Nouvelle approche du volcanisme hawaiien // A new approach to Hawaiian volcanism

drapeau francaisUne étude récente menée par des chercheurs des universités d’Hawaï et de Rhode Island donne un nouvel éclairage sur la formation de l’archipel hawaiien. Selon les scientifiques qui ont réalisé cette étude, ce sont les éruptions de surface, autrement dit l’extrusion de lave, qui font grandir les volcans hawaïens, plutôt que la mise en place interne du magma, comme on le pensait auparavant.
Avant cette étude, la plupart des scientifiques pensaient que les volcans hawaïens se développaient principalement en interne, par intrusion du magma dans la roche encaissante et solidification avant qu’il atteigne la surface. Bien que ce phénomène se produise effectivement, par exemple le long de l’East Rift Zone (ERZ) du Kilauea, il ne semble pas être représentatif de l’histoire globale de la formation des îles hawaïennes. Les estimations précédentes (mise en place interne du magma par opposition au débit de lave émise en surface) étaient basées sur des observations sur un laps de temps très court, au sens géologique.
Les chercheurs ont comparé des relevés gravimétriques historiques avec des enquêtes plus récentes effectuées sur la Grande Ile d’Hawaii et sur l’île de Kauai, ainsi que des relevés maritimes fournis par le Centre National de Données Géophysiques. Ces ensembles de données ont permis aux scientifiques d’examiner des processus sur des périodes de temps plus longues.

Il semblerait que les processus à court terme observés actuellement à Hawaii (qui ont tendance à être plus intrusifs) ne représentent pas le caractère prédominant de l’activité volcanique. Cela voudrait dire que, sur le long terme, l’East Rift Zone du Kilauea verra moins d’activité sismique et plus d’activité éruptive qu’on pensait auparavant. L’éruption en cours depuis 30 ans le long de l’ERZ pourrait se prolonger pendant de nombreuses décennies.

Il sera intéressant de savoir comment le rapport intrusif / extrusif influe sur la stabilité des flancs du volcan. On sait que des effondrements se produisent ; ils peuvent aller d’un effondrement de grande ampleur sur le flanc du volcan jusqu’à de simples effondrements de la banquette littorale sur la côte sud de la Grande Ile. Si la majorité des îles se sont formées à partir de flux extrusifs de faible ampleur, alors cela expliquerait certains effondrements qui ont été documentés.
Cette nouvelle approche du volcanisme hawaiien pourrait être utilisée comme point de départ pour d’autres études de la croûte terrestre dans les îles hawaïennes.

Source : Science Daily.

 

drapeau anglaisA recent study by researchers from the Universities of Hawaii and Rhode Island sheds new light on the formation of the Hawaiian Islands . According to the scientists who conducted this study, surface eruptions, i.e. the extrusion of lava, are growing the Hawaiian volcanoes, rather than the internal emplacement of magma , as previously thought.
Before this study, most scientists believed that Hawaiian volcanoes grew mainly internally by intrusion of magma into the surrounding rock and solidification before it reaches the surface. Although this phenomenon actually occurs , for example along the East Rift Zone ( ERZ ) of Kilauea, it does not seem to be representative of the overall history of the formation of the Hawaiian Islands. Previous estimates (internally emplaced magma versus extrusive lava flow) were based on observations over a very short period of time , in the geological sense .
The researchers compared historical gravimetric surveys with more recent surveys on the Big Island of Hawaii and Kauai , as well as marine surveys provided by the National Geophysical Data Center. These data sets have enabled scientists to examine processes on longer periods of time .
It seems that the short-term process currently observed in Hawaii (which tends to be more intrusive ) does not represent the predominant character of volcanic activity . This would mean that, in the long term, the East Rift Zone of Kilauea will show less seismic activity and more eruptive activity than previously thought . The ongoing eruption (30 years long) along the ERZ could last for many more decades .
It will be interesting to see how the intrusive / extrusive ratio affects the stability of the flanks of the volcano. We know that collapses occur; they can range from a large-scale collapses on the flank of the volcano to minor collapses of the coastal bench on the south coast of the Big Island . If the majority of the islands are formed from small-scale extrusive flows, this would explain some collapses that have been documented.
This new approach to Hawaiian volcanism could be used as a starting point for further studies of the crust in the Hawaiian Islands .
Source: Science Daily .

