Mauna Loa & Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgLe comportement du Mauna Loa et du Kilauea intrigue depuis longtemps les volcanologues. Les deux volcans disposent-ils d’une alimentation magmatique commune ? Ou bien, fonctionnent-ils indépendamment l’un de l’autre, même si l’on considère que le Kilauea est un cratère adventif du Mauna Loa ?

Une nouvelle étude à paraître dans le numéro de novembre de Nature Geoscience montre qu’il existe, à environ 80 km de profondeur, une connexion entre le Mauna Loa et le Kilauea qui expliquerait la similitude de leur comportement. L’étude a été effectuée par des chercheurs de Rice University (Houston, Texas), de l’USGS et de la Carnegie Institution de Washington.

L’étude, la première du genre à avoir modélisé les interactions parallèles entre les deux volcans, révèle qu’il existe une alimentation commune dans le manteau supérieur de la Terre. Elle serait responsable de la concurrence entre le Mauna Loa et le Kilauea. Elle expliquerait aussi leur gonflement simultané au cours de la dernière décennie.

L’étude présente le premier modèle acceptable expliquant d’une part les évolutions éruptives opposées des deux volcans sur le long terme (quand l’un est actif, l’autre est au repos) et, d’autre part, l’épisode survenu entre 2003 et 2007 quand les mesures GPS ont révélé que le Mauna Loa et le Kilauea connaissaient des phases de gonflement sous la pression du magma.

Le Mauna Loa et le Kilauea sont alimentés par le même point chaud et, au cours de la dernière décennie, les deux volcans ont connu un gonflement simultané. Il est probablement dû à une augmentation de pression au niveau de la source magmatique qui les alimente. On observe de subtiles différences dans la composition chimique de la lave émise par chaque volcan, ce qui montre qu’ils ont des cheminées d’alimentation séparées, avec du magma en provenance de deux régions profondes différentes.

En observant les données GPS, les scientifiques ont remarqué que l’inflation du Kilauea avait précédé d’un an et demi celle du Mauna Loa. Ils en concluent que la pression est transmise lentement à travers une région de l’asthénosphère en partie fondue et donc poreuse, ce qui expliquerait l’inflation simultanée et son décalage dans le temps. Dans la mesure où les changements de pression sont transmis entre les deux volcans à une vitesse plus grande que celle du flux magmatique à l’intérieur de la région poreuse, cela peut expliquer pourquoi ils sont couplés dynamiquement tout en étant alimentés par différents points d’une même source magmatique. La transmission de la pression au travers des roches perméables de l’asthénosphère se fait selon un processus identique à celui qui permet au pétrole et à l’eau de circuler à travers des couches rocheuses perméables dans des zones superficielles de l’écorce terrestre.

Quand les scientifiques ont examiné la déformation du Kilauea – révélatrice du gonflement et du dégonflement, ainsi que de l’émission de la lave – ils ont découvert que ce modèle correspondait parfaitement aux signaux de déformation enregistrés sur le Mauna Loa.

Ils prévoient d’étendre leurs recherches afin de savoir si le cas du Mauna Loa et du Kilauea est unique, ou si d’autres volcans de la planète sont dans la même situation éruptive.

Source : Science Daily.

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drapeau anglais.jpgA new study to appear in the November issue of Nature Geoscience finds that a deep connection about 80 km underground can explain the behaviour of Mauna Loa and Kilauea. It was conducted by scientists at Rice University, the University of Hawaii, the U.S. Geological Survey (USGS) and the Carnegie Institution of Washington.

The study, the first to model paired volcano interactions, explains how a link in Earth’s upper mantle could account for Kilauea and Mauna Loa’s competition for the same deep magma supply and their simultaneous « inflation » during the past decade.

It offers the first plausible model that can explain both the opposing long-term eruptive patterns at Mauna Loa and Kilauea — when one is active the other is quiet — as well as the episode in 2003-2007 when GPS records showed that each bulged notably due to the pressure of rising magma.

Both volcanoes are fed by the same hot spot, and over the past decade simultaneous inflation has been observed. It can be interpreted as the consequence of increased pressure of the magma source that feeds them. There are subtle chemical differences in the lava that each erupts, which means each has its own plumbing that draws magma from different locations of this deep source.

In the GPS records, the scientists could see inflation at Kilauea and then about a half a year later at Mauna Loa. Their hypothesis is that the pressure is transmitted slowly through a partially molten and thereby porous region of the asthenosphere, which would account for the simultaneous inflation and the lag time in inflation. Because changes in pressure are transmitted between both volcanoes at a faster rate than the rate of magma flow within the porous region, this can also explain how both volcanoes are dynamically coupled, while being supplied by different parts of the same source region. The transmission of pressure through the permeable rock in the asthenosphere is akin to the processes that cause water and oil to flow through permeable layers of rock in shallower regions of Earth’s crust.

When the scientists fitted the deformation, which tells us how much a volcano inflates and deflates, and the lava eruption rate at Kilauea, they found that their model could simultaneously match the deformation signal recorded over on Mauna Loa.

The scientists are planning to extend their research to see if Kilauea and Mauna Loa are unique or whether other volcanoes of the world are coupled in the same way.

Source : Science Daily.

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Le Mauna Loa vu depuis la West Rift Zone du Kilauea (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

Le Kilauea attire les touristes… / Kilauea volcano draws tourists…

Avec la montée du niveau du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u, le Parc des Volcans d’Hawaii s’attend à un afflux de visiteurs dans les prochains jours. L’Observatoire indique que le niveau du lac de trouve à 33 mètres sous la lèvre du cratère. Si la lave parvient à atteindre seulement 18 mètres, elle sera alors visible depuis la terrasse du Jaggar Museum qui se trouve à 1,5 km de distance et légèrement en contre-haut. Ce n’est pas gagné car, si le gonflement du Kilauea continue régulièrement, le niveau de la lave semble se stabiliser à environ 35 mètres sous la lèvre du cratère. Il va donc falloir être patient pour apercevoir la lave depuis la terrasse, si cet événement se produit, ce qui n’est pas certain.

