Ile de la Réunion (France) & Hawaii (Etats Unis)

drapeau francais.jpgL’Observatoire du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a mis en ligne une carte montrant l’activité sismique volcano-tectonique à la Réunion depuis janvier 2012. On se rend compte que la situation est particulièrement calme, en particulier au niveau du Piton de la Fournaise. L’Observatoire précise que « la taille des hypocentres (ronds) est proportionnelle à leur énergie (magnitude de durée). Les triangles représentent les stations sismiques de l’OVPF ». Il est recommandé de cliquer sur l’image pour l’agrandir.

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L’Agence Spatiale Européenne (ESA) propose une image satellite de l’archipel hawaiien. On voit parfaitement les 8 îles principales. De droite à gauche, on reconnaît la Grande Ile (Hawaii Big Island), Kahoolawe, Maui, Lanai, Molokai, Oahu, Kauai et Niihau. Il est intéressant d’agrandir l’image. Cela permet de voir qu’un incendie s’était probablement déclaré à Maui sur les flancs de l’Haleakala. Sur la Grande Ile, on aperçoit le fin panache de gaz en provenance du cratère de l’Halema’uma’u. La masse du Mauna Loa est particulièrement impressionnante.

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drapeau anglais.jpgThe Observatory of the Piton de la Fournaise (Reunion Island) has released a map that shows volcano-tectonic seismic activity on the island since January 2012. One realises that the situation is very quiet, especially on the Piton de la Fournaise. The Observatory indicates that the size of the hypocentres is proportional to their energy. The triangles refer to the OVPF seismic stations. It is advisable to click on the image to enlarge it.

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The European Space Agency (ESA) has released a satellite phto of the Hawaiian archipelago. Visible in the image from right to left are the eight major islands – the Big Island of Hawaii, Kahoolawe, Maui, Lanai, Molokai, Oahu, Kauai and Niihau. I would advise you to enlarge the image. One can see that a wildfire has probably started on the flanks of Haleakala in Maui. On the Big Island, one discerns the thin gas plume that comes out of Halema’uma’u Crater. Besides, the massive structure of Mauna Loa is quite impressive.

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Lac Waiau (Mauna Kea / Hawaii / Etats Unis)

Volcan probablement éteint, le Mauna Kea est surtout connu pour les observatoires qui couronnent son sommet. Peu de gens savent que l’on trouve sur ses flancs le seul lac de la chaîne volcanique hawaiienne. Le Lac Waiau (« eau tourbillonnante » en hawaiien), d’une centaine de mètres de diamètre, se trouve à 3969 mètres d’altitude. Comme souvent sur l’archipel, les légendes rôdent autour de ce petit plan d’eau. Selon la mythologie hawaiienne, le lac n’aurait pas de fond, ce qui permettrait aux esprits de voyager entre leur monde et le nôtre. Autrefois, un chef de tribu jetait dans le lac, dès sa rupture,  le cordon ombilical de son premier fils car ce geste devait permettre à l’enfant de devenir chef à son tour au cours de sa vie. De nos jours, le Lac Waiau est sacré et des cérémonies s’y déroulent de temps en temps. Les visiteurs sont priés de se montrer discrets, de ne pas pénétrer dans l’eau et de ne pas la boire.

La présence du Lac Waiau sur le Kilauea  est assez mystérieuse et les scientifiques se posent beaucoup de questions. Il ne faudrait pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps – entre 40 000 et 13 000 ans à l’échelle géologique – les glaciers recouvraient le sommet du Mauna Kea et entraient parfois en contact avec les matériaux rejetés par les éruptions du volcan. Aujourd’hui, ce n’est pas la fonte des glaciers qui alimente le lac, mais celle de la neige qui tombe parfois sur la montagne, ou les fortes averses, surtout en hiver. L’eau s’accumule à cet endroit du Mauna Kea probablement parce que le sol y est davantage imperméable. Il se peut que les émanations de vapeur chargées en soufre pendant ou après les éruptions aient transformé la cendre en une argile qui diminue la perméabilité du sol. Il se peut aussi que la présence du Lac Waiau soit due à une couche de permafrost. Certains chercheurs font toutefois remarquer que la température des sédiments au fond du lac reste positive, même à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, ce qui rend l’hypothèse du permafrost peu plausible.

