Les Etats-Unis font le forcing au Groenland // The U.S. is putting pressure on Greenland

Souvenez-vous : en octobre 2019, le président Donald Trump a proposé d’acheter et d’annexer le Groenland ! Son offre a été rejetée par les autorités locales et danoises. L’idée a généré toutes sortes de moqueries et déclenché une vague d’inquiétude au Groenland.
En avril 2020, alors que la pandémie de coronavirus faisait rage et qu’une grande partie de l’Arctique était confinée, les États-Unis ont annoncé la plus importante initiative diplomatique au Groenland depuis des années. Tout d’abord, l’Agence américaine pour le développement international a dévoilé un programme d’aide de 12,1 millions de dollars à l’attention du Groenland. Quelques jours plus tard, le Département d’État a annoncé son intention d’ouvrir un consulat à Nuuk, la capitale groenlandaise, ce qui n’était pas arrivé depuis 1953.
Avec la hausse des températures et le changement climatique, la calotte glaciaire du Groenland connaît une fonte historique que l’administration Trump considère comme une opportunité stratégique pour rivaliser avec la présence militaire de plus en plus importante de la Russie dans l’Arctique et la poussée économique de la Chine dans la région.
Officiellement, l’aide de 12,1 millions de dollars a pour but de permettre le développement économique, en particulier l’énergie et les ressources naturelles, l’expansion des échanges éducatifs et le développement de l’industrie touristique au Groenland. Cependant, la manœuvre est à mettre en relation avec le conflit latent entre les États-Unis et la Chine. Les deux nations les plus puissantes du monde – mais aussi les deux plus gros pollueurs de la planète – rêvent de mettre le grappin sur une région où la glace fond rapidement et rend accessibles des minéraux, tout en permettant dans le même temps l’ouverture de nouvelles voies maritimes.
Contrairement à la Russie et à la Chine, l’approche américaine de l’Arctique est basée sur la transparence, la coopération et les valeurs démocratiques. Au contraire, la Russie affiche un comportement plutôt agressif et accentue sa présence militaire dans l’Arctique. .
Alors que la Chine n’a pas de présence physique dans l’Arctique, elle s’est déclarée « État proche de l’Arctique » en 2018 et a lancé son projet de « Route de la soie polaire » pour investir dans les ressources naturelles et les routes de navigation dans toute la région.
Les Etats-Unis, quant à eux, ont établi une présence militaire au Groenland pendant la Seconde Guerre mondiale. Peu de temps après que les nazis aient occupé le Danemark en avril 1940, les États-Unis ont envahi le Groenland pour préserver l’indépendance du territoire et empêcher les Allemands d’établir un poste avancé qui pourrait être utilisé pour ravitailler les bombardiers à destination des villes américaines. Les États-Unis ont proposé d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars-or après la guerre. Le Danemark a refusé et les États-Unis ont rendu le contrôle aux Danois, tout en conservant la base aérienne de Thulé qui est ainsi devenu l’avant-poste militaire américain le plus septentrional et une position stratégique clé au moment de la Guerre Froide.
La plupart des recherches au Groenland se concentrent sur sa calotte glaciaire et sa diminution avec le réchauffement climatique. Après l’hiver 2019-2020, la glace de mer de l’Arctique a atteint le niveau le plus bas jamais observé depuis 45 ans, selon les mesures effectuées par le National Snow and Ice Data Center.
Aucune partie des 12,1 millions de dollars n’est prévue pour la lutte contre la fonte de la banquise, mais les États-Unis continueront de financer la recherche dans ce domaine. La nouvelle aide financière permettra aux agences américaines de collaborer avec le ministère groenlandais des ressources minérales et le ministère de l’industrie, de l’énergie et de la recherche pour « développer les ressources naturelles de manière compétitive et transparente et éviter la corruption ou les mauvaises pratiques environnementales. »
Alors que cette aide financière a été saluée par le gouvernement groenlandais, elle a irrité certains législateurs danois qui ont toujours en mémoire les propos tenus par Trump en octobre 2019. Selon eux, une aide financière « est quelque chose qui s’adresse aux pays du tiers monde auxquels on fournit une aide pour leur développement. Mais le Groenland n’est pas un pays en voie de développement. C’est une démocratie occidentale. » Affaire à suivre….
Source: Presse américaine.

