Le blanchissement du récif corallien à La Réunion

Un article paru fin juillet 2025 sur le site Réunion la 1ère nous apprend – nous confirme, devrais-je écrire – que le récif corallien de La Réunion a grandement souffert en 2025, sous l’effet conjugué des températures élevées de l’océan et de l’impact du cyclone Garance.

Les plongeurs qui ont fait des observations pour le compte de l’association Reef Check, ont inspecté l’une des 45 cuvettes ciblées par l’association pour inventorier les espèces et leur évolution. Le bilan n’est pas bon car les plongeurs n’ont trouvé aucun corail vivant, aucune holothurie et aucun oursin diadème. L’absence de ces animaux, témoins de la bonne santé du récif, n’est pas de bon augure.

Depuis vingt ans que l’association étudie ce milieu, elle constate qu’en 2025 les températures marines ont été bien supérieures aux normales, notamment durant l’été austral. Cela a favorisé le phénomène de blanchissement des coraux. Le mercure a atteint des niveaux moyens jamais vus à La Réunion depuis que les relevés se font par satellite, en 1985.

Cette hausse des températures a été aggravée en février 2025 par le passage du cyclone Garance et les fortes pluies associées. Les zones de mortalité les plus critiques observées à Saint-Leu, à la Saline ou à Saint-Pierre, se trouvent toujours au débouché d’ une ravine, un exutoire ou une rivière, car c’est là que se produit la descente de boue la plus importante. Selon Reef Check, après de tels phénomènes, il faut compter dix à quinze ans pour que les récifs puissent se restructurer.

Dans les années 70, le taux de recouvrement des coraux dans le lagon et sur les pentes externes était de 60 %. En 2000, il était tombé à 40 %. En 2022, il avait chuté à 20-25 % de corail vivant, et on peut penser qu’avec l’impact de Garance en 2025, on va probablement tourner autour de 10 %, ce qui est bien sûr insuffisant à la régénérescence d’un récif corallien.

En parallèle à cette surveillance associative, l’Etat, avec l’IFRECOR, mène actuellement une étude visant à « évaluer le blanchissement du corail et sa mortalité associée. Il s’agit de l’évaluation la plus importante jamais réalisée à La Réunion. » Les premiers résultats indiquent que le blanchissement en 2025 est « intense » sur tous les platiers et pentes externes des récifs. On observe un blanchissement avec environ 60 % du recouvrement corallien touché. Tous les secteurs sont fortement touchés, mais on note une variation spatiale : les platiers les plus touchés sont ceux de Saint-Gilles (76 % du recouvrement) et les pentes externes les plus touchées sont celles de Grand-Bois et de Grande Anse (92 % du recouvrement corallien). Le récif de l’Étang Salé, surtout son platier, est le moins impacté, mais tout de même à hauteur de 40 % environ. Les Acropores, coraux qui abritent de nombreux organismes, figurent parmi les plus touchés.

La mortalité corallienne totale associée au blanchissement doit être évaluée cet hiver, lorsque les températures de l’eau auront baissé.  Selon certaines estimations, la seule présence d’un récif en bonne santé rapporterait à l’économie de l’île 45 millions d’euros par an, en favorisant des activités comme le tourisme, la plongée ou la pêche.

Source : Réunion la 1ère.

Exemple de blanchissement de coraux (Source: Wikipedia)

Lors de plusieurs plongées dans les lagons de Saint Leu et Saint Gilles en 2019, j’avais constaté que le récif corallien présentait des zones de faiblesse, mais restait fort présentable. Il semble donc que la situation se soit considérablement dégradée depuis cette époque (Photo : C. Grandpey).

Climatiseurs respectueux de l’environnement ? Pas vraiment !

Avec les vagues de chaleur que nous connaissons actuellement, les ventes de ventilateurs, climatiseurs et autre pompes à chaleur s’envolent. Toutefois, on peut se demander quel est l’impact de ces appareils sur l’environnement. Le vendeur auprès duquel vous avez acheté le vôtre vous a probablement certifié que l’impact sur l’environnement était négligeable. C’est aller un peu vite en besogne car ces appareils sont loin d’être inoffensifs. Selon le Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (CIRED), « les climatiseurs consomment énormément d’énergie, de gaz à effets de serre. Ils fonctionnent avec des gaz frigorigènes qui sont des milliers de fois plus réchauffants que le CO2. Ils sont aussi le symbole de la mal-adaptation du fait qu’ils rejettent de l’air chaud à l’extérieur. »

Un élu RN du Gard a assuré sur France Info qu' »aucune étude scientifique montre que la climatisation est nocive pour l’écologie. Aucune. » C’est parfaitement faux. La climatisation pollue et plusieurs études le prouvent comme, par exemple, celle de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui explique que la climatisation en France a émis presque 4,5 millions de tonnes de CO2 en 2020. C’est quasiment 1% des émissions de gaz à effet du serre du pays cette année-là. Cela peut paraître peu mais il faut savoir qu’en 2020 seulement un quart des logements et moins de la moitié des entreprises étaient équipées de climatiseurs. On imagine les conséquences si l’équipement couvrait une grande échelle. Une étude menée conjointement par le CIRED et Météo France démontre que si toute la région parisienne utilisait un climatiseur, la température augmenterait de 2 degrés dans les rues de Paris  !

