2023, l’année des records et des inquiétudes // 2023, the year of records and concerns

L’année 2023 n’est pas encore terminée, mais nous savons déjà qu’elle sera remarquable en termes de réchauffement climatique. En plus d’être probablement l’année la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire moderne, elle a été marquée par plusieurs événements inquiétants décrits ci-dessous. Des records ont été battus ; ils ne sont qu’un début si l’humanité ne change pas de cap et ne prend pas les mesures nécessaires pour faire face au réchauffement de la planète.

2023 a enregistré le mois le plus chaud.
Juillet 2023 a été déclaré le mois le plus chaud jamais enregistré par le Copernicus Climate Change Service. La température moyenne de ce mois a battu tous les records. Avec +0,892°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, elle est supérieure au précédent record établi en 2019.
Ces records ont des conséquences désastreuses à la fois sur les populations et sur la planète qui est exposée à des événements extrêmes de plus en plus fréquents et intenses. Selon Copernicus, les températures élevées sont une combinaison du réchauffement climatique anthropique et du phénomène météorologique El Niño. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est plus urgente que jamais. L’action climatique n’est pas un luxe mais une nécessité ».

Températures océaniques record.
Le réchauffement climatique a également provoqué un réchauffement sans précédent des océans. Parallèlement à la température de l’air, la température de l’eau a également atteint un niveau record, avec près de 37 degrés Celsius dans certaines régions. Dans les Keys de Floride, la température de l’eau a atteint 38,3°C, ce qui est probablement un nouveau record du monde. Les scientifiques s’attendent à ce que ce record soit à nouveau battu.
La chaleur de l’eau fait des ravages sur les écosystèmes marins, notamment sur les récifs coralliens. On constate un blanchissement à grande échelle des coraux sur les récifs peu profonds de Floride, et de nombreux coraux sont déjà morts.

Couverture de glace la plus faible en Antarctique.
L’hiver dans l’hémisphère sud correspond à la période où la glace de l’Antarctique est censée se former. Cependant, en 2023, la surface de glace de mer a été la plus faible jamais enregistrée. Elle est sans précédent dans les archives satellitaires. Le précédent record datait de 2022, mais en 2023, la superficie de la glace antarctique est inférieure d’environ 1,6 million de kilomètres carrés à celle de 2022. Le système glaciaire antarctique a toujours été très variable, mais le niveau de variation actuel est si extrême que l’on se rend compte qu’un bouleversement s’est produit au cours des deux dernières années, surtout en 2023, par rapport à aux années précédentes remontant à au moins 45 ans de relevés.
Les températures océaniques plus chaudes affectent probablement les eaux de l’Antarctique, empêchant la formation de glace. La fonte de la glace est un facteur clé de l’élévation du niveau de la mer. Cette même glace sert également à réfléchir la lumière du soleil, contribuant ainsi à réguler les températures globales.

Un réchauffement de plus de 2 degrés.
Les Nations Unies ont mis en garde contre les dangers qu’entraînerait une augmentation de la température de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Nous venons d’avoir un véritable avant-goût de cette température. Le 17 novembre 2023, la planète a brièvement dépassé les deux degrés Celsius de réchauffement, le maximum préconisé par les scientifiques. Le dépassement de cette température pendant une seule journée ne signifie pas que tout est perdu, mais cela rappelle que le climat s’aventurerait en terrain inconnu si un tel événement devait se répéter.
La hausse de la température teste les limites des écosystèmes et des infrastructures. Elle exerce une pression sur les réseaux électriques et peut entraîner la mort dans certaines régions ne disposant pas d’accès aux climatiseurs. Des records de chaleur sont battus avec une régularité alarmante. On remarque qu’ils vont de pair avec les émissions de gaz à effet de serre – CO2 en particulier – qui continuent d’augmenter chaque année et conduisent la Terre vers un point de non-retour.
Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.

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2023 is not over yet, but we already know it will be remarkable as far as global is warming. Beside being probably the hottest year ever recorded in modern history, it was marked by several alarming events which are described here below. Records have been broken ; they are just a beginning if humanity doesn’t change course and doesn’t take the necessary measures to face the warming of our planet. .

