Étude des sources chaudes de Yellowstone avec la tomographie de résistivité électrique (TRE) // Study of Yellowstone hot springs using electrical resistivity tomography (ERT)

Aujourd’hui, de nouvelles technologies sont utilisées pour étudier les systèmes hydrothermaux de Yellowstone. Il y a une vingtaine d’années, j’ai participé à une campagne de mesures de la température des sources chaudes dans le Parc, sous l’égide de l’Observatoire volcanologique (YVO). J’utilisais un thermomètre qui m’a permis de relever les températures d’une vingtaine de sources. Aujourd’hui, la situation est différente. Des capteurs radio ont été installés à divers endroits du Yellowstone Geyser Basin ; ils enregistrent automatiquement les températures des chenaux d’écoulement des geysers, des bassins hydrothermaux, des sols et même de l’air. Les données sont ensuite transmises quotidiennement par radio et Internet aux bureaux de l’USGS à Menlo Park, en Californie, où elles sont archivées et mises à la disposition du public sur le site web de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone.

Morning Glory Pool, l’une des innombrables sources chaudes de Tellowstone (Photo: C. Grandpey)

Le dernier numéro des Yellowstone Caldera Chronicles , une chronique hebdomadaire rédigée par des scientifiques de l’Observatoire, est consacré à l’étude de l’eau et des roches dans le sous-sol de Yellowstone. Par le passé, les géologues effectuaient des forages pour étudier les conditions géologiques et hydrothermales du sous-sol, notamment en 1967-1968. Cependant, forer dans un système hydrothermal actif est une opération complexe et dangereuse, avec le risque d’une libération brutale de vapeur et d’eau chaude pendant les opérations de forage. La plupart des anciens forages ont été scellés, mais les diagraphies et carottes de roche extraites ont fourni de précieuses informations.
Ces dernières années, la géophysique est devenue une technique essentielle pour imager le sous-sol et étudier le système hydrothermal de Yellowstone sans avoir recours au forage. Des méthodes telles que la sismique, la magnétotellurique, l’électromagnétisme et la gravimétrie permettent aux scientifiques de déterminer les propriétés fondamentales des fluides et des roches. Les méthodes d’imagerie géophysique sont idéales pour le Parc national de Yellowstone car elles sont non invasives : il n’est pas nécessaire de perturber le sol pour étudier le système hydrothermal souterrain.

L’Université du Wyoming utilise depuis une dizaine d’années des méthodes géophysiques terrestres pour imager les réseaux hydrothermaux situés sous les sources chaudes et les geysers de Yellowstone. En 2018, un groupe d’étudiants a parcouru plus de 3 kilomètres avec un encombrant matériel géophysique afin de recueillir différents types d’images du sous-sol sous Sentinel Meadows, un bassin hydrothermal actif du Lower Geyser Basin.

Un ensemble de données a pu cibler le réseau hydrothermal sous la source Rosette (Rosette Spring, également appelée Bison Pool) grâce à la tomographie de résistivité électrique (TRE). L’eau hydrothermale étant conductrice, cette méthode est particulièrement efficace pour en réaliser l’imagerie en sous-sol. Les étudiants et leurs enseignants ont déployé cinq lignes parallèles de capteurs électriques autour de Rosette Spring afin de mesurer la résistivité du sous-sol. Cela a permis d’obtenir une image des eaux hydrothermales souterraines sans forer ni endommager la surface.

Source : YVO

Les résultats de la tomographie de résistivité électrique indiquent la présence d’eau hydrothermale près de la Rosette Spring à une profondeur de 5 à 10 mètres. Cependant, aucun conduit ne semble relier cette eau à la surface. Cela signifie que l’eau hydrothermale alimentant la source circule probablement à travers un réseau dense de petits canaux dans les dépôts glaciaires qui constituent la géologie de surface de la région. Ces canaux sont si étroits qu’ils sont difficiles à observer avec l’équipement utilisé par l’équipe de terrain. De plus, la ligne de TRE la plus proche de la source Rosette présente un signal plus résistif, caractéristique de dépôts de geysérite formés par le refroidissement et la précipitation de la silice par l’eau chaude de la source. Ceci démontre que les dépôts de silice observés en surface s’étendent en sous-sol jusqu’à une profondeur d’environ 7 mètres. L’image TRE ne révélant aucun conduit ou structure tubulaire reliant les eaux profondes à la surface, l’origine de l’eau de Rosette Spring demeure un mystère.

