La fonte de l’Antarctique (suite) // The melting of Antarctica (continued)

drapeau-francaisUn article paru dans le journal belge Le Soir nous apprend que des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ont découvert d’immenses lacs gelés sous la couche de glace de l’Antarctique. Ils minent la résistance de la calotte glaciaire qui pourrait s’effondrer et provoquer un immense tsunami. Les résultats des explorations ont été publiés dans le dernier numéro de Nature Climate Change.

Les scientifiques ont découvert un immense cratère sous la plateforme de glace Roi Baudouin, une immense étendue de glace au nord-est de l’Antarctique. En janvier 2016, ils se sont rendus physiquement dans le cratère et ont découvert qu’il s’agit d’un lac affaissé dont l’eau s’échappe vers l’océan par l’intermédiaire d’un « moulin », terme employé par les glaciologues pour désigner un puits de fonte dans la glace. L’eau d’un moulin ressort souvent à la base d’un glacier ou de la banquise, et finit parfois sa course dans la mer, comme c’est le cas au Groenland. Dans le cas d’un glacier, l’eau peut lubrifier sa base et accélérer son mouvement, voire son vêlage si le glacier arrive dans la mer.

La découverte de moulins en Antarctique a surpris les chercheurs car la plupart sont observés au Groenland. De plus, les chercheurs ont découvert de nombreux lacs cachés sous la surface de la glace, alimentés par des eaux de fonte. Certains mesurent plusieurs kilomètres. Sur des images vidéo prises sous l’eau, on voit clairement qu’une grande quantité d’eau de fonte est présente dans la région.

L’article s’accompagne d’une petite vidéo montrant les moulins de fonte :

http://mobile.lesoir.be/1390347/article/actualite/sciences-et-sante/2016-12-12/un-cratere-geant-menace-l-antarctique

Merci à S. Chermette (80 Jours Voyages) de m’avoir communiqué cette information.

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drapeau-anglaisAn article in the Belgian newspaper Le Soir tells us that researchers at the Université Libre de Bruxelles (ULB) have discovered huge frozen lakes under the ice of Antarctica. They undermine the resistance of the ice cap which could collapse and cause a huge tsunami. The results of the explorations were published in the latest issue of Nature Climate Change.
The scientists discovered a huge crater beneath the Roi Baudoin ice platform, an immense expanse of ice in northeastern Antarctica. They visited the crater in January 2016 and discovered that it was a collapsed lake whose water escaped to the ocean through a « moulin » or glacier mill, a French term used by glaciologists to designate the escape of melting water through the ice. Water from a moulin often exits the glacier at base level, sometimes into the sea. Water from moulins may help lubricate the base of the glacier, affecting glacial motion.

This discovery surprised the researchers because most of the mills are observed in Greenland. In addition, researchers have discovered many lakes hidden under the surface of the ice, fed by meltwater. Some measure several kilometers. On video images taken underwater, it is clear that a large amount of meltwater is present in the area.
The article is accompanied by a short video showing the mills:
http://mobile.lesoir.be/1390347/article/actualite/sciences-et-sante/2016-12-12/un-cratere-geant-menace-l-antarctique

moulin

Exemple de moulin sur un glacier (Crédit photo: Wikipedia)

HMS Erebus, HMS Terror et le changement climatique // HMS Terror, HMS Erebus and climate change

