Hawaï : Ōhi‘a lehua toujours menacé // Hawaii : Ōhi‘a lehua still under threat

Dans deux notes publiées en novembre 2015 et mai 2017, j’ai alerté sur une maladie qui menace de tuer les ohi’a lehua à Hawaï. L’Ōhi’a lehua (Metrosideros polymorpha) est l’un des arbres les plus répandus et les plus populaires à Hawaï et le premier arbre indigène à coloniser la lave récemment émise par les volcans. C’est un arbre qui possède une très forte signification culturelle ; il symbolise la force, la beauté et la sainteté. Il est considéré comme la manifestation physique de Kū, l’une des quatre principales divinités hawaïennes. Les fleurs de lehua rouges, orange et jaunes sont un symbole de Pele, la déesse du feu et des volcans. L’‘ōhi‘a est intimement lié à l’art du hula; ses fleurs et son feuillage ornent fréquemment les danseurs.

Aujourd’hui, la maladie qui tuait les arbres il y a dix ans est toujours présente et les scientifiques nous expliquentt qu’« elle pourrait détruire la plupart des forêts d’‘ohi‘a de la Grande Île d’ici 20 ans. » Lors de la découverte de cette maladie mystérieuse, on s’est rendu compte qu’elle étai causée par un champignon, le Ceratocystis fimbriata. Elle provoque le brunissement rapide des feuilles d’une seule branche ou de toute la couronne de l’arbre, entraînant souvent sa mort en quelques semaines. Cette maladie pourrait modifier l’évolution du paysage volcanique et des écosystèmes forestiers d’Hawaï, mettant en danger les oiseaux, les invertébrés et les communautés végétales sur les îles.

Les chercheurs sont désormais engagés dans une course contre la montre. Ils estiment que la plupart des vastes forêts d’ohi’a de l’île d’Hawaï pourraient disparaître d’ici 20 ans si la maladie n’est pas enrayée. C’est pourquoi des équipes de scientifiques tentent de mieux comprendre le fonctionnement de cette maladie fongique afin d’aider les agents du Forest Service et le gouvernement fédéral à mieux protéger les forêts vulnérables. Des avancées prometteuses ont récemment été réalisées. Ces mesures comprennent un nouveau répulsif contre les coléoptères. Il est censé éloigner les minuscules insectes qui contribuent à infecter les arbres avec le virus. Une subvention d’un million de dollars a également été accordée pour étudier si la chimie rend certains arbres plus résistants que d’autres. En janvier 2024, un groupe de travail multi-agences a publié un plan quinquennal de lutte contre la maladie. La mise en œuvre de ce plan pourrait nécessiter jusqu’à 8 millions de dollars par an, soit environ le double du montant prévu dans les plans précédents.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique accélère la disparition des ohi‘a. Avec la hausse des températures, les plantes et les mauvaises herbes envahissantes à croissance rapide étouffent les jeunes ohi‘a et d’autres espèces végétales indigènes sur le sol forestier. Les périodes de sécheresse prolongée liées au réchauffement climatique stressent davantage les o‘hi‘a, et les tempêtes plus fréquentes les laissent avec des branches cassées et l’écorce exposée. Ces facteurs les rendent plus vulnérables à la maladie.

L’ʻohiʻa est ce que les chercheurs appellent un arbre « clé de voûte » pour Hawaï, car il permet l’existence de nombreuses plantes indigènes, insectes, oiseaux et l’écologie globale. L’ʻohiʻa joue également un rôle essentiel dans la cosmologie et les croyances hawaïennes traditionnelles. Il est étroitement lié à Pele, la déesse hawaïenne du feu et des volcans, et à Ku, le dieu hawaïen de l’énergie primordiale et de la guerre. Dans un haʻi moʻolelo (légende), Pele, la déesse du feu, rencontre un jeune guerrier nommé ʻŌhiʻa et lui demande de vivre avec elle. Cependant, ʻŌhiʻa a déjà promis son amour à une femme nommée Lehua. Folle de jalousie, Pele provoque une éruption de l’Halemaʻumaʻu et décide de tuer ʻŌhiʻa et Lehua. Détruisant tout sur son passage, Pele finit par trouver les deux amants blottis l’un contre l’autre dans une cachette. Elle les encercle avec des coulées de lave, mais avant qu’ils soient dévorés par le feu, l’ʻaumakua (ancêtre déifié) de Lehua transforme ʻŌhiʻa en arbre, et Lehua en fleur, afin que les deux amoureux soient ensemble pour toujours. On dit encore aujourd’hui que cueillir une fleur de lehua ʻōhiʻa sépare les amoureux et qu’il pleuvra, la pluie symbolisant leurs pleurs.