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Remember: in October 2019, President Donald Trump suggested buying and annexing Greenland! His offer was rebuffed by Greenlandic and Danish officials. The idea became the subject of international ridicule, but worried the autonomous Danish territory.

In April 2020, as the coronavirus pandemic raged and much of the Arctic remained in lockdown, the United States announced its biggest diplomatic expansion in Greenland in years. First, the U.S. Agency for International Development unveiled a new, $12.1 million aid package to Greenland. Days later, the State Department announced plans to open a consulate in the Greenlandic capital of Nuuk for the first time since 1953.

As the planet’s temperature rises and its climate change, Greenland’s ice sheet has seen historic melting which the Trump administration sees as an important strategic opportunity to rival with Russia’s growing military presence in the Arctic and China’s economic push into the region.

Officially, the $12.1 million assistance is dedicated to the economic development, focused in particular on energy and natural resources, expanding educational exchange, and boosting Greenland’s tourism industry. However, the manoeuvre is also part of a simmering conflict between the U.S. and China, the world’s two most powerful nations and biggest climate polluters, that dream of taking control of a region whose rapidly melting polar ice is putting previously inaccessible minerals in reach and opening new sea routes.

Unlike Russia and China, America’s vision for the Arctic is based on transparency, cooperation and democratic values. On the contrary, Russia is showing a rather aggressive behaviour and increased militarization in the Arctic.

While China has no physical presence in the Arctic, it declared itself a « near-Arctic state » in 2018 and launched its « Polar Silk Road’ plan to invest in natural resources an shipping routes throughout the region.

The U.S. established a military presence in Greenland during World War II. Shortly after the Nazis occupied Denmark in April 1940, the U.S.invaded Greenland to preserve the territory’s independence and keep the Germans from establishing a bulwark that could be used to refuel bombers headed for American cities. The U.S. offered to buy Greenland for $100 million in gold after the war. When Denmark refused, the U.S. returned control to the Danish, but held onto the Thule Air Base, transforming the northernmost American military outpost into a key node in its Cold War defence network.

Most research in Greenland is focused on its ice sheet and its historic destruction. After the 2019-2020 winter, Arctic sea ice reached one of its lowest maximum extents, according to the U.S. National Snow and Ice Data Center, in its 42-year satellite record.

No budget in the new aid package will specifically work to offset that melt, but the U.S. will continue to fund research projects across the island to study it. Instead, the new funding will allow U.S. agencies to work with the Greenlandic Ministry of Mineral Resources and Ministry of Industry, Energy, and Research to “develop its natural resources in a competitive and transparent way and ward off corruption or poor environmental practices.”

While the aid was welcomed by Greenland’s government, the offer has angered some Danish lawmakers, still bothered by Trump’s initial comments. Financial aid  “is something you say about third-world countries when you provide development aid. But Greenland is not a developing country. It is a Western democracracy » To be continued…

Source : American press.

Groenland: des ressources minières à foison!

Le recul glaciaire en Islande // Glacial retreat in Iceland

Le site Internet « Iceland Review » a publié le dernier numéro de la newsletter Melting Glaciers qui dresse un bilan de la situation glaciaire en Islande. Ce bulletin est le fruit d’une collaboration entre l’Icelandic Met Office, l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, la Iceland Glaciological Society, le Southeast Iceland Nature Center et le parc national du Vatnajökull. Il est publié avec le soutien du Ministère Islandais de l’Environnement et des Ressources Naturelles.