2023 has recorded the hottest month ever.

July 2023 was declared the hottest month on record, according to the Copernicus Climate Change Service. The month’s average temperature smashed all records. With +0.892°C above the 1981-2010 average, it was higher than the previous record set in 2019.

These records have dire consequences for both people and the planet exposed to ever more frequent and intense extreme events. According to Copernicus, the high temperatures are a combination of anthropogenic global warming as well as the El Niño weather phenomenon. The World Meteorological Organization insists that « the need to reduce greenhouse gas emissions is more urgent than ever before, Climate action is not a luxury but a must. »

Hottest ocean temperatures.

Climate change has also caused unprecedented ocean warming. Along with global air temperatures, water temperatures also hit a record high, almost reaching 37 degrees Celsius in some locations. In the Florida Keys, the water temperature hit 38.3°C, which could potentially be a new world record. However, scientists expect that the record will likely be broken again.

The water heat is wreaking havoc on marine ecosystems, including coral reefs. There is widespread coral bleaching at shallow reefs in Florida, and many corals have already died.

Lowest Antarctic ice cover.

Winter in the Southern Hemisphere is when Antarctic ice is supposed to form. However, in 2023 the amount of sea ice in the region is hitting a record low by a wide margin. And the Antarctic sea ice extent low is unprecedented in the satellite record. The previous record low was from 2022, but in 2023 the ice level is approximately 1.6 million square kilometers below last year. The Antarctic system has always been highly variable, but the current] level of variation is so extreme that something radical has changed in the past two years, but especially in 2023, relative to all previous years going back at least 45 years.

The warmer ocean temperatures are likely mixing into Antarctic waters, preventing ice from forming. Melting ice is a key factor in sea level rise. Ice also serves to reflect back sunlight, helping to regulate global temperatures.

Passing 2-degree warming.

The United Nations has warned of the dangers of temperatures rising 1.5 degrees Celsius above pre-industrial levels. However, we finally saw a real taste of this temperature. On November 17th, 2023, the planet briefly exceeded two degrees Celsius of warming, the upper maximum of warming cautioned by experts. While exceeding these temperatures by just one day doesn’t mean that all is lost, but it is a reminder that the climate is moving into uncharted territory.

The temperature is testing the limits of ecosystems and infrastructure alike, putting pressure on power grids and making some regions deadly without access to air conditioners. Global temperature records are being broken with alarming regularity, in parallel with greenhouse gas emissions which continue to rise every year and further warming is pushing the planet to several tipping points.

Source : United Press International (UPI), NOAA, Copernicus.

La fonte de l’Antarctique impacte l’ensemble de la planète // Antarctica’s melting is impacting the whole planet