drapeau-francaisPour les volcanophiles, les noms Terror et Erebus sont étroitement liés à l’Antarctique. En effet, au 19ème siècle, une expédition à bord du HMS Terror et du HMS Erebus a donné leurs noms à deux volcans de ce continent*.
L’expédition suivante a conduit les équipages dans l’Arctique. Il y a près de deux siècles, 134 hommes se trouvaient à bord de ces deux navires britanniques avec l’espoir de découvrir le fabuleux Passage du Nord-Ouest, une route commerciale censée traverser l’Arctique et relier l’Europe aux richesses de l’Est. Ils ne sont jamais revenus. Les Inuits racontent des histoires de bateaux à trois mâts pris dans la glace et d’hommes affamés, victimes du scorbut, obligés de se livrer au cannibalisme.
Malgré toutes les recherches, aucun navire n’avait été trouvé jusqu’à ces dernières années. Ce n’est qu’en 2014 que sont apparues les premières traces de l’expédition, lorsque des plongeurs ont découvert une épave qu’ils ont identifiée comme étant celle du HMS Erebus, nom latin d’Erèbe, la divinité grecque des Ténèbres. Le mois dernier, le deuxième élément du mystère a été mis à jour lorsqu’un ranger inuit et une équipe d’explorateurs ont annoncé qu’ils avaient localisé le HMS Terror dans un état de parfaite conservation, non loin de l’Erebus, à l’entrée du passage du Nord-Ouest.

L’histoire de la disparition de ces navires et de la découverte de leurs épaves révèle à quel point l’Arctique a changé en quelques décennies. La glace n’est plus ce qu’elle était autrefois; Les scientifiques pensent que l’Arctique sera dépourvu de glace et navigable en été vers le milieu du siècle, voire plus tôt. Comme je l’ai déjà écrit, un navire de croisière transportant plus de 1 000 touristes a traversé l’Océan Arctique pour la première fois cette année.
Les conditions dans l’Arctique d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles que les expéditeurs ont dû affronter au milieu du 19ème siècle, à l’apogée de l’Empire britannique. L’Amirauté avait demandé à John Franklin, un explorateur polaire de 59 ans, de trouver dans les mers nordiques un chenal qui relierait les océans Atlantique et Pacifique. Personne ne savait avec certitude si un tel passage existait, mais sa découverte serait un autre joyau à apposer à la couronne britannique. Les Européens pensaient que le monde était parfaitement symétrique. Comme les explorateurs avaient découvert un passage au sud de l’Amérique du Sud entre l’Atlantique et le Pacifique, ils étaient persuadés qu’une route identique existait au nord.
Grâce à l’Antarctique, Franklin avait l’expérience de la navigation à travers la glace. Il a choisi deux vaisseaux militaires – l’Erebus et le Terror – pour ce voyage et a renforcé leurs coques avec du fer pour qu’elles résistent à la force écrasante de la glace. L’Erebus et le Terror étaient équipés de moteurs de locomotives à vapeur. Celui d’Erebus avait une puissance de 25 chevaux (19 kW) et pouvait propulser le navire à 4 noeuds (7.4 km / h). Franklin a rempli la cale de l’équivalent de trois ans de nourriture en boîte au cas où le voyage durerait plus longtemps que les deux années prévues.

Le 19 mai 1845, l’Erebus et le Terror descendaient la Tamise et entraient dans l’Océan Atlantique. Les Londoniens s’étaient massés sur les berges du fleuve et applaudissaient la puissance de leur Empire. Le succès semblait assuré, mais Franklin se dirigeait vers une frontière que la science n’avait pas encore maîtrisée. Les boussoles ne fonctionnaient pas correctement car leur lecture était perturbée par le magnétisme du pôle Nord. Il n’y avait pas, non plus, de bulletin météorologique. Il faisait beaucoup plus froid qu’aujourd’hui et il y avait des années où la glace ne fondait jamais pendant l’été. Les navires pouvaient rapidement se faire piéger dans une glace dure comme du ciment.
L’expédition britannique a pénétré dans l’Océan Arctique avant la fin du mois de mai et a progressé à travers le labyrinthe de l’archipel arctique canadien. Franklin et ses hommes atteignirent le nord jusqu’à 77 degrés de latitude, à environ 1360 kilomètres du pôle Nord, avant d’hiverner sur une minuscule île inhabitée.
La seule façon de survivre dans cet environnement où les tempêtes peuvent s’accompagner de puissants vents glacés en provenance du pôle Nord, c’est d’écouter les Inuits ; pourtant, la tradition orale laisse supposer que Franklin et ses hommes ne les ont pas consultés. En septembre 1846, les Britanniques ont pris la très mauvaise décision d’emprunter un chenal dangereux, le détroit de Victoria. Le détroit se trouve à seulement 320 km du continent canadien ; il connaît malgré tout régulièrement un englacement pire que les régions situées plus au nord.

