2016, l’année la plus chaude de tous les temps sur la planète // 2016, the warmest year ever on the planet

drapeau-francaisL’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a présenté, fin décembre, le bilan climatique provisoire de l’année écoulée et indiqué que l’année 2016 a été la plus chaude jamais observée depuis le début des mesures, voilà cent trente-sept ans. Elle battra, et de très loin, le record de l’année 2015 qui avait elle-même battu celui de l’année précédente. En 2016, la température moyenne terrestre aura été de 1,2°C au-dessus de la moyenne préindustrielle, soit environ 0,2 °C de plus que le record de 2015. Pour des êtres humains, 0,2°C est infime en ressenti, mais c’est énorme d’un point de vue climatique, en particulier au niveau de la banquise et des glaciers. Sur le long terme, la tendance du réchauffement anthropique correspond à une hausse de la température de 0,17°C par décennie !

L’une des causes de cette hausse spectaculaire est l’arrivée, en début d’année 2016, d’un puissant phénomène El Niño. Ce réchauffement du Pacifique équatorial – qui survient cycliquement tous les trois à sept ans – contribue à une élévation de la température moyenne mondiale et vient s’ajouter au réchauffement dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre. El Niño est actuellement en perte de vitesse et en passe d’être remplacé par La Niña, plus froide. Il semblerait toutefois que l’effet de cette masse d’air plus froid ait du mal à se faire sentir. Comme je l’indiquais dans ma note précédente, la température de la fin décembre 2016 dans le nord de l’Alaska a atteint un niveau jamais vu auparavant.

Il semblerait que les émissions de gaz à effet de serre aient tendance à se stabiliser depuis 2014, mais l’accumulation de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne faiblit pas, comme le prouve la courbe de Keeling qui indique que les niveaux de CO2 atmosphérique ont dépassé le seuil symbolique de 400 parties par millions [ppm]. On remarque en particulier que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère en décembre 2016 est supérieure à ce qu’elle était en décembre 2015. Le niveau de CO2 préindustriel était d’environ 270 ppm, et il n’avait jamais dépassé 300 ppm au cours du dernier million d’années.

Dans les océans, les records de température ont contribué au blanchissement des récifs coralliens tandis que, sur terre, des inondations, des sécheresses et des cyclones tropicaux ont bouleversé la vie de millions de gens et ont entravé le progrès socio-économique. Il est à noter que la France connaît en ce moment un déficit pluviométrique extrêmement important, visible en montagne avec le manque de neige. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, l’un des phénomènes les plus notables de l’année 2016 a été la persistance de températures très élevées dans l’Arctique, accompagnée d’une surface particulièrement faible de glace de mer. Selon l’OMM, les régions ayant connu les températures extrêmes sont l’Alaska, l’Ouest canadien, le nord et l’est des Etats-Unis, plusieurs régions éparses d’Afrique, ainsi que la plus grande part de l’Amérique centrale. En France et en Europe en général, 2016 ne marquera pas de record particulier. A l’échelle mondiale, sur les dix-sept années les plus chaudes jamais mesurées, seize appartiennent au siècle en cours.

Source : OMM.

NB : Je conseille aux climato-sceptiques (certains consultent mon blog !) de regarder sur la chaîne de télévision ARTE le documentaire de James Balog « Chasing Ice » (il est traduit !) qui montre des preuves irréfutables, autant que spectaculaires, de l’impact du réchauffement climatique sur la fonte des glaciers.

J’ai eu l’occasion de rencontrer James Balog à l’occasion du Festival de Montier-en-Der 2015 où j’exposais, comme James, des photos de glaciers pour illustrer le réchauffement climatique. Il faut savoir que James Balog faisait partie des climato-sceptiques, mais sa découverte de la banquise et des glaciers l’a rapidement fait changer de côté ! Je peux vous assurer que c’est un sacré bonhomme !