Les danseurs de hula cueillaient souvent les fleurs et les feuilles de lehua ʻōhiʻa pour confectionner des lei (couronnes) et faire des offrandes à Laka, la déesse hawaïenne du hula. Des recherches ont montré que les champignons ne sont pas présents dans les feuilles, les graines ou les fleurs de ʻōhiʻa ; cependant, la cueillette est susceptible de créer des blessures microscopiques, susceptibles de provoquer une infection. Depuis 2016, le Merrie Monarch Festival , le plus grand concours de hula au monde, encourage l’utilisation d’autres plantes pour confectionner les lei afin de limiter la cueillette dans les forêts, où les ʻōhiʻa sont les plus vulnérables.

La maladie de la mort rapide de l’ʻohi‘a – Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD) – a été détectée dans certaines zones forestières de Kauai, Oahu et Maui, mais elle n’a pas encore explosé sur ces îles comme elle l’a fait sur la Grande Île. Selon le Service des forêts, au cours de la dernière décennie, la maladie a tué entre 1 et 2 millions d’arbres à Hawaï.
Les chercheurs tentent de comprendre ce qui rend certains arbres plus résistants que d’autres. Un projet de recherche se concentre sur les glucides, éléments constitutifs des défenses chimiques des plantes. Ils examinent si les arbres génétiquement capables de stocker davantage de glucides peuvent mieux résister à la maladie. Ce projet de trois ans vient s’ajouter à une autre étude visant à collecter des boutures et des graines d’ʻohi‘a sur le terrain, puis à les utiliser pour faire pousser de nouveaux arbres en pépinière afin de déterminer lesquels sont génétiquement les plus résistants au champignon.
Tout le monde s’accorde également à dire que l’installation de clôtures dans les forêts d’ʻohi‘a de la Grande Île permettrait d’éradiquer presque entièrement la maladie. Ces barrières empêcheraient l’entrée des porcs sauvages, des chèvres et autres ongulés susceptibles de propager les spores du champignon d’arbre en arbre. Cependant, l’installation et l’entretien de clôtures sur la très vaste étendue de forêts sont tout à fait impossibles et trop coûteux. Le Park Service dispose d’environ 270 km de clôtures dans le Parc national des Volcans sur Big Island pour empêcher l’entrée de ces ongulés. L’entretien et l’inspection de ces clôtures représentent un travail colossal. Des caméras ont été installées dans les forêts pour surveiller le comportement des animaux.
En 2025, la maladie continue de se propager et de plus en plus d’ʻohiʻa meurent. Une fois de plus, les restrictions budgétaires imposées par l’administration Trump ne contribueront pas à résoudre le problème. Il n’existe actuellement aucun remède contre la mort rapide de lʻŌhiʻa ; cependant, la sensibilisation à la maladie a progressé à Hawaï. Des efforts sont déployés pour enrayer la propagation dans de nouvelles régions, mais chacun doit contribuer. Si les Hawaïens ne parviennent pas à collaborer, la mort rapide d’ʻŌhiʻa pourrait potentiellement anéantir toutes les forêts d’ʻōhiʻa restantes, et des aspects importants de la culture hawaïenne pourraient être perdus à jamais.

Photos: C. Grandpey

Source : Médias d’information hawaïens.

