La Montagne Pelée (Martinique) et Soufriere Hills (Montserrat), deux volcans des Caraïbes

Voici un documentaire comme je les aime. Il s’agit en fait d’un double documentaire. La première partie, intitulée « Montagne Pelée, un volcan sous haute surveillance », est consacrée à la Martinique et à l’environnement du volcan suite à l’éruption de 1902.

L’autre partie, intitulée « Montserrat, la Pompéi des Caraïbes » nous explique l’éruption de Soufriere Hills en 1995 et ses conséquences pour la population de l’île.

L’ensemble dure 1 heure 47 minutes, mais on ne s’ennuie jamais. Les témoignages, que ce soit ceux des scientifiques ou de la population, captivent notre attention. Vous découvrirez le film en cliquant sur ce lien :

https://www.france.tv/documentaires/voyages/1073909-montagne-pelee-un-volcan-sous-haute-surveillance.html

La Montagne Pelée et St Pierre (Photo: C. Grandpey)

Soufriere Hills (Crédit photo: Wikipedia)

La Martinique et le réchauffement climatique // Martinique and global warming

Comme j’ai pu m’en rendre compte au cours de plusieurs séjours à la Martinique, les Antilles n’échappent pas au réchauffement climatique. Certes, il n’y a pas de glaciers pour s’en rendre compte, mais  d’autres phénomènes montrent l’urgence de la situation.

Avec la hausse plus rapide que prévu des températures sur notre planète, de nombreux experts se demandent quel impact le réchauffement de la planète aura sur les îles. Leurs réponses restent, pour l’instant, imprécises. Seule certitude: les Antilles n’échapperont pas aux effets du réchauffement climatique. Le GIEC a établi que, du fait de leur exposition aux mers et océans, les  territoires de la Caraïbe insulaire et continentale font partie des zones les plus vulnérables. Selon les experts, différentes conséquences sont à prévoir. On observera une perte territoriale et une pression foncière plus importante, l’accentuation de l’érosion côtière, l’augmentation de l’intensité des cyclones, l’affaiblissement des protections naturelles des côtes (mangroves et coraux). Il y aura également une fragilisation des écosystèmes terrestres, déjà atteints par la déforestation, la raréfaction de l’eau, la perturbation des stocks halieutiques, la recrudescence des épizooties et maladies vectorielles…

Même s’il n’est pas facile de sensibiliser la population à la notion de réchauffement dans une région où les températures ne connaissent pas d’écarts importants au cours de l’année, les Antillais doivent savoir qu’ils n’y échapperont pas. En cumul, la hausse des températures en Martinique s’élève de 0,6 à 0,7°C depuis les années 1970 et de 1,3°C en un demi-siècle. Au Lamentin, par exemple, la température moyenne est passée de 25,5 à 27°C.  .

Le vrai débat qui divise la communauté scientifique porte sur l’activité des cyclones. Les scientifiques sont plutôt d’accord pour dire que le nombre de cyclones ne sera pas plus élevé. En revanche, ils estiment que ceux de demain pourraient être plus puissants, mais ce dernier point-là est encore très débattu. Il s’agit pourtant d’une question cruciale car, si c’est le cas, il faudra reculer les constructions du littoral, par exemple. En longeant la côté martiniquaise, au nord du Prêcheur  par exemple, on remarque les enrochements destinés à calmer les fureurs de l’océan. A l’endroit même de ces enrochements, des habitations avaient les pieds dans l’eau il y a quelques décennies, jusqu’au jour où des vagues puissantes provoquées par un cyclone les ont fait basculer dans les flots.

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As I realized during several stays in Martinique, the West Indies are not immune to global warming. While there are no glaciers to realize it, other phenomena show the urgency of the situation.