Les recherches se poursuivent afin de comprendre comment les eaux hydrothermales circulent depuis les réservoirs profonds jusqu’à l’émergence des sources chaudes de Yellowstone. Les géologues de l’Observatoire volcanologique de Yellowstone nous expliquent que de nouvelles données géophysiques haute résolution apporteront sans aucun doute de nouveaux éclairages concernant le système d’alimentation en eau chaude de Yellowstone.

L’intégralité de l’étude se trouve à cette adresse :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Observatoire volcanologique de Yellowstone.

Parmi les résultats de tomographie de résistivité électrique du sous-sol de Rosette Spring figure une coupe transversale de la ligne R3 comparée aux images de Google Earth. Les anomalies de résistivité élevée (du jaune au rouge) près de la surface correspondent à des dépôts de geysérite en surface. À côté de cela, la zone plus profonde à faible résistivité (bleu foncé) est interprétée comme étant constituée d’eau hydrothermale alimentant la source. (Source : Wyoming State Geological Survey)

Among the surface imagery and subsurface electrical resistivity tomography results from Rosette Spring, there is a cross sectional view of line R3 compared to Google Earth imagery. High-resistivity anomalies (yellow to red) in the near-surface correlate with white sinter deposits on the ground surface. In contrast, the deeper, low-resistivity zone (dark blue) is interpreted as hydrothermal water that feeds Rosette Spring. (Source : Wyoming State Geological Survey)

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Today, new technologies are being used to study the hydrothermal systems at Yellowsrone. Two decades ago, I participated in a campaign to measure the temperatures of the hot springs under the auspices of the Volcanological Observatory (YVO). I used a hand-held thermometer and collected the readings for about two dozen springs. Today, things are different. Radio-equipped sensors have been installed at different spots within the geyser basin, recording temperatures within runoff channels from geysers, hot pools, soils, and even air. The data are saved by the sensors and are then transmitted daily via small radios and the Internet back to the USGS offices in Menlo Park, California, where they are archived and distributed to the public on the Yellowstone Volcano Observatory website.

The latest issue of the Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly column written by scientists of the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) is dedicated to the study of water and rocks that are underground in Yellowstone.

In the past, geoscientists drilled boreholes to investigate subsurface geologic and hydrothermal conditions, most recently in 1967–68. However, drilling into an active hydrothermal system is complicated and risky. Many of the holes can erupt with steam and hot water during drilling operations. Most of the old boreholes were sealed, and the drilling logs and rock cores that were extracted provided valuable information.

More recently, geophysics has emerged as a key technique to image the subsurface and study the Yellowstone hydrothermal system without drilling into it. Methods such as seismic, magnetotelluric, electromagnetic, and gravity allow for scientists to determine fundamental material properties of fluid or rock. Geophysical imaging methods are ideal for Yellowstone National Park because they are noninvasive, meaning you do not have to significantly disturb the ground to learn about the subsurface hydrothermal system.

The University of Wyoming has been using ground-based geophysical methods for a decade to image the “plumbing systems” below hot springs and geysers in Yellowstone.

In 2018, a group of students hiked more than 3 kilometers with a very heavy collection of geophysical equipment to collect multiple types of subsurface images beneath Sentinel Meadows, a hydrothermally active drainage in Lower Geyser Basin. One data set targeted the plumbing system beneath Rosette Spring (aka Bison Pool) using electrical resistivity tomography (ERT). Hydrothermal water is electrically conductive, which makes this method very effective at imaging hydrothermal water in the subsurface. The students and instructors laid out five parallel lines of electrical sensors across Rosette Spring to measure the resistivity of the subsurface, which yielded an image of the hydrothermal waters below the ground without requiring any drilling or other damage.