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In two posts released in November 2015 and May 2017, I alerted to a disease that was threatening to kill ohi’a lehua trees in Hawaii. Ōhi‘a lehua (Metrosideros polymorpha)is one of the most common and popular trees in Hawaii and the first native tree to colonize young lava. It is a tree with immense cultural significance, symbolizing strength, beauty, and sanctity. It is considered the physical manifestation of Kū, one of the four principal Hawaiian deities. The red, orange, and yellow lehua blossoms are a symbol of Pele, the goddess of fire and volcanoes. The ‘ōhi‘a is entwined with the art of hula, with its flowers and foliage frequently adorning the dancers.

Today, we learn that the disease that was killing the trees ten years ago is still present and scientusts warn that « it could kill most of the Big Island’s ‘ohi‘a forests within 20 years. »

It was ten years ago, that the mysterious new disease was found sweeping through Hawaii’s native ‘ohi‘a forests. It was caused by a fungus, Ceratocystis fimbriata. Known as ‘ōhi‘a wilt, or Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD), it causes the rapid browning of the leaves on a single limb or in the entire tree crown and the tree often dies within weeks. This has the potential to change the evolution of the volcanic landscape and forest ecosystems in Hawaii, putting Hawaiian birds, invertebrates, and plant communities at risk.

Now, researchers are in a race against time. They say most of the vast ‘ohi‘a forests on Hawaii island might be gone in the next 20 years if the disease is not stopped. This is why teams of scientists are trying to better understand how the fungal disease works to help state and federal land managers better protect the vulnerable forests. Recently, some promising developments have occurred. They include a novel beetle repellent to keep away the tiny bugs that help infect the ‘ohi‘a trees with the virus, and a $1 million grant to study whether the chemistry makes some trees more resistant than others. However, more money will be needed. In January 2024, a multi-agency working group released a five-year plan to fight the disease. State land officials say carrying the plan out could require as much as $8 million per year, about double the amount called for in earlier plans.

Scientists explain that global warming is hastening the ‘ohi‘a die-off. Warming conditions lead fast-growing invasive plants and weeds to choke out young ʻohiʻa trees and other native plant species on the forest floor. Extended drought linked to global warming further stresses the o‘hi‘a trees, and more frequent storms leave them with broken branches with exposed bark. Those factors make them more vulnerable to the disease.

The ʻohiʻa is what researchers call a “keystone” tree for Hawaii, supporting scores of native plants, insects, birds and the overall ecology. The ʻohiʻa also plays an integral role in traditional Hawaiian cosmology and belief. It is closely linked to Pele, the Hawaiian goddess of fire and volcanoes and Ku, the Hawaiian god of primal energy and war.

In haʻi moʻolelo (storytelling) Pele, the goddess of fire, met a young warrior named ʻŌhiʻa and asked him to be with her. However, ʻŌhiʻa had already pledged his love to a woman named Lehua. Enraged with jealousy, Halemaʻumaʻu erupted and Pele decided to kill ʻŌhiʻa and Lehua. Destroying everything in her path, Pele finally found the two lovers huddled together in hiding. Pele surrounded them with lava, but before she could devour them in fire, Lehua’s ʻaumakua (deified ancestor) turned ʻŌhiʻa into a tree, and Lehua into a flower on the tree so that the two lovers would be together forever. It is said that if you pick the ʻōhiʻa lehua flower, you are separating the lovers and it will rain, which is symbolic of the lovers crying.

Hula dancers would often collect its flowers and leaves to craft lei and make offerings to Laka, the Hawaiian goddess of hula. Research has shown that the fungi are not present in ʻōhiʻa leaves, seeds, or blossoms; however, the act of picking could create microscopic wounds, which would lead to infection. Since 2016, the Merrie Monarch Hula Competition, the largest hula competition in the world, has encouraged the use of other lei plants to limit gathering in the forests, where ʻōhiʻa are most vulnerable.

Rapid ‘Ōhi‘a Death (ROD) has been found in some forest pockets of Kauai, Oahu and Maui but has yet to explode across those islands as it has on the Big Island. In the past decade, the disease has killed between 1 and 2 million trees in Hawaii, according to the U.S. Forest Service.

