Contre la pénurie d’eau douce, recours au dessalement de l’eau de mer ! // Against fresh water shortage, just desalinate sea water !

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur les effets que pourrait avoir la fonte des glaciers sur l’alimentation en eau de nombreuses régions du monde. La plus vaste est sans aucun doute le sud-est de l’Asie qui dépend des glaciers himalayens, véritable château d’eau pour la région. Il ne faudrait pas oublier, non plus, l’Amérique du Sud où la vie de nombreuses localités dépend de l’eau fournie par les glaciers andins.

A côté de la fonte des glaciers, le réchauffement climatique provoque des périodes de sécheresse intense dans certains parties du monde et les sources se tarissent. Il faut donc trouver des solutions pour les remplacer. ,

En Espagne, la Catalogne connaît sa pire sécheresse depuis un siècle. Cette situation concerne également le nord de la province, à la frontière des Pyrénées-Orientales. Face au manque de solutions, la région a décidé d’exclure le recours au ravitaillement par bateau, mais compte installer une usine flottante de dessalement d’eau de mer dans le port de Barcelone. Selon le ministre catalan de l’environnement, c’est une solution moins coûteuse que les bateaux, et qui permet une meilleure sécurité d’approvisionnement.

L’usine flottante, installée sur un immense cargo, sera opérationnelle d’ici octobre 2024 et pourra produire 40 000 mètres cubes d’eau chaque jour, soit 6% de la consommation quotidienne de Barcelone.

Le dessalement de l’eau de mer est une solution intéressante en cas de pénurie car il permet d’obtenir de l’eau douce toute l’année, quelle que soit la saison., et de faire face à des situations de crise hydrique sévère. Cette technologie a aussi des applications dans l’industrie et l’agriculture, ne serait-ce que pour l’irrigation des cultures.

Malgré tout, le dessalement de l’eau de mer présente aussi des inconvénients. Parmi ceux-ci, il y a la consommation en énergie particulièrement élevée pour assurer le fonctionnement des équipements. Extraire le sel de l’eau de mer demande beaucoup d’énergie et contribue donc à accroître l’empreinte carbone. Par ailleurs, l’élimination des minéraux et leur rejet dans la mer est néfaste pour l’environnement à cause de la forte teneur en sel et produits chimiques. Il y a un risque de déséquilibre des écosystèmes marins. Et puis, il y a le coût des infrastructures, sans oublier leur maintenance. On entend aussi des critiques concernant l’aspect sanitaire de l’eau ainsi produite. Des produits chimiques sont souvent utilisés pour produire cette eau douce qui présenterait une trop grande quantité de sodium.

Au final, rien ne vaut la bonne eau du Plateau de Millevaches qui, ne l’oublions pas, est celui des mille sources, même si les belles vaches limousines occupent aussi le territoire…

Source : France Info,  NEWater.

Apportant de l’eau à mon moulin, je vous livre in-extenso un commentaire que vient de m’adresser un fidèle visiteur de mon blog:

« Très juste, mais plus que l’empreinte carbone, vous devriez mettre l’accent sur le rejet des saumures en mer.
Les plus grosses usines traitent jusqu’à 400 000 m3 d’eau de mer par jour, ce qui fait un rejet quotidien de 15 tonnes de sel/jour, 50 000 tonnes en 10 ans.
Et donc une destruction totale des ecosystèmes marins dans la zone de rejet.
Ce n’est jamais évoqué et pourtant le développement inévitable de la désalinisation de l’eau de mer sera la cause de véritables catastrophes environnementales ».