On peut revoir ce documentaire sur le site Internet de la chaîne jusqu’au 11 janvier. Il suffit de vous rendre sur cette page :

http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

———————————-

drapeau-anglais2016 has been the hottest year since the meteorological records existed. The world temperature should exceed the pre-industrial average by 1.2°C, well above that of 2015. In 2016, the mean Earth temperature was 1.2°C above the pre-industrial average, about 0.2°C more than the record of 2015. For humans, 0. 2°C is very small, but it is enormous from a climatic point of view, especially in terms of sea ice and glaciers. Over the long term, the trend of anthropogenic warming corresponds to a rise in temperature of 0.17°C per decade!
One of the causes of this dramatic increase is the arrival in early 2016 of a powerful El Niño phenomenon. This warming of the equatorial Pacific – which occurs cyclically every three to seven years – contributes to a rise in global average temperatures and adds to the warming caused by human emissions of greenhouse gases. El Niño is currently losing ground and is being replaced by La Niña, which is colder. It would seem, however, that the effect of this colder air mass is difficult to make itself felt. As I indicated in my previous note, the temperature in late December 2016 in northern Alaska reached a level never seen before.
It seems that the emissions of greenhouse gases have stabilized since 2014, but the accumulation of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere does not falter, as shown by the Keeling curve, which indicates that CO2 levels have exceeded the symbolic threshold of 400 parts per million [ppm]. In particular, the accumulation of CO2 in the atmosphere in December 2016 was higher than in December 2015. The pre-industrial CO2 level was about 270 ppm and never exceeded 300 ppm over the last million years.
In the oceans, temperature records have contributed to the bleaching of coral reefs, while on land floods, droughts and tropical cyclones have disrupted the lives of millions of people and have hampered socio-economic progress. It should be noted that France is currently experiencing an extremely large rainfall deficit, visible in the mountains with the lack of snow. As I have pointed out several times, one of the most notable phenomena of the year 2016 has been the persistence of very high temperatures in the Arctic, accompanied by a particularly low surface area of sea ice. According to WMO, the regions with the extreme temperatures are Alaska, Western Canada, northern and eastern United States, several scattered regions of Africa, as well as a large part of Central America. In France and in Europe in general, 2016 will not score a particular record. Globally, out of the seventeen warmest years ever measured, sixteen belong to the current century.

Source : WMO.

NB: I would advise climato-skeptics (some of them consult my blog!) to watch on the TV channel ARTE James Balog’s documentary « Chasing Ice » which shows irrefutable and dramatic evidence of the impact of global warming on the melting of glaciers.
I had the opportunity to meet James Balog at the Montier-en-Der 2015 Festival where I exhibited, like James, photos of glaciers to illustrate global warming. Remember that James Balog was along the climato-skeptics, but his discovery of the icefield and the glaciers quickly made him change his mind! I can assure you he’s a damn good guy!
This documentary can be replayed on the channel’s website until January 11th. Just go to this page:
Http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

++++++++++

keeling-copie

 Courbe de Keeling le 1er janvier 2017 (les 400 ppm restent largement dépassés) avec évolution sur une année.

 keeling-2

Evolution globale des émissions de CO2. La courbe existe depuis 1958, grâce aux mesures effectuées sur le Mauna Loa à Hawaii. Les données précédentes s’appuient sur les carottes de glace prélevées dans l’Arctique.

Officiel: Le CO2 a battu tous les records en 2015 ! // Official: CO2 broke all records in 2015 !

drapeau-francaisJe l’ai annoncé il y a déjà pas mal de temps, mais la presse française semble le découvrir seulement maintenant : L’année 2015 a été marquée par une nouvelle hausse du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.

Le plus grave, c’est que pour la première fois, la concentration de ce gaz à effet de serre a dépassé durant toute l’année le seuil symbolique de 400 ppm (parties par million). Le relevé du 22 octobre 2016, communiqué par l’observatoire du Mauna Loa à Hawaii, fait état de 401,77 ppm. On reste donc sur une tendance à la hausse depuis le début des relevés dans les années 1960, avec une accélération au cours des dernières décennies (voir la courbe de Keeling ci-dessous).

Il faut noter que la barre des 400 ppm avait déjà été atteinte auparavant par le CO2, en certains endroits et durant certains mois de l’année, mais jamais encore à l’échelle du globe et pour une année entière. Il ne faudrait pas oublier, parmi les responsables du réchauffement climatique, le méthane (CH4), qui a aussi atteint un nouveau pic en 2015, et le protoxyde d’azote (N02), dont les concentrations représentent désormais 121% de leur niveau à l’ère pré-industrielle.

Pour expliquer le pic de CO2 en 2015, on accuse fréquemment le phénomène El Niño qui surgit tous les 4 à 5 ans et qui a un effet de réchauffement climatique. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, El Niño aurait contribué à déclencher des sécheresses dans les régions tropicales et  réduit la capacité d’absorption du CO2 par les forêts et les océans. Le problème, c’est que El Niño a disparu, mais le changement climatique est toujours là ! Quelle excuse va-t-on trouver maintenant ?