  On peut lire ces jours-ci dans la presse, scientifique et populaire, de nombreux articles sur la fonte incroyable de l’Antarctique. Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) a récemment annoncé.que la glace de mer antarctique avait atteint un niveau hivernal encore jamais observé. Selon le Centre, le record a été « pulvérisé », avec une quantité de glace « bien en-deçà de ce qui a été observé au cours des 45 années de mesures satellitaires qui ont débuté en 1979 ». La quantité de glace de mer « manquant à l’appel » est d’environ un million de kilomètres carrés par rapport au précédent record de 2022 ; c’est plus que la taille de l’Égypte.
Le chef du service climatique auprès de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré : « Ce qui se passe en Antarctique et dans l’Arctique affecte le globe tout entier. »
Il est important de rappeler que la glace de mer est de l’eau de mer gelée qui fond chaque été, puis recongèle chaque hiver. La glace de mer antarctique est généralement à son minimum fin février ou début mars, vers la fin de l’été dans l’hémisphère sud. Elle atteint son maximum en septembre, à la fin de l’hiver. Le comportement de la glace de mer arctique est à l’opposé, avec le maximum en février/mars et le minimum en septembre.
Dans l’Arctique, la glace de mer joue un rôle essentiel dans la vie et les coutumes des peuples autochtones qui l’utilisent pour chasser et se déplacer. La glace de mer arctique affecte également la faune comme les ours polaires, les phoques et les morses.
En Antarctique, ce sont les manchots qui dépendent de la glace de mer. J’ai expliqué dans une note précédente qu’en raison de la fonte spectaculaire de la banquise, plusieurs colonies de manchots empereurs seront menacées de « quasi-extinction » dans les décennies à venir.
En outre, la glace de mer protège les zones côtières de l’érosion en atténuant les assauts des vagues. Dans les zones où il y a moins de glace de mer, les tempêtes sur l’océan Arctique peuvent générer des vagues beaucoup plus grosses qui endommagent les rivages et les zones habitées. C’est ce qui se passe en particulier le long des côtes de l’Alaska.
Contrairement à ce que pensent certains, ce qui se passe en Antarctique ne se limite pas à l’Antarctique. La glace de mer contribue également à la régulation de la température de la planète en influençant la circulation de l’atmosphère et des océans. Les scientifiques insistent sur le fait que le déficit de glace de mer en Antarctique en 2023 aura un effet direct sur le climat et les écosystèmes, à la fois proches et lointains, y compris dans les basses latitudes où vit la majorité de la population humaine et ses intérêts économiques.
L’immense calotte glaciaire antarctique et la banquise qui entoure le continent sont essentielles à la régulation du climat, car elles réfléchissent la lumière du soleil vers l’atmosphère et l’espace. En revanche, la surface sombre de l’océan absorbe la majeure partie de cette énergie. Ainsi, le manque de glace de mer favorise la hausse des températures, accélérant ce que les scientifiques appellent une boucle de rétroaction, autrement dit un cercle vicieux.
La NOAA a déclaré que les variations dans la quantité de glace de mer peuvent perturber la circulation océanique, avec à la clé des changements dans le climat de la planète. « Même une légère augmentation de la température peut conduire à un réchauffement plus important au fil du temps, faisant des régions polaires les zones les plus sensibles au changement climatique sur Terre. » .
Il est encore trop tôt pour énumérer tous les facteurs responsables de la fonte de l’Antarctique, mais l’arrivée d’eaux océaniques plus chaudes est un facteur déterminant du ralentissement de la glace de mer pendant l’hiver antarctique. La chaleur observée dans l’Océan Austral fait partie du réchauffement global des océans, mais on ne sait pas très bien dans quelle mesure la chaleur océanique (et son impact sur l’Antarctique) est due aux eaux extrêmement chaudes d’autres parties du globe.
Le NSIDC affirme que « la glace de mer antarctique est très probablement entrée dans un nouveau régime provoqué par une influence beaucoup plus forte des eaux océaniques chaudes, ce qui limite la croissance de la glace ». On craint que ce soit le début d’une tendance à long terme au déclin de la glace de mer antarctique, étant donné que les océans se réchauffent à l’échelle mondiale ; le mélange des eaux chaudes dans la couche polaire de l’Océan Austral va probablement se poursuivre.
Sources, Yahoo Actualités, USA Today.

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One can read these days in the press, scientific or popular, a lot of articles about Antarctica which is melting at an incredible speed. The National Snow and Ice Data Center (NSIDC) recently announced that Antarctic sea ice reached an all-time record wintertime low. According to the Center, the record was broken « by a wide margin, » adding that the amount of ice was « far outside anything observed in the 45-year modern satellite record that began in 1979. » The amount of « missing » sea ice was some one million square kilometers below the previous record low in 2022 ; this ismore than the size of Egypt.

The chief of climate monitoring at the World Meteorological Organization declared : « What happens in Antarctica and the Arctic affects the entire globe.”

It is ismportant to remind that sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Antarctic sea ice is typically at its smallest in late February or early March, toward the end of summer in the Southern Hemisphere. It’s at its largest in September as winter comes to an end. The Arctic’s sea ice schedule is the opposite: largest in February/March, and smallest in September.

In the Arctic, sea ice fills a central role in the lives and customs of native people, as indigenous people use it for hunting and traveling. Sea ice in the Arctic also affects wildlife such as polar bears, seals and walruses.