Illustration du processus de dessalement de l’eau de mer (Source : sydneydesal.com)

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I have warned several times on this blog about the effects the melting of glaciers could have on the water supply in many regions of the world. The largest is undoubtedly southeast Asia, which depends on the Himalayan glaciers, a true water tower for the region. We should not forget, either, South America where the life of many communities depends on the water provided by the Andean glaciers.
Alongside the melting of glaciers, global warming is causing periods of intense drought in certain parts of the world and springs are drying up. One sshould therefore find solutions to replace them. ,
In Spain, Catalonia is experiencing its worst drought in a century. This situation also concerns the north of the province, on the border of the Pyrénées-Orientales. Faced with a lack of solutions, the region has decided to exclude the use of resupply by boat, but intends to install a floating seawater desalination plant in the port of Barcelona. According to the Catalan Minister of the Environment, it is a less expensive solution than boats, and which allows for better security of supply.
The floating plant, installed on a huge cargo ship, will be operational by October 2024 and will be able to produce 40,000 cubic meters of water every day, or 6% of Barcelona’s daily consumption.
Desalination of sea water is an interesting solution in the event of a shortage because it makes it possible to obtain fresh water all year round, whatever the season, and to cope with severe water crisis situations. . This technology also has applications in industry and agriculture, if only for crop irrigation.
However, seawater desalination also has disadvantages. Among these, there is the particularly high energy consumption to ensure the operation of the equipment. Extracting salt from seawater requires a lot of energy and therefore increases the carbon footprint. Furthermore, the elimination of minerals and their discharge into the sea is harmful to the environment because of the high content of salt and chemicals. There is a risk of imbalance in marine ecosystems. And then there is the cost of infrastructure, without forgetting their maintenance. We can also hear criticism regarding the health aspect of the water thus produced. Chemical products are often used to produce this fresh water which contains too much sodium.
In the end, nothing beats the good water of the Plateau de Millevaches which, let’s not forget, is that of the thousand springs, even if the nice cows can often be seen in the countryside…
Source: France Info, NEWater.

L’Everest et le réchauffement climatique (suite) // Mount Everest and global warming (continued)

Un numéro spécial (février-mars 2024) du National Geographic France est consacré à l’Everest. Comme je l’ai expliqué dans des articles précédents, les glaciers de l’Himalaya fondent rapidement, ce qui pourrait virer au cauchemar pour les populations qui en dépendent pour leur approvisionnement en eau. L’Himalaya est un véritable château d’eau pour une grande partie de l’Asie du Sud-Est.

La chaîne himalayenne vue depuis l’espace (Source: NASA)

Voici ce qu’un sherpa a déclaré dans le National Geographic à propos du réchauffement climatique sur l’Everest : « Je vois que les couleurs de la cascade de glace du Khumbu changent. Jusqu’en 2010, il faisait très froid à la mi-mars et l’eau ne coulait pas. Aujourd’hui il y a une rivière et un pont serait nécessaire pour la traverser. Depuis 2005, les avalanches se multiplient et les grands glaciers à proximité du camp de base, à 8000 m d’altitude, ont reculé ou même disparu. Leur glace est perdue. […] Tout devient de plus en plus instable et la situation évolue très rapidement. Certaines zones deviennent de plus en plus dangereuses et la situation va empirer. »

Crédit photo: Wikipedia

L’ascension de l’Everest est l’un des exploits les plus difficiles à réaliser pour l’Homme, mais il devient encore plus difficile en raison du réchauffement climatique. La hausse des températures rend la topographie des glaciers de l’Himalaya plus incertaine, et les conditions météorologiques plus imprévisibles.
Un nombre record de personnes sont mortes en tentant de gravir l’Everest en 2023. Le gouvernement népalais a imputé le grand nombre de décès au réchauffement climatique, mais les scientifiques affirment que le réchauffement climatique n’est pas entièrement responsable, même si ses conséquences sont indéniables.
A cause du réchauffement climatique et de la modification de la topographie des glaciers, les montagnes himalayennes sont moins fiables. Les glaciers s’amincissent et reculent et le permafrost de roche dégèle. Plusieurs itinéraires empruntés par les alpinistes pour accéder aux plus hauts sommets dépendent de la stabilité des glaciers, comme la cascade de glace du Khumbu, à proximité du camp de base de l’Everest et escaladée pour atteindre le Camp 1. Cette cascade de glace, déjà très difficile à franchir, devient de moins en moins fiable. Des chercheurs ont foré le glacier Khumbu et ont découvert qu’il était très proche du point de fonte. Il suffira d’une légère hausse des températures pour que le glacier se mette à fondre rapidement.