Banquette-littorale

Arrivée de lave sur la banquette littorale  (Photo:  C.  Grandpey)

 

La cendre des supervolcans peut se transformer en lave à plusieurs kilomètres de l’éruption // Ash from supervolcanoes can turn into lava several kilometres from the eruption

drapeau francaisOn peut lire sur le site web Daily Science un article très intéressant sur une étude publiée dans la revue Geology. Elle révèle que des professeurs des universités de Bakersfield (Californie) et du Missouri ont montré que les cendres émises lors de l’éruption de supervolcans comme Yellowstone peuvent être si chaudes qu’elles ont la capacité de redevenir de la lave une fois qu’elles touchent le sol à des dizaines de kilomètres de leur lieu d’émission. La recherche a été financée par la National Science Foundation.
L’article nous rappelle que, selon le processus habituel d’une éruption volcanique, la lave s’écoule généralement directement sur le site de l’éruption jusqu’à ce qu’elle refroidisse et durcisse (voir mon étude sur le processus de refroidissement de la lave sur le Kilauea). Cependant, les chercheurs américains ont trouvé des preuves d’une ancienne coulée de lave à des dizaines de kilomètres d’un supervolcan entré en éruption près de Yellowstone il y a environ 8 millions d’années.
Quelque temps avant cette étude, un professeur assistant de l’Université de Bakersfield avait déjà constaté que cette coulée de lave était composée de cendre éjectée lors de l’éruption. Suite à cette découverte, un professeur agrégé de l’Université du Missouri et des doctorants du département de géologie de cette même université ont essayé de prouver comment cela était possible.

Pour arriver à leurs fins, ils devaient déterminer comment la cendre avait pu être suffisamment chaude pour pouvoir se transformer en lave et couler avant de se refroidir.

Les chercheurs pensent que le phénomène a été rendu possible par un processus appelé «dissipation visqueuse ». Ce processus peut être comparé à un pot de mélasse que l’on se mettrait en devoir de remuer. En effet, il est très difficile de remuer un pot de mélasse et il faut dépenser beaucoup d’énergie et de force pour déplacer la cuillère dans le pot. Cependant, une fois que l’on y parvient, l’énergie utilisée pour déplacer la cuillère est transférée dans la mélasse qui chauffe effectivement un petit peu. C’est la dissipation visqueuse.
De la même façon, si on se réfère à la vitesse à laquelle la cendre chaude se déplace après l’éruption d’un supervolcan, on constate qu’une fois qu’elle touche le sol, l’énergie se transforme en chaleur, un peu comme l’énergie de la cuillère se trouve transférée dans la mélasse. Cette chaleur supplémentaire créée par la dissipation visqueuse est suffisante pour faire se souder la cendre qui se transforme alors en une coulée de lave.
La température de la cendre d’une telle éruption doit être d’au moins 815 ° C pour se transformer en lave. Toutefois, comme la cendre a perdu une partie de sa chaleur dans l’air, les chercheurs pensent que la dissipation visqueuse vient compenser cette perte et représente entre 93 et ​​204 ° C de chaleur supplémentaire, suffisante pour transformer la cendre en lave.
L’ensemble de l’article peut être lu à cette adresse:

http://www.sciencedaily.com/releases/2013/08/130827122816.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Ftop_news+%28ScienceDaily%3A+Top+News%29

drapeau anglaisOn the Science Daily website, one can read a very interesting article about a paper published in the journal Geology. It reveals that professors from the universities of Bakersfield (California) and Missouri have shown that the ash produced by supervolcanoes like Yellowstone can be so hot that it has the ability to turn back into lava once it hits the ground tens of kilometres away from the original eruption. Their research was funded by the National Science Foundation.

The article reminds us that following the usual process of a volcanic eruption, lava typically flows directly from the site of the eruption until it cools and hardens in place (see my study about the cooling process of lava on Kilauea). However, researchers found evidence of an ancient lava flow tens of kilometres away from a supervolcano eruption near Yellowstone that occurred around 8 million years ago.

Previously, an assistant professor at Bakersfield University had found that this lava flow was made of ash ejected during the eruption. Following this discovery, an associate professor in the University of Missouri along with doctoral students in the geological sciences department of this university, determined how this was possible.