The results from the ERT survey show that there is hydrothermal water near Rosette Spring about 5–10 meters down, but that there is no distinct pipe or conduit leading to the pool at the surface. This leads to the important conclusion that the hydrothermal water feeding the pool likely travels through a dense network of small pathways in the glacial deposits that make up the surface geology in the area. Such pathways are so small that they are hard to see with the equipment that the field team used. Additionally, the ERT line nearest to Rosette Spring shows a more resistive signal indicative of white sinter deposits that are created by the hot spring waters cooling and precipitating silica. This demonstrates that the white sinter deposits seen at the surface extend into the subsurface to a depth of about 7 meters. Because the ERT image does not show a resolvable conduit or pipe-like structure from deeper water to the surface, it remains a mystery as to how Rosette Spring gets its water, and research continues into how hydrothermal waters travel from deep reservoirs and emerge as hot springs in Yellowstone. YVO geologists say that new high-resolution geophysical data will undoubtedly continue to provide insights into Yellowstone’s hot water plumbing systems.

Just click on this link to find the study :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Yellowstone Volcano Observatoty.

Le Popocatepetl (Mexique) en 3D // 3D images of Popocatepetl (Mexico)

Le Popocatépetl est l’un des volcans les plus actifs et des plus dangereux d’Amérique car il est situé à proximité de zones densément peuplées. En particulier, le volcan se trouve à seulement 70 kilomètres au sud-est de Mexico, avec plus de 20 millions de personnes sous la menace des nuages de cendres et de débris volcaniques. Haut de 5 426 mètres, c’est le deuxième plus haut sommet du Mexique.

Crédit photo: CENAPRED

El Popo est en activité quasi continue depuis 1994. Son niveau d’alerte est actuellement à la couleur Jaune Phase 2. On observe des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet, avec parfois des retombées de cendres sur les zones sous le vent. L’accès au sommet est strictement interdit en raison du danger permanent et de son imprévisibilité.

Vue du cratère du Popocatepetl

Pour essayer de mieux anticiper l’activité du volcan, un groupe de chercheurs a cartographié avec précision l’intérieur de l’édifice volcanique. Pendant cinq ans, des spécialistes de l’Université nationale autonome de Mexico ont gravi les pentes du volcan, transportant des kilos de matériel. L’objectif était d’installer de nouveaux sismomètres sur les pentes du Popo pour collecter une importante quantité de données sismiques.

J’ai déjà consacré une note à cette étude le 31 décembre 2025, mais je trouve qu’elle mérite qu’on s’y attarde.

L’intelligence artificielle (IA) pour mieux comprendre le Popocatepetl (Mexique) // Artificial intelligence (AI) to better understand Popocatepetl (Mexico)

 

On enregistre régulièrement des épisodes de trémor sur le volcan, liés aux mouvements du magma et de la circulation des gaz et de l’eau en profondeur. Ce sont autant de petits signaux sismiques captés par les instruments de mesure et qui renferment de précieux indices sur la structure interne du volcan.

 Sismogramme et spectrogramme d’un épisode de trémor harmonique sur le Popo en décembre 2000 (Source : AGU Publications)

Les chercheurs ont fait intervenir l’intelligence artificielle (IA) dans le traitement de ces signaux. Comme l’a précisé une scientifique de la mission, « on a appris à la machine quels étaient les différents types de trémor sismique que l’on peut avoir sur El Popo. » L’algorithme a ensuite pu de lui-même cataloguer les données obtenues et les « traduire » en matière de matériaux, d’état, de température et de profondeur.

Ces résultats ont alors permis aux chercheurs de construire une image 3D de l’intérieur du volcan, jusqu’à 18 kilomètres sous le cratère, rendant visibles les différents conduits volcaniques et la distribution des réservoirs magmatiques. Ils devraient être publiés sous peu et être utiles aux autorités pour la prévention du risque volcanique.

Source : Phys.org

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à obtenir des images de l’intérieur d’un volcan. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la muographie – qui s’appuie sue les particules cosmiques – a permis d’obtenir des images de volcans comme la Soufrière de la Guadeloupe, du sommet du Stromboli et de volcans japonais. Reste à comprendre comment le magma se comporte dans le système d’alimentation. Cela suppose une étude approfondie des gaz qui sont le moteur des éruptions.

Intérieur de la Soufrière de la Guadeloupre (Source : CNRS / Projet Diaphane)

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Popocatépetl is one of the most active and dangerous volcanoes in the Americas because it is located near densely populated areas. In particular, the volcano is only 70 kilometers southeast of Mexico City, with more than 20 million people under threat from clouds of ash and volcanic debris. At 5,426 meters, it is the second highest peak in Mexico.

