La fonte de l’Arctique: Un bienfait pour les compagnies pétrolières! // Arctic melting: A blessing for oil companies!

drapeau francaisShell est sur le point de reprendre le forage dans les eaux arctiques de l’Alaska pour la première fois depuis 2012. La semaine dernière, la compagnie pétrolière a reçu une autorisation de l’administration Obama pour commencer à forer dans la mer au nord-ouest de l’Alaska. Toutefois, Shell ne peut pas commencer à forer sans un élément clé de l’équipement (transporté par le brise-glace Fennica) destiné à contenir le pétrole si un puits explose ou si d’autres problèmes se présentent.
Le brise-glace a été endommagé ce mois-ci en se dirigeant vers les sites de forage de Shell dans l’Arctique. Il a heurté un objet inconnu après avoir quitté Dutch Harbor, en Alaska. Il a du rebrousser chemin et se rendre à Portland (Oregon) pour des réparations. Cette situation a permis à des militants de Greenpeace d’essayer de perturber les plans de Shell.
Shell dépense des milliards de dollars dans l’espoir de trouver de nouvelles réserves de pétrole en mer. Les militants de Greenpeace dans le Nord-Ouest ont organisé plusieurs manifestations pour s’opposer aux projets de la compagnie. À Seattle, ils ont essayé de bloquer l’entrée du terminal où la plateforme de forage de Shell était amarrée et ils inondés d’appels téléphoniques les lignes des entreprises de Seattle qui soutenaient Shell. Les militants disent que le risque de marée noire est réel et que le nettoyage serait trop difficile.
Selon les estimations fédérales, il pourrait y avoir 25 milliards de barils de pétrole dans la région où Shell a l’intention de forer.
Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le forage pétrolier dans l’Arctique sera une conséquence majeure du réchauffement climatique car de plus en plus de zones maritimes vont s’ouvrir avec la fonte de la glace. Je ne crois pas à la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris vers la fin de cette année. Comme d’habitude, il y aura des promesses non contraignantes qui ne seront jamais tenues par les participants. Il est évident que l’intérêt des Américains et les Russes est de voir l’Arctique fondre le plus vite possible. Cela permettra de mettre à jour de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et d’ouvrir de nouvelles routes maritimes … avec de nouveaux intérêts économiques. La Russie vient d’ailleurs de soumettre aux Nations Unies une revendication sur plus d’un million de kilomètres carrés dans l’Arctique, affirmant que des années de recherche scientifique démontrent son droit sur les vastes ressources naturelles situées au fond de l’océan Arctique. La Russie fait valoir qu’au vu des recherches scientifiques, elle devrait avoir la souveraineté sur 1,2 million de kilomètres carrés supplémentaires dans l’Arctique. Cette demande comprend le pôle Nord et donnerait potentiellement à la Russie l’accès à des dépôts d’hydrocarbures d’un total de 4,9 milliards de tonnes, selon les estimations du gouvernement russe.

Protection de l’environnement? Vous plaisantez!
Source: Anchorage Dispatch News.

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drapeau anglaisShell is set to resume drilling in Alaska’s Arctic waters for first time since 2012. Last week, the oil company received a permit from the Obama administration to begin drilling in the sea in Northwest Alaska. But the company cannot drill into oil-bearing zones without a key piece of equipment (carried by the Fennica icebreaker) which can stop oil from flowing if a well blows out or other measures fail.

The icebreaker was damaged early this month on its way to Shell’s Arctic drilling sites after leaving Dutch Harbor, Alaska and headed back to Portland for repairs, giving activists a chance to try to disrupt Shell’s plans.

Shell is spending billions in hopes to find new offshore oil reserves. Activists in the Northwest have staged multiple protests to oppose the company’s efforts. In Seattle, they tried to block the entrance to the terminal where Shell’s drilling rig was moored and they flooded phone lines of firms in Seattle supporting the company. The activists say the risk of an oil spill is too great and that the cleanup after a potential spill would be too difficult.

Federal estimates indicate there could be 25 billion barrels of oil in the region where Shell intends to drill.