With the faster than expected rise in temperatures on our planet, many experts are wondering what impact global warming will have on the islands. Their answers remain, for the moment, uncertain. The only certainty is that the West Indies will not escape the effects of global warming. IPCC has established that, because of their exposure to the seas and oceans, the territories of the insular and continental Caribbean are among the most vulnerable areas. According to the experts, different consequences are to be expected. There will be greater territorial loss and land pressure, increased coastal erosion, increased intensity of cyclones, weakening of natural coastal protection (mangroves and corals). There will also be a weakening of terrestrial ecosystems, already affected by deforestation, the scarcity of water, the disruption of fish stocks, the upsurge of animal diseases and vector diseases …
Although it is not easy to raise the awareness of the notion of global warming in a region where temperatures do not change significantly during the year, the West Indians must know that they will not escape it. . In total, the rise in temperatures in Martinique has ranged from 0.6 to 0.7°C since the 1970s and 1.3°C in half a century. In Lamentin, for example, the average temperature have risen from 25.5 to 27°C. .
The real debate that divides the scientific community is about cyclone activity. Scientists tend to agree that the number of cyclones will not be higher. On the other hand, they think that those of tomorrow could be more powerful, but this last point is still very much debated. However, this is a crucial question because, if it is the case, it will be necessary to retreat the constructions of the coast, for example. In Martinique, north of Le Prêcheur for example, one can observe the stones intended to calm the fury of the ocean. At the exact site of these rip raps, houses had their feet in the water a few decades ago, until the day when powerful waves caused by a cyclone tipped them into the water.

Enrochements au nord du Prêcheur (Photos: C. Grandpey)

L’eau chaude de la Martinique

La plupart des gens qui visitent des volcans aimeraient pouvoir assister à une éruption. Pour cela, il faut se trouver au bon endroit au bon moment et beaucoup de volcans ne sont pas disposés à entrer en éruption pour faire plaisir aux touristes. En revanche, on peut observer des manifestations hydrothermales avec geysers et sources chaudes sur de nombreux sites de notre planète. Il y a quelques années, j’ai rédigé un mémoire pour le compte de L’Association Volcanologique Européenne dans lequel je vantais les qualités thérapeutiques des bains de boue sur l’île éolienne de Vulcano. L’un des endroits les plus remarquables pour admirer des geysers et des sources chaudes aux belles couleurs est incontestablement le Parc National de Yellowstone aux Etats Unis.

A la Martinique, où je me trouvais il y a quelques semaines, les manifestations hydrothermales ne sont pas très nombreuses. Selon les documents que j’ai pu consulter, les sources thermales de la Montagne Pelée sont localisées sur son flanc ouest, autrement dit le versant caraïbe. Les principales sont celles des Rivière Chaude, Mitan et Picodo, et du bord de mer à proximité de la carrière de Fond Canonville. Le sentier qui conduit aux sources thermales à l’amont de la Rivière Chaude est un véritable parcours du combattant au sein d’une végétation exubérante et difficilement franchissable. Personnellement, je n’ai jamais osé entreprendre une telle expédition! J’ai lu que le chemin repose sur les dépôts des nuées ardentes historiques de la vallée de la Rivière Blanche. Ces formations comblent une dépression probablement formée par un effondrement d’un flanc de la Montagne Pelée, il y a  9 000 ans.

Les rapports scientifiques précisent que les eaux des sources thermales du massif de la Montagne Pelée se caractérisent par des minéralisations relativement faibles (inférieures à 2 grammes par litre) et un chimisme assez homogène. Ces fluides sont essentiellement constitués, à leur origine, d’eaux superficielles d’origine météorique qui s’infiltrent ensuite dans le sous-sol. Certaines  de ces eaux peuvent être portées, en profondeur, à des températures relativement élevées. Les fluides qui jaillissent à  l’amont de la Rivière Chaude à moins d’un kilomètre du sommet de la Montagne Pelée ont une température variant de 28 à 65°C.

Les sources thermales des rivières Mitan et Picodo indiquent, quant à elles, des températures allant de 25 à 38°C. Dans l’état actuel des connaissances, l’origine des eaux thermales du bord de mer est incertaine. Ces fluides pourraient provenir des sources thermales de la Rivière Chaude et atteindre leurs exutoires en empruntant des cheminements superficiels. Ou bien, ces eaux thermales pourraient être issues directement d’un réservoir profond.

Une source thermale martiniquaise plus accessible se trouve sur le site de « Dio Ferré » aux Anses d’Arlet, petite commune du sud ouest de l’île. Plus précisément, la source se situe non loin de la plage de Petite Anse, au pied du Morne Jacqueline, un volcan éteint. L’eau proviendrait d’un réservoir dont la température serait de l’ordre de 180°C. Le site est classé patrimoine protégé. L’eau de cette source est dite miraculeuse car elle possèderait de nombreuses vertus médicinales. C’est pourquoi les riverains ont décidé de construire un petit bassin autour de la plus grande source qui avait été détruite après le passage du cyclone Dean en août 2007. Le bassin fut rénové en mai 2012 grâce à un partenariat entre la commune des Anses d’Arlet et l’Office National des Eaux et Forêts. Ce bassin, où l’eau a une température d’environ 35°C, ne peut accueillir que deux personnes au maximum. Il faut souvent attendre son tour, surtout quand les occupants, comme ce fut mon cas, se livrent à une longue séance de selfies… On profitera de l’attente  pour admirer la vue imprenable sur la baie de Petite Anse.

