La fonte rapide des glaciers islandais // The rapid melting of Icelandic glaciers

Les glaciers islandais occupent environ 11% de la surface de l’île, mais ils fondent à une vitesse impressionnante et leur surface se réduit comme peau de chagrin. En lisant un article paru dans Courrier International, on apprend que des chercheurs écossais et islandais ont comparé des photos prises dans les années 1980 avec celles acquises par drones ces dernières années. Le résultat est impressionnant !

Pour ce projet, des milliers de photographies ont été utilisées. Bon nombre montraient des zones géographiques se chevauchant. Les chercheurs ont utilisé un logiciel qui leur a permis de réaliser une modélisation en 3D. Les images acquises par drone ont été comparées à des photos prises dans les mêmes zones dans les années 1980. En regardant les images, on constate des différences stupéfiantes sur une courte durée. Le Met Office islandais explique que les glaciers du pays ont perdu une superficie totale d’environ 750 km2 depuis 2000, avec une réduction moyenne de 40 km2 chaque année.

Vous pourrez voir les photos comparatives de plusieurs glaciers islandais en allant sur cette page de Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

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Icelandic glaciers cover about 11% of the island’s surface, but they melt at an impressive speed and their surface is shrinking. Reading an article published in Courrier International, we learn that Scottish and Icelandic researchers have compared photos taken in the 1980s with those acquired by drones in recent years. The result is impressive!
For this project, thousands of photographs were used. Many showed overlapping geographic areas. Researchers used software that allowed them to perform 3D modelling. The images acquired by drone have been compared to pictures taken in the same areas in the 1980s. Looking at the images, there are amazing differences over a short period. The Icelandic Met Office explains that the country’s glaciers have lost a total area of ​​about 750 km2 since 2000, with an average reduction of 40 km2 each year.
You will see the comparative photos of several Icelandic glaciers if you visit this page of Courrier International:
https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

Le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, est l’un de ceux qui fondent le plus vite. Dans quelques années, il n’aura plus la force de venir vêler dans la mer (Photo: C. Grandpey)

Nouvel avis de décès

A l’image des Islandais qui ont inauguré le 18 août 2019 une plaque commémorative à la mémoire du défunt glacier Okjokull, les élus écologistes régionaux ont déposé le 23 octobre une plaque « à la mémoire du glacier Arriel » qui a définitivement fondu dans les Pyrénées béarnaises, victime du réchauffement climatique

Le glacier d’Arriel, à proximité du lac d’Arrémoulit, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, connaît donc le même sort que celui de 50% des glaciers pyrénéens ces dernières années. Ils disparaîtront probablement tous d’ici 2040. On peut lire sur la plaque : « Cette plaque atteste que nous savons ce qu’il se passe et que nous savons ce qu’il faut faire. Vous seul-e-s saurez si nous l’avons fait »

La disparition d’un glacier, même de petite taille dans les Pyrénées ou sur les autres massif, n’est pas anodine. Les élus présents à la cérémonie ont rappelé que « les glaciers forment des réserves d’eau douce capitales, tant pour les activités humaines que pour les écosystèmes de l’ensemble du Sud-Ouest : agriculture, tourisme, production hydroélectrique… »

D’après un constat de l’association pyrénéenne de glaciologie Moraine, qui étudie l’évolution des glaciers pyrénéens depuis vingt ans, ces derniers pourraient complètement disparaître d’ici à 2050. On comptait 90 glaciers dans les Pyrénées en 1850, contre 23 aujourd’hui.

Source : Synthèse de la presse régionale.

