Inde, ainsi que d’autres pays en voie de développement, veulent conditionner leurs engagements à l’assurance qu’ils bénéficieront de milliards de dollars pour mener à bien la transition de leur économie des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.
L’accord de Paris pourrait donc rester un simple bout de papier, tout comme les plans proposés par la plupart des pays pour réduire leur pollution. Le point qui me chagrine le plus concerne la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales dès que possible », alors que des versions antérieures retenaient – sur les conseils du GIEC – un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays ont été retirées du texte final.
L’Organisation Météorologique Mondiale a averti que le réchauffement de la planète a déjà atteint près d’un degré. Même s’ils étaient respectés, les engagements de réduction des gaz à effet de serre annoncés par la quasi-totalité des pays placeraient la Terre sur une trajectoire de +3°C, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.
S’agissant de la révision de l’accord tous les cinq ans, il ne fait guère de doute que ce sera insuffisant. Il aurait fallu que les Etats soient plus exigeants sur ce point.
L’accord méritait-il une « standing ovation » ? Oui, car la COP 21 a révélé une prise de conscience globale de la catastrophe climatique qui nous guette. Non, car les mesures envisagées sont beaucoup trop timides pour lutter contre le réchauffement de notre planète. Nos enfants et petits-enfants ont du souci à se faire…

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drapeau-anglaisWill December 12th become part of human history? This will depend on what each country will do now! As stated by President Obama on Saturday night, « the problem is not solved by the Paris agreement. »
The 195 States involved in the conference have a year to sign the Le Bourget agreement. Then the national parliaments will have to ratify it before it comes into effect in 2020. The text is likely to be rejected by the US Congress and its climate-skeptic Republican majority. This is the reason why the United States wanted the commitments to be voluntary and non-binding.
For their part, China and India, and other developing countries, want to condition their commitments to the assurance that they will benefit from billions of dollars to complete the transition of their economies from fossil fuels to renewable energy.
The Paris agreement could therefore remain a mere piece of paper, like the plans proposed by most countries to reduce their pollution. The point that bothers me most regards the weak long-term goal of reducing global emissions of greenhouse gases. It is only intended to target « a peak in global emissions as soon as possible », while earlier versions retained – on IPCC advice – a downward target of 40% to 70% or even 70% to 95% in 2050. These statements, deemed too restrictive by some countries, were removed from the final text.
The World Meteorological Organization has warned that global warming has already reached nearly one degree. Even if they were respected, the commitments to reduce greenhouse gases announced by almost all countries would put the Earth on a trajectory to + 3 ° C, with dramatic consequences that are easy to imagine.
Regarding the revision of the agreement every five years, there is little doubt that it will be insufficient. The States should have been more demanding on this point.
Dis the agreement deserve a « standing ovation »? Yes, because the COP 21 revealed a global awareness of the climate catastrophe that threatens us. No, because the proposed measures are too timid to fight against global warming. Our children and grandchildren will be confronted with many dangers…

Glacier-melting

Photo: C. Grandpey

La COP 21 : Un accord ambitieux ? Pas si sûr ! // An ambitious agreement? Not so sure !

drapeau-francais« Un accord différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant. » C’est en ces termes que le président de la COP21, Laurent Fabius, avait présenté l’accord universel sur le climat qui vient d’être adopté par les 195 Etats parties à la conférence.
L’adoption a été suivie d’une « standing ovation » qui ne veut pas forcément dire que l’accord est parfait, tout comme la « ola » pendant un match de football ne signifie pas forcément que le match est de qualité.

Selon la plupart des observateurs, l’accord est plus ambitieux que l’objectif initial de la COP21, qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. Il prévoit de le maintenir « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels » et de «poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C ».

Toutefois, ce volontarisme est contrebalancé par la faiblesse de l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales. Il est seulement prévu de viser « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ». Des versions antérieures retenaient un objectif de baisse de 40 % à 70 %, ou même de 70 % à 95 %, d’ici à 2050. Ces mentions, jugées trop contraignantes par certains pays (suivez mon regard !), ont été gommées. A plus long terme, « dans la seconde moitié du siècle », l’objectif est de parvenir à « un équilibre entre les émissions d’origine anthropique et leur retrait de l’atmosphère par des puits de carbone comme les océans et forêts ».
Rappelons que le GIEC juge nécessaire de baisser de 40 % à 70 % les émissions mondiales d’ici à 2050, pour éviter un emballement climatique incontrôlable.
Sur ce point précis, extrêmement important, il n’est pas du tout certain que la COP 21 soit un succès.