Une tempête a probablement surpris l’expédition et recouvert de glace le détroit de Victoria en quelques heures, piégeant ainsi les navires. Les hommes sont restés blottis à bord pendant près de deux ans, en attendant que la glace se dégage. Mais même en été, la situation ne s’améliorait pas. Une vingtaine d’hommes, dont Franklin, ont péri suite à des maladies.
Ceux qui restaient ont abandonné les navires le 22 avril 1848 et ont marché désespérément vers le sud, en espérant pouvoir traverser l’île du Roi-Guillaume et atteindre le continent canadien. Luttant contre des vents mordants, il leur a fallu trois jours pour parcourir les 24 km jusqu’à l’île. Nous savons cela parce que cinq ans plus tard, une note écrite par le commandant de l’Erebus a été trouvée sous un repère de pierre sur l’île du Roi-Guillaume.
Les expéditions de recherche en provenance de Grande-Bretagne n’ont pas trouvé de navires ou de survivants, mais les Inuits ont dit avoir vu des hommes mourir de faim, le visage noirci par le scorbut. Selon eux, les survivants ont mangé leurs camarades après avoir fait bouillir des parties de leurs corps dans leurs bottes. Ces récits ont été confirmés en 2014 quand les scientifiques ont examiné des restes humains sur l’île du Roi-Guillaume et ont trouvé des entailles probablement laissées sur les restes de squelettes lors de la découpe des cadavres à la hache.
Les navires de Franklin ont été considérés comme perdus à jamais. Toutefois, dans les années 2000, avec la fonte de la glace de mer pendant l’été à cause du réchauffement climatique, de nombreux pays ont commencé à s’intéresser aux richesses de l’Arctique et en 2008, le Canada est parti à la recherche de l’Erebus et du Terror. Plusieurs organismes gouvernementaux canadiens ainsi que l’Arctic Research Foundation ont commencé à passer au peigne fin à l’aide d’un sonar les passages du Nord-Ouest pour essayer de retrouver  les navires de Franklin. En 2014, l’Erebus est apparu sur le sonar. Quand les plongeurs l’ont examiné, ils ont trouvé un navire presque intact. Sur un flanc, il y avait une grosse cloche, fondue en 1845 pour honorer l’expédition. Sur le pont inférieur se trouvaient des coffres intacts où les hommes avaient entreposé leurs effets personnels.
Une nouvelle avancée des recherches a eu lieu en septembre 2014, lorsqu’un ranger inuit, qui vit dans la seule partie habitée de l’île du Roi-Guillaume, est monté à bord d’un navire de l’Arctic Research Foundation. Il a indiqué que sept hivers auparavant, lui et un ami s’étaient rendus en motoneige au large de l’île du Roi-Guillaume, sur la Terror Bay qui était prise par les glaces, et ils avaient vu un poteau qui émergeait de la glace. Ils s’étaient approchés et avaient vu que c’était un mât en bois de six pieds de haut. Ils ont pris une photo mais ils ont ensuite perdu l’appareil photo pendant le voyage et n’ont jamais révélé leur découverte à qui que ce soit, même s’ils étaient certains que c’était une preuve de  la triste expédition de Franklin.
L’expédition de recherche a immédiatement mis le cap sur Terror Bay, qui était dépourvue de glace l’été dernier. On a utilisé un sonar pour scruter le plancher océanique. Au moment où les recherches allaient être abandonnées, le navire de recherche passa au-dessus d’un trois-mâts qui gisait au fond de l’océan, à 130 km au nord de l’Erebus. Les plongeurs ont examiné le navire une semaine plus tard et ont confirmé que c’était le Terror. Le navire est hermétiquement fermé et contient probablement des documents et autres artefacts en parfait état.
Les scientifiques pensent que l’Erebus et le Terror n’auraient pas pu être retrouvés s’ils étaient restés dissimulés sous une épaisse couche de glace, comme à l’époque de Franklin,ou même avec la glace encore présente dans les années 1970 et 1980. Jusqu’à récemment, le détroit de Victoria dégelait seulement une fois tous les 10 ans ; aujourd’hui, il est généralement libre de glace chaque été.
Au cours des prochaines années, les scientifiques canadiens étudieront les navires, les photographieront et examineront le site afin d’en apprendre le plus possible sur le sort de l’expédition. Ils vont rechercher des corps, et peut-être même le cercueil de Franklin. Ils récupéreront des artefacts, des documents, des cartes et d’autres documents pour répondre à différentes questions: Pourquoi le Terror est-il si loin au nord de l’Erebus? Pourquoi tant d’hommes sont-ils tombés malades? Pourquoi ont-ils décidé de se lancer dans une marche qui leur a coûté la vie?
Source: The Washington Post et Alaska Dispatch News.

