De moins en moins de neige à Crater Lake (Oregon) // Less and less snow at Crater Lake (Oregon)

drapeau francaisLe parc national de Crater Lake est connu pour être l’un des lieux habités les plus enneigés d’Amérique du Nord, avec une moyenne de 14 mètres de neige par an. Il faut pourtant se mettre à l’évidence : le seul parc national de l’Oregon a perdu progressivement sa neige emblématique au cours des huit dernières décennies.
Les hauteurs de neige ont été répertoriées depuis 1931 au Visitor’s Center à 1935 mètres d’altitude. La quantité de neige a diminué lentement, avec une perte annuelle moyenne de plus de 2,50 mètres entre 1931 et 2013.
Pendant les années 1930, 40 et 50, Crater Lake a reçu en moyenne 15,62, 15,82 et 14,50 mètres de neige chaque hiver.  Entre 2000 et 2013, cette moyenne n’est plus que de 11,70 mètres.
Les pertes ne sont toutefois pas régulières. Les années 1990 à 2000 ont vu une petite hausse par rapport aux autres décennies, et la baisse de 1970 à 2013 est limitée.
Les données ci-dessus ne tiennent pas compte de la saison actuelle, la quatrième plus mauvaise jamais enregistrée et qui représente 43 % de la normale jusqu’au 18 avril. Aucune donnée ne couvre les années de la Seconde Guerre mondiale. Avant 1930, la station météorologique a changé de place et a connu des altitudes différentes ; elle n’est donc pas fiable pour suivre les données météorologiques dans le parc à cette époque.

Source : StatesmanJournal.com.

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 drapeau anglaisCrater Lake National Park is known as one of the snowiest inhabited place in North America, with an average 14 metres of annual snowfall. However, Oregon’s only national park has been gradually losing its iconic snow for the past eight decades.

Data on snow levels have been kept at theVisitor’s Center (1935 metres a.s.l.) going back to 1931. The amount of snow has slowly declined, with the yearly average dropping by more than 2.5 metres between 1931 and 2013.

During the 1930s, ’40s and ’50s, Crater Lake averaged 15.62, 15.82 and 14.50 metres of seasonal snowfall, respectively. By 2000 to 2013, the average was 11.70 metres.

The numbers aren’t a straight line down. The 1990 to 2000 years saw a small spike compared with surrounding decades, and the decline from 1970 to 2013 is limited.

But park officials say they’re preparing for a future with less snow overall.

The data doesn’t take into account the current season, the fourth-worst on record and 43% of normal as of April 18th. The data also is missing four seasons in the 1940s due to World War II. Prior to 1930, the weather station was shuffled between lower and higher locations and is not considered reliable to track weather data at Crater Lake National Park.

Source : StatesmanJournal.com.

Crater-Lake-blog

Crater Lake et Wizard Island  (Photo:  C.  Grandpey)

La glace du Kilimandjaro : une espèce menacée, en voie de disparition // The ice of Kilimanjaro : an endangered species, about to disappear

drapeau francaisJ’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises sur ce blog, de m’attarder sur la disparition en cours des neiges du Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique, qui domine la Tanzanie de ses 5891 mètres. .

Dans une note publiée le 14 juin 2007, j’indiquais que des chercheurs attribuaient le rétrécissement de la surface glaciaire à « l’effet du rayonnement solaire, dans la mesure où la température de l’air ambiant est rarement au-dessus de zéro ». A l’époque, les chercheurs attribuaient la disparition de la glace à « l’interaction complexe de plusieurs facteurs parmi lesquels la structure verticale de la glace qui lui permet de se rétrécir et non de s’élargir. De plus, les chutes de neige étant moins nombreuses, cela réduirait l’accumulation de la neige et sa capacité à absorber l’énergie. La majeure partie de la glace du Kilimandjaro disparaîtrait donc par sublimation ».

Dans ma note du 20 novembre 2009, je citais une étude conduite par des chercheurs américains. Selon eux, la glace qui recouvre le sommet du Kili pourrait avoir disparu d’ici 13 à 24 ans (soit entre 2022 et 2033). Les scientifiques accusaient alors la hausse de la température, résultat du changement climatique, ainsi que des conditions météo plus sèches et moins nuageuses que dans le passé. Ils avaient constaté que la montagne avait perdu 26 pour cent de sa couverture glaciaire entre 2000 et 2007.