La différenciation des efforts financiers qui doivent être demandés aux différents pays, en fonction de leur responsabilité historique dans le changement climatique et de leur niveau de richesse ou de pauvreté a, cette fois encore, révélé l’opposition entre Nord et Sud.
Les pays du Nord avaient promis à ceux du Sud, en 2009, de débloquer en leur faveur 100 milliards de dollars par an, d’ici à 2020. Les nations pauvres veulent davantage, après 2020, pour faire face aux impacts du dérèglement climatique, sécheresses, inondations, cyclones et montée des mers. Le texte entrouvre une porte, en faisant de ces 100 milliards « un plancher », qui est donc appelé à être relevé. C’est une nette avancée, même si elle laissera les pays pauvres sur leur faim.

Sur le sujet très sensible de la compensation pour les pertes et dommages pour les pays les plus menacés par le dérèglement climatique, l’accord reconnaît l’importance de prévenir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique, incluant les événements extrêmes et les événements à évolution lente tels que la montée des eaux. Mais il exclut toute « responsabilité ou compensation » des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement.

Les engagements seront revus tous les cinq ans. C’est un point essentiel de l’accord. A ce jour, cent quatre-vingt-six pays, sur cent quatre-vingt-quinze, ont remis leurs contributions qui, additionnées, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement d’environ 3 °C. Ces engagements seront annexés à l’accord, mais ils n’en font pas partie stricto sensu. Etant volontaires, ils n’ont pas de valeur contraignante.
Le texte prévoit un mécanisme de révision de ces contributions tous les cinq ans, donc théoriquement à partir de 2025, l’accord global devant entrer en vigueur en 2020. Pour les ONG, le rendez-vous de 2025 est beaucoup trop tardif.
L’accord, pour entrer en vigueur en 2020, devra avoir été ratifié, accepté ou approuvé par au moins cinquante-cinq pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais, « à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de l’accord », tout pays pourra s’en retirer, sur simple notification.

Source: Différents organes de presse.

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drapeau-anglais« The agreement is differentiated, fair, sustainable, dynamic, well-balanced and legally binding. »It was with these words that the president of COP21, Laurent Fabius, had introduced the universal climate agreement which has just been adopted by the 195 States involved in the conference.
The adoption was followed by a « standing ovation » that does not necessarily mean that the agreement is perfect, just like the « ola » during a football game does not mean the game is quality.

According to most observers, the agreement is more ambitious than the initial objective of the COP21, which was designed to contain global warming to below 2°C. It plans to maintain it « well below 2°C above pre-industrial levels » and « continue efforts to limit the temperature rise to 1.5°C. »

However, this volunteerism is counterbalanced by the weak long-term goal of reducing global emissions. It is intended to target only « a peak of global emissions of greenhouse gases as soon as possible. » Earlier versions were holding down a target of 40% to 70% or even 70% to 95% by 2050. These statements, deemed too restrictive by some countries, have been erased. In the longer term, « in the second half of the century », the goal is to achieve « a balance between anthropogenic emissions and their removal from the atmosphere by carbon sinks such as oceans and forests. »
It is important to remember that the IPCC considers necessary to drop from 40% to 70% the global emissions by 2050 to avoid an uncontrollable climate change.
On this point, which is extremely important, it is not at all certain that the COP 21 was a success.

The differentiation of the financial efforts that have to be applied to different countries, based on their historical responsibility for climate change and their level of wealth or poverty, once again, revealed the contrast between North and South.
In 2009, Northern countries had promised the South to grant them $100 billion per year by 2020. Poor nations want more, after 2020, to address the impacts of climate change, droughts, floods, cyclones and rising seas. The new text is a progress, making the 100 $ billion a « floor » (ie, a minimum) which could be raised in the future. This is a clear advance, although it will leave poor countries dissatisfied.

On the very sensitive issue of compensation for losses and damages for the countries most threatened by climate change, the agreement recognizes the importance of preventing, minimizing and addressing loss and damage associated with the adverse effects of climate change, including extreme events and slow onset events such as the rising waters. But it excludes any « liability or compensation » of the North to the damage suffered by developing countries.