Une chose est certaine : depuis quelques années, le niveau du Lac Waiau baisse de plus en plus et, au train où vont les choses, il pourrait disparaître prochainement. Les scientifiques qui défendent l’hypothèse du permafrost pensent qu’il aurait tendance à fondre sur les bords du lac, ce qui expliquerait la baisse régulière du niveau de l’eau. En supposant que l’eau est retenue par une couche d’argile, ce qui est le plus probable, la baisse de niveau est certainement due à l’évaporation de l’eau qui ne fera que s’accentuer dans les années à venir du fait du réchauffement de l’atmosphère. Il ne reste plus qu’à espérer que les hivers seront suffisamment pluvieux pour permettre aux hawaiiens de perpétuer leurs rites au bord du Lac Waiau.

Source : Hawaii 24/7.

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Le Lac Waiau (Avec l’aimable autorisation de Wikipedia)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais.jpgAprès un épisode de dégonflement prolongé suivi d’une phase rapide de gonflement, le Kilauea semble avoir retrouvé son rythme habituel avec une succession de tels événements qui font varier le niveau de la lave dans l’Halema’uma’u et qui donnent l’impression que le volcan est en train de respirer.

Ceux qui se rendent sur la Grande Ile en ce moment risquent toutefois d’être un peu déçus car aucune coulée de lave n’est observée sur la plaine côtière et aucune entrée dans l’océan ne s’est produite depuis le mois de décembre 2011. Les dernières images satellites montrent une anomalie thermique entre le Pu’uO’o et la côte. Les dernières photos mises en ligne par le HVO révèlent de timides sorties de lave en haut du pali, à 4 km du Pu’uO’o, mais les webcams ne parviennent pas à capter la moindre incandescence. Dans le Pu’uO’o proprement dit, la lave est présente dans la bouche située dans la partie orientale du plancher.

Rappelons que l’approche des cratères de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o est interdite. Le seul point d’observation intéressant reste la terrasse du Jaggar Museum. L’éruption actuelle du Kilauea aura 30 ans en janvier 2013. 

 

drapeau anglais.jpgAfter a long deflation episode followed by a rapid inflation phase, Kilauea seems to have fallen into its usual succession of D/I events that affect the level of lava within Halema’uma’u crater and give the impression the volcano is breathing.

The current visitors to Big Island are likely to be a bit disappointed as no lava flows can be seen on the coastal flat and no lava entry into the ocean has been observed since December 2011. The latest satellite images show a thermal anomaly between Pu’O’o and the coast. Thr latest photos released by HVO reveal small breakouts above the pali, about 4 km SE of Pu’uO’o, but the webcams do not show any glow. Within Pu’uO’o, lava can be seen in the vent in the eastern part of the crater floor.

Access to both Halema’uma’u and Pu’uO’o craters is forbidden. The only interesting observation point is the terrace of Jaggar Museum. The current eruption of Kilauea will be 30 years old in January 2013.

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Souvenirs…   (Photo: C. Grandpey)

Hawaii & l’Ile de la Réunion

hawaii,Reunion Island,volcans,volcanoes,volcano newsUn article du HVO nous indique qu’à la fin du mois d’août, des volcanologues de tous les pays se sont réunis à Waikoloa (Hawaii) afin de partager leurs connaissances sur les volcans de type hawaiien. Parmi eux figuraient quatre scientifiques de l’Observatoire du Piton de la Fournaise (OVPF), volcan très actif de l’Ile de la Réunion, dans l’Océan Indien.

Tout comme le Kilauea, le Piton de la Fournaise (PdF) est souvent en éruption. Il émet alors des coulées de lave, sans oublier que son activité peut être explosive. Comme le Kilauea, il se trouve à l’intérieur d’un Parc National. A côté des éruptions proprement dites, le Piton est susceptible de connaître des glissements de terrain pouvant générer des tsunamis. En conséquence, les présentations faites par l’OVPF  étaient également valables pour le Kilauea qui se trouve de l’autre côté du globe. 

A côté des points communs entre les deux volcans, il existe un certain nombre de différences importantes. Les débits éruptifs du Kilauea sont environ 10 fois supérieurs à ceux du PdF. La superficie de l’Ile de la Réunion représente le quart de celle de la Grande Ile d’Hawaii mais renferme quatre fois plus d’habitants. Même si, en théorie, les risques (coulées de lave, séismes, et autres formes d’activité volcanique) sont moins importants à la Réunion qu’à Hawaii, la plus forte densité de population sur l’île française fait que les risques sont en fin de compte comparables. 