As I put it several times, oil drilling in the Arctic will be one major consequence of global warming with more and more sea areas left open with the melting of the ice. I do not believe in the climate conference that will be held in Paris later this year. As usual, there will be promises that will never be held by the participants. It is obvious that the interest of the Americans and the Russians is to see the Arctic melt as fast as possible. This will uncover new oil and gas fields and open new maritime routes… with new economic interests. Russia has just submitted a claim to the United Nations for more than one million square kilometers in the Arctic, indicating that years of scientific research demonstrate its interest in the vast natural resources at the bottom of the Arctic Ocean.
Russia argues that in view of scientific research, it should have sovereignty over an additional 1.2 million square kilometers in the Arctic. The claim includes the North Pole and would potentially give Russia access to hydrocarbon deposits totaling 4.9 billion tonnes, according to estimates from the Russian government.

Protection of the environment? You’re kidding!

Source: Anchorage Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

La fonte de l’Arctique s’accélère // Arctic is melting faster and faster

drapeau francaisCette note ne concerne pas les volcans mais aborde un sujet auquel je suis très sensible. En effet, j’ai vu à quelle vitesse les glaciers fondent à travers le monde et je pense qu’il est grand temps que nos gouvernants prennent des mesures draconiennes pour enrayer la catastrophe qui nous menace. Si on ne fait rien, je suis certain que mes enfants et petits-enfants devront faire face à un avenir sombre avec une longue liste de désastres naturels.

Peter Wadhams, professeur de mathématiques appliquées et de physique théorique à l’Université de Cambridge (Angleterre) prédit un Océan Arctique « libre de glace » en l’an 2020. C’est environ deux décennies plus tôt que le prévoyaient divers modèles de réchauffement climatique. C’est une bonne nouvelle pour les Etats-Unis et la Russie qui pourront ouvrir de nouvelles voies commerciales et n’hésiteront pas à exploiter les ressources naturelles – en particulier le pétrole et le gaz naturel – qui se cachent sous la glace de l’Arctique.

Ce spécialiste de physique des mers septentrionales a étudié des données sur ​​l’étendue de la glace qui recouvre l’Arctique, mais aussi sur l’épaisseur de cette glace. Ce dernier paramètre est fourni par les sous-marins qui vont effectuer des mesures sous-glaciaires chaque année depuis 1979. Elles montrent que le volume de glace est en baisse constante et rien ne semble pouvoir l’empêcher de se réduire à zéro.
« Libre de glace » ne signifie pas forcément que l’Arctique va ressembler la Mer Baltique en été. L’expression s’appuie sur la quantité de glace qui apparaît dans un certain nombre de cases quand on observe l’Arctique depuis l’espace. Un Arctique « libre de glace », tel qu’il est défini par les scientifiques, resterait recouvert de plaques de glace en train de flotter pendant l’été, mais cette glace morcelée permettrait à des navires de se frayer un chemin à travers elle.

Un autre problème lié à la fonte des glaces dans l’Arctique est l’émission de méthane (CH4) suite à la fonte du pergélisol (également appelé permafrost) qui va fortement accélérer le réchauffement climatique. Le méthane est un gaz à effet de serre qui est environ 30 fois plus efficace pour retenir la chaleur sur Terre que le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, CO2 en provenance des maisons, des véhicules automobiles et des entreprises du monde industriel moderne.
Il y a d’énormes quantités de méthane emprisonnées dans le sol gelé ou sous les mers de l’Arctique, mais la situation est en train d’évoluer dangereusement car le pergélisol est également en train de fondre en mer. Au cours du dégel, le méthane envoie des bulles à la surface. Les scientifiques russes indiquent que des volumes considérables de CH4 se sont probablement déjà échappés dans l’atmosphère. A l’Université de l’Alaska à Fairbanks, un professeur a montré samedi dernier au cours d’un forum des photos d’un étudiant en train d’enflammer un gros panache de gaz sortant de la glace. On a estimé qu’il pourrait y avoir 500 fois plus de méthane piégé sous l’Arctique qu’actuellement dans l’atmosphère.

Il serait grand temps que les hommes politiques de notre planète décident si les intérêts économiques doivent être plus importants que ceux liés à l’environnement et s’il faut continuer à faire la politique de l’autruche au lieu de prendre en compte les vrais problèmes!
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisThis is not about volcanoes but about a topic to which I’m very sensitive. Indeed, I have seen how fast glaciers are melting around the world and I think it is high time our governments take drastic measures to stop the disaster. If nothing is done, I’m sure my children and grandchildren will have to face a dark future with a long list of natural catastrophes.