The commitments will be reviewed every five years. This is a key point of the agreement. To date, one hundred eighty-six countries out of one hundred ninety-five, have presented their contributions which, added together, are putting the world on a warming trend of about 3°C. These commitments will be annexed to the agreement, but they will not be part of it, strictly speaking. As volunteer initiatives, they have no binding force.
The text provides a review of these contributions every five years, so theoretically starting from 2025, and the global agreement will be enforced in 2020. For NGOs, 2025 is far too late.
The agreement, due to take effect in 2020, must previously be ratified, accepted or approved by at least fifty-five countries representing at least 55% of global emissions of greenhouse gases. But « at any time after a period of three years from the enforcement of the Agreement, » any country may withdraw, upon notification.

Source: Various media outlets.

François Hollande en Islande // François Hollande in Iceland

drapeau francaisFrançois Hollande a fait un saut en Islande vendredi dernier pour voir les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, avant la COP 21 qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Il est allé voir le glacier Solheimajokull où la glace a reculé de plus d’un kilomètre depuis 1931.
La fonte des glaciers d’Islande augmente les risques d’inondation et est susceptible de menacer l’approvisionnement en énergie qui est principalement hydroélectrique dans ce pays. Il faut savoir que l’Islande génère la totalité de son électricité à partir d’énergies renouvelables, dont 75% avec l’énergie hydroélectrique et 25% avec l’énergie géothermique
Le Président a déclaré qu’il était «confiant» sur les chances de parvenir à un accord lors de la COP 21 dont le but est de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius. De nombreux scientifiques estiment toutefois que cet objectif est irréaliste. Depuis 1980, les températures dans l’hémisphère nord ont progressé de près de 1°C, et de beaucoup plus dans l’Arctique. Ainsi, la température à Svalbard, en Norvège, a augmenté de 3-4°C, au Groenland de plus de 2°C, et en Islande d’un peu plus de 1,5°C. Les scientifiques redoutent que les températures de l’Arctique augmentent deux fois plus vite que dans le reste du monde au cours des 100 prochaines années. Cela induira inévitablement des conditions complètement différentes pour la vie animale et végétale.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisFrançois Hollande took a short trip to Iceland last Friday to see the effects of global warming on glaciers, ahead of the talks on climate change to be held from November 30 to December 11 in Paris. He went to the shrinking Solheimajokull glacier, where the ice has retreated by more than 1 kilometre since 1931.
The melting of Iceland’s glaciers increases flood risks and may threaten its electricity supply, which is primarily generated by water power. Iceland generates 100 percent of its electricity with renewables, including 75 percent from hydropower and 25 percent from geothermal power
Hollande said he is « confident » about the chances to reach an agreement at Paris’ climate talks, aiming at keeping global warming below 2 degrees Celsius. Many scientists believe this target is unrealistic. Since 1980, temperatures in the northern hemisphere have risen by just under 1°C, and by much more in the Arctic region. Temperatures in Svalbard, Norway, have risen by 3-4°C, in Greenland by over 2°C, and in Iceland by just over 1.5°C. Temperatures in the Arctic region might rise at double the rate of the rest of the world over the next 100 years. There is general agreement that this means a wildly different climate for the Arctic region, bringing completely different conditions for animal and plant life.
Source : Iceland Review.

Worthington

Glacier Worthington en Alaska. Son recul est spectaculaire.  (Photo: C. Grandpey)

Visite ministérielle à la Mer de Glace

Manuel Valls et Ségolène Royal étaient aujourd’hui à Chamonix. Une visite à la Mer de Glace leur a permis de voir à quel point le glacier était victime du réchauffement de notre planète. Au cours de cet événement qui avait lieu en marge de la prochaine conférence sur le climat, le Premier Ministre a déclaré : « Cette Mer de glace est le révélateur des effets du réchauffement climatique. » A noter que les ministres et autres officiels ne sont guère allés plus loin que la gare du Montenvers. Si, comme je l’ai fait il y a quelques jours, ils avaient survolé l’ensemble des glaciers du Mont Blanc, ils auraient eu une vue beaucoup plus révélatrice de la catastrophe qui se profile à l’horizon.
Voir mon article du 11 septembre intitulé « La lente agonie des glaciers du Mont Blanc » ainsi que la galerie de photos sur ce même sujet dans la colonne de droite de ce blog.

Mer de Glace blog 2

Vue de la Mer de Glace le 9 septembre 2015.

On aperçoit en bas de la photo la gare du Montenvers.

(Photo: C. Grandpey)