El Popo has been almost continuously active since 1994. Its alert level is currently Yellow Phase 2. Plumes of gas and ash are observed rising several hundred meters above the summit, with ashfall sometimes occurring in downwind areas. Access to the summit is strictly prohibited due to the constant danger and its unpredictability.

To try to better anticipate the volcano’s activity, a group of researchers has precisely mapped the interior of the volcanic edifice. For five years, specialists from the National Autonomous University of Mexico climbed the slopes of the volcano, carrying kilograms of equipment. The goal was to install new seismometers on the slopes of El Popo to collect a significant amount of seismic data. Tremor episodes are regularly recorded on the volcano, linked to the movement of magma and the circulation of gases and water deep underground. These are small seismic signals captured by the measuring instruments, containing valuable clues about the volcano’s internal structure.

The researchers used artificial intelligence (AI) to process these signals. As one of the mission’s scientists explained, « We taught the machine the different types of seismic tremors that can occur on El Popo. » The algorithm was then able to automatically catalog the data obtained and « translate » it into terms of materials, state, temperature, and depth. These results allowed researchers to construct a 3D image of the volcano’s interior, extending up to 18 kilometers below the crater, revealing the various volcanic conduits and the distribution of magma reservoirs. These results should be published shortly and will be useful to authorities for volcano risk prevention.

Source: Phys.org.

This is not the first time scientists have succeeded in obtaining images of the interior of a volcano. As I mentioned in previous posts, muography—which relies on cosmic particles—has made it possible to obtain images of volcanoes such as La Soufrière in Guadeloupe, the summit of Stromboli, and Japanese volcanoes. It remains to be understood how magma behaves within the supply system. This requires a thorough study of the gases that drive the eruptions.

Les Hawaïens et la hausse de niveau de l’océan // Hawaiians and ocean level rise

Dans la mesure où ils vivent dans un archipel entouré par l’océan Pacifique, les Hawaïens sont de plus en plus préoccupés par la montée des eaux. Ils se sentent impuissants lors des tempêtes, lorsqu’ils voient les vagues s’écraser sur leurs côtes et envahir leur territoire. La hausse de niveau de l’océan à Hawaï est estimée à 10 pouces (environ 25 centimètres) depuis 1950.
Une nouvelle étude menée par l’Organisation de recherche économique de l’Université d’Hawaï (University of Hawaiʻi Economic Research Organization) révèle que les Hawaïens sont inquiets de la montée des eaux et de ses impacts actuels et futurs sur le 50ème État américain. Il s’agit de la première étude représentative mesurant les opinions, la perception des risques et les préférences politiques du public concernant la montée des eaux dans les quatre comtés de l’archipel.

Le rapport, intitulé « Opinions du public sur la montée des eaux à Hawaï », compile les réponses de 1 314 adultes interrogés durant l’été 2025 et offre l’aperçu le plus complet à ce jour de la façon dont les habitants perçoivent la montée des eaux et les choix politiques qu’elle soulève.
Les résultats de l’enquête montrent que la grande majorité des Hawaïens sont conscients de la réalité de la montée des eaux. Un large consensus se dégage quant à la nécessité d’agir. La question la plus complexe n’est pas de savoir s’il faut agir, mais comment structurer l’adaptation de manière crédible, équitable et durable. Voici les principaux résultats de l’étude :

– 89 % des habitants estiment que la montée du niveau de la mer est une réalité, notamment une large majorité de démocrates (97 %), d’indépendants (90 %) et de républicains (80 %).

– Près de la moitié affirment que la montée du niveau de la mer affecte déjà la population d’Hawaï, et plus de 80 % s’attendent à des impacts dans les 25 prochaines années.

– 83 % pensent que la montée du niveau de la mer aura des conséquences catastrophiques pour l’État d’ici 50 ans.

– Environ 90 % sont favorables à la limitation de l’aménagement dans les zones inondables, et plus de 80 % privilégient le développement à l’intérieur des terres plutôt que la poursuite de expansion côtière.

– 81 % seraient prêts à quitter les zones à haut risque si une juste compensation leur était offerte.

– Seuls 45 % se disent prêts à payer des impôts ou des taxes plus élevés pour financer des projets de protection au niveau de leur zone d’habitation.

La population est clairement consciente des risques et soutient une nouvelle politique côtière, avec notamment des limitations de l’aménagement, et une aide publique au relogement. Dans le même temps, de nombreux habitants se disent mal informés sur la montée du niveau de la mer et doutent que les agences gouvernementales soient pleinement préparées.