* Je recommande la lecture de Erebus, volcan antarctique de Haroun Tazieff paru en 1994 aux Editions Actes Sud.

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drapeau-anglaisFor volcano lovers, the names Terror and Erebus are closely linked to the Antarctic. Indeed, in the 19th century, expeditions on board HMS Terror and  HMS Erebus gave these names to two volcanoes.

The next expedition was in the Arctic. Almost two centuries ago, 134 men set sail on the  two British ships to discover the fabled Northwest Passage, a trade route through the Arctic linking Europe to the riches of the East. They never returned. The Inuit tell tales of the three-masted ships caught in ice and of men afflicted by scurvy and going hungry, forced to resort to cannibalism.

Despite search efforts, neither ship was found. It was not until 2014 that the first traces of the expedition emerged, when divers located a shipwreck that they identified as HMS Erebus, named after the spiritual limbo between Earth and hell. Last month, the second big piece of the mystery fell into place when an Inuit ranger and a team of explorers announced that they had located HMS Terror – in near-pristine condition, not far from the Erebus – at the bottom of the Northwest Passage.

The story of the ships’ loss and eventual finding reveals how much the Arctic has changed in just a few decades. The ice is no longer what it once was; scientists think that the Arctic will be ice-free and navigable in the summer by the middle of the century, if not earlier. As I put it before, a cruise ship carrying more than 1,000 tourists traversed the northern ocean of North America for the first time this year.

The conditions in the Arctic today are balmy in comparison to what the expeditioners faced in the middle of the 19th century, at the height of the British Empire. The admiralty asked John Franklin, a 59-year-old polar explorer, to find a northern sea path linking the Atlantic and Pacific oceans. No one knew for certain that such a passage existed, but finding it would be yet another jewel in the British crown. Europeans thought of the world as perfect and symmetrical. Explorers had discovered a passage at the bottom of South America that linked the Atlantic and the Pacific. And so people reasoned that a similar one must exist in the north.

Franklin knew how to navigate through ice. He chose two military vessels – the Erebus and the Terror – for the journey and reinforced their hulls with iron to withstand the crushing force of ice. Both Erebus and Terror were outfitted with the steam engines of locomotives. That of Erebus was rated at 25 horsepower (19 kW) and could propel the ship at 4 knots (7.4 km/h). He filled his hold with three years’ worth of canned food in case the voyage took longer than the expected two years.

On May 19th 1845, Erebus and Terror set off down the River Thames and into the Atlantic Ocean. Londoners thronged the banks and cheered the might of their empire. Success seemed assured. But Franklin was heading into a frontier that science had not mastered. Compasses did not work properly because their magnetic readings were impaired by proximity to the North Pole. There were no weather reports. It was much colder than today and there were years with no summer ice melt at all. Ships could quickly get trapped in cement-like ice.

The expedition entered the Arctic Ocean before the end of May and moved forward through the labyrinth of the Canadian Arctic archipelago. Franklin and his men reached as far north as 77 degrees, about 1360 kilometres from the North Pole, before wintering on a tiny uninhabited island.