Dans l’introduction de la newsletter, on peut lire que « les glaciers islandais reculent rapidement depuis un quart de siècle. Ce phénomène est l’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique dans le pays. »

Voici quelques extraits de la newsletter:

Evolution des glaciers :
Depuis l’an 2000, la superficie des glaciers islandais a diminué d’environ. 800 km2 et elle a perdu près de 2200 km2 depuis la fin du 19ème siècle, époque les glaciers ont atteint leur extension maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle. La surface des glaciers a en moyenne diminué d’environ. 40 km2 par an ces dernières années et les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2019. Le Hagafellsjökull, qui appartient à la calotte glaciaire du Langjökull, ainsi que le Síðujökull et le Tungnárjökull qui font partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull, détiennent le record de recul pour 2019 avec 150 mètres de retrait au cours de cette seule année. Le glacier Breiðamerkurjökull, issu de la calotte glaciaire du Vatnajökull recule encore plus rapidement au moment de son vêlage dans le Jökulsárlón. Le recul du front de vêlage a atteint entre 150 et 400 mètres en 2019.

Lagon glaciaire du Jökulsárlón :
Le lagon glaciaire du Jökulsárlón montre à quel point le vêlage dans l’océan ou dans un lac peut être important pour le bilan massique des glaciers. Le Jökulsárlón a commencé à se former au milieu des années 1930. Les lagons situés devant le front des glaciers Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón et Breiðárlón, ainsi que quelques lagons plus petits, présentent actuellement une superficie totale de plus de 30 km2. En moyenne, la surface de ces lagons glaciaires a augmenté de 0,5 à 1 km2 par an au cours des dernières années. Le glacier Breiðamerkurjökull recule et s’amincit en raison d’un bilan massique de surface négatif dû au réchauffement climatique, mais également en raison du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón. Le vêlage représente actuellement environ un tiers de la perte de masse du Breiðamerkurjökull.

Rebond isostatique :
La fonte rapide des glaciers entraîne un soulèvement de la croûte terrestre en bordure de la glace en raison de la faible viscosité du manteau sous l’Islande. A Höfn, dans le Hornafjörður au sud-est de l’Islande, le sol se soulève actuellement d’environ 10 à 15 mm par an et la vitesse de soulèvement a considérablement varié au cours des deux dernières décennies en raison des fluctuations de perte de masse du glacier. La vitesse de soulèvement la plus importante a été observée sur la bordure ouest du Vatnajökull où elle atteint environ 40 mm par an.

Le Hoffellsjökull :
Le glacier Hoffellsjökull a reculé et s’est considérablement aminci depuis la fin du 19ème siècle, période où le glacier a atteint son extension maximale. La zone située à l’avant du Hoffellsjökull permet d’observer les effets géomorphologiques du retrait des glaciers. Le recul du glacier a conduit à la formation, devant sa partie frontale, d’un lac qui s’est agrandi rapidement depuis le début du 21ème siècle. La superficie du Hoffellsjökull a diminué d’environ. 40 km2 depuis la fin du 19ème siècle et de plus de 0,5 km2 par an au cours des dernières années.

Bilan massique des glaciers :
Le bilan massique des plus grands glaciers islandais est négatif depuis 1995, à l’exception de l’année 2015 où il est devenu positif pour la première fois en 20 ans. Le bilan massique en 2016 a de nouveau été négatif, avec une ampleur semblable à celle des années précédentes. Le bilan massique du Langjökull et de l’Hofsjökull a de nouveau été nouveau négatif en 2017, alors que le Vatnajökull a été pratiquement en équilibre. Ces trois calottes glaciaires ont été presque à l’équilibre en 2018. L’été 2019 a été chaud et le bilan massique des trois glaciers a été négatif. Ils ont perdu environ. 250 km3 de glace depuis 1995, ce qui correspond à environ 7% de leur volume total.

Bilan massique des glaciers islandais négatif en 2019 :
Les glaciers islandais ont reculé rapidement après le milieu des années 1990 en raison du réchauffement climatique. La perte de masse a été équivalente à environ 1 m d’eau par an en moyenne sur la période 1997-2010. Après 2010, certains étés ont été frais et humides, ce qui s’est reflété dans la perte de masse des glaciers. Pendant la période 2011-2018, elle se situait entre le tiers et la moitié de la moyenne des décennies précédentes. L’été 2019 a été chaud et ensoleillé. Par conséquent, l’ablation glaciaire a considérablement augmenté et la perte de masse a été équivalente à environ 1,5 m d’eau par an, ce qui est l’une des valeurs les plus élevées jamais enregistrées.