L’enquête révèle également un fort soutien à l’aide gouvernementale aux propriétaires fonciers dans les zones vulnérables, notamment un accès élargi à l’assurance inondation, des incitations à surélever ou à protéger les bâtiments contre les inondations, et un financement public pour soutenir le relogement volontaire.

Les avis sont plus partagés concernant la protection du littoral : une courte majorité se prononce en faveur des digues privées, tandis qu’un soutien beaucoup plus important est apporté aux digues protégeant les infrastructures publiques telles que les routes et les réseaux d’eau et d’électricité.
Le rapport complet est disponible sur le site web de l’UHERO : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.

 

Les vagues de l’océan Pacifique viennent frapper le côtes hawaïennes (Photo : C. Grandpey)

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Because they are living in an archipelago surrounded by the Pacific Ocean, Hawaiians feel more and more concerned by ocean level rise. They feel powerless during the storms when the see the waves crash on the shores and invade their territory. The rise in ocean level in Hawaii is estimated at 10 inches (about 25 centimeters) since 1950.

A new study by the by the University of Hawaiʻi Economic Research Organization shows that Hawaii residents are concerned over sea level rise and its current and future impacts on the 50th State of the Union. It is the first representative study to measure public beliefs, risk perceptions and policy preferences related to sea level rise across all four counties.

The report – Public Views on Sea Level Rise in Hawaii – includes the responses from 1,314 adults surveyed in summer 2025, and provides the most comprehensive snapshot to date of how residents view sea level rise and the policy choices it raises.

The results of the survey show that Hawaii residents overwhelmingly accept that sea level rise is happening. There is broad agreement that action is needed. The harder question is not whether to act, but how to structure adaptation in a way that is credible, fair and sustainable over time.

Here are the study’s key findings :

– 89% of residents believe sea level rise is happening, including large majorities of Democrats (97%), Independents (90%) and Republicans (80%).

– Nearly half say sea level rise is already affecting people in Hawaiʻi, and more than 80% expect impacts within the next 25 years.

– 83% believe sea level rise will have catastrophic consequences for the state within 50 years.

– About 90% support restricting development in flood-prone areas, and more than 80% favor prioritizing inland development over continued coastal expansion.

– 81% would be willing to relocate from high-risk areas if offered fair compensation.

– Only 45% say they would be willing to pay higher taxes or fees to fund neighborhood-level protection projects.

People clearly recognize the risks and support major shifts in coastal policy, including limits on development and public assistance for relocation. At the same time, many residents report feeling poorly informed about sea level rise and doubt that government agencies are fully prepared.

The survey also finds strong support for government assistance to property owners in vulnerable areas, including expanded access to flood insurance, incentives to elevate or flood-proof buildings, and public funding to support voluntary relocation. Residents are more divided on shoreline armoring, with narrow majority support for private seawalls but much stronger backing for seawalls protecting public infrastructure such as roads and utilities.

The full report is available on the UHERO website : https://uhero.hawaii.edu/

Source : Big Island Now.

Un lien entre Cascadia et San Andreas ? // Link between Cascadia and San Andreas ?

Quand je présente mon diaporama « La Descente des Cascades » qui montre la chaîne volcanique du même nom, j’indique que sa présence est due à la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca qui plonge sous la plaque nord-américaine. Je signale par ailleurs que, comme dans toutes les zones de subduction, il existe – outre le risque volcanique – un risque sismique élevé dans les Etats d’Oregon et de Washington, même si la région ne se fait pas secouer très souvent.

Source: USGS

Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université d’État de l’Oregon et publiée en septembre 2025 dans la revue Geosphere, un puissant séisme sur la zone de subduction de Cascadia, dans le Nord-Ouest du Pacifique, pourrait déclencher un séisme d’une intensité semblable sur la faille de San Andreas, en Californie.

Zone de subduction de Cascadia et Faille de San Andreas, avec le cap Mendicino entre les deux (Source : USGS)

Ces conclusions reposent sur l’étude de sédiments prélevés au large du cap Mendocino, en Californie, et au large de l’Oregon. C’est au niveau de ce cap que se termine la faille de San Andreas et que commence la zone de subduction de Cascadia.

