Milan-Cortina, des Jeux écologiques ? Tu parles !

Tous les quatre ans, c’est la même musique : on nous promet des Jeux d’hiver écologiques et durables, mais au final ils ne le sont jamais ! Les trois dernières éditions avaient été critiquées pour avoir été organisées sur des sites non adaptés au ski : Sotchi en Russie (2014), Pyeongchang en Corée du Sud (2018), et Pékin en Chine (2022).

Cette fois-ci, les Jeux reviennent dans les Alpes, sur des sites à 1200 ou à 1800 mètres d’altitude. C’était oublier que le réchauffement climatique fait disparaître la neige à basse et moyenne altitude. Le recours à la neige artificielle est donc obligatoire pour garantir des conditions de glisse stables et optimales.

Recouvrir une piste de ski de neige de culture coûte une petite fortune. Il faut compter entre 30 000 et 40 000 euros pour un kilomètre. Pour rappel, cette neige est fabriquée à partir d’eau, d’électricité et d’air comprimé, puis pulvérisée à grand renfort de canons. En Italie, près de 90 % des stations de ski dépendent aujourd’hui de cet enneigement artificiel. Près de 2,5 millions de mètres cubes de neige artificielle devraient être nécessaires rien que pour les compétitions à venir.

Soixante-dix ans après l’édition de 1956 à Cortina, les compétitions seront réparties entre cette station et Milan, mais aussi Bormio, Livigno, Anterselva, Predazzo, Lago di Tesero. On nous avait promis que ces Jeux 2026 seraient les premiers Jeux d’hiver véritablement “durables”, en cohérence avec l’Agenda olympique 2020 du CIO. De belles paroles, car sur le terrain, ce n’est pas vraiment le cas !

Dans les Alpes, le réchauffement climatique est bel et bien une réalité et une expérience quotidienne. Les hivers raccourcissent, les épisodes de redoux se multiplient, la limite pluie-neige remonte inexorablement. À basse et moyenne altitude, la neige naturelle devient incertaine, parfois absente. À Cortina, il a commencé à vraiment neiger une dizaine de jours avant le début des Jeux. Les organisateurs commençaient à se gratter sérieusement la tête.

D’un point de vue environnemental, le choix de la neige de culture n’est pas neutre. Produire de la neige artificielle exige d’importants volumes d’eau, souvent stockés à l’automne dans des retenues collinaires, et une consommation électrique croissante à mesure que les températures augmentent. Plus il fait chaud, plus il faut d’énergie pour produire une neige conforme aux exigences sportives.

À Cortina, cette dépendance de la neige de culture est renforcée par la nature des disciplines accueillies. Certaines épreuves exigent une qualité de neige constante, une stabilité du manteau neigeux et des conditions de sécurité strictes. Là où la montagne ne les fournit plus, la technologie prend le relais, et ceci à n’importe quel coût, y compris dans un contexte de stress hydrique croissant et de tensions sur l’accès à l’eau.

Par ailleurs, le CIO promettait pour les Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 un nouveau modèle plus sobre, plus respectueux des territoires. En réalité, il n’en est rien : la dispersion géographique des sites a nécessité la création ou la modernisation de routes, de lignes ferroviaires et d’équipements sportifs. Ces Jeux, répartis sur 22 000 km², multiplient les flux, les routes, les réseaux d’eau…

S’agissant du coût de ces Jeux d’hiver, les investissements publics se chiffrent en milliards d’euros, dont une part importante pour des infrastructures qui ne seront pleinement utilisées que durant quelques semaines. Le budget initialement affiché en 2019 a été triplé pour atteindre 5,2 milliards d’euros à ce jour.

Source : presse française et transalpine.

En 2030, ce sera au tour des Alpes françaises d’accueillir les Jeux d’hiver. Il y a de fortes chances pour que l’on parle à nouveau de neige et de budget…

La Sicile meurtrie par le cyclone Harry

Alors que l’attention des médias internationaux se concentrait sur le Forum économique mondial à Davos (Suisse), les menaces de tarifs douaniers et autres facéties du président Trump avec le Groenland, une autre île européenne faisait face à un choc économique dévastateur.

La Sicile, la plus grande île de la Méditerranée, était violemment frappée par le cyclone Harry. Pendant plusieurs jours, des vagues extrêmes et des pluies torrentielles ont déferlé sur sa côte ionienne orientale, balayant des infrastructures publiques, endommageant des habitations et perturbant une économie touristique qui soutient une large part des revenus de la région.

Dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026, au large de l’est de la Sicile, les vagues ont dépassé 12 mètres de hauteur, un phénomène inédit pour l’Italie et la mer Méditerranée. Les estimations préliminaires des autorités locales évaluent les dégâts liés au secteur public à 740 millions d’euros, un chiffre qui devrait grimper bien au-delà du milliard une fois comptabilisées les pertes des hôtels, restaurants et services associés. Le maire de Taormine, l’une des destinations touristiques les plus prisées d’Europe du Sud, a expliqué aux médias italiens que les seuls dommages aux infrastructures publiques dans des communes côtières comme Letojanni, Santa Teresa di Riva, Mazzeo, Roccalumera et Giardini Naxos, sont estimés à environ 100 millions d’euros. Sans parler des dégâts causés aux réseaux d’électricité et d’eau, aux stations d’épuration et aux dizaines de maisons en bord de mer. Les photos et vidéos diffusées dans les journaux et sur les réseaux sociaux sont impressionnantes. On a de véritables scènes de guerre tellement la destruction est importante.

Source: presse italienne

Heureusement, malgré l’ampleur des destructions, aucune victime n’a été recensée, un résultat que l’on peut attribuer à l’efficacité des alertes de la protection civile régionale et des secours.

Le gouvernement régional sicilien a bien sûr immédiatement demandé la déclaration de l’état d’urgence, et la mesure devrait être approuvée par le Conseil des ministres italien dans les prochains jours. Il est nécessaire que des mesures soient prises dans l’urgence pour éviter une amplification des dommages économiques.

Les autorités siciliennes et l’État italien comptent également solliciter le Fonds de solidarité de l’Union européenne, créé pour répondre aux grandes catastrophes naturelles en Europe. Cet argent permettrait à la fois la réparation des infrastructures et des travaux d’atténuation des risques à long terme.

Certains membres du Parti Démocrate italien ont suggéré de transférer une partie des fonds destinés à la construction du pont sur le détroit de Messine à la reconstruction de la côte sicilienne, mais cette suggestion n’a pas été suivie d’effet.

La saison touristique approche rapidement et de grandes portions du littoral pourraient ne pas être entièrement restaurées à temps pour l’été prochain, ce qui accroît le risque de pertes de réservations, de baisse de l’emploi et d’effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie régionale. Le maire de Taormine a déclaré : « Nous ferons tout notre possible pour maintenir la qualité des services et revenir à la normale au plus vite. »

Ce sont les zones résidentielles du littoral qui ont été le plus durement touchées. Le phénomène a, et aura, tendance à se répéter avec le réchauffement climatique et la hausse de niveau des mers et des océans. On a trop tendance à oublier qu’il y a quelques décennies les littoraux étaient occupés par des zones dunaires ou marécageuses qui faisaient office de tampon au moment des tempêtes. Ces protections ont disparu avec la mode des résidences « pieds dans l’eau » et l’Homme paye aujourd’hui ses erreurs du passé.

Source : presse italienne.

Voici une vidéo montrant les dégâts subis par la côte ionienne de la Sicile dans le secteur de Letojanni, station balnéaire au nord de Taormine :

https://youtu.be/5Mag11NUDe8

Un fidèle lecteur de mon blog vient de m’envoyer d’autres  vidéos montrant l’ampleur des dégâts à Stromboli, Acitrezza, Syracuse, Lipari, etc. :

https://www.facebook.com/share/v/1AUFDMBHyc/

https://www.facebook.com/share/v/1DszVSwnm3/

https://www.facebook.com/share/r/1K76cQH8Pq/

https://www.facebook.com/share/v/17AWoTg5yR/

https://www.facebook.com/share/r/179i54xbBc/

2024 : une galère climatique !

Le 10 janvier 2025, j’annonçais sur ce blog que l’année 2024 avait été la plus chaude jamais enregistrée. C’est ce que venait de déclarer l’agence européenne Copernicus. Aux États Unis, la NASA et la NOAA arrivaient à la même constatation.

2024 a également été la première année civile où la planète a enregistré une température moyenne supérieure de plus de 1,5 °C à la moyenne préindustrielle, autrement dit la limite la plus ambitieuse de l’Accord de Paris de 2015. Les participants à cette COP21 avaient promis de contenir le réchauffement bien en dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C.

