El Niño, encore et toujours !

Concentrations de CO2 : 426,97 ppm (30 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

On parle beaucoup d’El Niño en ce moment, et à juste titre. Le phénomène El Niño que nous connaissons en 2026-2027 est en train de bouleverser la météo mondiale. C’est le plus puissant jamais observé par les climatologues et les météorologues qui sont d’accord pour dire que nous avançons en terre inconnue. Personne ne sait quels seront exactement les impacts et les conséquences de l’El Niño actuel.

J’ai expliqué précédemment ce qu’est le phénomène de réchauffement El Niño et comment il réchauffe les eaux de l’océan Pacifique oriental au niveau de l’équateur. Avec La Niña qui produit l’effet inverse, nous avons affaire à deux phases naturelles qui durent chacune entre un et trois ans, et qui font partie du cycle ENSO (El Niño Southern Oscillation, l’oscillation australe).

Pour parler d’un phénomène El Niño, il faut que la température de l’eau de l’océan Pacifique équatorial dépasse d’au moins 0,5 °C la normale. À partir de +0,8 °C, il s’agit d’un El Niño modéré, et lorsque cette anomalie de chaleur dans l’eau atteint ou dépasse les +2 °C, il s’agit d’un super El Niño. Or, les dernières prévisions envisagent une anomalie comprise entre +3,5 et +5 °C, dépassant, de loin, le précédent record qui était de +2,6 °C en 2015-2016.

Cette anomalie thermique dans l’eau du Pacifique oriental se situe très loin de chez nous, mais a des conséquences sur la météo mondiale pendant environ un an, voire plus. On a davantage de précipitations dans certaines zones, moins dans d’autres, moins d’ouragans dans l’Atlantique Nord, mais davantage dans le Pacifique.

Au niveau planétaire, El Niño a pour principale conséquence d’augmenter la quantité de chaleur dans l’atmosphère, en plus de celle liée au réchauffement climatique d’origine anthropique. L’effet le plus significatif d’El Niño se produit en général en hiver, avec des températures anormalement élevées dans de nombreuses régions. L’effet El Niño dure environ un an, avec de grandes différences régionales à travers le monde.

C’est probablement sur les précipitations mondiales que l’effet El Niño sera le plus visible. C’est logique : plus la température moyenne mondiale augmente, plus l’eau de surface des océans s’évapore, et plus cette humidité vient remplir les systèmes météo dans l’atmosphère. Mais cette humidité ne se répartit pas de manière égale dans l’atmosphère. Copernicus a publié des cartes de prévisions saisonnières sur les trois prochains mois, ce qui  permet de visualiser les différentes anomalies de précipitations :

Anomalies de précipitations en novembre-décembre-janvier : en vert, les excès par rapport à la normale ; en marron, les déficits. (Source :Copernicus)

Ces écarts de températures et de précipitations vont forcément impacter l’agriculture mondiale, avec des effets très inégaux selon les régions. Cela entraînera obligatoirement des effets sur les économies. Une étude de 2023, publiée dans Nature Communications, estime à 2 100 milliards de dollars le montant de la perte provoquée par l’épisode très fort de 1997-1998 et 3 900 milliards pour celui de 2015-2016, sur l’année de l’événement et les trois années suivantes.

En France, El Niño provoque en général des hivers plus doux, plus humides et plus ventés, et des étés encore plus chauds. L’hiver 2026-2027 devrait donc être anormalement doux, et avec un excédent de précipitations, ce qui est plutôt une bonne nouvelle car cela permettra de faire des réserves pour affronter l’été 2027. Dans ce contexte très pluvieux, les risques d’inondations seront multipliés, le gel et la neige très peu présents.

 La période novembre-décembre-janvier est prévue comme anormalement chaude en France (Source : Copernicus)

Source : NOAA, Copernicus, Futura Sciences.

Des hivers de plus en plus courts // Shorter and shorter winters

Signe évident du réchauffement climatique sur notre planète, les hivers sont de plus en plus courts et les étés de plus en plus longs. Ce phénomène est observé dans les deux hémisphères, comme l’explique un article paru récemment sur le site web de la radio France Info.

Aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande, l’hiver dure aujourd’hui un mois de moins qu’il y a 100 ans. Les météorologistes ont comparé les dates moyennes des premiers gels dans 48 Etats américains et ils ont conclu que l’arrivée des épisodes froids a reculé de manière significative au cours des dernières décennies. Ainsi, la date moyenne du premier gel entre 2007 et 2016 est arrivée une semaine plus tard qu’entre 1971 et 1980.

En comparant les relevés de 1916 à ceux de 2016, les scientifiques aux Etats-Unis ont découvert que la saison de gel avait duré un mois de moins dans le pays, voire deux mois de moins dans l’Oregon. Autre donnée significative : en 2016, environ 40% des Etats américains (hors Alaska et Hawaï) avaient déjà connu un épisode de gel au 23 octobre, contre 65% lors d’une année normale.

La tendance est la même en Nouvelle-Zélande. Le National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) estime que l’hiver commence quand les températures sont inférieures à 9°C dans le pays des All Blacks. Entre 1909 et 1938, cette période durait une centaine de jours, contre seulement 70 jours entre 1987 et 2016.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, sur l’ensemble de la planète, l’année 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés de températures, en 1880. Ce record s’explique en partie par le puissant courant équatorial chaud El Niño, qui a été observé cette année-là. L’année 2017 devrait, quant à elle, être l’année la plus chaude jamais recensée hors des années où le phénomène El Niño a été observé.

Les stations de sports d’hiver de basse et de moyenne montagne ont du souci à ce faire. Arrivera le jour où les canons à neige atteindront les sommets et ne pourront pas aller plus haut.

Source : France Info.

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Here is another sign of global warming on our planet: winters are getting shorter and summers ate getting longer. This phenomenon is observed in both hemispheres, as explained in a recent article on the website of the French radio channel France Info.
In the United States and New Zealand, winter now lasts one month less than 100 years ago. Meteorologists compared the average dates of the first freezes in 48 US states and concluded that the arrival of cold episodes has declined significantly in recent decades. Thus, the average date of the first freeze between 2007 and 2016 arrived a week later than between 1971 and 1980.
Comparing the 1916 surveys with those of 2016, scientists in the United States discovered that the frost season lasted one month less in the country, or two months less in Oregon. Another significant fact: in 2016, about 40% of American states (excluding Alaska and Hawaii) had already experienced a frost event on October 23rd, against 65% in an average year.
The trend is the same in New Zealand. The National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA) estimates that winter begins when temperatures are below 9°C in the All Blacks country. Between 1909 and 1938, this period lasted a hundred days, compared with only 70 days between 1987 and 2016.
As I have put it several times, all over the world, 2016 was the warmest year ever recorded since the beginning of the temperature readings in 1880. This record is partly explained by the powerful El Niño hot equatorial current, which was observed that year. The year 2017 should, for its part, be the hottest year ever recorded in years when the El Niño phenomenon was not observed.

Low and mid-mountain winter sports resorts are concerned about this. There will be the day when the snow cannons will reach the peaks and can not go higher.

Source: France Info.

Canons à neige dans le massif du Sancy (Puy-de-Dôme)

Canon à neige au Montgenèvre (Hautes-Alpes)

  [Photos: C. Grandpey]