Les climatiseurs fonctionnant à l’électricité, on a donc une source polluante dès le départ. Toutefois, ce n’est pas ce qui pollue le plus. Le plus nocif pour l’environnement, ce sont les fluides frigorigènes qui se trouvent dans les climatiseurs. Une partie de ces fluides s’échappent de la machine, que ce soit au moment de sa construction, de son utilisation, ou en fin de vie, et leur impact environnemental est important. Selon l’ADEME, les émissions de CO2 de ces fluides sont deux fois plus importantes que celles liées à la consommation électrique. Certes, on ne se trouve plus dans le contexte des chlorofluorocarbures, les CFC – interdits par la Protocole de Montréal en 1987 – mais le risque de pollution subsiste. ..

L’utilisation intensive de climatiseurs en milieu urbain peut créer des îlots de chaleurs avec le rejet de l’air chaud de ces appareils. Une étude du CNRS a démontré qu’à Paris, la température de certaines rues peut augmenter de 0,5°C à cause des climatiseurs installés dans les bâtiments.

Avec l’accélération du réchauffement climatique, l’utilisation intensive de climatiseurs n’en est probablement qu’à ses débuts et on peut raisonnablement penser que la prochaine génération d’appareils bénéficiera de progrès techniques qui réduiront leur impact environnemental. C’est d’ailleurs prévu par une directive européenne. D’ici quelques années, les fluides frigorigènes seront plus respectueux de l’environnement, mais entre les promesses et la réalité, le fossé est parfois très vaste.

Dans l’immédiat, l’ADEME recommande de rénover et adapter les bâtiments avec une meilleure isolation, une bonne ventilation, des volets anti-chaleur, et davantage de végétation à proximité des immeubles d’habitation pour créer de l’ombre et donc du frais. S’agissant des climatiseurs, un décret d’octobre 2022 interdit leur fonctionnement lorsque la température des locaux est inférieure à 26 degrés Celsius.

Adapté d’un article paru sur France Info.

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Et dans la pratique…

S’agissant de la consommation d’électricité, les auteurs du site « Révolution Énergétique ont acheté un exemplaire à 170€ adapté au refroidissement de leur bureau de 13 m² (pour un volume de 31 m³), situé à Marseille, dans une copropriété non isolée construite en 1960. Il s’agit d’un climatiseur mobile réversible d’une puissance de 2 000 watts thermiques (Wth) en froid et 1 700 Wth en chaud (7 000 Btu) présenté comme efficace sur des surfaces jusqu’à 21 m². Son débit est de 380 m³/h, pour une puissance électrique de 780 W en froid et 720 W en chaud.

Crédit photo: UFC Que choisir

Un thermomètre placé au centre de la pièce a permis d’observer la lente baisse de la température. Dans une pièce à 27,8°C, il faudra 8 heures de fonctionnement pour atteindre 25,9 °C alors qu’il faisait particulièrement chaud dehors.

Par curiosité, un thermomètre a également été placé dans le tube d’évacuation de l’air chaud à l’extérieur. Les propriétaires du climatiseur ont rapidement compris pourquoi ces appareils contribuent tant au phénomène d’îlot de chaleur urbain. La température à la sortie de la gaine atteignait 41,9 °C pour une maximale de 45,6 °C !

S’agissant de la courbe de puissance du climatiseur, un pic a été observé à 789 W une dizaine de minutes après le démarrage. La puissance a progressivement diminué au cours de l’après-midi, pour terminer à 724 W. En moyenne, elle s’établit à 744 W sur les 8 heures d’utilisation. La consommation totale d’électricité s’est donc élevée à 5,93 kWh contre 0,68 kWh pour un ventilateur à pleine puissance (85 W), mais sans grand effet sur le confort des occupants.

L’utilisation du climatiseur mobile a fait bondir de 50 % la consommation habituelle d’électricité un jour d’été (environ 10 kWh), pour refroidir seulement une des 3 pièces de l’appartement. Au tarif réglementé de l’électricité, cela représente une dépense de 1,24 €.

Source : Révolution Énergétique.