Il s’agit de deux systèmes de failles très différents, mais les relevés sédimentaires montrent que, par le passé, au moins trois séismes le long de la faille de San Andreas se sont produits quelques heures à quelques jours après d’importants séismes sur celle de Cascadia. Il se pourrait que sept autres se soient produits en quelques décennies, voire quelques années, voire moins.
Si les deux systèmes de failles sont réellement synchronisés, cela pourrait poser un réel problème pour les secours en cas de catastrophe, car les ressources ne seraient pas suffisantes pour répondre à deux séismes déclenchés simultanément ou à un court intervalle.
La zone de subduction de Cascadia peut provoquer des séismes extrêmement puissants. En 1700, la région a connu un séisme de magnitude estimée entre M8,7 et M9,2, qui a provoqué des tsunamis destructeurs jusqu’au Japon. De tels séismes sont causés par le mouvement de trois plaques océaniques (l’Explorer, la Juan de Fuca et la Gorda) qui glissent sous le continent nord-américain.
La faille de San Andreas, quant à elle, est une faille en décrochement où les masses rocheuses de part et d’autre de la faille se déplacent horizontalement. Le plus important séisme causé par cette faille fut celui de San Francisco (de magnitude M7,9) en 1906. Comme la faille traverse des zones densément peuplées, elle pourrait causer des dégâts considérables, comme lors du séisme de Loma Prieta en 1989, qui a fait 63 morts.

Séisme de Loma Prieta (Crédit photo : USGS)

Les deux systèmes de failles – Cascadia et San Andreas – se rejoignent au large de Mendocino, dans une zone dite de « triple jonction ».

Cap Mendicino

La découverte de cette zone s’est faite de manière fortuite. En 1999, des scientifiques effectuaient une campagne pour prélever des carottes de sédiments au fond de l’océan à Cascadia, à la recherche de signes de séismes anciens. Lors de cette mission, un problème technique a fait dévier le navire d’environ 100 kilomètres de sa position initiale. Les scientifiques, qui tentaient de dormir entre deux séances de travail, ne se sont rendu compte de l’erreur qu’à leur réveil. Ils ont tout de même décidé de prélever une carotte de sédiments à cet endroit. Lorsqu’ils ont analysé l’échantillon plus tard, ils ont découvert qu’il contenait un mystère.

Les turbidites [NDLR : Le terme turbidite désigne à la fois une unité géologique structurée composée de roches sédimentaires mises en place à la suite d’un écoulement de sédiments le long d’une pente sous-marine ou sous-lacustre, ainsi que les roches qui composent cette unité.] de l’échantillon ne présentaient pas une couche grossière au fond et une couche plus fine au-dessus, comme c’est généralement le cas. Cette carotte de la zone de San Andreas présentait des dépôts qui semblaient à l’envers, avec le sable à la surface. Les chercheurs n’ont pu donner aucune explication à cette inversion stratigraphique. Ils n’avaient pas non plus d’explication à un autre mystère étrange concernant ces échantillons offshore : les carottes prélevées au sud de la « triple jonction », dans la zone nord de San Andreas, semblaient illustrer des séismes correspondant à la chronologie des séismes enregistrés au nord de la triple jonction en Cascadia. Au cours des 1 300 dernières années, ils ont découvert 18 turbidites probablement d’origine sismique à Cascadia et 19 au large du nord de San Andreas. Dix d’entre elles semblent s’être déposées à 50 à 100 ans d’intervalle.
Plus surprenant encore, dans trois cas, le sable grossier de la couche supérieure était mélangé au sable plus fin de la couche inférieure. Cela laissait supposer que la couche supérieure s’était tassée alors que la couche inférieure était encore en mouvement. Cela pourrait signifier que les deux couches se sont déposées à quelques heures ou quelques jours d’intervalle. Cela incluait trois événements : le séisme de Cascadia de 1700, ainsi que ceux d’il y a 1 200 et 1 500 ans.
Il a fallu de nombreuses années pour effectuer des datations supplémentaires au Carbone 14 et comprendre ce qui s’est passé. Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que ces turbidites de San Andreas pourraient correspondre à deux séismes différents : l’un, dans la région lointaine de Cascadia, n’aurait secoué que du limon et du sable plus légers ; l’autre, dans la zone de San Andreas serait survenu peu de temps après, localement plus fort, aurait déplacé des matériaux plus grossiers.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs pensent que les puissants séismes de la zone de Cascadia peuvent transférer des contraintes à la région voisine de San Andreas, provoquant un séisme le long de la faille de San Andreas peu après. Cascadia et la région nord de San Andreas sont très actives sur le plan sismique, et de nombreuses autres failles pourraient également entrer en jeu. L’interprétation des dépôts sédimentaires est complexe, et la datation au radiocarbone présente des incertitudes. D’autres études seront nécessaires pour confirmer l’hypothèse avancée dans la dernière étude.
Source : Live Science via Yahoo News.