One of the leading authorities on the physics of northern seas is predicting an “ice-free” Arctic Ocean by the year 2020. That’s about two decades sooner than predicted by various models for climatic warming. This is good news for the U.S. and Russia that will be able to develop new commercial routes and will not hesitate to exploit the natural resources – especially oil and natural gas – that are currently hidden beneath Arctic ice.

Peter Wadhams, professor of applied mathematics and theoretical physics at the University of Cambridge in England has studied data not only on the extent of ice covering the Arctic, but on the thickness of that ice. The latter comes from submarines that have been beneath the ice collecting measurements every year since 1979. This data shows the ice volume is steadily decreasing and there doesn’t seem to be anything to stop it from going down to zero.
« Ice-free » does not exactly mean the Arctic is going to look like the Baltic Sea in summer. It is based on the amount of ice found in a number of grids when looking at the Arctic from space. An « ice-free » Arctic, as defined by scientists, would remain full of floating ice in the summer, but this ice would be broken up enough that a ship could push its way through it.

Another problem linked with the melting of the ice in the Arctic is the release of methane gas from thawing permafrost that will greatly accelerate global warming. Methane is a greenhouse gas said to be about 30 times more efficient in trapping heat on Earth than the carbon dioxide pouring into the atmosphere from the homes, motor vehicles and businesses of the modern industrial world.
There is a lot of methane locked in the frozen ground or beneath the seas in the Arctic, but that is changing. Offshore permafrost is thawing. As it thaws, methane bubbles to the surface. Russian scientists report that significant volumes appear to have already escaped into the atmosphere. A University of Alaska Fairbanks professor at one forum Saturday showed photos of a student lighting off a big plume of the gas bubbling out of the ice. It has been estimated there might be 500 times as much methane trapped beneath the Arctic as there is currently in the atmosphere.

Politicians on Earth need to decide whether economic interests should be given a priority to environmental ones and if they should keep burying their heads in the sand instead of looking at the real problems!

Source: Alaska Dispatch News.

Groenland-blog

Débâcle au Groenland  (Photo:  C. Grandpey)

L’Erta Ale comme l’Everest?

S’agissant de la saleté, l’Erta Ale et le Dallol seraient-ils en train de suivre la même voie que les sommets de l’Himalaya ? C’est ce que laisse entendre le communiqué que vient de m’adresser un ami qui s’est rendu en Ethiopie en février 2014. Voici en substance ce qu’il m’écrit :

« Par rapport à 2007 j’ai trouvé le Dallol  desséché avec forte réduction de la surface des aspects hydrothermaux. Heureusement, il y a encore à voir mais c’est restreint. Le pire, c’est maintenant le tourisme de masse. Au pied, là où nous avions bivouaqué sur les plaques de sel, maintenant c’est un parking. Le sol est poli comme du marbre de cimetière ; impossible de savoir que c’est du sel. Par contre Dallol, en haut et en bas, est un régal de bouteilles plastique. A l’Erta Ale, il y a 25 « habitations » au raz de la falaise de la caldera. Là où on bivouaquait à 40 mètres du bord, c’est maintenant une décharge et des WC à ciel ouvert. Inouï  !!  Berk ! »

L’Erta Ale n’est pas non plus une benne à ordures. Y jeter un sac de détritus comme le fait le touriste de cette vidéo n’est pas forcément le geste le plus intelligent!

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=kq7DDk8eLs8

Pour ce qui est de la sécurité, la zone ne semble pas encore sécurisée si l’on se réfère au communiqué du Ministère des Affaires Etrangères :

1 – Tout déplacement dans la zone du Erta Ale reste formellement déconseillé compte tenu des risques très élevés qui perdurent. Outre le risque criminel qui ne peut être écarté, les conditions extrêmes et l’impossibilité d’assurer une évacuation correcte en cas d’accident rendent cette région particulièrement dangereuse.

2 – La zone du Dallol présente des risques moins élevés mais exige d’être abordée avec de très grandes précautions. Elle est déconseillée sauf raisons impératives. Tout déplacement dans cette région s’effectue aux risques et périls des visiteurs.

Vous trouverez plus de détails en cliquant sur ce lien :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/ethiopie-12309/

Je pense que les responsables d’agences de voyages liront cette note et il serait intéressant d’avoir confirmation ou infirmation de ce qu’écrit mon ami à propos de la saleté du site qui, à mon avis, ne mérite pas ce qu’il décrit.