Camp de base de l’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

Le réchauffement climatique peut également accentuer d’autres risques tels que les chutes de pierres, en particulier dans les zones de haute montagne, car la cohésion de nombreuses formations rocheuses aux niveaux les plus élevés est assurée par le pergélisol qui dégèle aujourd’hui. Avant que la région ne commence à se réchauffer rapidement, les alpinistes pouvaient traverser avec une certaine sécurité certaines des zones les plus dangereuses car tout était gelé et beaucoup plus stable qu’aujourd’hui. De nombreuses pentes se retrouvent à nu pour la première fois et les avalanches de pierres deviennent de plus en plus imprévisibles. Une étude publiée par l’Union européenne des géosciences en juillet 2023 a révélé que le risque d’avalanches de neige et de glace dans l’Himalaya augmente avec la hausse des températures.
Les conditions météorologiques dans la région deviennent également de plus en plus irrégulières, ce qui rend difficile à plus de quelques jours la planification des expéditions. Les spécialistes de l’Everest savent qu’il existe une fenêtre « magique » en mai au cours de laquelle les vents tombent en dessous de 50 km/h. La fenêtre a tendance à apparaître à l’approche de la mousson, époque où le jet stream est repoussé, permettant aux vents de chuter considérablement et d’améliorer les conditions d’ascension. Mais ce calendrier a changé : en 2019, il n’y avait que trois jours propices à l’ascension de l’Everest, contre 11 à 14 jours auparavant. En mai 2022, presque tout le mois a bénéficié de conditions de vent favorables, ce qui n’était encore jamais arrivé.

Station météo sur l’Everest (Crédit photo: National Geographic)

La plupart des régions montagneuses possédant des glaciers dans le monde montrent qu’elles sont affectées par le réchauffement climatique. Les recherches montrent que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites, les glaciers continueront à perdre de la masse et à reculer considérablement. Ceux qui étudient l’Himalaya depuis des années ont constaté des changements visibles à l’œil nu, notamment les pentes mises à nu sur les flancs des montagnes et des lacs de plus en plus nombreux à la surface des glaciers.
Cependant, le réchauffement climatique n’est probablement pas responsable de la majorité des décès sur l’Everest au cours des dernières années. Dix-sept alpinistes sont morts sur l’Everest en 2023, un chiffre très élevé comparé à la moyenne de quatre à six alpinistes par saison dans le passé. Le gouvernement népalais a imputé la forte augmentation du nombre de décès sur l’Everest au réchauffement climatique, mais ce sont davantage les guides inexpérimentés, mal équipés ou non qualifiés qui sont responsables de la majorité des décès. Selon les sherpas, sur les 17 décès constatés, 11 auraient pu être évités. La seule année où il y a eu autant de morts a été 2014, où 17 personnes sont également mortes, mais la majorité des décès étaient des sherpas tués dans une avalanche. Il y a eu un nombre record d’alpinistes en 2023, ce qui a accru la probabilité de décès supplémentaires.

Il faut parfois faire la queue pour essayer d’atteindre le sommet (Crédit photo: National Geographic)

Le Népal a délivré un nombre record de 478 permis d’escalade à des étrangers en 2023. Si l’on tient compte du nombre de sherpas les accompagnant, ce nombre grimpe à environ 1 200 personnes en quête du sommet de l’Everest au printemps. L’imprévisibilité des conditions météorologiques est susceptible d’entraîner une surpopulation au sommet. Les prévisionnistes ne peuvent prédire les conditions avec certitude que quatre ou cinq jours à l’avance, ce qui oblige tout le monde à se limiter à une fenêtre plus réduite. En conséquence, au lieu d’être réparties sur cinq jours, 400 personnes se retrouvent entassées dans une fenêtre d’un ou deux jours, avec une queue sans fin pour atteindre le sommet. .