The only way to survive in this environment, where storms can bring powerful icy winds from the North Pole, is by listening to the Inuit. Inuit oral history suggests that Franklin and his men, however, did not consult with them. In September 1846, the British made a fateful decision to sail through a dangerous channel, the Victoria Strait. The strait is only 320 km from the Canadian mainland, and yet it routinely experiences heavier ice conditions than areas farther north.

A storm probably crept up on the expedition, icing Victoria Strait within hours and trapping the ships. The men huddled onboard for nearly two years, waiting for the ice to clear. But even in summer, it remained unyielding. Two dozen men, including Franklin, died of illness.

The remaining men abandoned the ships on April 22nd 1848, in a mad effort to walk south, across King William Island, to the Canadian mainland. It was a dangerous plan; in biting winds, it took them three days just to trek across the 24 km of ice to the island. We know this because five years later, a note written by Erebus’s commander was found under a stone landmark on King William Island.

Search parties dispatched from Britain did not find the ships or any survivors, but the Inuit told them of having seen men starving, their faces blackened possibly by scurvy. The survivors ate their comrades after boiling body parts in their boots, the Inuit said. The oral history seemed to be confirmed in 2014 when scientists examined human remains from King William Island and found hack marks apparently left on skeletal remains by desperate butchers.

Franklin’s ships had been considered lost to history. But in the 2000s, as the summer sea ice began to clear because of global warming, nations jostled to access the Arctic’s riches and in 2008, Canada began searching for the Erebus and the Terror. A coalition of Canadian government agencies and the Arctic Research Foundation began sweeping the Northwest Passages for Franklin’s ships using sonar. In 2014, the Erebus showed up on the sonar. When divers examined it, they found a nearly intact ship. Off to one side was a massive bell, cast in 1845 to honor the expedition. On the lower decks were intact chests where the men had stored their personal effects.

A second breakthrough came in September 2014, when an Inuit ranger who lives in the only settlement on King William Island, boarded an Arctic Research Foundation vessel. He said that seven winters ago, he and a friend had been snowmobiling off King William Island, on the frozen Terror Bay, when they saw a pole sticking out of the ice. They went closer and saw that it was a six-foot-tall wooden mast. They took a photo but later lost the camera during the trip and never told anyone about the incident, although they had thought it was a testimony of Franklin’s doomed expedition.

The expedition immediately set course for Terror Bay, which was ice-free this past summer. They used a sonar to image the ocean floor. Just as they were about to give up, they passed right over an ancient three-masted ship at the bottom of the ocean, 130 km north of the Erebus. Divers examined the ship a week later and confirmed that it was the Terror. The ship is tightly sealed and probably contains documents and other artifacts in pristine condition.

Scientists say it is doubtful that the Erebus and the Terror would have been found if they had been hidden under the ice common during Franklin’s time or even the ice found in the 1970s and 1980s. Until recently, Victoria Strait thawed only once every 10 years, but now it usually clears every summer.

Over the next few years, Canadian scientists will study the ships, photograph them and excavate the site to learn as much as they can about the expedition’s fate. They will look for bodies, and perhaps even the coffin of Franklin. They will recover artifacts, documents, charts and other materials to answer old questions and new ones: Why is the Terror so far north of the Erebus? And why did so many men fall ill so rapidly? Why did they decide on a treacherous trek that claimed their lives?

Source : The Washington Post and Alaska Dispatch News.

terror

Le Terror pris par les glaces (Esquisse de George Back, Toronto Public Library)