Les climatologues s’accordent pour dire que la tendance à la hausse du CO2 va encore se poursuivre en 2016, avec des concentrations de CO2 qui demeureront supérieures à 400 ppm pour toute l’année. Les promesses de réduction de la température formulées au cours de la COP 21 de Paris et sa « standing ovation » semblent bien loin…!

—————————————

drapeau-anglaisI announced it quite a long time ago, but the French press seems to discover the piece of news right now: The year 2015 was marked by a further increase in carbon dioxide (CO2) in the atmosphere.
The most serious is that for the first time, the concentration of this greenhouse gas has exceeded throughout the year the symbolic threshold of 400 ppm (parts per million). The measurements of October 22nd 2016, communicated by the Mauna Loa Observatory in Hawaii, reported 401.77 ppm., confirming the upward trend that began in the1960s, with a steady increase since that time and an acceleration in recent decades (see the Keeling curve below).
One should remember that the 400 ppm CO2 threshold had already been reached before in certain places and during certain months of the year, but never across the globe and for a whole year. One should not forget, among the contributors to global warming, methane (CH4), which also reached a new peak in 2015, and nitrous oxide (N02) whose concentrations now represent 121% of their tre-industrial level.
The El Niño weather phenomenon that arises every 4 to 5 years and has a warming effect is often cited as the main culprit to explain the peak of CO2 in 2015. According to the World Meteorological Organization, El Niño helped trigger droughts in tropical regions and reduced the CO2 absorption capacity of forests and oceans. The problem is that El Niño has disappeared, but climate change is still there! What excuse shall we find now?
Climatologists agree that the trend of increase of CO2 will still continue in 2016, with CO2 levels that will remain above 400 ppm for the entire year. The temperature reduction pledges made during the COP 21 in Paris and its « standing ovation » seem to be far away …!

keeling

La courbe de Keeling actualisée le 22 octobre 2016.

(Source: Scripps Institution of Oceanography)

Toujours plus de CO2 dans l’atmosphère…et de moins an moins de glace de mer ! // More and more carbon dioxide in the atmosphere…and less and less sea ice !

drapeau-francaisL’Observatoire du Mauna Loa à Hawaii mesure le dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique depuis près de 60 ans. Les niveaux enregistrés complètent la célèbre courbe de Keeling (voir ci-dessous), du nom de Charles David Keeling, le scientifique qui a commencé les mesures en 1958.
La première mesure de dioxyde de carbone enregistrée par Keeling en 1958 révélait un niveau de seulement 316 ppm (parties par million). Depuis cette date, le CO2 a augmenté de façon spectaculaire. En 2013, la concentration dans l’atmosphère atteignait 400 ppm, un niveau symbolique, car c’est celui que les climatologues définissent comme «le début de la zone de danger ». La quantité de CO2 dans l’atmosphère a atteint un nouveau record en mai 2016. C’est également la plus forte augmentation annuelle depuis le début de son suivi à la fin des années 1950.

La concentration de CO2 moyenne en mai était de 407,7 ppm, ce qui correspond à une augmentation de 3,76 ppm par rapport à mai 2015, et la plus forte hausse sur une année. Le 9 avril, un niveau de 409,44 ppm a été atteint. Toutefois,  les scientifiques ont tendance à ne pas attacher trop d’importance aux moyennes quotidiennes car elles fluctuent souvent de manière trop forte pour être représentatives de l’atmosphère dans son ensemble.
L’augmentation de la concentration de CO2 est actuellement la plus rapide depuis des centaines de milliers d’années. Selon la NOAA, la dernière fois que notre planète a connu une telle augmentation continue du dioxyde de carbone, c’était il y a entre 17 000 et 11 000 ans. L’augmentation actuelle est 200 fois plus rapide que cela. Aujourd’hui, la concentration de CO2 est la plus élevée des 800 000 dernières années ; c’est ce que révèlent les carottes de glace qui ont piégé le dioxyde de carbone du passé.

L’augmentation provient principalement des combustibles fossiles, même si El Niño peut être tenu en partie pour responsable. En effet, l’air des tropiques a tendance à s’assécher pendant un épisode El Niño, ce qui affecte énormément la vie végétale. Les plantes absorbent le dioxyde de carbone atmosphérique qui est nécessaire à la photosynthèse. S’il y a moins de plantes, il y aura plus de CO2 dans l’atmosphère. El Niño augmente également le risque d’incendies qui injectent, eux aussi, de grandes quantités de CO2 dans l’air.
En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation qui montre la variation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère entre septembre 2014 et janvier 2016:
https://youtu.be/YFeaBDavzSY

Source: The Washington Post.