In Antarctica, it’s the penguins that rely on sea ice. I explained in a previous post that, due to the dramatic loss of sea ice there, several colonies of emperor penguins face « quasi-extinction » in the decades to come.

In addition, sea ice also protects coastal areas from erosion by damping ocean waves. In areas with less sea ice, storms on the Arctic Ocean can generate much larger waves, damaging shorelines and Arctic communities. This is what happens along the Alaskan coastline.

Contrary to what some people think, what happens in Antarctica does not stay in Antarctica. Sea ice also helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the planet’s atmosphere and oceans. Scientists insist that the 2023 Antarctic sea-ice deficit has direct impacts on the climate and ecosystems, both nearby as well as far field, including at lower latitudes, which are home to the majority of human population and their economic interests.

Antarctica’s huge glacial ice expanse and the surrounding sea ice cover are critical to regulating the climate, because it reflects the sun’s energy back to the atmosphere and space. In contrast, the dark ocean surface absorbs most of the sun’s incoming energy. So, less sea ice contributes to increasing temperatures, thus accelerating whqt scientists call a feedback loop, in other words a vicious cycle.

NOAA said that changes in the amount of sea ice can disrupt normal ocean circulation, thereby leading to changes in global climate. « Even a small increase in temperature can lead to greater warming over time, making the polar regions the most sensitive areas to climate change on Earth. » .

It is still too early to cite all of the factors that might be involved in the melting of Antarctica, but warmer ocean waters reaching the Antarctic are a key factor in slowing the ice growth through the Antarctic winter. The Antarctic ocean warmth is a part of the overall globally warm oceans, but it is not clear how much of the ocean heat that impacted the Antarctic is due to the extreme warm waters in other parts of the globe.

Overall, the NSIDC says « there is growing evidence that the Antarctic sea ice system has entered a new regime, featuring a much stronger influence of warm ocean waters, limiting ice growth. » There is concern that this may be the beginning of a long-term trend of decline for Antarctic sea ice, since oceans are warming globally, and warm water mixing in the Southern Ocean polar layer could continue.

Sources, Yahoo News, USA Today.

 

Etendue de la glace de mer antarctique le 10 septembre 2023 (Source : NSIDC)

La hausse des températures est en train de tuer les océans // Temperature rise is killing the oceans

Comme je l’ai déjà écrit à de nombreuses reprises, El Niño est de retour et devrait devenir un événement de réchauffement significatif au cours des prochains mois. Les scientifiques craignent que la hausse de température de l’océan à cause d’El Niño au large des côtes de l’Angleterre et de l’Irlande entraîne une destruction à grande échelle de la vie marine, ainsi que d’autres conséquences majeures. Il faut garder à l’esprit que les températures en Mer du Nord sont déjà supérieures de 2,7°C à la normale. Les scientifiques craignent que la vie sous la surface de l’océan soit anéantie, tout comme l’est la vie animale dans les forêts lors des incendies.
Cela fait plusieurs décennies que la Mer du Nord se réchauffe. Le mercure a atteint un niveau record au cours du printemps 2023, si l’on se réfère aux archives remontant aux années 1850. Cela ne fait que confirmer la tendance au réchauffement des océans observée au cours des trois dernières décennies.
La températures de surface de la mer autour de la planète a atteint des sommets sans précédent avec 21,1°C. Des vagues de chaleur se produisent dans des mers habituellement chaudes comme la Méditerranée, mais une anomalie thermique aussi forte n’a jamais été enregistrée dans l’Atlantique Nord.

