Le bilan final se précise à Maui (Hawaii) // Getting closer to the final death toll at Maui (Hawaii)

Ces derniers jours, les médias internationaux ont déclaré que le nombre de personnes disparues à Maui se situait entre 1 000 et 1 100. Les chiffres que j’avais obtenus des autorités hawaïennes faisaient état d’environ 800 personnes n’ayant pas donné signe de vie. Aujourd’hui, les autorités du comté de Maui expliquent avoir recensé 388 individus portés disparus lors de l’incendie catastrophique de Lahaina le 8 août 2023. Le FBI a confirmé les noms de ces personnes grâce à leurs identités, mais aussi en contactant celles qui avaient signalé les disparitions.
Le 24 août 2023, il est indiqué que 1 732 personnes initialement portées disparues, ont été retrouvées.
Le dernier bilan est actuellement de 115 morts. Au final, on peut raisonnablement penser qu’il se situera autour de 500.

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In the past days, international news media said that the number of missing people in Maui reached 1000-1100.The figures I had obtained from Hawaiian authorities was rather about 800. In the end Maui County officials say they have validated 388 individuals who have been reported missing from the August 8th Lahaina wildfire disaster. The FBI confirmed the names by assessing the first and last name of the person who is unaccounted for, and by a verified contact number for the person who reported the individual missing.

As of August 24th, 2023, an additional 1,732 individuals who had originally been reported as unaccounted for have since been found.

The official death toll is 115. In the end, one can reasonably think that the official death toll will be around 500.

Source: presse américaine

Les dernières éruptions du Kamaʻehuakanaloa (Hawaii) // The latest eruptions of Kamaʻehuakanaloa (Hawaii)

Autrefois connu sous le nom de Lōʻihi, le volcan sous-marin, qui se trouve à environ 30 km au large de la côte sud de la Grande Ile d’Hawaii, a été renommé Kamaʻehuakanaloa en 2021 par le Hawaii Board of Geographic Names. Le volcan est entré en éruption au moins cinq fois au cours des 150 dernières années, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du département des Sciences de la Terre de l’Université d’Hawall. Elle a été publiée dans la revue Geology.
Les chercheurs ont pour la première fois pu estimer l’âge des éruptions les plus récentes de ce volcan, ainsi que huit éruptions plus anciennes remontant à environ 2 000 ans.
Selon l’auteur principal de l’étude, Kamaʻehu est le seul exemple de volcan hawaiien pré-bouclier actif. Sur les autres volcans hawaiiens, cette première phase de l’histoire d’un volcan est cachée par les coulées de lave qui se produisent pendant la phase bouclier proprement dite. C’est pourquoi il y a un grand intérêt à étudier la croissance et l’évolution du Kamaʻehu.
Auparavant, la seule éruption connue et confirmée de ce volcan sous-marin s’était produite en 1996. Elle n’a été découverte que parce qu’elle a coïncidé avec un grand essaim sismique détecté à distance par des sismomètres sur la Grande Île.
Seuls les sismomètres peuvent être utilisés pour détecter les éruptions actives en cours des volcans sous-marins car les séismes sont transitoires. Afin de déterminer l’âge des éruptions plus anciennes du Kamaʻehu, les scientifiques ont adopté une approche différente. Ils ont utilisé un spectromètre de masse pour mesurer de minuscules quantités d’isotope radium-226 dans des morceaux de lave vitreuse qui ont été prélevés à l’aide d’un submersible. sur les affleurements du fond marin au niveau du Kamaʻehu.
Le magma contient naturellement du radium-226 dont la radioactivité se désintègre à un rythme prévisible. Les chercheurs ont utilisé la quantité de radium-226 présente dans chaque échantillon pour déduire le temps approximatif écoulé depuis l’émission de lave sur le fond marin.
On pense que les volcans hawaiiens traversent une série d’étapes au cours de leur croissance. Le Kamaʻehu est actuellement dans sa première phase de croissance «pré-bouclier», tandis que son voisin, le Kilauea, est dans la phase principale d’édification du bouclier.
La chimie de la lave émise par les volcans hawaiiens change avec le temps. Les derniers âges d’éruption pour les laves du Kamaʻehu, révélés par les mesures de la chimie de la lave, montrent que l’échelle de temps de la variation de la chimie de la lave sur ce volcan pré-bouclier est d’environ 1 200 ans.
A côté de cela, la chimie de la lave du Kilauea change sur une échelle de temps de quelques années à quelques décennies seulement, avec un cycle complet d’environ 200 ans. Les auteurs de l’étude pensent que la cause de cette différence est liée à la position des deux volcans au-dessus du point chaud hawaiien. Les modèles et d’autres données isotopiques du thorium-230 montrent que le centre d’un panache mantellique s’élève probablement plus rapidement que sa marge. Les résultats de la nouvelle étude, en particulier le facteur de six échelles de temps plus longues pour la variation de la chimie de la lave du Kamaʻehu, confirment cette idée.
Les laves d’aspect le plus récent ont le plus de radium-226, et inversement pour les laves d’aspect plus ancien qui sont fracturées et brisées et recouvertes de sédiments marins.
Le fait que le Kamaʻehu soit entré en éruption cinq fois au cours des 150 dernières années implique une fréquence de 30 ans entre les éruptions de ce volcan. C’est beaucoup plus long que pour le Kilauea, qui est presque continuellement en éruption, avec des pauses peu fréquentes de quelques années seulement.
L’équipe scientifique espère mieux comprendre comment les volcans hawaïens fonctionnent depuis leurs premiers stades de croissance jusqu’à leur maturité complètqui reste souvent active. Cela permettra une meilleure approche des processus profonds qui animent les éruptions volcaniques prenant leur source à l’intérieur du mystérieux panache mantellique sous le point chaud hawaiien.
Source : USGS/HVO.