Researchers are trying to figure out what makes some trees more resilient than others.A research project focuses on carbohydrates as the building blocks of the chemical defenses in the plants. They will examine whether trees genetically capable of storing more carbohydrates can better fend off the disease when it strikes. The three-year project complements a separate effort to collect ʻohi‘a cuttings and seeds from the forest, then use them to grow new trees in a nursery to determine which are genetically the most resistant to the fungus.

Everybody also agrees that installing fences across the Big Island’s ‘ohi‘a forests would almost entirely stamp out Rapid ʻOhi‘a Death. The barriers would keep out the pigs, goats and other invasive hoofed animals that can spread the fungus spores from tree to tree. But installing fences across the huge area of forests and maintaining them simply isn’t feasible and too expensive. The park service has about 270 km of fencing across the Big Island’s Volcanoes National Park to keep out those hoofed animals. Maintaining and inspecting the fences is a huge job. Cameras have been installed in the forests to spy on the animals.

In 2025, the disease is still spreading and more ʻohiʻa trees are dying. Once again, budget cus imposed by the Trump administration will not help solve the problem. There is currently no cure for Rapid ʻŌhiʻa Death; however, awareness on the disease has progressed throughout Hawaiʻi. Efforts are being focused on stopping the spread into new regions, but everyone needs to do their part. If Hawaiians fail to work together, Rapid ʻŌhiʻa Death could potentially wipe out all the remaining ʻōhiʻa forests, and important aspects of Hawaiian cultural could be lost forever.

Source : Hawaiian news media.

La COP30 un fiasco annoncé ?

Alors que l’ouverture de la COP30 à Belém au Brésil, en bordure de la forêt amazonienne, approche à grands pas, l’événement n’incite guère à l’optimisme tellement les problèmes liés à l’organisation sont nombreux. À commencer par les hébergements des délégations. Tous les organes de presse s’accordent pour dire qu’il est actuellement impossible de trouver un hébergement à moins de 300 euros la nuit, pas dans des hôtels de luxe, mais dans des chambres simples et basiques. Pourtant, le gouvernement brésilien avait accordé de l’argent pour que les hébergements soient poins coûteux aux délégations. Il est évident que les hébergeurs, hôteliers ou propriétaires privés, profitent de la COP30 pour s’en mettre plein les poches.

Le projet d’une COP30 au Brésil avait suscité l’enthousiasme. L’événement devait marquer un tournant dans une période de crise profonde du multilatéralisme en réunissant dirigeants mondiaux, diplomates et quelque 50 000 autres participants au cœur de la forêt amazonienne. Malheureusement, l’événement risque de se solder par un fiasco logistique qui pèsera lourdement sur les négociations et le processus géopolitique lui-même.
Selon les observateurs, le président Lula et le gouvernement brésilien ont commis une grave erreur en choisissant Belém comme lieu du sommet. Ils ne souhaitent désormais pas organiser la COP ailleurs car cela déclencherait inévitablement une crise politique avec le gouvernement de l’État du Pará, dont Belém est la capitale, et qui compte beaucoup sur l’événement pour renflouer ses caisses. Donc, pas question d’abandonner. La COP30 aura bien lieu à Belém.
Une solution au problème de logistique serait de réduire le nombre de délégués, mais cela compromettrait la légitimité même de tout résultat négocié à Belém. Cela offrirait aux pays désireux d’affaiblir l’Accord de Paris l’excuse parfaite pour faire dérailler les négociations. Une COP vide serait un coup dur et une précieuse opportunité gâchée pour l’humanité, alors qu’il ne nous reste que cinq ans pour maintenir l’objectif de température fixé par la COP21. Cela viendrait s’ajouter à l’abandon de la COP par les États-Unis, un choix qui ne devrait pas favoriser l’obtention d’un Prix Nobel par le président Trump !
Pour l’instant, le gouvernement brésilien refuse obstinément de déplacer la COP30 à Rio de Janeiro, et plus particulièrement dans le vaste Rio Centro, où s’est tenu le sommet clé Rio+20 en 2012. Selon Bloomberg, début août 2025, les organisateurs avaient identifié 53 000 lits à Belém et dans ses environs : 14 547 dans des hôtels, 6 000 sur deux bateaux de croisière, 10 004 dans des locations de vacances via des agences immobilières et 22 452 via Airbnb. Le gouvernement annonce que d’autres options seront ajoutées aux plates-formes de réservation officielles BNetwork et Qualitours. Comme indiqué plus haut, le véritable problème réside dans le coût. Des chambres à prix cassés dans des maisons d’hôtes une étoile sont vendues à des prix supérieurs à ceux des hôtels cinq étoiles de New York.
La seule mesure prise jusqu’à présent consiste à proposer des tarifs réduits aux délégations des petites îles et des pays pauvres, catégories qui regroupent plus d’un tiers des membres de l’ONU – avec 15 chambres simples par délégation disponibles à des prix allant de 100 à 200 dollars la nuit. Les autres pays bénéficient de 10 chambres individuelles garanties par délégation, à des prix allant de 200 à 600 dollars. Il y a aussi deux navires de croisière qui seront transformés en hôtels flottants et amarrés au port d’Outeiro, chacun pouvant accueillir environ 3 000 passagers. Le problème avec ces navires, c’est qu’ils se trouvent à 20 kilomètres du site de la COP et la circulation sera intense pendant le sommet On se souvient du chaos logistique qui a régné à Rio de Janeiro lors du sommet de l’ONU de 2012…
La COP30 est censée être la « COP des peuples », populaire et inclusive. Elle risque de devenir la plus exclusive et la plus chaotique de l’histoire, car même les transports locaux sont totalement inadéquats.