Dans le même temps – et ce n’est pas une surprise – les scientifiques enregistrent dans l’Arctique, pour le mois de mai, la plus faible étendue de glace de mer de tous les temps. Cette étendue (autrement dit la zone dans laquelle au moins 15% de la surface de la mer est gelée) a été la plus réduite pour ce mois depuis le début des mesures satellites en 1979. Le record du mois de mai fait suite à d’autres pour les mois de janvier, février et avril, sans oublier le record hivernal enregistré en mars. L’absence de glace de mer affecte l’ensemble de l’Arctique, aussi bien le côté Pacifique que la partie Atlantique.

La fonte de la glace de mer est actuellement en avance de deux à quatre semaines par rapport à 2012, année de référence pour le minimum. Ainsi, la débâcle a déjà commencé dans la Mer de Beaufort ; les zones dépourvues de glace ont tendance à s’agrandir, ce qui va contribuer à accélérer la fonte. En effet, ces zones libres de glace absorbent la chaleur pendant l’été et la glace fond encore plus vite.

Source : Alaska Dispatch News.

————————————

drapeau-anglaisThe Mauna Loa Observatory in Hawaii has been measuring atmospheric carbon dioxide (CO2) for nearly 60 years. The resulting CO2 levels create the iconic Keeling Curve, shown below, named for Charles David Keeling, the scientist who began the measurements in 1958.

The first carbon dioxide measurement recorded by Keeling was just 316 ppm. Since then, it has increased dramatically. In 2013, the atmosphere’s carbon dioxide concentration hit 400 ppm — a significant milestone, because it’s the level at which climate scientists identify as “the beginning of the danger zone”. The amount of CO2 in the atmosphere reached a new record in May. It also increased more in a single year than it has since the beginning of its monitoring in the late 1950s.

The average CO2 concentration in May was 407.7 parts per million. This was a 3.76 ppm increase since May 2015, and the largest year over year increase on record. On April 9th, a daily record of 409.44 ppm was set, although scientists tend to not follow the daily averages too closely, since they often fluctuate too wildly to be representative of the atmosphere as a whole.

Carbon dioxide levels are increasing faster than they have in hundreds of thousands of years. According to NOAA, the last time our planet saw such a sustained increase in carbon dioxide was between 17,000 and 11,000 years ago. The current rate of increase is 200 times faster than that. Carbon dioxide in the atmosphere is higher now than it has been in more than 800,000 years, as can be concluded from ice samples that have trapped the carbon dioxide in ancient air.

The increase mostly comes the burning of fossil fuels, although a part of this year’s very large spike can be attributed to El Niño. Indeed, the tropics tend to dry out during an El Niño episode, which kills off a lot of plant life. Plants absorb atmospheric carbon dioxide, which is necessary for photosynthesis. Fewer plants means more CO2 in the atmosphere. El Niño also increases the likelihood of extreme wildfires, which also inject large amounts of CO2 into the air.

By clicking on this link, you will see an animation that shows the variation of CO2 concentrations in the atmosphere between September 2014 and January 2016:

https://youtu.be/YFeaBDavzSY

Source: The Washington Post.

Meantime, and this does not come as a surprise, scientists are announcing another monthly record low for Arctic sea ice. Its extent (namely the area where at least 15 percent of sea surface is frozen) in May was the lowest measured for that month since satellite recording began in 1979. The record-low in May follows record lows posted for January, February and April and a record-low winter maximum reached in March. The low-extent pattern is spread across the Arctic, both on the Pacific side and the Atlantic side.

The melt is now two to four weeks ahead of the pace set in 2012, the year when the record-low minimum was set. For instance, the ice in the Beaufort Sea is already broken up, and holes have become large and are expected to contribute to future melt. The holes are likely to absorb a lot of heat during the summer and accelerate the melt.

Source : Alaska Dispatch News.

Keeling 2016

Courbe de Keeling (Source: NOAA): Le CO2 atteint des sommets….