L’intégralité de la newsletter Melting Glaciers se trouve (en islandais et en anglais) à cette adresse:
https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

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The “Iceland Review” website has released that latest issue of the newsletter Melting Glaciers which describes the situation of glaciers in Iceland. The newsletter is a collaborative effort between the Icelandic Met Office, the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland, the Iceland Glaciological Society, the Southeast Iceland Nature Centre, and Vatnajökull National Park. It is published with support from the Icelandic Ministry for the Environment and Natural Resources.

In the introduction of the newsletter, one can read that “glaciers in Iceland have retreated rapidly for a quarter of a century, and glacier downwasting is one of the most obvious consequences of a warming climate in the country.”

Here are some excerpts from the newsletter :

Glacier changes.:

Since 2000, the area of Iceland’s glaciers has decreased by about. 800 km2 and by almost 2200 km2 since the end of the 19th century when the glaciers reached their maximum extent since the country’s settlement in the 9th century. The glacier area has on average shrunk by about. 40 km2 annually in recent years. Glaciers typically retreated by tens of metres in Hagafellsjökull in Langjökull ice cap and Síðujökull and Tungnárjökull in Vatnajökull ice cap hold the 2019 record, retreating by 150 m in this single year. The Breiða-merkurjökull outlet glacier of the Vatnajökull ice cap retreats even faster, where it calves into Jökulsárlón lagoon. The retreat of the calving front measured 150–400 m in 2019.

The Jökulsárlón glacier lagoon :

The Jökulsárlón glacier lagoon demonstrates how important calving into the ocean or terminal lakes can be for the mass balance of glaciers. Jökulsárlón lagoon started to form in the mid-1930s because of the retreat of the glacier. The lagoons by the terminus of Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón and Breiðárlón, as well as some smaller lagoons, now have a combined area of over 30 km2. On average, the lagoons have grown by 0.5–1 km2 annually in recent years. The Breiðamerkurjökull glacier retreats and thins due to negative surface mass balance in a warming climate but also due to calving into Jökulsárlón lagoon. Calving currently causes about 1/3 of the mass loss of Breiðamerkurjökull.

Crustal movements :

Rapid melting of glaciers leads to crustal uplift near the ice margins because of the low viscosity of the mantle under Iceland. The land at Höfn in Hornafjörður in SE-Iceland currently rises by about 10–15 mm per year and the rate of uplift has varied substantially over the last two decades due to variations in the rate of mass loss of the glacier. The rate of uplift is even larger near the western margin of Vatnajökull where it has been measured at about 40 mm per year.

The Hoffellsjökull outlet glacier :

The Hoffellsjökull outlet glacier has retreated and thinned greatly since the end of the 19th century, when the glacier reached its maximum extent in recent times. The foreland of Hoffellsjökull provides unique opportunities to observe the geomorphological effects of glacier retreat. The retreat of the glacier has led to the formation of a terminus lake that has grown rapidly since the turn of the 21st century. The area of Hoffellsjökull has descreased by about 40 km2 since the end of the19th century and by more than 0.5 km2 annually in recent years.

Glacier mass balance :

The mass balance of the largest Icelandic glaciers has been negative since 1995, with the exception of the year 2015 when it became positive for the first time in 20 years. The mass balance in 2016 was again negative by a magnitude similar to that in previous years. The mass balance of Langjökull and Hofsjökull was again negative in 2017, whereas Vatnajökull was almost in balance. All three ice caps were near balance in 2018. The summer of 2019 was quite warm and the mass balance of all three ice caps was negative. The glaciers have lost about. 250 km3 of ice since 1995, which corresponds to about 7% of their total volume.