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According to a new study by researchers at Oregon State University,, published in September 2025 in the journal Geosphere, a « Big One » on the Cascadia subduction zone in the Pacific Northwest might trigger a similarly serious earthquake on California’s San Andreas Fault. The findings are based on sediments taken from the seabed off the coast of Cape Mendocino, California and offshore Oregon. It is at Cape Mendocino that California’s famous San Andreas fault ends and the Cascadia subduction zone begins.

These are two very different fault systems, but the sediment record suggests that in the past, at least three San Andreas earthquakes have happened within hours to a couple of days after large Cascadia quakes. Another seven or so may have occurred within decades to years or less.

If the two fault systems are really synchronized, it could be a real problem for disaster relief as there would not be enough resources to respond to two earthquakes triggered simultaneaously or a short time apart.

Cascadia can create extremely powerful earthquakes. Un 1700, the region experienced a quake thought to be between magnitude M8.7 and M9.2 that sent destructive tsunami waves all the way to Japan. These quakes are caused by movement of three oceanic plates (the Explorer, the Juan de Fuca, and the Gorda) slipping beneath the North American continent.

The San Andreas Fault, on the other hand, is a strike-slip fault where rock masses on either side of the fault move past each other horizontally.. The largest known quake on the northern San Andreas was the M7.9 1906 San Francisco earthquake. Because the fault runs through densely populated areas, it could do a great deal of damage, as in the 1989 Loma Prieta earthquake that killed 63 people.

The two fault systems meet off the coast of Mendocino in an area known as the « triple junction. » Scientists were on a research cruise in 1999 drilling core samples from the ocean floor in Cascadia, looking for signs of ancient earthquakes. On that cruise, a ptoblem led to the ship traveling about 100 kilometers from where it was supposed to be. The scientists, who were trying to sleep between working, did not realize the error until the ship arrived. They decided to take a core sample in that spot anyway. When the team later analyzed the sample, they realized it contained a mystery. The turbidites in the sample didn’t have the coarse layer on the bottom and the finer layer on top, as was typical. This original core of the San Andreas had deposits that looked like they were upside-down because the sand was at the top.

The researchers had no explanation for this flip-flopped pattern. Nor did they have an explanation for another strange mystery of these offshore samples: Cores taken south of the triple junction, in the area of the northern San Andreas, seemed to show earthquakes that matched well to the timing of earthquakes taken north of the triple junction in Cascadia. In the last 1,300 years, they found, there were 18 likely earthquake-generated turbidites in Cascadia and 19 offshore from the northern San Andreas. Ten of those appeared to be deposited within 50 to 100 years of each other.

Even more surprising, in three cases, the coarse sand of the upper layer was mixed into the finer sand of the lower layer, suggesting the upper layer had settled while the bottom layer was still in motion. That would mean that the two layers were deposited within hours to days of one another. These three events included the 1700 Cascadia quake, as well as quakes 1,200 years ago and 1,500 years ago.

It took many years to conduct additional radiocarbon dating and understand what has happened. The scientists finally thought that these San Andreas turbidites might represent two different quakes: One, from the far-off Cascadia region, which shook off only lighter silt and sand, and the second, from a soon-after San Andreas quake that was locally stronger and could move coarser material.

In the new study, the researchers think that large quakes in Cascadia can transfer stress to the neighboring San Andreas, which then leads to a San Andreas earthquake not long after. Cascadia and the northern San Andreas region are highly seismically active, and many other faults could trigger earthquakes. Sedimentary deposits are complicated to interpret, and there are uncertainties inherent in radiocarbon dating. More studies will be necessary to corroborate the hypothesis suggested in the last research. .

Source : Live Science via Yahoo News.