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Formerly known as Lōʻihi, the submarine volcano, which lies about 30 km off the south coast of the Big Island, was renamed Kamaʻehuakanaloa in 2021 by the Hawaii Board of Geographic Names, The volcano has erupted at least five times in the past 150 years, according to a new research led by University of Hawaii Earth scientists. It was published in the journal Geology.

The researchers for the first time have been able to estimate the ages of the most recent eruptions – as well as eight older eruptions going back about 2,000 years.

According to the lead author of the study, Kamaʻehu is the only active and exposed example of a pre-shield Hawaiian volcano. On the other Hawaiian volcanoes, this early part of the volcanic history is covered by the great outpouring of lava that occurs during the shield stage. Thus, there is great interest in learning about the growth and evolution of Kamaʻehu.

Previously, the only known and confirmed eruption of the Hawaiian underwater volcano happened in 1996. It was only discovered because it coincided with a large swarm of earthquakes detected remotely by seismometers on the Big Island.

Seismometers only can be used to detect the ongoing active eruptions of submarine volcanoes because earthquakes are transient. In order to determine the ages of older eruptions at Kamaʻehu, the scientists took a different approach. They used a mass spectrometer to measure tiny amounts of the isotope radium-226 in pieces of quenched glassy lava that were sampled from the seafloor outcrops of Kamaʻehu using a submersible.”

Magma naturally contains radium-226, which radioactively decays at a predictable rate.The researchers used the amount of radium-226 in each sample to infer the approximate time passed since the lava was erupted on the seafloor.

Hawaiian volcanoes are thought to transition through a series of growth stages. Kamaʻehu is currently in the earliest submarine “pre-shield” stage of growth, whereas its active neighbouring volcano Kilauea is in its main shield-building stage.

The chemistry of the lava erupted from Hawaiian volcanoes changes through time. The new eruption ages for the lavas from Kamaʻehu, coupled with measurements of lava chemistry, reveal that the timescale of variation in lava chemistry at this pre-shield volcano is about 1,200 years.

In contrast, Kilauea lava chemistry changes over a timescale of only a few years to decades, with a complete cycle throughout about 200 years. The authors of the study think that the origin of this difference is related to the position of the two volcanoes over the Hawaiian hot spot. Models and other isotope data from thorium-230 suggest that the center of a mantle plume should rise faster than its margin. The results of the new study, specifically the factor of six longer timescale of variation in lava chemistry at Kamaʻehu, provides independent confirmation of this idea.

The lavas with the freshest appearance had the most radium-226, and vice versa for the lavas with the older appearance, that is, fractured and broken and covered with marine sediment.

The fact that Kamaʻehu erupted five times within the last 150 years implies a frequency of 30 years between eruptions at this volcano. This is much slower than at Kilauea, which erupts almost continuously, with infrequent pauses of only a few years.

The research team hopes to better understand how Hawaiian volcanoes work from their earliest growth stages to their full, and frequently active, maturity to help understand the deep controls on volcanic eruptions that initiate within the mysterious, upwelling mantle plume under the Hawaiian hot spot.

Source : USGS / HVO.

 Carte bathymétrique du Kamaʻehuakanaloa (Source : HVO)

Image de laves jeunes (en haut) et plus anciennnes (en bas) sur le Kamaʻehuakanaloa (Source : Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology)

Pélé participe à la bénédiction du nouveau site du HVO (Hawaii) // Pele takes part in the blessing of the new site for HVO (Hawaii)