Mass balance of the Icelandic glaciers negative in 2019 :

Glaciers in Iceland retreated rapidly after the mid-1990s as a consequence of warming climate. The mass loss was about 1m water per year on average in the period 1997–2010. After 2010, some summers have been cool and wet and this is reflected in the glacier mass loss, which in the period 2011–2018 was on average only one-third to one-half of the average of the preceding one or two decades. The summer of 2019 was warm and sunny. Consequently, the glacier ablation increased substantially and the mass loss was measured as about 1.5 m water per year which is among the highest values on record.

The entire newsletter Melting Glaciers can be found (in Icelandic and in English) at this address :

https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

Source : Wikipedia

Variations du  Breiðamerkurjökull au niveau du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón

(Source : Glacier Melting)

Vêlage du Vatnajökull (Photo : C. Grandpey)

Catastrophes glaciaires // Glacial disasters

Le réchauffement climatique augmente le risque d’effondrements catastrophiques de glaciers. L’eau de fonte générée par des étés plus chauds constitue une réelle menace. Un exemple de ce phénomène est survenu en 2013 avec l’effondrement soudain d’un pan de 500 mètres de long sur le glacier de Flat Creek en Alaska. Les blocs de glace sont tombés en cascade dans une vallée heureusement déserte dans le Parc National de Wrangell-St Elias. Les sercices du Parc font remarquer qu’un événement semblable s’est produit au même endroit deux ans plus tard.
Personne n’a été blessé au cours de ces effondrements glaciaires en Alaska, mais des événements semblables ont été observés dans des régions moins isolées au cours des deux dernières décennies, avec des morts à la clé. Quelque 140 personnes ont été tuées et un village entier a été englouti en 2002 lorsque des masses de glace se sont détachées du glacier Kolka  dans la région d’Ossétie du Nord (Russie). En juillet 2016, un amas de glace et de roches s’est détaché du glacier Aru et a parcouru une vallée étroite du Tibet, tuant neuf bergers et des centaines de moutons et de yaks.
Une étude publiée par les chercheurs du l’Université de Colorado à Boulder dans la revue Geology a révélé que les deux effondrements glaciaires en Alaska se sont produits au plus fort de la saison de fonte estivale. Cela laisse penser que ces événements hautement destructeurs pourraient se produire plus fréquemment avec le réchauffement climatique.
Un projet de recherche a été lancé pour étudier ce qui s’est passé à Flat Creek. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé différents outils comme l’imagerie satellite, les mesures sur le terrain, les modèles numériques de variations de niveau et la modélisation des eaux de fonte. Les images satellitaires haute résolution collectées il y a dix ans montrent qu’un gonflement anormal de 70 mètres de hauteur était présent sur la langue du glacier avant le premier effondrement de 2013. La partie inférieure de la langue glaciaire était très mince et collée par le gel sur le soubassement du glacier. Cette langue gelée a probablement bloqué la glace en provenance de la partie supérieure du glacier, ce qui a provoqué le gonflement. Cela a également ralenti l’évacuation de l’eau de fonte qui s’est accumulée sous le glacier. L’augmentation de pression de cette eau accumulée sous le glacier a provoqué la rupture soudaine de la langue, avec deux très importantes masses de matériaux qui ont recouvert chacune environ trois kilomètres carrés de forêts vieilles de 400 ans.
La ressemblance entre les effondrements glaciaires en Alaska et au Tibet montre qu’ils sint dus une cause commune. D’autres effondrements ont été observés ailleurs dans le monde. Cela montre bien que de telles phénomènes pourraient se produire de plus en plus fréquemment à cause du réchauffement climatique.
Source: The Independent.

En France, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), le glacier de Tête Rousse fait partie de ces glaciers dont le comportement peut être catastrophique. En 2010, on a découvert une énorme poche d’eau sous la glace, à 3200 mètres d’altitude. Les autorités ont alors décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes.

