De l’énergie solaire pour les trains en Inde // Solar energy for trains in India

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de fustiger le gouvernement indien, signataire de la COP 21 mais gros producteur et utilisateurs de charbon. Pourtant, dans le pays qui compte certaines des villes les plus polluées au monde, le gouvernement ainsi que les entreprises privées font des efforts pour transiter vers une économie plus durable.

L’Indian Railways, l’entreprise publique qui exploite le réseau ferroviaire en Inde, a pris l’initiative d’installer des panneaux solaires sur 250 de ses trains, afin de respecter les normes gouvernementales en vigueur et de réduire drastiquement les coûts du carburant ainsi que les émissions polluantes. L’installation n’a pas encore commencé mais l’entreprise a déjà réussi à mobiliser la somme nécessaire à l’installation des systèmes qui seront utilisés pour les lumières et la climatisation. Installée sur six trains pour une période d’essai de deux mois avant d’être étendue à l’ensemble du réseau, cette initiative devrait relancer le pays dans sa course à l’écologie.

Ce n’est pas la seule initiative que le gouvernement tente de mettre en place pour réduire la pollution qui gangrène le pays. Plus tôt cette année, le ministre indien des Finances a annoncé que 7 000 gares ferroviaires à travers le pays seront alimentées par l’énergie solaire pour mettre en œuvre 1 000 mégawatts de capacité d’énergie solaire. 300 gares ont déjà fait l’objet d’installation de panneaux solaires sur leurs toits. Ce nombre devrait passer à 2000 dans les années à venir.

Selon une étude menée par le Programme des Nations Unies pour le Développement, 25% des besoins énergétiques des chemins de fers indiens pourraient être comblés par cette installation d’ici 2025. En raison de la baisse des prix de l’énergie solaire au cours des derniers mois, l’Inde a annulé les plans visant à construire près de 14 gigawatts de centrales au charbon.

Source : Lumières de la Ville.

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I have repeatedly criticized the Indian government, a signatory to COP 21, but also a major producer and user of coal. Yet in the country which has some of the most polluted cities in the world, the government and private companies are making efforts to transit to a more sustainable economy.
Indian Railways, the public company that operates the rail network in India, has decided to install solar panels on 250 of its trains to meet government standards and drastically reduce fuel costs, as well as polluting emissions. The installation has not yet begun but the company has already managed to gather the necessary amount to install the systems that will be used for lights and air conditioning. Based on six trains for a two-month trial period before being extended to the entire network, this initiative should revive the country in his race to ecology.
This is not the only initiative that the government is trying to put in place to reduce the pollution that affects the country. Earlier this year, the Indian Finance Minister announced that 7,000 railway stations across the country will be powered by solar energy to implement 1000 megawatts of solar energy capacity. 300 stations have already received solar panels on their roofs. This number should increase to 2,000 in the coming years.
According to a study by the United Nations Development Program, 25% of the energy requirements of Indian railways could be met by these solar panels by 2025. Due to the fall in the prices of solar energy in the past months, India has canceled plans to build nearly 14 gigawatts of coal-fired power plants.
Source: Lumières de la Ville.

Des trains et des gares solaires bientôt en Inde

(Source: Indian Railways)

Coup dur pour la COP 21! Les glaciers continueront de fondre // A hard blow against the Paris climate agreement ! Glaciers will keep melting