Il se dit que l’eau de Dio Ferré possède de nombreuses propriétés grâce au soufre quelle contient. D’ailleurs, une légère odeur de soufre se dégage du sol le long du sentier littoral qui conduit au bassin. C’est également une eau ferrugineuse qui contient de la calcite et de l’hydroxyde de fer.

Cette eau est censée soulager de nombreux maux, comme les rhumatismes et autres douleurs. Ne souffrant pas de ces problèmes, je ne peux formuler un avis. En revanche, j’ai lu le témoignage d’une femme des Anses d’Arlet qui a déclaré: « Devant me faire opérer des yeux j’ai pu éviter cette intervention après avoir écouté les conseils d’une personne de mon entourage qui me suggéra de les tremper dans cette eau  ferrugineuse, ce que je fis. Lors de la visite suivante chez mon médecin, il me dit que l’intervention n’était plus nécessaire puisque j’étais déjà guérie. Cette eau m’a permis de faire un grand pas dans ma vie en m’évitant cette rude opération qui aurait pu s’avérer fatale.»

Même si l’on ne désire pas profiter des vertus médicinales de Dio Ferré, la visite du site est intéressante. Le chemin d’accès n’est pas facile à trouver (demander aux habitants du coin) mais une fois qu’on l’a découvert, le trajet est bien indiqué. Il faut toutefois être prudent, surtout dans la partie qui longe la mer car les vagues déferlent parfois violemment. Soyez très vigilants si vous venez avec des enfants. A éviter les jours de pluie car la descente peut alors devenir glissante.

Photos: C. Grandpey

Le point sur les sargasses à la Martinique

Je viens de passer plusieurs jours à la Martinique et, entre mes conférences, je me suis rendu sur la côte atlantique de l’île pour me rendre compte de la situation concernant les sargasses. Au cours d’une première visite en mars 2018, j’avais été particulièrement impressionné par la gêne que ces algues causaient à la population.

Comme je l’ai expliqué à l’époque, les sargasses sont des algues brunes qui dérivent en nappes. Le nom « sargasse » vient de l’espagnol « sargazo » qui signifie « varech. »Elles tirent leur origine de la Mer des Sargasses. Ces énormes amas d’algues brunes sont transportés par les courants marins et certains bancs viennent échouer en Martinique. A noter que cette île – qui est également un département français – il serait bien que les autorités de la métropole ne l’oublient pas! – n’est pas la seule à être touchée. Ses voisines (Guadeloupe, Dominique, Saint Barth…) le sont aussi.

Tant que les sargasses sont dans l’eau ou lorsqu’elles sont sèches, elles ne présentent pas de danger particulier pour la santé. En revanche, c’est quand elles s’échouent sur les plages qu’elles peuvent devenir dangereuses car elles entrent en putréfaction et dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) et de l’ammoniac (NH3). Comme je l’ai indiqué à l’issue de ma visite à la Martinique en mars 2018, ces gaz peuvent provoquer des maux de tête, des troubles olfactifs ou encore des irritations de la gorge et des yeux. Il est également fait état d’évanouissements. Les gaz émis par la décomposition des algues attaquent les peintures des maisons, sans oublier les matériels électroniques et informatiques.

Les touristes qui viennent à la Martinique ne doivent toutefois pas s’affoler car la situation est loin d’être aussi catastrophique qu’il y parait. D’une part, il existe des plages sans sargasses. D’autre part, les arrivages ne sont pas constants et varient d’un jour à l’autre.

Comme d’habitude, la métropole a été lente à réagir devant le problème des sargasses. Actuellement, les algues échouées sont collectées et ensuite transformées en compost. Lors de mon séjour à la mi août 2019, j’ai trouvé que la situation s’était améliorée au Vauclin, à la Pointe Faula en particulier, où elle était catastrophique en mars 2018. Certes, il y a encore des sargasses sur le littoral (voir les photos ci-dessous), mais l’odeur est moins pestilentielle A noter qu’une structure a été installée pour empêcher les sargasses d’envahir trop rapidement le littoral qui est un très agréable site de baignade.

Vues des sargasses à la Pointe Faula:

Structure destinée à freiner les invasions de sargasses:

Photos: C. Grandpey