Depuis 2010, le glacier de Tête Rousse est placé sous haute surveillance. Avec le réchauffement climatique, on sait que la fonte de la glace s’est accélérée. On a récemment décelé la présence de deux nouvelles poches d’eau, à une profondeur plus grande que prévu. L’une aurait un volume de 20 à 25 000 mètres cubes, l’autre de près de 15 000, soit un volume total d’environ 40 000 mètres cubes.. C’est moins que les 65 000 mètres cubes de 2010, mais c’est suffisant pour que la menace soit prise très au sérieux. Le maire de St Gervais estime aujourd’hui que 2300 personnes pourraient mourir en cas de nouvelle déferlante provoquée par la vidange brutale de la poche d’eau glaciaire. En 2010, grâce aux opérations de pompage,, le volume d’eau présent dans la cavité avait été ramené à 10.000 m3. Aujourd’hui, de nouvelles mesures sont en train d’être prises pour éviter que l’eau continue de s’accumuler.

Si la fonte et le recul des glaciers vous intéressent, je vous conseille fortement de regarder l’émission très pédagogique de C’est pas sorcier réalisée en 2006 et consacrée à ce sujet. Jamy Gourmaud et Frédéric Courant y expliquent parfaitement cette libération de poches d’eau sous-glaciaires.

https://www.youtube.com/watch?v=7Oymnk-hPk0

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With global warming, there is an increasing the risk of catastrophic glacier detachments. Meltwater generated by warmer summers is posing a new threat. An example of this pnenomenon is the 500-metre-long slab of the Flat Creek glacier (Alaska) broke off suddenly in August 2013 and cascaded down a mountain valley in the remote Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. A similar event was documented at the same location two years later by the National Park Service.

No one was hurt in either of the ice surges in Alaska, but similar glacier detachments in less remote areas in the last two decades have been deadly. Some 140 people were killed when masses of ice broke loose from the Kolka glacier and buried an entire village in Russia’s North Ossetia region in 2002. In July 2016, a wall of ice and rocks from the Aru glacier gushed down a narrow valley in Tibet, killing nine herders and hundreds of sheep and yaks.

A study published by the Colorado Boulder researchers in the journal Geology found both Alaskan detachments occurred at the height of the summer melt seasons and suggests these highly destructive events could occur more frequently with global warming.

A research project was launched to investigate what had happened at Flat Creek. Scientists used a variety of tools, including satellite imagery, field measurements, digital elevation models, and meltwater modelling, to piece together what happened. Ten-year-old, high-resolution satellite images showed that an unusual, 70-metre-high ice bulge existed on the glacier’s tongue prior to the first detachment in 2013. The lowermost part of the glacier tongue was very thin, stagnant, and firmly frozen to the glacier bed. This frozen tongue probably blocked ice flowing down from higher on the glacier, forcing it to bulge; it also slowed meltwater drainage, allowing the water to pool under the glacier. The resulting increase in water pressure under the glacier eventually caused the tongue to suddenly detach, resulting in two mass flows so large that they each buried about three square kilometres of 400-year-old forest.

The similarity of the glacier detachments in Alaska and Tibet suggest they shared a common cause. Other detachments elsewhere in the world have also been discovered, suggesting that large-scale glacier detachments may be exacerbated by global warming.

Source: The Independent.

In France, above Saint-Gervais (Haute-Savoie), the Tête Rousse glacier is one of this type of glacier. In 2010, a huge pocket of water was discovered under the ice, at an altitude of 3,200 meters. The authorities then decided to set up a spectacular pumping operation to avoid a disaster. Everyone had in mind the drama of July 12, 1892 when the rupture of a glacial pocket had led to a gigantic wave of 300,000 cubic meters which had buried the thermal baths of Saint-Gervais and claimed at least 175 victims.
Since 2010, the Tête Rousse glacier has been under close surveillance. With global warming, we know that the melting of the ice has accelerated. Two new pockets of water have recently been detected at a depth greater than expected. One would have a volume of 20 to 25,000 cubic meters, the other nearly 15,000, for a total volume of around 40,000 cubic meters. This is less than the 65,000 cubic meters of 2010, but it is enough for the threat to be taken very seriously. The mayor of St Gervais estimates today that 2300 people could die in the event of a new wave caused by the brutal emptying of the ice pack. In 2010, thanks to pumping operations, the volume of water present in the cavity was reduced to 10,000 m3. Today, new measures must be taken to prevent water from continuing to accumulate.