To get to their point, they had to determine the ash must have been exceptionally hot so that it could actually turn into lava and flow before it eventually cooled.

The researchers believe the phenomenon was made possible by a process known as « viscous heating. » This process can be compared to stirring a pot of molasses. Indeed, it is very hard to stir a pot of molasses and you have to use a lot of energy and strength to move your spoon around the pot. However, once you get the pot stirring, the energy you are using to move the spoon is transferred into the molasses, which actually heats up a little bit. This is viscous heating.

So when you think about how fast the hot ash is travelling after a massive supervolcano eruption, once it hits the ground that energy is turned into heat, much like the energy from the spoon heating up the molasses. This extra heat created by viscous heating is enough to cause the ash to weld together and actually begin flowing as lava.

The volcanic ash from this eruption has to be at least 815°C to turn into lava; however, since the ash probably lost some of that heat in the air, the researchers believe viscous heating accounted for 93 to 204°C of additional heating to turn the ash into lava.

The whole article can be read at this address :

http://www.sciencedaily.com/releases/2013/08/130827122816.htm?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Ftop_news+%28ScienceDaily%3A+Top+News%29

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Pas d’entrée de lave dans l’océan en ce moment // No lava entry into the ocean these days

drapeau francaisLe HVO indique que l’éruption du Kilauea se poursuit sans changements significatifs. Au sommet, le niveau du lac de lave varie plus ou moins en fonctions des épisodes de gonflement et de dégonflement du volcan. Sur l’East Rift Zone, la coulée Kahauale`a 2 reste active avec de nombreux points de sorties qui brûlent  la forêt en plusieurs endroits au nord du Pu’uO’o. Au SE du Pu’uO’o, on observe des coulées éphémères sur la plaine côtière et sur le pali. Toutefois, la lave n’entre plus dans le Pacifique depuis le 23 août.

 

drapeau anglaisHVO indicates that the eruption continues with no significant changes. At the summit, the lava lake level more-or-less follows the D/I events. At the East Rift Zone, the Kahauale`a 2 lava flow is still active with multiple breakouts burning small patches of forest north of Pu`u `O`o. Southeast of Pu`u `O`o, scattered active breakouts can be seen on the pali and coastal plain. However, lava has not been entering the ocean since August 23rd.

Coulee-blog

Coulée éphémère sur la plaine côtière  (Photo extraite de mon DVD photos:   « Kilauea, le Feu de la Terre »)

Nouvelle crise éruptive du Veniaminof (Alaska) // New eruptive crisis of Veniaminof (Alaska)

drapeau francaisLe volcan, qui émettait de temps en temps des coulées de lave et des nuages de cendre et/ou de vapeur depuis le mois de juin, a connu une nouvelle crise éruptive vendredi 30 août, avec un panache de cendre estimé à 4,8 km de hauteur. Malgré tout, le trafic aérien ne semble pas avoir été affecté.

Selon l’Alaska Volcano Observatory , « l’épisode d’activité en cours est l’un des plus violents jamais observés sur le volcan. Même si l’activité se limite, pour le moment, à des fontaines de lave et des émissions de cendre modérées, une intensification ne saurait être exclue, avec en particulier des panaches de cendre plus volumineux ».

Il ne semble pas que l’éruption actuelle soit liée au puissant séisme de M 7 qui a été enregistré vendredi au large de l’île d’Adak qui se trouve à près de 1300 km au SO du Veniaminof, sur la chaîne des Aléoutiennes.

 

drapeau anglaisThe volcano that has been intermittently oozing lava and releasing small bursts of ash and steam since June erupted with new ferocity on Friday, sending clouds of ash more than 4.8 km into the sky. However, air traffic is not reported to have been affected

According to AVO, “the ongoing episode of activity is some of the strongest unrest detected at the volcano so far. Although the activity at present is primarily lava fountaining and moderate ash emission, it is possible, but not certain, that conditions may continue to escalate, and higher rising, more ash rich plumes may be generated”.

The eruption is not believed to be linked to a large, 7.0-magnitude earthquake that struck Friday in waters off the remote Alaska island of Adak, nearly 1,300 km southwest of Veniaminof in the Aleutians chain.

Veniaminof-blog

Le panache éruptif du Veniaminof  le 30 août 2013  (Crédit photo: Gary King / AVO)