Source : presse internationale.

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A special issue (February-March 2024) of the National Geographic France is dedicated to Mount Everest. As I explained in previous posts, the glaciers in the Himalays are melting rapidly, which may turn into a nightmare for the populations that depend on them for their water supply. The Himalayas are a real water tower for a large part of southeast Asia.

Here is what a sherpa says in the National Geographic about global warming on Mount Everest : « I can see the colours of the Khumbu Icefall are changing. Until 2010, it was very cold by mid-March and water was not flowing. Today there is a river and a bridge would be necessary to cross it. Since 2005, there have been more and more avalanches and great glaciers close to the base camp at 8000m a.s.l. have been retreating or even disappearing. Their ice is lost. […] Everything is becoming more unstable and the situation is changing very rapidly. Some areas are getting more dangerous and it will be worse and worse. »

Climbing Mount Everest is one of the most difficult feats known to humankind, but the expedition is getting even more challenging due to global warming. Warming temperatures around the globe are making both the topography of the glaciers in the Himalayas and the weather patterns more unpredictable.

A record number of people died while attempting to climb Mount Everest in 2023. While the Nepalese government blamed global warming for the extraordinary number of deaths, experts say global warming may not be entirely responsible, although its consequences are undeniable.

Because of global warming, the topography of the glaciers, mountains are less reliable. Glaciers in the Himalayas are thinning and retreating and rock permafrost is thawing. Several of the routes that climbers use to gain access to higher peaks rely on the stability of glaciers, such as the Khumbu Icefall, located near the Everest base camp and used to trek up to Camp 1. The Khumbu Icefall, which is already really difficult to navigate, that becomes less reliable. Researchers have drilled into the Khumbu Glacier near the Everest base camp and found that it is very close to the melting point. With just a small increase in atmospheric temperatures, the glacier won’t be far from melting rapidly.

Global warming can also exacerbate other risks like rockfall events, especially in the high mountain areas because many of the formations in the highest levels are held together by alpine permafrost which is thawing today. Before the region began to warm rapidly, climbers could have more confidence in passing some of the most treacherous areas because everything was frozen hard and much more stable. Many of the slopes are becoming exposed for the first time, and rock avalanche events are becoming increasingly unpredictable.

A study published in the European Geosciences Union in July 2023 found that snow and ice avalanches in the Himalayas are increasing risks for climbers as global temperatures increase.

Weather patterns in the region are also becoming more erratic, making it difficult for climbers to plan safe expeditions from more than a few days out. Everest experts know that there is a « magical » window in May in which the winds die down below 50 km per hour. The window tends to appear as the monsoon season approaches and the jet stream gets pushed off, allowing the winds in the region to drop dramatically and improving conditions for climbing. But that timing has been changing.In 2019, there were only three days suitable for climbing, as opposed to the typical 11 to 14 days before. However, in May 2022, nearly the entire month had favorable wind conditions, something that has never happened before.

Most glacier mountain regions around the world give evidence thaey are affected by global warming. Research shows that if greenhouse gas emissions are not drastically reduced, glaciers will keep losing mass and retreating drastically. All models predict the same thing : big declines in total glacier volumes and glacier extents. For those who have studied the Himalayas for years, the changes are apparent to the naked eye, including exposed slopes on the flanks of the main glaciers and lakes of water pooling on the ice surfaces.

However, global warming is likely not the culprit for majority of deaths on Everest in the past years.