Groenland-blog

…et la glace de mer se réduit comme peau de chagrin! (Photo: C. Grandpey)

Un hiver chaud en France…et ailleurs! // A warm winter in France…and elsewhere!

drapeau-francaisAvec une température moyenne nationale de 7,9°C, l’hiver 2015-2016 est en train d’être le plus chaud observé en France depuis 1900, année du début des relevés. Avec un écart de 2,6°C au-dessus de la normale, cet hiver – en se référant aux températures enregistrées en décembre, janvier et février – se place loin devant les précédents records. 2015-2016 arrive loin devant 1989-1990 (+2°C) et 2006-2007 et 2013-2014 (+1,8°C). A noter que le mois de décembre 2015 a été le plus doux jamais observé avec un excédent de 3,9°C.
Autre indicateur de la douceur des mois passés, les gelées ont été peu fréquentes en plaine, souvent deux fois moins que la normale.
Sur les massifs, la neige a également tardé à apparaître. Des chutes ont été enregistrées en février, mais Météo-France fait remarquer que « l’enneigement n’a retrouvé des valeurs conformes qu’en altitude, au-dessus de 1.400 mètres ».
On peut lire sur le site du journal Le Point qu’« il n’est pas possible d’amputer (preuve que le journaliste ne connaît pas le français, car il aurait dû écrire imputer) avec certitude cette clémence au réchauffement de la planète, car la variabilité naturelle du climat, qui peut être de plusieurs degrés d’une année sur l’autre, est le facteur déterminant ». Une telle affirmation serait valable si l’on observait ponctuellement des hivers doux, ce qui n’est pas le cas. Au contraire, nous assistons à des hivers de moins en moins froids, une tendance qui reflète ce qui se passe dans les zones arctiques. A plusieurs reprises (voir ma dernière note du 26 février 2016), j’ai attiré l’attention sur la fonte rapide de la glace de mer dans l’Arctique où les températures ont encore atteint des sommets cet hiver, ce qui ne manque pas de poser des problèmes. Dans le monde animal, l’hibernation des ours bruns est perturbée tandis que les ours polaires ont bien du mal à trouver de la nourriture à cause du rétrécissement de la banquise. Il n’y a pas de neige à Anchorage (Alaska) en ce moment et il a fallu transporter de la neige depuis Fairbanks (où il n’y en a pas beaucoup) pour que la cérémonie de départ de l’Iditarod – célèbre course de traîneaux – puisse avoir lieu.
Certains diront que l’effet El Niño a contribué au coup de chaleur de ces derniers mois. C’est probable, mais ce n’est pas suffisant pour justifier la hausse des températures qui ne cesse de s’affirmer depuis le milieu des années 1980. Il est assez révélateur de constater que cette hausse est parallèle à la courbe de Keeling qui montre l’évolution des émissions de CO2 dans l’atmosphère depuis 1958.

——————————–

drapeau-anglaisWith a national average temperature of 7.9°C, the winter 2015-2016 has been the hottest in France since 1900, the year when the records began. With a difference of 2.6°C above normal, this winter – with reference to temperatures in December, January and February – is far ahead of previous records. 2015-2016 comes ahead of 1989-1990 (+ 2°C) and 2006 to 2007 and 2013-2014 (+ 1.8°C). December 2015 was the mildest on record with a surplus of 3.9°C.
Another indicator of the mildness of the past months, frosts have been infrequent in the plains, often twice less than normal.
In the mountains, snow has also been slow to appear. Snowfalls were recorded in February, but Météo-France indicates that « the layer of snow only found normal values above 1,400 meters a.s.l. »
One can read on the website of the newspaper Le Point that « it is not possible to link with certainty that mildness [of winters] to global warming, because natural climate variability, which can be several degrees from one year to the next, is the determining factor. » Such an assertion would be valid if we occasionally observed mild winters, which is not the case. Instead, we are witnessing less and less cold winters, a trend that reflects what happens in Arctic areas. On several occasions (see my last note of 26 February 2016), I have drawn attention to the rapid melting of sea ice in the Arctic where temperatures reached highs this winter, which entails quite a lot of problems. Among the animals, the hibernation of brown bears is disturbed while polar bears are struggling to find food because of the loss of sea ice. There is no snow in Anchorage (Alaska) these days and they had to carry snow from Fairbanks (where there is not so much) so that the ceremonial start of the Iditarod – the famous sled race – might take place.
Some will say El Nino has contributed to high temperatures in recent months. It is likely, but not enough to justify the rise of temperatures since the mid 1980s. It is quite significant to notice that this increase is parallel to the Keeling curve which has shown the evolution of CO2 emissions into the atmosphere since 1958.

Keeling 2016

Courbe de Keeling pour les 6 derniers mois. (Source: NOAA)