La seule option pour le gouvernement brésilien est de déplacer l’événement à Rio de Janeiro en invoquant le nombre impressionnant de demandes d’accréditation. S’il campe sur sa position, la COP30 risque fort d’être un échec, à l’image de celui qu’a connu la COP15 au Danemark.

Source : Renewable Matter, France Info.

Géo-ingénierie polaire : pas la bonne solution face au réchauffement climatique // Polar geoengineering : not the right solution to global warming

Tous les scientifiques s’accordent à dire que la seule solution pour stopper la fonte de la banquise et des glaciers dans le monde est de réduire, voire de stopper, nos émissions de gaz à effet de serre. À côté de cela, certaines voix s’élèvent pour proposer des mesures artificielles de « géo-ingénierie polaire » pour refroidir l’Arctique et l’Antarctique, avec notamment l’installation de gigantesques rideaux sous-marins. Dans une note publiée le 14 mars 2024, j’explique que certains scientifiques souhaiteraient installer des rideaux de 100 kilomètres de long en Antarctique pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers, et plus particulièrement le glacier Thwaites :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Science explique que ces solutions ne sont pas viables. Pire encore, elles pourraient causer des dommages irréparables à l’environnement. Les auteurs de l’étude ont analysé cinq des idées les plus médiatisées :
– Pomper de l’eau de mer et la déverser sur la glace pour l’épaissir artificiellement ou disperser des billes de verre pour la rendre plus réfléchissante ;
– Installer des rideaux géants sur le plancher océanique pour empêcher l’eau chaude de faire fondre les plate-formes glaciaires ;
– Pulvériser des particules réfléchissant le soleil dans la stratosphère, une technique appelée géo-ingénierie solaire, pour refroidir la planète ;
– Forer pour pomper l’eau sous les glaciers afin de ralentir la fonte de la calotte glaciaire ; et ajouter des nutriments comme le fer aux océans polaires pour stimuler le plancton qui est un absorbeur de carbone.
Les scientifiques ont évalué chaque proposition en termes d’efficacité, de faisabilité, de risques, de coûts et d’évolutivité. Leurs conclusions sont formelles : aucune des cinq idées n’a été validée et toutes « seraient dangereuses pour l’environnement ».
L’Arctique et l’Antarctique comptent parmi les environnements les plus hostiles de la planète, et ces idées ne prennent pas en compte ces défis. Aucune des méthodes n’a été rigoureusement testée à grande échelle, et aucune expérience concrète n’a été menée sur les rideaux sous-marins. L’étude prévient que ces rideaux pourraient perturber les habitats des animaux, notamment les phoques et les baleines. Le forage de trous pour extraire l’eau sous les glaciers pourrait contaminer un environnement vierge. La pulvérisation de particules dans la stratosphère pourrait modifier les régimes climatiques à l’échelle de la planète. Selon les auteurs de l’étude, la proposition de disperser de minuscules billes de verre à la surface de l’océan pour l’empêcher d’absorber la chaleur du soleil est l’une des plus préoccupantes. D’ailleurs, les recherches menées par l’Arctic Ice Project sur l’impact des billes de verre dans l’océan ont été interrompues début 2025 car des tests concernant les risques pour l’environnement ont révélé une menace potentielle pour la chaîne alimentaire arctique.
Le coût de ces interventions serait également énorme. La mise en place et l’entretien de chacune sont estimés à au moins 10 milliards de dollars. Les rideaux sous-marins sont parmi les plus coûteux, avec un coût estimé à 80 milliards de dollars sur dix ans pour un rideau de 80 kilomètres. De plus, aucun des projets n’a pu être déployé à une échelle et dans un délai suffisants pour répondre à l’urgence de la crise climatique.
Il convient de noter que certains scientifiques, tout en approuvant la nécessité de réduire drastiquement la pollution responsable du réchauffement climatique, ont mis en garde contre l’abandon des recherches sur la géo-ingénierie polaire. D’autres scientifiques, en revanche, affirment que l’étude offre un examen sérieux et indispensable des risques.
Plus globalement, l’étude démontre clairement que les interventions de géo-ingénierie polaire constituent une solution dangereuse pour réduire les émissions de carbone et ne constituent pas une solution réaliste, ni rentable.
Source : CNN via Yahoo News.