Seventeen climbers died while trying to Everest in 2023, an extraordinary figure compared to the average of four to six climbers per season in the past. While the Nepalese government blamed the steep increase in Everest fatalities on global warming, inexperienced and ill-equipped or unqualified guides is likely to blame for the majority of the deaths. According to the sherpas, of the 17 people who died, 11 of the deaths were preventable. The only year that saw just as many deaths was in 2014 when 17 people also died, but the majority of the deaths were sherpas who were killed in a single avalanche.

There were a record number of climbers in 2023, which increased the likelihood of more deaths.

Nepal issued a record 478 climbing permits to foreigners for 2023. When accounting for the number of sherpas accompanying the foreigners, the number jumps to about 1,200 climbers pursuing Everest’s summit over the spring. The unpredictability of the weather patterns could also lead to overcrowding on the summit. If forecasters can only predict conditions with certainty four or five days out, it forces everybody into a smaller summit window. As a consequence, instead of being able to spread 400 people out over five days, everybody gets crammed into a one or two-day window.

Source : International news media.

Antarctique : des volcans sous la glace // Antarctica : volcanoes beneath the ice

Lorsque je mentionne l’Antarctique dans mon blog, c’est généralement pour alerter sur les conséquences du réchauffement climatique. La glace de mer fond et les plates-formes glaciaires qui bordent l’Antarctique occidental risquent de ne plus être en mesure de retenir les immenses glaciers à l’intérieur des terres. S’ils atteignent l’océan Austral, leur fonte fera considérablement monter le niveau de la mer dans le monde.
Outre les glaciers, le continent blanc cache sous sa surface gelée pas moins de 138 volcans. 91 d’entre eux ont été découverts pour la première fois dans le cadre d’une étude réalisée en 2017 et publiée dans la revue de la Geological Society.
Bien que ces volcans soient considérés comme jeunes d’un point de vue géologique, les scientifiques sont incapables de dire lesquels sont réellement actifs. Actuellement, seuls deux volcans sont considérés comme actifs : l’Île de la Déception et le Mont Erebus.
Le mont Erebus (3 794 mètres) est le plus haut sommet de l’Antarctique. Il est considéré comme le volcan actif le plus méridional de la planète. Il émet des panaches de gaz et de vapeur, avec parfois des projections de bombes lors d’éruptions stromboliennes. L’Erebus fait partie des rares volcans à héberger un lac de lave permanent au fond du cratère sommital. Dans les années 1980, le volcanologue français Haroun Tazieff a organisé deux expéditions pour analyser les gaz émis par le volcan et collecter des échantillons de lave. Jean-Louis Etienne a organisé une expédition semblable dans les années 1990 mais le lac de lave était à peine visible.
On observe dans la zone sommitale de l’Erebus des bouches qui libèrent des gaz et de la vapeur. Les conditions météorologiques très froides favorisent l’édification de tours de glace autour des fumerolles; elles peuvent atteindre trois mètres de haut.

Cratère de l’Erebus (Crédit photo: Wikipedia)

Cristal d’anorthoclase et échantillon du lac de lave de l’Erebus prélevés par l’équipe Tazieff (Photo: C. Grandpey / Collection personnelle)

L’île de la Déception se trouve dans les îles Shetland du Sud, près de la péninsule Antarctique. Il s’agit de la caldeira d’un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 1970. Il n’y a pas d’activité éruptive en ce moment et le niveau d’alerte volcanique pour l’île est Vert.

 

Source: Wikipedia

Bien que les scientifiques surveillent les volcans de l’Antarctique avec des instruments, ils ne peuvent guère prévoir si et quand l’un d’entre eux pourrait entrer en éruption. L’Erebus et l’île de la Déception ne disposent que d’un petit nombre d’instruments de surveillance permanents. Ces réseaux sont principalement constitués de sismomètres pour détecter l’activité sismique liée à l’activité volcaniques. De temps en temps, les chercheurs déploient des réseaux d’instruments plus denses pour mener des études spécifiques. Toutefois, en raison des conditions météorologiques et des difficultés pour atteindre l’Antarctique, de telles expéditions sont rares et longues à organiser.
Adapté d’un article paru sur le site Live Science.