Les discussions entre le HVO et l’OVPF se sont concentrées sur les méthodes de travail des deux observatoires. Les techniciens du HVO ont donné beaucoup de conseils sur les méthodes d’installation et de maintenance du matériel sur le terrain. Ce type de coopération permettra d’accélérer la mise en place de réseaux de surveillance d’un haut niveau technologique sur le Piton de la Fournaise.

Les scientifiques français et américains ont pu constater à quel point la communication avec les responsables de la sécurité civile était différente entre les deux îles. Par exemple, le HVO adresse directement ses messages d’alerte et les autres informations à la Sécurité Civile locale qui prend alors les décisions nécessaires pour protéger la population. A l’opposé, l’OVPF doit d’abord s’adresser aux autorités locales de l’Ile de la Réunion qui transmettent les informations à Paris et attendent leur retour pour agir. Des communications non officielles mais directes avec la Gendarmerie locale sont parfois nécessaires en cas d’urgence, pour des évacuations par exemple. (1)

Dans sa conclusion, l’article du HVO insiste sur le rôle joué par Alain Gérente, vidéaste bien connu pour ses films sur les éruptions du Piton de la Fournaise. Il a toujours encouragé ces relations étroites entre Hawaii et l’Ile de la Réunion, convaincu que ces deux terres avaient beaucoup de points communs.

 

(1) Même si la communication semble mieux fonctionner à Hawaii qu’à la Réunion, le 50ème Etat de l’Union connaît lui aussi des lourdeurs administratives. Il m’a fallu plusieurs mois pour obtenir un permis de travail sur le Kilauea, non pas à cause de la mauvaise volonté des personnes que j’ai contactées, mais parce qu’Hawaii est une île où la vie est lente et la transmission d’un dossier d’un bureau à l’autre ne se fait pas instantanément. De plus, d’un point de vue administratif, il n’existe pas vraiment de cohésion entre le Parc des Volcans et la Protection Civile… !

 

 

hawaii,Reunion Island,volcans,volcanoes,volcano newsAn HVO article informs us that in late August, volcano scientists from around the world gathered in Waikoloa, Hawai`i, and shared what they have learned about how Hawaiian volcanoes work. Within that group were four scientists from the Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), an observatory monitoring a frequently active French volcano on the Reunion Island, in the Indian Ocean.

Just like Kilauea, the Piton de la Fournaise (PdF) erupts often and usually emits lava flows but also has explosive eruptions; it is located within a National Park; it is susceptible to large landslides that can generate local tsunamis. So while the OVPF presentations were about a volcano half a world away, they could have been talking about Kilauea.

As important as the similarities between both Hawaiian volcanoes are, the differences are equally important. Kilauea’s eruption rates are about 10 times those of PdF. The Reunion Island is, however, one-fourth the size of Hawai`i Island and has more than four times as many residents. While the hazards (lava flows, earthquakes, and other volcanic activity) may be lower at PdF than Kilauea, the higher population density means that the risks may be comparable.

The HVO-OVPF discussions mostly focused on how to get their respective jobs done. HVO technicians offered lots of advice on field installation and maintenance methods. In this way, working together can significantly speed the development of state-of-the-art monitoring networks on PdF.

American and French scientists also talked about the differences in the way they communicate with emergency managers. For instance, HVO issues warnings and other information directly to local emergency managers, who take action to keep people safe. OVPF issues their warnings to the local government, which must send the information to Paris before it is sent back to La Reunion for action. “Unofficial” communications directly to the local gendarmes are sometimes necessary to get timely evacuations started. (1)

 

The article insists that much of this inter-island cooperation is the result of Alain Gerente, a well-known videographer of Piton de la Fournaise eruptions. He has been a tireless supporter of closer relations between Hawai`i and La Reunion which have so much in common.

 

(1) Even if communication seems to be better working at Hawaii than at the Reunion, the 50th State of the Union is sometimes very slow in its administrative work. I can remember it took me several months to get a working permit on Kilauea, not because the employees were reluctant to grant me one, but because Hawaii is an island where life goes very slowly and transmitting a file from one office to the other can take quite a lot of time…!

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(Photo: C. Grandpey)