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All scientists agree to say that the only solutionto stop sea ice and glacirt melting around the world is to reduce or even better, stop our emissions of greenhouse gas emissions. Hoxever, some voices are heard suggesting artificial measures, known as “polar geoengineering,” to cool the Arctic and Antarctic, including giant underwater sea curtains. In a post published on 14 March 2024, I explained that some scientists would like to install 100-kilometer-long underwater curtains in the Antarctic to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers, and more particularly the Thwaites Glacier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

A new study published in the journal Frontiers in Science explains that these solutions are not viable. Worse, they may cause irreparable harm.

The authors of the study analyzed five of the most well-publicized ideas:

  • Pumping seawater onto ice to artificially thicken it or scattering glass beads to make sea ice more reflective;
  • anchoring giant curtains to the seabed to prevent warm water from melting ice shelves;
  • spraying sun-reflecting particles into the stratosphere, a technique called solar geoengineering, to cool the planet;
  • drilling down to pump water from beneath glaciers to slow ice sheet flow; and
  • adding nutrients like iron to polar oceans to stimulate carbon-sucking plankton.

The scientists assessed each proposal for its effectiveness, feasibility, risks, costs, governance issues and scalability. The conclosions of the study are formal : none of the five ideas “pass scrutiny” and all “would be environmentally dangerous.”

The Arctic and Antarctic are among the planet’s harshest environments, and these ideas do not consider these challenges. None of the methods has been robustly tested at scale, with no real-world experiments at all for sea curtains.

The study warns that sea curtains could disrupt the habitats of marine animals including seals and whales; drilling holes to remove water from beneath glaciers could contaminate a pristine environment; and spraying particles into the stratosphere could change global climate patterns. The authors of the study warn that the proposal to scatter tiny glass beads onto the surface of the ocean to stop it absorbing the sun’s heat was one of the more concerning. Research run by the Arctic Ice Project looking at the impact of glass beads in the ocean was wound down earlier in 2025 after ecotoxicological tests “revealed potential risks to the Arctic food chain.”

The price tag on these interventions would also be enormous with each estimated to cost at least $10 billion to set up and maintain. Sea curtains are among the most expensive, projected to cost $80 billion over a decade for an 80-kilometer curtain. Moreover, none of the projects could be deployed on sufficient scale and quickly enough to meet the urgency of the climate crisis concluded.