L’eau couvre plus de 70% de la surface de la Terre et l’océan capte une grande quantité d’énergie solaire. La mer déplace cette chaleur autour du globe dans le cadre de l’équilibre climatique naturel. Toutefois, la hausse anthropique des températures surcharge le système. Les scientifiques expliquent que plus de 90% de la chaleur excédentaire est absorbée par les océans.
La chaleur stresse les organismes marins. Dans d’autres parties du monde, on a déjà assisté à plusieurs mortalités massives de plantes et d’animaux marins causées par les vagues de chaleur océaniques. Elles ont entraîné des pertes de revenus de la pêche, de stockage du carbone, des valeurs culturelles et la perte d’habitat. Le kelp (qui désigne plusieurs espèces de grandes algues brunes qui stockent le carbone), les poissons et les huîtres font partie des espèces menacées et surveillées.
Le processus de réchauffement de l’océan englobe plusieurs facteurs tels que la surchauffe planétaire et El Niño. Lors d’un événement El Niño, l’affaiblissement des alizés provoque un déplacement de l’eau vers l’est, en direction de la côte ouest des Amériques, ce qui perturbe les océans dans le monde entier. Comme cela se déroule sous la surface de l’océan, personne n’y prend garde
Les efforts pour réduire la pollution de l’air sont essentiels pour refroidir les eaux océaniques sur notre planète. Les scientifiques surveillent la banquise antarctique et effectuent d’autres mesures pour évaluer le niveau de réchauffement. Si celui des océans se poursuit tout au long de l’été, il se pourrait que nous assistions à une mortalité à grande échelle du kelp, de la végétation marine, des poissons et des huîtres.
Source  : Tesla Company, via Yahoo Actualités.

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As I put it before, El Niño has come back and is expected to be a significant warming event during the next months. Scientists are worried that an El Niño–prolonged ocean heat-up off the coast of England and Ireland will result in massive death tolls for sea life, along with other terrible outcomes. It is because temperatures in the North Sea are already 2.7°C above normal. Experts fear that sea life could be killed off like forest dwellers are destroyed during wildfires.

Ocean warming in the North Sea has been ongoing for decades. The mercury rose to a record high this spring, based on recordings dating to the 1850s. It is part of a trend of ocean warmups during the past three decades.

Sea surface temperatures around the planet have been measured at all-time highs, peaking at 21.1°C. While marine heat waves are found in warmer seas like the Mediterranean, such anomalous temperatures in this part of the north Atlantic have never been recorded before

Since water covers more than 70% of the Earth’s surface, the ocean catches a lot of solar energy. The sea can move that heat around the globe as part of the natural climate balance. But human-caused overheating is overloading the system. Experts warn that more than 90% of excess heat is absorbed in the oceans.

The heat stresses marine organisms. In other parts of the world, we have seen several mass mortalities of marine plants and animals caused by ocean heat waves. They have caused losses, in fisheries income, carbon storage, cultural values, and habitat loss. Kelp (which stores carbon), fish, and oysters are among species being monitored.

A combination of factors, including planet-wide overheating and El Niño, are involved in the orocess. During an El Niño event, weakened trade winds allow warm water to be pushed east, toward the west coast of the Americas, disrupting oceans around the world. As this is happening below the surface of the ocean, it will go unnoticed.

Efforts to reduce air pollution are key to cooling our waters. Experts are monitoring Antarctic sea ice and other metrics to gauge the warming’s severity. If ocean warming carries on through summer, we could see mass mortality of kelp, seagrass, fish, and oysters.

Source : Tesla Company, through Yahoo News.

Forêt de kelp au large de la Californie (Crédit photo : Université de Virginie)

2023 : encore un été de tous les records !

Alors que l’été météorologique est maintenant terminé et que des vagues de chaleur continuent d’affecter l’Europe, on peut tirer un bilan de l’été 2023. Il est particulièrement inquiétant et plusieurs signaux devraient attirer l’attention de nos gouvernants. Les dernier mois ont montré les conséquences radicales du réchauffement climatique.

Les indicateurs météorologiques se sont affolés partout dans le monde durant l’été 2023. Sur terre comme en mer, on a enregistré plusieurs événements climatiques extrêmes, d’une ampleur rarement observée. Alors que les températures ont atteint des records historiques en France et ailleurs dans le monde, des incendies dévastateurs ont ravagé des milliers d’hectares en Grèce et au Canada. La température de surface des océans et des mers est restée anormalement élevée.