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When Antarctica is mentioned on my blog, it is usually to warn about the consequences of global warming on this continent. Sea ice is melting and there is the risk that the ice shelves in West Antarctica will no longer be able to buttress the huge inland glaciers. Should they reach the Southern Ocean, their melting would significantly increase sea level around the world.

Beside the glaciers, the white continent is hiding as many as 138 volcanoes volcanoes beneath its frosty surface. Of those volcanoes, 91 were first discovered as part of a 2017 study published in the journal Geological Society.

While these volcanoes are considered young from a geological point of view, scientists are unable to say which ones are really volcanically active. Currently, there are only two volcanoes that are classified as active : Deception Island and Mount Erebus.

Mount Erebus (3,794 meters) is the highest peak on the continent. It is considered the world’s southernmost active volcano. It has been known to emit gas and steam plumes, with occasional projections of bombs during strombolian eruptions. Mount Erebus is also knows for harbouring a persistent lava lake deep inside the summit crater. In the 1980s, French volcanologist Haroun Tazieff organised two expeditions to analyse the gases emitted by the volcano and to collect lava samples. Jean-Louis Etienne organised a similar expedition in the 1990s but the lava lake could hardly be seen.

The summit of Mt Erebus is speckled with volcanic vents that release gases and vapour into the air. As the local weather conditions are very cold, accumulation from these vents can create deposits known as fumarolic ice towers up to three meters high.

Deception Island is in the South Shetland Islands close to the Antarctic Peninsula. It is the caldera of an active volcano which last erupted in 1970. here is no eruptive activity today and the alert level for the island is Green.

Although scientists are monitoring Antarctica’s volcanoes with instruments, it can prove challenging to predict when exactly one might erupt next. Mount Erebus and Deception Island alone only have a small number of permanent monitoring instruments. These networks primarily consist of seismometers to detect seismic activity associated with volcanic unrest. From time to time, researchers deploy more extensive networks of instruments to conduct specific studies. Due to the weather conditions and the difficulties to reach Antarctica, such expeditions are rare and long to organise.

Adapted from an article in Live Science.

Crèmes solaires dans les glaciers arctiques // Sunscreens in Arctic glaciers

Dans une note rédigée le 4 juillet 2018, jour de la Fête Nationale aux États-Unis, j’expliquais que le gouverneur de l’État d’Hawaii avait signé une loi interdisant la vente d’écrans solaires contenant deux produits chimiques susceptibles de nuire aux récifs coralliens. Cette décision faisait d’Hawaii le premier État américain à interdire l’oxybenzone et l’octinoxate. La loi devait prendre effet en 2021. Le Gouverneur a également déclaré que l’Etat devrait poursuivre ses efforts pour protéger les coraux, en luttant en particulier contre les espèces invasives, la pollution due aux eaux de ruissellement, et le changement climatique.
Les écrans solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate ne seraient tolérés que pour les personnes en possession d’une ordonnance médicale. Les autres devraient acheter des écrans solaires sans ces produits chimiques ou venir à Hawaii avec leur propre crème solaire. Les scientifiques ont découvert que les deux substances peuvent être toxiques pour les récifs coralliens qui constituent une partie vitale de l’écosystème océanique et attirent les touristes.
Lorsque l’idée de l’interdiction a été émise, la Hawaii Medical Association s’est inquiétée de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.