It should be noted that some scientists, while endorsing the need to drastically reduce planet-heating pollution, warned against cutting off research into polar geoengineering. On the other hand,, other scientists say the study offers a thorough and much needed review of the risks.

Fundamentally, the study shows clearly that polar geoengineering interventions are a dangerous distraction from reducing carbon emissions and do not pose a realistic or cost-effective solution.

Source : CNN via Yahoo News.

La fonte de la Norvège // Norway is melting

Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, les glaciers de Suède et de Norvège fondent à un rythme de plus en plus rapide, en raison du réchauffement climatique. En 2024, année officiellement enregistrée par le programme Copernicus comme la plus chaude de l’histoire de l’Europe, les glaciers de ces pays nordiques ont connu une fonte moyenne d’environ 1,8 mètre, ce qui est largement supérieur aux moyennes historiques.

 

Source : NASA

Cette perte spectaculaire de glace suscite de vives inquiétudes parmi les scientifiques et les écologistes. Les glaciologues préviennent que si cette tendance se poursuit, nombre de ces glaciers pourraient disparaître complètement au cours des prochaines décennies. Cela constituerait rapidement un problème, car les glaciers sont extrêmement importants pour l’énergie, l’agriculture et l’approvisionnement en eau.
En 2024, de fortes chutes de neige ont permis aux glaciers norvégiens de se reconstituer légèrement, au moins en apparence, mais cela n’a fait que créer un faux sentiment de sécurité, car avec les vagues de chaleur successives, les glaciers ont perdu plus de glace qu’ils en ont gagné.
Source : EuroNews.

Une nouvelle étude révèle que l’été 2024 a été une saison de fonte record au Svalbard. Anciennement connu sous le nom de Spitzberg, l’archipel norvégien se situe à la convergence de l’océan Arctique et de l’océan Atlantique. Au nord de l’Europe continentale, il se situe à mi-chemin entre la côte nord de la Norvège et le pôle Nord.

 

La fonte des glaciers au Svalbard aura inévitablement des conséquences importantes sur l’environnement local et mondial. Elle peut entraîner une élévation du niveau de la mer et des changements dans les courants océaniques.
Le Svalbard a connu des températures exceptionnellement élevées durant l’été 2024. Les chercheurs ont constaté que la température de surface des mers de Barents et de Norvège était de 3,5 à 5 °C supérieure aux valeurs de référence de 1991-2020. L’été 2024 au Svalbard a permis d’avoir une idée de la fonte des glaciers arctiques dans un avenir plus chaud. L’analyse montre que la fonte des glaciers au Svalbard pendant l’été 2024 a entraîné la fonte d’environ 61,7 gigatonnes de glace, soit 1% de la masse de glace totale du Svalbard. Cette perte a contribué à une élévation du niveau de la mer d’environ 0,16 mm. Si l’on prend également en compte la fonte des zones avoisinantes, ce chiffre grimpe à 0,27 mm. De plus, l’injection d’eau douce et le ruissellement des eaux de fonte vers l’océan ont des répercussions considérables sur la circulation océanique.
Le Svalbard abrite 6 % de la superficie des glaciers de la planète, hors Groenland et Antarctique. Si tous les glaciers du Svalbard fondaient, les scientifiques prévoient une élévation du niveau de la mer de 1,7 cm.