A l’assaut du Passage du Nord-Ouest // The fight for the North-West Passage

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente (13 juillet 2016), le navire de croisière Crystal Serenity a pu emprunter le Passage du Nord-Ouest pendant l’été 2016, grâce à la fonte de la glace dans toute la région.
A l’inverse, au cours de l’été 1778, lorsque le capitaine James Cook tenta de trouver l’entrée ouest de ce passage, il se heurta, au nord du détroit de Béring, à une barrière de glace qui, selon son journal de bord, « était aussi compacte qu’un mur et semblait avoir au moins entre 10 et 12 pieds de hauteur.»
Plus de deux siècles plus tard, les scientifiques examinent des archives tenues méticuleusement par Cook et son équipage pour mieux comprendre comment le réchauffement climatique a pu ouvrir l’Arctique d’une manière que l’explorateur du 18ème siècle n’aurait jamais pu imaginer.
En passant au crible des cartes et des journaux de bord de Cook, ainsi que d’autres documents historiques et les images satellites, les chercheurs de l’Université de Washington ont étudié l’évolution de la glace dans la Mer des Tchouktches, entre l’Alaska et la Russie, pendant près de 240 ans. Les résultats, publiés dans la revue Polar Geography, confirment le retrait important de la calotte glaciaire pendant l’été et apportent une nouvelle lumière sur l’époque où la transformation s’est opérée.
L’étude révèle que pendant plus de 200 ans après la visite de Cook, la couverture de glace d’été dans la Mer des Tchouktches a fluctué, mais s’étendait le plus souvent vers le sud à proximité du secteur où Cook l’a rencontrée. D’une manière générale, entre la période de Cook et les années 1990, la glace se trouvait au mois d’août quelque part autour de la latitude 70 degrés nord.

Aujourd’hui, la limite de glace se trouve à des centaines de kilomètres plus au nord. Cela correspond aux observations récentes qui confirment le rétrécissement rapide de la banquise arctique au cours des trois dernières décennies. Le volume total de glace en été est maintenant de 60 à 70 pour cent inférieur à celui des années 1980, alors que les températures de l’Arctique ont augmenté deux fois plus que le reste de la planète suite à l’augmentation des gaz à effet de serre.
Avec plus de fonte de glace en été et un gel tardif à l’automne, le Passage du Nord-Ouest, autrefois infranchissable, est maintenant navigable pour des paquebots comme le Crystal Serenity, qui a effectué le voyage de 11 700 kilomètres entre l’Alaska et New York en 32 jours. Cette nouvelle situation a également provoqué un rush vers les gisements pétroliers dans des eaux qui étaient autrefois bloquées par la glace. On assiste également à une lutte entre les  puissances internationales sur le contrôle du Passage du Nord-Ouest et des ressources qu’il recèle. Les tensions sont semblables à celles qui existaient à l’époque de Cook quand les pays étaient désireux de trouver et de revendiquer le Passage du Nord-Ouest, alors que les baleiniers et les marchands de fourrures se bousculaient pour exploiter cette nouvelle frontière…
Source: The Seattle Times.

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drapeau-anglaisAs I put it in a previous note (13 July 2016), the cruise ship Crystal Serenity was able to move through the Northwest Passage during the summer 2016.

However, in the summer of 1778, when Captain James Cook tried to find a western entrance to the route, the British expedition was halted north of the Bering Strait by « ice which was as compact as a wall and seemed to be 10 or 12 feet high at least, » according to the captain’s journal.

More than two centuries later, scientists are mining meticulous records kept by Cook and his crew for a new perspective on the warming that has opened the Arctic in a way the18th  century explorer could never have imagined.

Working with maps and logs from Cook’s voyage and other historical records and satellite imagery, University of Washington researchers have tracked changes in ice cover in the Chukchi Sea, between Alaska and Russia, over nearly 240 years. The results, published in the journal Polar Geography, confirm the significant shrinkage of the summer ice cap and shed new light on the timing of the transformation.

The study has found that for more than 200 years after Cook’s visit, the summer ice cover in the Chukchi Sea fluctuated but generally extended south to near where Cook encountered it. Basically, from the time of Cook until the 1990s, the ice was somewhere around 70 degrees north in August.

Now the ice edge is hundreds of kilometres farther north. This corresponds with modern observations that confirm rapid shrinkage of the Arctic ice pack over the past three decades. The total volume of ice in summer is now 60 percent to 70 percent lower than it was in the 1980s, while Arctic temperatures have increased at twice the rate of the rest of the planet as a result of rising greenhouse-gas levels.