Situé à la base de la face Nord du Pic d’Arriel, le glacier s’était considérablement réduit et se distinguait à peine ces dernières années (Crédit photo : Wikipedia)

La fonte des Alpes // The melting of the Alps

En 1919, un pilote et photographe suisse a pris des photos emblématiques des glaciers du Mont Blanc. Un siècle plus tard, une équipe scientifique de l’Université de Dundee (Ecosse) a retravaillé ces images pour mettre en évidence leur fonte suite à la hausse des températures.
De nombreuses études ont été faites sur la disparition inéluctable des glaciers du Mont Blanc, la plus haute montagne d’Europe, mais les chercheurs de l’université de Dundee ont voulu démontrer par les images les dégâts causés par le réchauffement de la planète.
Ils ont publié trois séries de photos emblématiques de la Mer de glace, du Glacier des Bossons et d’Argentière prises il y a 100 ans par le pilote suisse. En utilisant les dernières techniques de géolocalisation et de visualisation 3D, ils ont pu déterminer avec précision l’endroit depuis lequel le pilote avait pris les photos.
Le résultat est très révélateur, avec un contraste saisissant entre les longs glaciers qui étalaient fièrement leur blancheur au début du 20ème siècle et les bandes de terre terne qui les remplacent de nos jours.
Les niveaux de fonte de la Mer de Glace sont particulièrement remarquables.
Entre 1970 et 2015, le Glacier d’Argentière, au nord-est de la Mer de Glace, a perdu 20% de sa surface, tandis que la Mer de Glace et le Glacier des Bossons en ont respectivement perdu 10% et 7%.
Il faut espérer que les photographies permettront de sensibiliser le public aux effets du réchauffement climatique. Il faudrait pour cela que le Président de la République montre l’exemple et, comme l’avait fait Barack Obama en Alaska, vienne constater la catastrophe glaciaire dans les Alpes !

L’équipe scientifique de l’Université de Dundee a prévu un projet similaire de visualisation des glaciers en Islande.
Source: Université de Dundee.

Malheureusement, je ne peux que confirmer la fonte des Alpes aux 20ème et 21ème siècles. Mon père a pris des photos du Glacier des Bossons et de la Mer de Glace depuis le sol en 1956. J’ai pris des photos aériennes en 2015 lors du survol des Alpes et d’autres clichés au sol pendant les années suivantes.

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In 1919 a Swiss pilot and photographer took iconic photos of the Mont Blanc glaciers. A century later, a team of the University of Dundee (Scotland) has recreated the images to highlight the drastic ice melt caused by rising temperatures.

Numerous studies have been made of the vanishing glaciers surrounding Mont Blanc, Europe’s tallest mountain, but the University of Dundee experts decided to go one better in an attempt to demonstrate in stark visual terms the damage wrought by global warming.

They painstakingly set about recreating three iconic set of images captured 100 years ago by the Swiss pilot of the Sea of Ice, Bossons and Argentiere glaciers.

Using the latest geolocation and 3D visualisation techniques, they were able to pinpoint the precise patch of sky from which the pilot snapped the photos for maximum impact.

The result is a startling contrast between the sprawling, glistening glaciers of the early 20th century and swathes of dull, dried earth today.

The levels of melt on the Sea of Ice glacier are particularly noticeable.

Between 1970 and 2015 the Argentiere glacier, northeast of the Sea of Ice, lost 20 percent of its surface, while the Sea of Ice and the Bossons glaciers lost 10 and seven percent respectively

The photographs should serve as a kind of public awareness tool. To begin with, the French President should set the example and come to see the glacial disaster in the Alps, like Barack Obama had done it in Alaska!

The team from the University of Dundee say they plan a similar visualisation project for glaciers in Iceland.

Source: University of Dundee.

Unfortunately, I can only confirm the melting of the Alps during the 20th and 21st centuries. My father took photos of the Bossons and the Sea of Ice from the ground in 1956. I took aerial photos in 2015 during an overflight of the Alps, and other snapshots from the ground during the flowing years.

La Mer de Glace vue du ciel (Dundee University)

Glaciers des Bossons et du Taconnaz vus du ciel (Dundee University)

Le Glacier d’Argentière vu du ciel (Dundee University)

Le Glacier des Bossons vu du sol (G. & C. Grandpey)

La Mer de Glace vue du sol (G. & C. Grandpey)

Front du Glacier d’Argentière en 2019 (C. Grandpey)

Les Alpes fondent et les stations de ski sont inquiètes // The Alps are melting and ski resorts are worried