Crue glaciaire à Juneau (Alaska) : fin de l’alerte // Glacial outburst flood in Juneau (Alaska) : end of alert

Dans une note publiée le 9 août 2025, j’expliquais que les habitants et les autorités de Juneau, capitale de l’Alaska, se préparaient à l’éventualité d’une importante crue glaciaire, semblable à celles qui, ces dernières années, ont emporté des maisons, inondé plusieurs centaines de foyers et érodé la rivière alimentée par le glacier Mendenhall.
Nous apprenions par la suite que la Protection Civile exhortait de nombreux habitants de Juneau à quitter leur domicile, car une crue glaciaire estivale, provoquée par le réchauffement climatique, menaçait la région.

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L’alerte concernant la crue glaciaire à Junrau est levée le 14 août 2025. Le feu vert a été donné et les habitants ont été autorisés à regagner leurs domiciles. Selon le Service météorologique national, la rivière Mendenhall, à Auke Bay, a atteint un niveau record de 5 mètres à 7 h 15, heure locale, le 13 août 2025. Il s’agit de la plus importante crue glaciaire jamais enregistrée. L’événement de 2024, qui s’est produit entre le 3 et le 6 août, avait établi le précédent record, avec une crue de 4,80 mètres.
Source : Alaska News Media.

Front du glacier Mendenhall (Photo: C. Grandpey)

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In a post released on 9 Augusr=t 2025, I explained that residents and officials in Juneau, Alaska’s capital city, are preparing for the possibility of glacial flooding that in past years has swept away houses, swamped several hundred homes and eroded the river fed by the popular Mendenhall Glacier. We learnt that emergency managers were urging many Juneau residents to evacuate as summer glacial flooding driven by global warming threatened to inundate the area.

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The alert triggered by the glacial outburst flood in Junrau is over. On August 14th, 2025, esidents have been allowed to return to their homes. According to the National Weather Service, the Mendenhall River at Auke Bay crested at a record 5 meters at 7:15 a.m. local time on August 13th, 2025. That now makes this event the largest glacial lake outburst flooding on record. The 2024 event, which took place between August 3 and August 6 was the previous record when the river crested at 4.80 meters.

Source : Local news media.

L’érosion littorale révèle des déchets toxiques à la Dune du Pilat (Gironde)

Qui ne connaît pas la Dune du Pilat, la plus haute dune d’Europe avec ses quelque 103 mètres de hauteur ? Située à quelques encablures d’Arcachon et classée Grand Site de France, elle accueille plus de deux millions de visiteurs chaque année.

Photo: C. Grandpey

Comme tout le littoral atlantique la Dune du Pilat subit les effets de l’érosion littorale, avec une bien mauvaise surprise fin juillet 2025. Des déchets toxiques ont été retrouvés sous la dune avec des fûts métalliques rouillés, des plastiques épais, des fragments de bâches et des résidus de chantier. Un communiqué commun du Conservatoire du littoral et du Syndicat Mixte de la Grande Dune du Pilat a confirmé une pollution aux hydrocarbures. Ces matériaux enfouis depuis plusieurs décennies ont été mis au jour par l’érosion. Cette pollution pourrait remonter aux années 1960–1970, période où les réglementations environnementales étaient encore très floues. Ce type de dépôt sauvage était courant, même sur des sites naturels. Le sable a par la suite tout recouvert, jusqu’à ce que l’érosion fasse son travail. Avec le réchauffement climatique et la hausse de niveau des océans, entre un et cinq mètres de littoral sont rognés par les vagues chaque année.

En réponse à cette découverte, les autorités ont décidé de fermer une partie du site, notamment le secteur de Sabloney. C’est un incident fâcheux qui survient en plein milieu de la saison estivale et risque d’impacter les retombées économiques.

Suite à la découverte de cette pollution, des mesures ont rapidement été envisagées. L’accès à la zone de Sabloney concernée a été interdit, ainsi que le survol du secteur. Les services techniques vont évaluer l’ampleur des matériaux enfouis. Suivront des travaux de réhabilitation : pour nettoyer les déchets et revaloriser la Dune du Pilat.

Afin de ne pas affoler le public en pleine période estivale, le Syndicat Mixte de la Grande Dune du Pilat et le Conservatoire du littoral se sont empressés de clarifier la situation et de préciser que la Dune du Pilat demeure pleinement ouverte aux visiteurs. Le communiqué de presse du 22 juillet 2025 indique que seule une zone très restreinte « représentant quelques mètres carrés localisés au lieu-dit le Sabloney (50 mètres carrés environ, tout au sud de la Dune), vers le site de décollage des parapentes, fait actuellement l’objet d’une mesure de protection. Cette interdiction ne concerne en aucun cas les accès principaux et officiels à la Dune, ni les sentiers ouverts au public. »

Source : Syndicat Mixte de la Grande Dune du Pilat, Conservatoire du littoral, presse régionale.