Schéma  expliquant le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892 à Saint Gervais (Source : Joseph Vallot).

Vues du front du glacier d’Argentière en 2018, à comparer avec les imagess proposées par C’est pas sorcier en 2006. (Photos : C. Grandpey)

Virus : ce n’est qu’un début ! // Viruses : it’s just the beginning !

La pandémie actuelle de coronavirus désorganise totalement l’économie mondiale, avec un impact catastrophique pour de nombreux secteurs. Les conséquences humaines sont elles aussi dramatiques avec des dizaines de milliers de morts, une hausse du chômage et des relations humaines détériorées. Beaucoup prétendent que « rien ne sera plus comme avant.» Très logiquement, la seule solution pour sortir définitivement de cette crise sanitaire serait la découverte d’un vaccin. Je crains toutefois que les prochaines décennies se caractérisent par une course aux vaccins. On ne  sait pas trop d’où est sorti le COVID-19 (pangolin, laboratoire, autre ?) mais on sait que d’autres virus sont dissimulés à la surface de la Terre et qu’ils n’attendent que le moment favorable pour se manifester.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte des glaciers et du permafrost sous les coups de boutoir du réchauffement climatique nous réserve probablement de sales surprises. Au mois de janvier 2020, j’écrivais que des chercheurs américains et chinois ont mis à jour en 2015 dans les glaciers de l’Himalaya plusieurs virus jusqu’alors inconnus. L’analyse des carottes de glace ainsi collectées a révélé pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science. Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Suite à leur découverte, les chercheurs américains et chinois ont insisté sur le fait que, dans le pire des cas, « le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement. »

Cette découverte dans l’Himalaya s’ajoute aux risques liés à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. En 2017, des chercheurs ont découvert en Sibérie un virus vieux de 30 000 ans. Ils sont parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30 000 ans.

Cette survie des virus a été confirmée en 1997 par l’exhumation au Svalbard (Norvège) de cadavres de mineurs victimes de la Grippe Espagnole en 1918. Dans une note publiée le 16 avril 2020, j’expliquais que le virus était toujours actif car il avait été bien conservé par le froid.

Ces différents exemples montrent parfaitement le lien qui existe entre le réchauffement climatique et le développement des virus. Même si les émissions de gaz à effet de serre se sont réduites au cours du confinement, leur concentration dans l’atmosphère n’a pas varié.

Il est fort à parier que l’on va assister à une reprise accélérée de l’économie mondiale dans les prochaines semaines et les prochains mois. Cela aura inévitablement pour effet d’accélérer le réchauffement climatique…et le risque d’apparition de nouveaux virus. Il en sera malheureusement ainsi tant que les intérêts économiques et financiers domineront notre planète. La Nature nous rappellera régulièrement à l’ordre jusqu’au jour où elle vaincra définitivement car l’Homme aura signé son auto-destruction.

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S’agissant du Svalbard, j’aimerais rappeler (voir ma note du 5 mars 2018) qu’il héberge une Réserve mondiale de semences – Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, cette réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies.

Ce site a été choisi parce que le climat et la géologie du Spitzberg représentent un environnement idéal pour un tel projet de conservation. Creusée près de la petite ville de Longyearbyen dans l’archipel arctique du Svalbard, à environ 1 120 km du Pôle Nord, cette chambre forte est gérée depuis 2008 par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale Global Crop Diversity Trust et la banque génétique nordique.

Le 27 mars 2017, un deuxième bunker a été construit sur l’île de Spitzberg afin de protéger des données telles que des textes, photos ou vidéos. Une campagne de rénovation a débuté pour consolider la Réserve mondiale de semences qui subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la Réserve a trop chaud. Conçue pour résister à une chute d’avion ou à un missile nucléaire, elle est en train de faire peau neuve après s’être retrouvée les pieds dans l’eau. En 2016, une poussée du mercure a fait fondre le pergélisol. Or ce sol, normalement gelé en permanence, est censé contribuer à maintenir à la température idéale de -18°C à l’intérieur de la chambre forte.