Même sans lac de lave en vue, le spectacle reste très intéressant et de toute beauté. Certains touristes sont toutefois déçus car ils espéraient voir des « geysers de lave », sûrement par référence aux « pillars of lava » observés par Mark Twain au 19ème siècle. Je ne peux d’ailleurs que recommander la lecture des Letters from Hawaii où l’auteur fait une description remarquable de la situation au sommet du Kilauea à cette époque. Les habitants de Hilo, quant à eux, trouvent le spectacle somme toute banal. Il est vrai que le lac de lave existe depuis 2008.

Le Parc conseille aux futurs visiteurs de respecter les limitations de vitesse afin de ne pas écraser les oies (les célèbres nene) qui nichent dans le secteur. L’une d’elles a été tuée par un véhicule, au grand regret des autorités. Les conducteurs sont aussi priés de respecter les aires de stationnement et de ne pas garer leurs véhicules n’importe où. La tâche ne sera pas aisée s’il y a beaucoup de monde car les parkings ne sont ni grands ni nombreux.

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L’Halema’uma’u vu par la webcam du Jaggar Museum….

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… et en couleur depuis la terrasse du Jaggar Museum (Photo: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgL’épisode de gonflement du Kilauea se poursuit. On observe de temps à autre une pause de quelques heures, mais la tendance inflationniste reprend vite le dessus. Comme je l’indiquais précédemment, on peut se demander comment l’édifice va réagir à cette poussée du magma. Le Kilauea ne peut pas gonfler indéfiniment sans que l’on enregistre des conséquences visibles de ce phénomène.

Pour le moment, le niveau du lac de lave à l’intérieur du pit crater de l’Halema’uma’u est à son plus haut niveau qui semble se stabiliser à une quarantaine de mètres sous la lèvre.

De son côté, le Pu’uO’o héberge un petit lac de lave dans la partie E du cratère. Là aussi, le niveau de la lave se situe à quelques mètres sous la lèvre.

Cette même lave voyage en tunnels le long du pali et donne naissance à des coulées à la base de ce dernier. Leur progression vers la mer est relativement lente et se stabilise depuis plusieurs jours à plus d’1,5 km du Pacifique.

Certains scientifiques pensent que la lave de l’Halema’uma’u va continuer à monter et finir par déborder sur le plancher du cratère principal. Il est vrai que les descriptions faites par Mark Twain au 19ème siècle font rêver et qu’un tel débordement serait fort spectaculaire.

Personnellement, je parierais davantage sur une sortie de la lave quelque part le long de l’East Rift Zone. D’une part, le gonflement du Kilauea sur une longue période montre que la montée du magma est régulière et se fait sûrement en grande quantité. D’autre part, il est surprenant de voir que les effets visibles sont relativement limités : faibles variations du lac de lave de l’Halema’uma’u et coulées somme toute peu abondantes sur la plaine côtière. Il semblerait donc que le transit entre le sommet et le Pu ‘uO’o se fasse assez mal

Je ne serais pas surpris de voir une fracture s’ouvrir, comme cela s’est produit en 2011 avec l’éruption sur le site de Kamoamoa. Pour le moment la sismicité est faible et un tel événement ne devrait donc pas se produire dans les prochaines heures.

drapeau anglais.jpgThe inflation of Kilauea is going on. There is an occasional pause, but the tendency starts again after a few hours. As I put it before, one may wonder how the edifice will react to the push of the magma. Kilauea cannot keep inflating for ever without showing visible consequences of this phenomenon.

For the time being, the level of the lava lake within Halema’uma’u pit crater is at its highest and is stable at 40 metres or so below the rim.

There is a small lava pond in the eastern part of Pu’uO’o. Its level is high too, a few meters below the edge.

Lava travels in tunnels down the pali and several outbreaks are observed on the coastal flat. However, the flows are moving slowly and are still more than one kilometre away from the coast.

Some scientists think that lava will keep rising within Halema’uma’u and then overflow on the crater floor. It’s true Mark Twain’s description of the lava lake in the 19th century makes us dream and that such an event would be dramatic!

As far as I’m concerned, I’d rather bet on an eruption somewhere along the East Rift Zone. On the one hand, inflation shows magma ascent is regular and certainly abundant. On the other hand, it is surprising to see that the visible effects of this inflation are quite limited. This may mean that the transit of lava along the East Rift Zone is not that good.

I would not be surprised to see the opening of a new fracture, as this happened on the Kamoamoa site in 2011. For the moment, seismicity is quite low so that such an event should not occur in the next hours.

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Vue du gonflement du Kilauea (en vert) et du Pu’uO’o (en bleu). Contrairement à ce que l’on peut lire parfois, les deux sites « fonctionnent » parallèlement.

(Avec l’aimable autorisation de l’HVO)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgLe HVO a mis en ligne deux vidéos montrant la partie occidentale du lac de lave à l’intérieur du pit crater de l’Halema’uma’u. Le point le plus actif correspond à la source de l’alimentation. La lave se déplace ensuite vers l’est sous l’effet de la convection. Les craquements et autre bruits sourds sont provoqués par la fracturation et la chute des roches des parois sous l’effet de la chaleur.

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drapeau anglais.jpgHVO has released two videos showing the western part of the lava lake within Halema’uma’u pit crater. The spattering is the source of the lava which is then moved eastward by the convection. The crackling and popping noises are from fracturing and the falling of the rocks composing the walls of the vent caused by thermal expansion.

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-409.mov

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