« Canicule » a été la maître mot de l’été écoulé en France, avec de nouveaux records de températures. L’indicateur thermique (IT) a été mesuré à 27,8°C, le 24 août 2023, journée la plus chaude de cet épisode caniculaire, battant pour la quatrième fois d’affilée le record de la journée la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle nationale pour une seconde quinzaine d’août. Depuis sa création en 1947, l’IT n’avait jamais atteint de tels niveaux à cette période de l’année. Des villes proches des Alpes comme Grenoble et Chambéry sont restées pendant de longues périodes en « Vigilance canicule » ; on imagine facilement l’effet de ce dôme de chaleur sur les glaciers alpins et sur le permafrost de roche On a recensé de très nombreux effondrements au cours de l’été, avec des fermetures de refuges pour des raisons évidentes de sécurité (voir ma note du 28 août 2023).

La France n’est pas une exception. La température moyenne de la planète a atteint des niveaux record. Selon les relevés de l’agence européenne Copernicus, avec 16,95°C, la température moyenne relevée à travers le globe en juillet 2023 a été la plus élevée, tous mois confondus, depuis le début des mesures en 1940. De son côté, l’OMM précise que le mois a été environ 1,5 °C plus chaud que la moyenne de 1850-1900.

Le graphique ci-dessous, fourni par la NOAA, montre que la température moyenne en 2023 se situe largement au-dessus des années précédentes.

 

Source : NOAA

Comme ce fut le cas en 2022 en France avec le gigantesque incendie qui a détruit la forêt au sud d’Arcachon, des feux ont ravagé des milliers d’hectares de végétation en Grèce et au Canada. Selon un porte-parole de la Commission européenne, l’incendie en Grèce est « le plus grand jamais enregistré dans l’Union européenne. »

De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada a vécu un été terrible sur le front des incendies. Les mégafeux de forêt qui ravagent le pays depuis le mois de mai 2023 ont brûlé 15,6 millions d’hectares, soit l’équivalent du territoire de la Grèce. Depuis le début de l’année 2023, 6 049 départs d’incendies ont été recensés au Canada, dont 1 063 toujours actifs. Parmi eux, 695 étaient toujours hors de contrôle le 31 août. Ces départs de feux ont été favorisés par un hiver particulièrement court et un printemps sec et venteux accompagné d’orages violents

Ces milliers de feux de forêt génèrent d’importantes quantités de dioxyde de carbone qui viennent s’ajouter à celles déjà présentes dans l’atmosphère. Les concentrations de CO2 atteignent actuellement plus de 418 ppm au sommet du Mauna Loa (Hawaii), ce qui est considérable. A eux seuls, les feux canadiens ont émis l’équivalent de plus d’un milliard de tonnes de dioxyde de carbone. Cela correspond pratiquement aux émissions annuelles du Japon, cinquième plus gros pollueur mondial.

La température de surface des mers et des océans ne cesse d’augmenter, avec un record absolu enregistré le 21 août 2023 : 21,1°C ! Sur la période 1982-2011, la moyenne la plus haute atteignait à 20,29°C, soit 0,81°C degré de moins. Ces hausses de la température marine ont des conséquences désastreuses pour les écosystèmes. On observe en particulier des migrations de poissons vers des zones plus froides.

 

Source: NOAA

La hausse de température des océans a forcément des effets sur la banquise. Celle de l’Antarctique a connu une fonte historique en février 2023. La glace a alors atteint son étendue la plus faible depuis 45 ans, date du début des mesures par satellite. Entre le mois de juin et d’août, période qui correspond à l’hiver dans l’hémisphère Sud, la banquise n’a pas réussi à se reconstituer. Le 26 août, son étendue s’élevait à seulement 16,17 millions de km2, contre 18,54 millions de km2 pour la moyenne de référence.

Source : NSIDC

Cette réduction de la banquise a de graves conséquences sur la reproduction des manchots empereurs. Sur cinq colonies surveillées dans la région de la mer de Bellingshausen, à l’ouest de l’Antarctique, toutes sauf une ont subi une perte catastrophique de 100% de poussins. Ces derniers se sont noyés ou sont morts de froid (voir ma note du 26 août 2023 sur cet événement).

Sources : France Info, Copernicus, NOAA.