S’agissant de la sécurité, un très cher ami a laissé la vie en Ethiopie au cours d’un voyage à l’Erta Ale il y a plusieurs années et je ne peux que confirmer ce qu’écrit le Ministère des Affaires Etrangères en matière d’évacuation sanitaire. Malheureusement, un tel drame n’arrive pas qu’aux autres.

Dallol-blog

(Photo:  Wikipedia)

Il y a 25 ans, l’Exxon Valdez provoquait une gigantesque marée noire // 25 years ago, Exxon Valdez caused a major oil slick

drapeau francaisCe n’est pas de la volcanologie, mais cela concerne l’environnement, donc notre planète toute entière. Ce 24 mars 2014 marque le triste 25ème anniversaire de l’échouement de l’Exxon Valdez au large des côtes de l’Alaska et de la terrible marée noire que l’accident a provoqué.

Le 24 mars 1989, peu après minuit, le superpétrolier Exxon Valdez heurte des récifs dans le Prince William, en Alaska. L’échouement endommage 11 des 13 citernes du navire et provoque le déversement de plus de 40 000 tonnes de pétrole brut dans l’océan. Il s’agit du pire incident du genre dans l’histoire des Etats-Unis. Au total, la nappe libérée s’étend sur plus de 7000 km2, recouvrant 800 kilomètres de côtes, sans compter l’ensemble des îlots et échancrures touchés. Quatre jours après l’accident, une tempête et des vents violents de plus de 115 km/h viennent disperser la nappe de pétrole sur plus de 64 kilomètres. En tout, 1400 navires, 85 hélicoptères et 1100 personnes sont déployés sur place pour nettoyer le littoral et sauver les oiseaux et les mammifères marins menacés par la marée noire. Une enquête révélera que le capitaine du pétrolier était intoxiqué à l’alcool au moment de l’accident. Le troisième lieutenant était aux commandes du vaisseau quand il s’est échoué. Il agissait en violation des lois fédérales américaines, car il ne possédait pas de permis pour piloter un pétrolier dans le détroit du Prince William.

En cliquant sur ce lien, vous aurez un bon résumé (en anglais, mais les images parlent d’elles-mêmes) de la catastrophe :

http://www.history.com/topics/us-states/alaska/videos/history-exxon-valdez-oil-spill

Aujourd’hui, le petit port de Valdez (point d’arrivée de l’oléoduc trans-alaskien) ne porte plus – du moins en surface – les traces de cette terrible catastrophe. Le saumon est abondant et la faune est bien présente. Phoques, loutres et autres lions de mer fréquentent les eaux poissonneuses tandis que les ours viennent parfois rôder autour du port.

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drapeau anglaisThis is not volcanology , but it is about the environment, so our entire planet. Today March 24th, 2014 marks the sad 25th anniversary of the grounding of the Exxon Valdez off the coast of Alaska and the terrible oil spill that was caused by the accident .

On March 24th, 1989, shortly after midnight, the Exxon Valdez supertanker hit reefs in Prince William Sound, Alaska. The grounding damaged 11 of the 13 tanks of the vessel and caused the release of more than 40 000 tonnes of crude oil into the ocean. This is the worst incident of its kind in the history of the United States. In all, the oil slick extended over 7,000 km2, covering 800 km of coastline, not to mention all the islands and indentations that were also affected. Four days after the accident, a storm and winds of over 115 km / h just dispersed the oil slick over 64 km. 1,400 ships, 85 helicopters and 1,100 people were deployed to clean up the coast and save the birds and marine mammals threatened by the spill. An investigation revealed that the captain of the tanker was intoxicated with alcohol at the time of the accident. The third mate was in command of the ship when it ran aground. It was in violation of the U.S. federal law because he had no license to pilot a tanker in Prince William Sound.
By clicking this link, you will have a good summary (in English, but the images speak for themselves) of the disaster :
http://www.history.com/topics/us-states/alaska/videos/history-exxon-valdez-oil-spill

Today, the small port of Valdez (south end of the Trans- Alaskan pipeline) no longer carries – at least superficially – the traces of this terrible disaster. Salmon is abundant and wildlife is present . Seals, otters and sea lions frequent the fish- rich waters while bears sometimes come and prowl around the harbour.

Loutres Alaska

25 ans après, les loutres de  mer ont recolonisé les eaux du Prince William Sound  (Photo:  C. Grandpey)