Trois années plus tard, en 2012, un article indiquait (note du 12 février) que la déforestation n’était pas responsable de la fonte des neiges du Kilimandjaro. Des scientifiques autrichiens venaient de démontrer que les changements dans la superficie occupée par les arbres n’avaient que très peu de répercussions sur la couverture glaciaire au sommet du volcan. Selon eux, c’était bien le réchauffement climatique qui était le principal responsable de la fonte rapide de la neige et de la glace.

Cette année, au cours de la réunion automnale de l’American Geophysical Union, des chercheurs néo-zélandais ont indiqué que les glaciers qui occupent le versant nord du Kilimandjaro pourraient bien avoir totalement disparu en 2030. Ces glaciers ont perdu plus de 4 millions de mètres cubes au cours des 13 dernières années. Ils ont ajouté que la perte de volume était d’environ 29 pour cent depuis l’an 2000. L’an dernier, le glacier s’est fendu en deux, laissant apparaître une lave qui n’avait probablement jamais vu la lumière du jour depuis des millénaires.

Une modélisation informatique a été propose par les chercheurs néo-zélandais:

http://www.livescience.com/41918-kilimanjaro-s-shrinking-glaciers-video.html

S’agissant, d’une manière plus générale, du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, on pourra lire cet article récemment paru dans le quotidien alaskien Anchorage Daily News où la très sérieuse National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) reconnaît que la fonte de la banquise arctique est liée aux « épisodes météorologiques extrêmes » et en particulier aux étés de plus en plus chauds en Amérique du Nord et en Europe.

http://www.adn.com/2013/12/12/3227282/noaa-arctic-sea-ice-melt-linked.html

drapeau anglaisI had the opportunity on several occasions on this blog, to dwell on the current loss of snow and ice on Kilimanjaro, the highest summit of Africa, which yowers over Tanzania with 5891 meters. .
In a note published on June 14th, 2007 , I indicated that researchers attributed the shrinking of the ice surface to the « effect of solar radiation, insofar as the ambient air temperature is rarely above zero ». At the time, the researchers attributed the disappearance of the ice to  » the complex interaction of several factors, including the vertical structure of ice that allows it to shrink and not grow. In addition, snowfall is less frequent, which would reduce the accumulation of snow and its ability to absorb energy. Much of the Kilimanjaro ice would then disappear by sublimation. »
In my note of November 20th 2009, I quoted a study by U.S. researchers. According to them, the ice covering the summit of Kilimanjaro could be gone by 13 to 24 years, that is between 2022 and 2033. The scientists then accused the temperature increase, the result of climate change, as well as weather conditions that were drier and less cloudy than in the past. They found that the mountain had lost 26 percent of its ice cover between 2000 and 2007.
Three years later, in 2012, an article stated (note of February 12th ) that deforestation was not responsible for the melting of the snow of Kilimanjaro. Austrian scientists demonstrated that changes in the area occupied by trees had very little impact on the ice cover at the top of the volcano. According to them, it was global warming that was primarily responsible for the rapid melting of snow and ice.
This year, during the fall meeting of the American Geophysical Union, New Zealand researchers reported that glaciers occupying the northern slopes of Kilimanjaro could well have disappeared by 2030. These glaciers lost more than 4 million cubic metres over the past 13 years. They added that the loss of volume had been about 29 percent since 2000. Last year, the glacier split in two, revealing lava that had probably never seen the light of day for millennia.
Computer modeling has been proposed by researchers from New Zealand :
http://www.livescience.com/41918-kilimanjaro-s-shrinking-glaciers-video.html

As far as global warming and ice melting are concerned, one can read this article from the Anchorage Daily News in which NOAA admits that the melting of the Arctic icefield is linked to extreme weather patterns, especially hotter and hotter summers in North America and Europe.

http://www.adn.com/2013/12/12/3227282/noaa-arctic-sea-ice-melt-linked.html

Voici une photo du Kilimandjaro vu depuis l’espace le 26 octobre 2012. Il suffit de comparer cette image avec d’autres prises depuis les années 1990 pour se rendre compte de la rapidité avec laquelle la glace disparaît.

Kili-26-oct-2012

(Crédit photo:  NASA)