En janvier 2024, plusieurs articles parus dans la presse américaine informent le public que des scientifiques ont récemment découvert des contaminants préoccupants sur les glaciers arctiques. Dans une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment, des chercheurs expliquent avoir trouvé des « traces » de crème solaire dans des échantillons prélevés sur cinq glaciers de la péninsule arctique de Brøggerhalvøya. Comme il n’y a pas de soleil dans l’Arctique pendant l’hiver, la présence de produits chimiques contenus dans les crèmes protectrices, notamment la benzophénone-3, a nécessité des recherches plus approfondies. Les résultats des analyses montrent que la présence de tels contaminants dans les zones reculées de l’Arctique peut être attribuée au transport atmosphérique sur de longues distances. Les masses d’air contaminées en provenance d’Eurasie atteignent plus facilement l’Arctique vers la fin de l’hiver.
De nombreux types de crème solaire contiennent des composants qui nuisent à notre écosystème. Parmi eux, la benzophénone-3, également connue sous le nom d’oxybenzone, a accéléré le déclin des récifs coralliens, déjà mis à rude épreuve en raison de la hausse des températures. Selon la NOAA, les récifs coralliens sont considérés comme les « forêts tropicales de la mer », car 25 % des poissons dépendent de structures vivantes pour leur survie. De la même façon, des milliards d’êtres humains dépendent de la mer pour se nourrir.
Alors que les scientifiques essayent de comprendre comment l’air a transporté les produits chimiques jusqu’au pôle Nord, la dernière étude est un nouvel exemple de l’interconnexion à la fois belle et fragile de nos écosystèmes.
Pour éviter la diffusion de crèmes solaires nocives pour l’environnement, il est recommandé d’utiliser des crèmes solaires écologiques qui ne contiennent pas de produits chimiques toxiques. Certains décideurs politiques ont compris le message et pris des mesures pour résoudre ce problème. Après Hawaii, l’Union Européenne a restreint la vente d’écrans solaires contenant de la benzophénone-3.
Source : Médias d’information internationaux.

Photo: C. Grandpey

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In a post written on July 4th, 2018, Independence Day in the United States, I explained that the Governor of the State of Hawaii had signed legislation that would ban the sale of sunscreens containing two chemicals thought to harm coral reefs. The move made Hawaii the first U.S. state to enact a ban on oxybenzone and octinoxate. The legislation was expected to take effect in 2021.

The Governor said the State would need to continue other efforts to protect coral, including fighting invasive species, pollution from land runoff and climate change.

Sunscreen containing oxybenzone and octinoxate would only be available to those with a prescription from a physician. Others would have to buy sunscreens without these chemicals or bring their own sunscreen with them to Hawaii. Scientists had found that the two substances can be toxic to coral reefs, which are a vital part of the ocean ecosystem and a popular draw for tourists.

When the idea of the ban was put forward, the Hawaii Medical Association raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

In January 2024, several articles released in the American press inform the public that scientists recently discovered surprising and concerning contaminants on Arctic glaciers. In a study published in the journal Science of the Total Environment, researchers explain that they found “traces” of sunscreen in the snow after collecting samples from five glaciers across the Brøggerhalvøya peninsula. Because the sun does not shine in the Arctic during the winter, the presence of the chemicals from the protective creams, including Benzophenone-3, required further digging. The results of the analyses show that the presence of emerging contaminants in remote areas can be attributed to the role of long-range atmospheric transport. Contaminated air masses from Eurasia reach the Arctic more easily near the end of winter.

Many types of sunscreen contain ingredients that harm our ecosystem. Among them, Benzophenone-3, also known as oxybenzone, has accelerated the decline of coral reefs, which were already under stress because of rising global temperatures. According to NOAA, coral reefs have been described as the “rainforests of the sea,” as 25% of ocean fish rely on the living structures for survival. At the same time, billions of humans depend on the sea for food.

While scientists are still investigating exactly how the air carried the chemicals to the North Pole, the latest study is another example of the beautiful yet fragile interconnectedness of our ecosystem.

In order to avoid the dissemination of sunsreens that are noxious to the environment, people had better use eco-friendly sunscreens that don’t contain toxic chemicals, and some policymakers have been taking action on the issue. Following Hawaii, the European Union has restricted the sale of sunblockers containing Benzophenone-3.

Source : International news media.

Photos: C. Grandpey