Les trois plus grands consommateurs de charbon de la planète – la Chine, les États-Unis et l’Inde – ont augmenté leur production en 2017, après un déclin record l’année dernière. Cette situation porte un coup d’arrêt aux efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique
Les dernières données minières montrent que la production de charbon  en mai 2017 a augmenté d’au moins 121 millions de tonnes, soit 6%, pour les trois pays mentionnés ci-dessus, par rapport à la même période l’an dernier. Le changement est spectaculaire aux États-Unis, où l’extraction du charbon a augmenté de 19% au cours des cinq premiers mois de l’année 2017, selon les données fournies par le Ministère de l’Énergie aux États-Unis.
La production de charbon a donné l’impression de connaître une baisse il y a moins de deux semaines, lorsque la compagnie britannique BP a indiqué que le tonnage extrait à l’échelle mondiale avait diminué de 6,5% en 2016, la plus forte baisse enregistrée ces dernières. La Chine et les États-Unis étaient la cause de ce déclin, tandis que l’Inde enregistrait une légère augmentation.
Les raisons du revirement de cette année sont dues à de nouvelles orientations de politique en Chine, des changements sur les marchés de l’énergie aux États-Unis et le désir permanent de l’Inde de fournir de l’électricité aux plus démunis. A noter que la décision de Trump d’augmenter la production de charbon aux Etats-Unis entre pour très peu dans l’augmentation actuelle de la production mondiale de charbon.
Les États-Unis, la Chine et l’Inde représentent ensemble environ les deux tiers du charbon extrait dans le monde entier, et ces deux dernières nations importent également du charbon pour répondre à la demande. La production de l’Inde a augmenté même pendant le ralentissement de la production mondiale.
L’utilisation du charbon pour produire de l’électricité, dans l’industrie et pour le chauffage explique l’importance des émissions de dioxyde de carbone qui favorisent le réchauffement climatique. La réduction de ces émissions a été l’un des points essentiels de la COP 21 de Paris en 2015, accord climatique que Trump a décidé de ne pas respecter. Presque tous les autres pays continuent de cautionner l’accord, y compris la Chine et l’Inde. La Chine, l’Inde et les États-Unis sont responsables de près de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le charbon représente près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre suite à la consommation de combustibles fossiles. La Chine est de loin le plus grand consommateur de charbon au monde et utilise la moitié de la production mondiale.
La Chine s’est engagée à limiter ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et certains ont affirmé que ce but pourrait être atteint dix ans plus tôt. Selon les sources gouvernementales, la production chinoise a augmenté de plus de 4% en mai 2017, après une baisse de plus de 8% pour la même période un an plus tôt. Des centaines de mines ont été fermées en Chine l’année dernière et le gouvernement a obligé d’autres à réduire les heures de travail. Le gouvernement a depuis assoupli ces mesures et la production est repartie à la hausse.
La volonté de Trump de relancer l’exploitation du charbon est une exception  et n’a pas été suivie par la Chine ou l’Inde. La hausse de la production de charbon aux Etats-Unis pourrait ne pas faire long feu. En effet, la baisse du prix du gaz naturel, la demande de plus en plus grande envers les énergies renouvelables et les normes de pollution de plus en plus strictes ont poussé de nombreuses compagnies d’électricité aux Etats Unis à fermer ou annoncer la fermeture de plusieurs centaines de centrales au charbon. Ces mêmes compagnies ont fortement investi dans d’autres formes de production d’électricité et il est fort peu probable  qu’elles reviennent vers le charbon.
Source: médias américains.

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The world’s biggest coal users — China, the United States and India — have boosted coal mining in 2017, in an abrupt departure from last year’s record global decline and a setback to efforts to rein in climate change emissions.

Mining data show that production through May is up by at least 121 million tons, or 6%, for the three countries compared to the same period last year. The change is most dramatic in the U.S., where coal mining rose 19% in the first five months of the year, according to U.S. Department of Energy data.

Coal had appeared to hit a new low less than two weeks ago, when British energy company BP reported that tonnage mined worldwide fell 6.5% in 2016, the largest drop on record. China and the U.S. accounted for almost all the decline, while India showed a slight increase.

The reasons for this year’s turnaround include policy shifts in China, changes in U.S. energy markets and India’s continued push to provide electricity to more of its poor. Trump’s decision to boost coal production accounts for very little.

The U.S., China and India combined produce about two-thirds of the coal mined worldwide, and the latter two nations also import coal to meet demand. India’s production expanded even during coal’s global downturn.

Burning coal for power, manufacturing and heat is a primary source of the carbon dioxide emissions that is driving climate change. Reducing such emissions was a critical piece of the 2015 Paris climate accord that Trump announced this month he wants to exit. Almost every other nation continues to support the deal, including China and India. China, India and the U.S. produce almost half of global greenhouse gas emissions. Coal accounts for almost half of greenhouse emissions from burning fossil fuels, according to the Global Carbon Project. China is by far the world’s largest coal user, consuming half the global supply.

China has committed to capping its greenhouse gas emissions by 2030, and some have suggested it might accomplish that up to a decade earlier. China’s production rose more than 4 percent through May, according to government figures, compared to a drop of more than 8% for the same period a year earlier. Hundreds of mines shut down in China last year and the government forced others to cut back hours. The government has since relaxed that policy and production is rebounding.

Trump’s advocacy for reviving the coal-mining industry stands as an exception among the three nations’ leaders. Yet the U.S. also is where coal’s rebound could be briefest.

Cheap natural gas, a growing appetite for renewable energy and stricter pollution rules spurred utilities to shut down or announce retirements for several hundred U.S. coal plants. U.S. utilities that invested heavily in alternatives are considered unlikely to revert to coal.

Source: American news media.

Evolution de la production mondiale de charbon.

 

En Inde, les glaciers sont désormais des personnes légales // In India, glaciers are now legal persons

La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri. Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

Source : Live Law.in.

Les glaciers Gangotri et le Yamonutri connaissent le même sort que leurs homologues de la chaîne himalayenne : ils reculent de manière spectaculaire sous l’effet du réchauffement climatique. Une étude effectuée par une équipe de glaciologues et publiée en 2015 estimait que les glaciers de la région Kush-Himalaya dominée par l’Everest pourraient perdre 70 à 99% de leur volume d’ici l’année 2100, avec des conséquences catastrophiques pour l’agriculture et l’élevage et l’alimentation hydroélectrique.

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The Uttarakhand High Court declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

In the eyes of the High Court judges, past generations having handed over « Mother Earth in its pristine glory », we are morally bound to hand over the same Mother Earth to the next generation.

Source: Live Law.in.