Le 31 décembre 2024, on apprenait que les 10 plus grosses catastrophes climatiques de 2024 ont coûté au moins 200 milliards d’euros. C’était la conclusion d’un rapport international publié le 30 décembre sur le coût des événements climatiques à répétition. Ce chiffre ne comprenait pas les dégâts causés par le cyclone Chido à Mayotte. De son côté, le groupe Swiss estimait les pertes économiques à 310 milliards, soit une hausse de 6% par rapport à 2023.

15 avril 2025, Copernicus a enfoncé le clou en précisant que l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée en Europe. Cependant, les variables climatiques ont touché le continent de diverses manières, avec en particulier un contraste entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest. Depuis les années 1980, l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui en fait le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre,

Incendies à Los Angeles : coup dur pour les compagnies d’assurance // Los Angeles wildfires : a blow to insurance companies

Dans le sillage des incendies qui ont ravagé – et ravagent encore – plusieurs quartiers de Los Angeles, on parle beaucoup des assurances. Compte tenu de la valeur élevée des biens détruits par ces incendies, il est probable qu’il se classera parmi les cinq incendies les plus coûteux jamais observés aux États-Unis. Si l’on inclut les propriétés non assurées, les pertes globales seront encore plus importantes.
Les incendies à Los Angeles vont inévitablement devenir un problème pour le secteur des assurances, qui était déjà en crise avant l’événement. Les propriétaires américains ayant contracté un prêt hypothécaire sont généralement tenus par les banques de souscrire une assurance habitation. Il convient toutefois de noter que les compagnies d’assurance ont augmenté leurs tarifs, … quand elles n’ont pas décidé de fermer boutique en Californie pour aller s’installer ailleurs. Beaucoup ne veulent – ou ne peuvent – plus faire face aux risques croissants de catastrophes naturelles telles que les incendies, les inondations et les ouragans. Leurs clients californiens se trouvent alors dans une situation particulièrement difficile.
Lorsque les compagnies d’assurance cessent de proposer des couvertures, les gens se tournent de plus en plus vers les systèmes d’assurance habitation proposés par les gouvernements des États. Le problème, c’est que ces solutions sont généralement plus chères tout en offrant une protection moindre. En Californie, le nombre de polices d’assurance proposées dans le cadre du plan Fair de ce type a plus que doublé depuis 2020, passant d’environ 200 000 à plus de 450 000 en septembre 2024. Les zones exposées aux incendies figurent parmi celles où la souscription est la plus élevée.
Il est probable que les incendies à Los Angeles auront des répercussions négatives sur l’ensemble dumarché de l’assurance.
Source : U.S. News media.
Comme je viens de l’écrire, aux États-Unis, les coûts d’assurance varient en fonction de l’endroit où vous vivez. Si votre maison est située dans une zone sismique ou volcanique potentiellement active, vous êtes sûr de dépenser beaucoup d’argent en assurance. Une de mes amies qui vit sur la côte ouest de Big Island à Hawaï, avec un risque sismique et volcanique moyen, refuse d’assurer sa maison tellement le coût est élevé. Elle croise les doigts pour qu’aucune catastrophe ne se produise.

Incendie dans le quartier de Palisades (Crédit photo: médias américains)

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In the wake of the wildfires that have ravaged several Los Angeles neighbourhoods, there is a lot of talk about insurances. Taking into account the high property values destroyed by this wildfire, it is likely to end up as one of the top five costliest wildfiresever observed in the U.S. Including properties that are not insured, the overall losses will be even bigger.

The wildfires in L.A. Are set to become a probleme for the insurance industry, which was already in crisis before the event. Homeowners in the US with mortgages are typically required by banks to have property insurance. However, it should be noted that companies have been hiking prices – or cancelling coverage altogether – in the face of increasing risks of natural disaster such as fires, floods and hurricanes.

As companies stop offering coverage, people are turning in surging numbers to home insurance plans offered by state governments, which are typically more expensive while offering less protection. In California, the number of policies offered through the state’s Fair plan has more than doubled since 2020, from about 200,000 to more than 450,000 in September 2024. Areas hit by the fires rank as some of the places with highest take-up.

It is likely that the wildfires in L.A.will have awidespread, negative impacts for the state’s broader insurance market.

Source : U.S. News media.

It should be added that in the U.S. Insurance costs also vary according to the place where you are living. If your house is located in a potentially active seismic or volcanic zone, you are sure to spend a lot of money on insurance. A friend of mine who live in Hawaii Big Island’s west cost, with both a seismic and volcanic risk, refused to insure her house. She crosses her fingers that no disaster will happen.