On espère que les travaux de consolidation en cours permettront de faire face au climat des décennies à venir. Le tunnel d’accès va être renforcé et un local sera érigé à proximité du site pour abriter le matériel technique et éloigner toute source de chaleur susceptible de contribuer à une nouvelle fonte du pergélisol.

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The current coronavirus pandemic is completely disrupting the global economy, with a disastrous impact for many sectors. The human consequences are also dramatic with tens of thousands of deaths, rising unemployment and deteriorated human relations. Many claim that “nothing will be the same as before.” Very logically, the only solution to definitively get out of this health crisis would be the discovery of a vaccine. However, I fear that the coming decades will be characterized by a race for vaccines. We do not really know where COVID-19 came from (pangolin, laboratory, other?) But we do know that other viruses are hidden on the surface of the Earth and that they are only waiting for the right moment to appear.
As I have explained on several occasions, the melting glaciers and permafrost under the blows of global warming probably holds some nasty surprises for us. In January 2020, I wrote that American and Chinese researchers discovered in 2015 in the Himalayan glaciers several previously unknown viruses. Analysis of the ice cores thus collected revealed no less than 33 viruses, 28 of which were previously unknown to science. These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 metres deep. Following their discovery, American and Chinese researchers insisted that, in the worst-case scenario, « global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment. »
This discovery in the Himalayas adds to the risks associated with the melting of permafrost in high latitudes. In 2017, researchers discovered a 30,000-year-old virus in Siberia. They managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.
This survival of the viruses was confirmed in 1997 by the exhumation in Svalbard (Norway) of corpses of minors victims of the Spanish Flu in 1918. In a note published on April 16th, 2020, I explained that the virus was still active because it had been well preserved by the cold.
These different examples perfectly show the link between global warming and the development of viruses. Even though greenhouse gas emissions were reduced during the lockdown, their concentration in the atmosphere did not change.
It’s a safe bet that there will be an accelerated recovery in the world economy in the coming weeks and months. This will inevitably accelerate global warming … and the risk of the appearance of new viruses. Unfortunately, this will be the case as long as economic and financial interests dominate our planet. Nature will regularly remind us to order until the day when it will definitively overcome because Man will have signed his self-destruction.

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Regarding Svalbard, I would like to remind you (see my note of March 5th, 2018) that it hosts a World Seed Reserve – the Svalbard Global Seed Vault. It is an underground vault intended to preserve in a secure place seeds of all the food crops of the planet and thus to preserve genetic diversity. Home to almost a million varieties, this reserve offers a safety net in the face of natural disasters, wars, climate change and even diseases.
This site was chosen because the climate and geology of Spitsbergen represent an ideal environment for such a conservation project. Digged near the small town of Longyearbyen in the Arctic archipelago of Svalbard, about 1,120 km from the North Pole, this vault has been managed since 2008 by a tripartite agreement between the Norwegian government, the international organization Global Crop Diversity Trust and the bank Nordic Genetic Resource Center.
On March 27th, 2017, a second bunker was built on the island of Spitsbergen to protect data such as text, photos or videos. A renovation campaign has started to consolidate the Svalbard Global Seed Vault which is suffering from the impact of global warming. Today, the Reserve is too hot. Designed to withstand a plane crash or a nuclear missile, it is undergoing a facelift after finding itself in the water. In 2016, a rise of temperatures melted the permafrost. This soil, normally permanently frozen, is supposed to help maintain the ideal temperature of -18 ° C inside the Vault.
It is hoped that the ongoing consolidation work will help cope with the climate for decades to come. The access tunnel will be reinforced and a room will be erected near the site to house the technical equipment and remove any heat source likely to contribute to a new melting of the permafrost.

Entrée de la Réserve mondiale de semences (Crédit photo: Wikipedia)