Gangotri and the Yamonutri glaciers have the same fate as the other glaciers of the Himalayas: they retreat dramatically as a result of global warming. A study carried out by a team of glaciologists and published in 2015 estimated that glaciers in the Kush-Himalayan region dominated by Mount Everest could lose 70 to 99% of their volume by the year 2100, with disastrous consequences for the agriculture and livestock and hydroelectric power.

Front du glacier Gangotri, source du Gange supérieur (Crédit photo: Wikipedia)

 

Le CO2 indien et les Trapps du Deccan // Indian CO2 and Deccan Traps

drapeau-francaisDans une note en date du 22 décembre 2015, j’écrivais que l’Inde semblait indifférente aux conclusions de la COP 21. En effet, le pays a toujours l’intention de doubler sa production de charbon d’ici 2020 et compte bien s’appuyer sur cette ressource dans les décennies à venir. En agissant ainsi, l’Inde restera probablement le troisième plus grand émetteur de carbone au monde.
La solution aux émissions de CO2 pourrait bien se trouver à l’intérieur de l’Inde! En effet, les géologues pensent que le pays possède une infrastructure géologique extraordinaire susceptible de fournir une solution naturelle au problème du changement climatique. Cette solution consisterait à capter le CO2 en provenance des centrales au charbon et à l’injecter sous les Trapps du Deccan pour un stockage permanent.
Les Trapps du Deccan – une épaisse accumulation de basalte solidifié résultat d’éruptions volcaniques il y a 65 millions d’années – occupent environ un tiers de la péninsule indienne. Leur épaisseur varie entre quelques centaines et quelques milliers de mètres et ils recouvrent d’épaisses roches sédimentaires. L’idée est d’injecter le CO2 dans les roches sédimentaires poreuses et d’utiliser la couche de basalte comme couvercle pour empêcher le gaz de s’échapper.
Des études en laboratoire ont confirmé que le CO2 réagit avec le calcium, le magnésium et les silicates riches en fer à l’intérieur de la lave, les transformant en carbonates stables tels que la calcite, la dolomite, la magnésite et la sidérite. Les chercheurs estiment que l’on pourrait entreposer dans les Trapps du Deccan 300 000 millions de tonnes de CO2 – l’équivalent de ce que les humains produisent en 20 ans. Plusieurs tentatives fructueuses à petite échelle ont été effectuées pour injecter du CO2 dans du basalte en Islande et dans l’État de Washington.
Lorsqu’elles réalisèrent le potentiel des Trapps du Deccan comme option de stockage du CO2 sur le long terme, les agences gouvernementales indiennes, en collaboration avec des scientifiques américains, ont proposé en 2007 une étude sur le terrain pour étudier la faisabilité du projet. Malheureusement, l’étude n’a jamais été menée à son terme. L’Inde s’est retirée du projet en 2009 quand elle a réalisé qu’il n’y aurait pas, dans le court terme, d’accords internationaux contraignants sur les émissions de gaz à effet de serre. Il ne fait malheureusement guère de doute que la COP 21 ne fera pas, elle non plus, avancer les choses.
Source: The Economic Times.

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drapeau-anglaisIn a previous post (December 22nd, 2015), I indicated that it looked as if India was indifferent to the conclusions of the Paris climate conference. Indeed, the country still plans to double its coal output by 2020 and rely on the resource for decades afterwards. Doing so, India will probably remain the world’s third-largest carbon emitter.
The solution to the Indian CO2 emissions might well lie in India itself! Indeed, geologists think the country is blessed with an extraordinary geological feature that may provide a natural solution to the problem of climate change. This solution would consist in capturing the CO2 coming out of coal-fired power plants and injecting it below the Deccan Traps for permanent storage.
The Deccan Traps – a thick accumulation of solidified basalt from volcanic eruptions 65 million years ago – occupies about a third of peninsular India. The trap cover varies in thickness from a few hundred to a few thousand metres and, below this, lie thick sedimentary rocks. The idea is to pump the CO2 through the porous sedimentary rocks and use the basalt layer above as a « cap » to stop the gas from escaping.
Laboratory studies have confirmed that CO2 reacts with calcium, magnesium and iron rich silicates in the lava, turning them into stable carbonate minerals such as calcite, dolomite, magnesite and siderite. Researchers estimate that the Deccan Traps might be able to hold 300,000 million tonnes of CO2 – as much as humans produce in 20 years. Several small-scale but successful attempts have been made to inject CO2 into basalts in Iceland and in Washington State.
Realizing the potential of the Deccan Traps as long-term CO2 storage option, Indian government agencies, jointly with American scientists, proposed in 2007 a field study to investigate the feasibility of the project. Unfortunately, the study was never completed. Interest on the Indian side waned after it became clear in 2009 that no binding international emissions agreements were going to happen any time soon. The odds are that the last Paris climate conference will not make matters better.
Source: The Economic Times.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/wp-content/uploads/2015/10/trapps.jpg

Vue des Trapps du Deccan (Photo: Wikipedia)