Les médias français en parlent peu pour ne pas effrayer les touristes, mais le changement climatique affecte profondément les stations de ski des Alpes. Un article publié dans le quotidien britannique The Telegraph nous explique que ces stations doivent dépenser des millions d’euros pour renforcer les supports de téléphériques et remontées mécaniques, ainsi que d’autres structures qui ont tendance à s’affaisser du fait du changement climatique qui entraîne la fonte du permafrost.
Par exemple, la ville de Chamonix a dépensé cette année1,6 million d’euros pour renforcer des supports de téléphériques. Les Deux Alpes et Val-Thorens ont également dû renforcer des structures menacées d’effondrement car elles sont construites sur du permafrost de roche qui se réduit à un rythme de plus en plus rapide.
L’industrie du ski en France suscite de plus en plus d’inquiétudes et les stations de ski confrontées au recul des glaciers et à la diminution de la couverture neigeuse luttent pour préserver leur fragile environnement des effets de la pollution.
Le changement climatique a fait fondre le permafrost ces dernières années, de sorte qu’il ne peut plus servir de ciment naturel à la roche. Les supports de téléphériques et les fondations des refuges de montagne ont commencé à bouger et les structures au-dessus du sol ont commencé à s’affaisser et à se fissurer.
Chamonix a été contrainte de consolider les supports la télécabine de Bochard aux Grands Montets en consolidant les ancrages par injection d’un produit de scellement. Le but était de compenser le dégel et de mettre en place des fondations plus solides. Les supports ont par ailleurs été équipés de détecteurs pour avertir tout affaissement ou mouvement de ces structures.
D’autres stations ont également été touchées depuis 2010. Les Deux Alpes a observé un affaissement sous un terminal de téléphérique et la station en haute altitude de Val-Thorens a été contrainte de consolider un pylône de remontée mécanique.Une étude récente portant sur 947 structures construites sur du permafrost a révélé que 45 remontées mécaniques, six refuges et un tunnel présentaient un risque élevé de déstabilisation.
Selon de nombreux scientifiques, l’avenir de l’industrie du ski est préoccupant. Ils expliquent que si on enregistre une augmentation moyenne de la température de 4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, cela se traduira par une augmentation de 8 degrés dans les Alpes, en raison de l’effet de réchauffement de la fonte des glaciers.
Chamonix fait maintenant pression sur les autorités pour limiter le nombre de véhicules autorisés à circuler dans la vallée de Chamonix afin de réduire la pollution.
Source: The Telegraph.

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Little is said about it by the French news media not to frighten the tourists, but climate change is deeply affecting ski resorts in the Alps. An article published in the British Telegraph informs us that these resorts are being forced to spend millions in order to reinforce cable car supports and other structures being weakened by subsidence as climate change causes ice to melt.

For instance, Chamonix has spent 1.6 million euros shoring up cable car supports this year. Les Deux Alpes and Val-Thorens have also had to reinforce structures in danger of collapse because they are built on rock permafrost which is shrinking at an increasingly rapid rate.

Concern is growing for the future of France’s lucrative ski industry and resorts facing shrinking glaciers and diminishing snow cover are struggling to preserve the fragile Alpine environment from the consequences of pollution.

Climate change has caused permafrost to thaw in recent years so that it can no longer serve as a natural cement. Cable car supports and foundations of mountain shelters have started moving and structures above the ground have begun to weaken and crack.

Chamonix has been forced to shore up its Bochard cable car supports by consolidating the ground to compensate for thawing and rebuilding stronger foundations. The supports have been fitted with detectors to warn of subsidence or movement.

Other resorts have also been affected since 2010. Les Deux Alpes had subsidence under a cable car terminal and Val-Thorens had to consolidate a ski lift pylon. A recent survey of 947 resort structures built on permafrost found that 45 ski lifts, six shelters and one tunnel were at high risk of destabilisation.

Accordong to many experts, the future of the ski industry is worrying.  They explain that if we experience an average temperature rise of 4 degrees Celsius by the end of the century, that will mean an 8-degree rise in the Alps, because of the warming effect of melting glaciers.

Chamonix is now lobbying the authorities to restrict the number of vehicles allowed into the Chamonix Valley in an effort to cut pollution.

Source: The Telegraph.

A cause de la pollution, la neige du Mont Blanc est moins blanche qu’avant! (Photo: C. Grandpey)