« Si Pélé, la déesse hawaiienne du feu et des volcans, peut façonner la terre et faire tomber les barrières, nous le pouvons aussi ». C’est par ces mots qu’un professeur d’études hawaïennes à Hilo a accueilli une foule nombreuse parmi laquelle se trouvait le secrétaire américain à l’intérieur. Elle a ajouté : « Soyons innovants. Soyons transformateurs, comme Pélé. »
Alors que la foule observait en silence le kīpaepae, une cérémonie traditionnelle d’accueil hawaïenne, le ‘āina (la terre) les a accueillis avec un ciel parfaitement bleu. Une végétation luxuriante, des chants d’oiseaux et, à l’occasion, le passage d’une libellule, ont également servi de cadre à des chants, de la musique et du hula.
La cérémonie faisait partie d’un événement de bénédiction de la terre destiné à recevoir un nouveau centre de recherche de l’U.S. Geological Survey (USGS) sur la Grande île. Il abritera l’Observatoire des volcans d’Hawaii (le HVO) et le Centre de recherche sur les écosystèmes des îles du Pacifique. Cette cérémonie montre l’importance des mythes et des traditions dans la culture hawaiienne.
Le centre de recherche sera situé sur un terrain de 2,75 hectares appartenant à l’État, près de Nowelo Street à Hilo, sur le campus de l’Université d’Hawaii. Il s’agira d’un nouveau site pour le HVO, qui surveille et évalue les risques liés aux volcans actifs et aux séismes à Hawaii. L’Observatoire a été contraint de quitter l’endroit où il avait élu domicile depuis les années 1940, près de la lèvre du Kilauea, en raison des dégâts causés par l’effondrement partiel du sommet du volcan lors de l’éruption de 2018. Depuis cette époque, le personnel de l’Observatoire a travaillé dans plusieurs sites temporaires.
La bénédiction du sol marque donc le début du processus de construction de la nouvelle structure scientifique. Elle facilitera également les partenariats et la collaboration avec de nombreuses agences et institutions, y compris l’Université d’Hawaii à Hilo, ce qui n’aurait peut-être pas été possible auparavant.
L’USGS a choisi le site de la nouvelle structure en raison de ses qualités uniques et des possibilités de partenariat. Le nouveau bâtiment de 5500 mètres carrés comprendra des laboratoires et d’autres installations pour environ 100 membres du personnel, et sera un lieu où l’on pourra se concentrer sur la science de notre monde en perpétuelle évolution. La construction devrait être achevée à la fin de l’année 2025.
Source : Big Island Now.

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“If Pele, the Hawaiian goddess of fire and volcanoes, can shape the land and break down barriers, so can we.” It was with those words that a professor of Hawaiian Studies in Hilo welcomed a large crowd that included the U.S. Secretary of the Interior. She added : “Let’s be innovative. Let’s be transformative just like her.”

While the crowd watched in silence during the kīpaepae, or traditional Hawaiian welcoming ceremony, the ‘āina (land) embraced them. A bright blue sky, lush greenery, singing birds and an occasional dragonfly zooming by provided the stage for chants, music and hula.

The ceremony was part of a ground blessing event meant to prepare the land for a new U.S. Geological research facility on the Big Island that will house the Hawaiian Volcano Observatory and Pacific Island Ecosystems Research Center. It shows the importance of myths and traditions in the Hawaiian culture.

The research facility will sit on 2 ,75 hectares of state-owned land off Nowelo Street in Hilo, on the campus of the University of Hawail. It will be the new permanent location for the Hawaiian Volcano Observatory, which monitors and assesses hazards from active volcanoes and earthquakes in Hawaii. The observatory was forced to move from the place it had called home since the 1940s, near the rim of Kilauea volcano, because of structural damage to the facility caused by the partial collapse of the volcano’s summit during the 2018 eruption. Observatory staff has since worked out of multiple temporary locations.

The ground blessing marks the beginning of the construction process for the new facility. It also will facilitate partnerships and collaboration with multiple agencies and institutions, including the University of Hawaii at Hilo, that might not have been possible before.

The U.S. Geological Survey (USGS) selected the site for the new facility because of its unique qualities and partnership opportunities. The new 5,500-square-meter building will include lab space and other facilities for about 100 staff members and, more importantly, be a place that can focus on the science of a changing world. Construction is expected to be completed in late 2025.

Source : Big Island Now.

 

Cérémonie d’hommage à Pélé au sommet du Kilauea (Photo : C. Grandpey)

Vue d’artiste du nouveau bâtiment du HVO

Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) // Latest news of Kilauea (Hawaii)

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii vient de m’envoyer un message indiquant que « le Kīlauea n’est plus en éruption. L’alimentation en lave du lac de lave dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu a cessé le 19 juin. Les émissions de SO2 ont diminué pour atteindre des niveaux proches de ceux d’avant l’éruption.
En conséquence, l’Observatoire a abaissé le niveau d’alerte volcanique de WATCH (Vigilace ) à ADVISORY (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne d’ORANGE à JAUNE.
L’activité sismique – y compris le tremor éruptif – dans la zone sommitale est restée faible depuis la fin de l’éruption. Au cours de cette période, les tiltmètres au sommet ont enregistré une inflation progressive. L’activité éruptive peut reprendre dans un avenir proche au sommet du Kilauea ou à proximité, sans prévenir, ou presque. »

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The Hawaiian Volcano Observatory has just sent me a message saying that « Kīlauea is no longer erupting. Lava supply to the Halemaʻumaʻu lava lake ceased on June 19th. SO2 emissions have decreased to near pre-eruption background levels.

Accordingly, the Observatory is lowering the Volcano Alert Level from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Seismic activity—including eruptive tremor—in the summit region has been low since the eruption ceased. Over that period, gradual inflation has been recorded at summit tiltmeters.There remains the potential for eruptive activity to resume in the near future at or near the summit of Kilauea with little or no warning. »

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Très belle activité de la bouche active le 16 juin 2023….

…et soudain plus rien le 17 juin!