With more melting in the summer and delayed freezing in the fall, the once-elusive Northwest Passage is now navigable for vessels like the Crystal Serenity, which made the 11,700-kilometre trip from Alaska to New York in 32 days. The transformation has also triggered a rush to drill for oil in previously ice-choked waters, and an international power struggle over control of the route and resources. The tensions are similar to those in Cook’s days when nations then were eager to find and claim a Northwest Passage, while whalers and fur traders scrambled to exploit the newly opened frontier.

Source: The Seattle Times.

cook-01Limite de la glace d’été en 1778 (Historic sea-ice age) et en 2016.

[Source : Institute of Oceanography, University of Hamburg (Germany)]

cook-02

Augmentation du trafic maritime dans le Passage du NO au cours des dernières années.

[Source: Scott Polar Institute, University of Cambridge (England)]

Début d’octobre chaud en Alaska // Warm early October in Alaska

drapeau-francaisCinq mois après une fonte de neige extrêmement précoce au printemps dernier (la neige a commencé à fondre le 13 mai, 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002), Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska, vient d’établi un nouveau record pour l’arrivée tardive de la neige.
Le sol de Barrow était toujours intact le samedi 15 octobre. L’ancien record pour la dernière journée sans couverture neigeuse remonte au 12 octobre 1998. Les services météorologiques ont confirmé le nouveau record. Quelques flocons sont tombés depuis cette date, mais sans laisser une couche de neige mesurable.
Les relevés météorologiques de Barrow remontent à 1920.

La période sans neige à Barrow a été particulièrement longue cette année. Le nouveau record de manque de neige intervient après une période de températures anormalement chaudes dans le nord de l’Alaska. Les 10 premiers jours d’octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés à Barrow pour cette période, avec des températures moyennes très largement supérieures à la normale. Un front de haute pression sur le sud-est et l’est de l’Alaska, avec un prolongement vers le nord de l’Arctique, a maintenu la trajectoire des intempéries sur le centre de la mer de Béring et bien à l’écart de l’Alaska du Sud-Est. A cette situation météorologique viennent s’ajouter des températures de surface de la mer anormalement chaudes suite à l’absence presque totale de la glace de mer à proximité de l’Alaska. En conséquence, une grande partie de l’ouest de l’Alaska a connu la première décade d’octobre la plus chaude jamais enregistrée. De plus, il n’y a pratiquement pas eu de pluie dans le sud-est alors que le mois d’octobre est, pour beaucoup d’endroits, le plus pluvieux de l’année.
Le mois de septembre avait déjà été chaud en Alaska. Au cours de mon séjour dans le 49ème Etat de l’Union, j’ai été surpris par les températures élevées, en particulier dans la région de Juneau où elles avoisinaient souvent les 20°C, ce qui m’a obligé à acheter des T-shirts!

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drapeau-anglaisFive months after a record-early spring snowmelt (snow started to melt on May 13th, 10 days earlier than the previous record set in 2002), the nation’s northernmost community has set a new record for late snow accumulation.

The ground in Barrow was barren of snow on Saturday October 15th, breaking the previous record for the latest calendar date for zero snow-cover in that community. The old record for the latest day without snow coverage was October 12th 1998. The weather service confirmed the new record. A trace of snow has fallen since then, but it is not enough to be considered measurable snow-cover.

Barrow’s weather and climate records go back to 1920.

The snowless period in Barrow has been particularly long this year. The new no-snow record comes after a stretch of unusually warm temperatures in Barrow. The first 10 days of October were the warmest on record for Barrow in that early October period, with temperatures largely above normal. High pressure over Southeast and eastern mainland Alaska, extending into the high Arctic has kept the storm track over central Bering Sea and away from Southeast Alaska. This is in addition to continued unusually warm sea surface temperatures and nearly complete lack of sea ice near Alaska. As a result, much of western Alaska has had the mildest first ten days of October of record, while there has been virtually no rain in Southeast during what for many places is the wettest month of the year.

September was equally warm in Alaska . I was surprised at the high temperatures during my stay in the last Frontier, especially in the Juneau area where the temperatures averaging 20°C forced me to buy T-shirts!

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Source: US National Weather Service Alaska.