 

Source : ESA

Une grande partie de la fonte au Svalbard s’est produite sur une période de six semaines. Durant cette période, les conditions atmosphériques ont été plus chaudes que d’habitude et la région a subi une vague de chaleur marine. Certains modèles climatiques montrent que ces événements pourraient devenir plus fréquents d’ici la fin du 21ème siècle. Cela signifie que l’été 2024 pourrait représenter la situation normale en 2100, et la perte de masse des glaciers observée en 2024 laisse entrevoir une future fonte des glaciers au Svalbard et probablement dans d’autres régions de l’Arctique.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cinq des six dernières années ont connu le recul le plus important des glaciers jamais enregistré par l’humanité. La période 2022-2024 a enregistré la plus forte perte de masse glaciaire sur trois ans de l’histoire récente. L’OMM précise qu’environ 70 % de l’eau douce de la planète provient des glaciers et de la neige, et qu’elle alimente l’agriculture, l’industrie, la production d’énergie et l’approvisionnement en eau potable. Présents sur tous les continents, les 275 000 glaciers de la planète s’étendent sur environ 700 000 kilomètres carrés et contiennent environ 170 000 kilomètres cubes de glace.
Au-delà de leur rôle dans le cycle de l’eau, les glaciers sont des capsules temporelles de l’histoire de notre planète. Leur glace contient des témoignages inestimables des climats passés, des changements au sein de l’environnement et même de l’activité humaine.
Source : Cosmos Magazine.

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As I put it before, glaciers in Sweden and Norway have been melting at an increasingly rapid pace, because of the ongoing global warming. In 2024, which was officially recorded by the EU’s Copernicus as the warmest year in Europe’s history, the glaciers in these Nordic countries experienced an average melt of approximately 1.8 metres, which exceeds historical averages.

This dramatic loss of glacial ice is raising serious concerns among scientists and environmentalists. Glaciologists warn that if this trend continues, many of these glaciers could vanish entirely within the coming decades. This would rapidly be a problem as glaciers are incredibly important for energy, agriculture and water supply.

In 2024, heavy snowfall has helped the glaciers recover slightly, but this has just created a false sense of security because with the repeating heatwaves glaciers are losing ice more than they are gaining.

Source : EuroNews.

New research shows the summer of 2024 was a “record-breaking” melt season in Svalbard. Previously known as Spitzbergen, the Norwegian archipelago lies at the convergence of the Arctic Ocean with the Atlantic Ocean. North of mainland Europe, it lies about midway between the northern coast of Norway and the North Pole.

The loss of glacial ice in Svalbard will inevitably have significant impacts on the local and global environment possibly leading to rising sea levels and impacting the ocean currents.

Svalbard experienced extraordinarily high temperatures in the summer 2024. The researchers found that the sea surface temperatures in the Barents and Norwegian Seas were 3.5 to 5°C above the 1991–2020 baseline. The summer of 2024 on Svalbard has provided a window into Arctic glacier meltdown in a warmer future.

The analysis shows that the summer glacial melt in Svalbard in 2024 resulted in around 61.7 gigatons of ice melting. This is 1% of Svalbard total ice mass. This loss contributed to approximately 0.16mm of water to global sea level rise although, when considering the melting of nearby areas too, this figure jumps to 0.27mm. Even more important, injecting freshwater, meltwater runoff from land to the ocean has far-reaching implications for ocean circulation .

Svalbard is home to 6% of the world’s glacier area outside of Greenland and Antarctica. If the all the glaciers on Svalbard were to melt, scientists predict this would account for a 1.7cm sea level rise.

Much of the melting in Svalbard occurred within a 6-week period. Across this time, the atmospheric conditions were warmer than usual, and the area was experiencing a marine heatwave. Some climate models suggest that these levels may become more common by the end of the 21st century. This suggests that the summer of 2024 may represent the normal situation in 2100, and the observed mass loss of glaciers in 2024 provides a view into future glacier meltdown in Svalbard and probably other parts of the Arctic.

According to the World Meteorological Organisation (WMO), 5 of the past 6 years have seen the most glacier retreat in human record, with 2022–2024 claiming the largest 3-year loss of glacier mass in recent history.The WMO specifies that around 70% of the planet’s freshwater comes from glaciers and snow, supporting agriculture, industry, energy production, and drinking water supplies. Found on every continent, the world’s more than 275,000 glaciers span roughly 700,000 square kilometres and contain an estimated 170,000 cubic kilometres of ice.

Beyond their role in the water cycle, glaciers are time capsules of our planet’s history. Their ice contains invaluable records of past climates, environmental changes, and even human activity.

Source : Cosmos Magazine.