A la veille de la COP 26… // On the eve of COP 26…

Peut-être est-ce l’approche de la COP 26 de Glasgow qui motive les journalistes, mais les articles relatifs au réchauffement climatique sont nombreux dans la presse ces jours-ci. Aux Etats Unis, le départ de Donald Trump de la Maison Blanche a changé la donne. La presse outre-atlantique s’exprime désormais librement sur le sujet, sans risques de représailles de la part de l’administration Biden.

L’un des articles récemment publiés s’attarde sur les causes du réchauffement climatique et en particulier l’augmentation constante des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.

En France, les médias sous l’influence du gouvernement ont tendance à faire retomber la responsabilité du problème sur le citoyen moyen dont l’habitation serait une passoire thermique, avec une cheminée qui enverrait dans l’air des particules nocives et un véhicule dont les gaz d’échappement empoisonneraient l’atmosphère. Mais silence radio, ou presque, sur les usines polluantes.

Il ne fait guère de doute qu’à l’échelle de la planète la combustion à grande échelle du charbon, du gaz naturel et du pétrole pour produire de l’électricité sont les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre, que ce soit le CO2 ou le méthane (CH4). Il ne faudrait pas, pour autant, oublier les activités humaines car le chauffage de nos maisons, la climatisation, nos voitures et notre mode de production de la nourriture contribuent également à aggraver la situation climatique.

C’est surtout le CO2 qui inquiète car il représente 65% des émissions de gaz à effet de serre. Il provient essentiellement des combustibles fossiles, mais aussi de la déforestation et de la destruction d’autres plantes qui absorbent le gaz carbonique. .

Le méthane émis, entre autres, par le bétail, la décomposition des déchets et la production de pétrole et de gaz, représente 14% des émissions de gaz à effet de serre.

Selon l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) aux Etats Unis, la production d’électricité et de chauffage entre pour un quart (25%) dans les émissions de gaz à effet de serre, alors que la production de nourriture, en particulier avec les terres agricoles, compte pour 24%. De son côté, les cimenteries et les aciéries produisent 21% de ces gaz nocifs et les moyens de transport en émettent 14%.

S’agissant des pays responsables des émissions de gaz à effet de serre, une étude effectuée par l’université d’Oxford place l’Asie largement en tête avec 53% de ces émissions à l’échelle de la planète. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (18%), l’Europe (17%), l’Afrique et l’Amérique du Sud (3-4% chacune) et l’Océanie (Australie et île du Pacifique (1,3%).

Toutefois, si on se place au seul niveau de la population, l’ordre change, et les émissions par habitant de la Chine et de l’Inde sont éclipsées par un certain nombre de pays beaucoup plus petits comme l’Australie, le Canada et des pays producteurs de pétrole comme le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
Il est également important de noter que certains pays ont une longue histoire de production d’émissions en raison d’une industrialisation plus précoce. En ce qui concerne les contributions au dioxyde de carbone depuis 1751, les États-Unis sont de loin en tête. Le pays est responsable de 25% des émissions historiques, soit deux fois plus que la Chine. Le Royaume-Uni est un autre grand émetteur historique. Ainsi, jusqu’en 1882, plus de la moitié des émissions cumulées mondiales provenaient du seul Royaume-Uni.
Comme je l’ai indiqué à maintes reprises, le réchauffement climatique est un problème mondial. Les solutions proviendront d’actions prises par les pays et les individus, d’où l’importance que devraient – en théorie – avoir les COP comme celle qui va se tenir à Glasgow.
Le passage à des sources d’énergie renouvelables (l’éolien et le solaire)e, ainsi que les changements alimentaires, le reboisement, le passage aux systèmes de transport électriques et l’arrêt de l’extraction des combustibles fossiles, sont autant d’actions qui pourraient aider à réduire les émissions de carbone. Le problème, c’est que la volonté politique de nos gouvernants fait souvent défaut.

Source: Yahoo News.

Je ne suis pas certain que la COP 26 – avec, entre autres, l’absence remarquée du président chinois – fera beaucoup avancer les choses. Vladimir Poutine ne sera pas présent physiquement. Les Américains seront en Ecosse, mais la marge de manoeuvre de Joe Biden dans son pays est extrêmement étroite car les Républicains continuent à traîner les pieds en matière de réchauffement climatique. Ce sont les intérêts pétroliers qui mènent la barque.

——————————————–

The approach of the COP 26 in Glasgow may have motivated the journalists, and articles relating to global warming are numerous in the press these days. In the United States, Donald Trump’s departure from the White House has changed the situation. The press across the Atlantic now expresses itself freely on the subject, without risk of reprisals from the Biden administration.
One of the recently published articles focuses on the causes of global warming and in particular the constant increase in carbon dioxide (CO2) concentrations in the atmosphere.
In France, the media under the influence of the government tend to blame the problem on the average citizen whose home is a heat sieve, with a chimney that sends out harmful particles and a vehicle whose exhaust fumes. poison the atmosphere, but radio silence on polluting factories.
There is little doubt that on a global scale the large-scale combustion of coal, natural gas and oil to generate electricity are the main sources of greenhouse gas emissions, either CO2 or methane (CH4). However, we should not forget about human activities because the heating of our homes, air conditioning, our cars and our way of producing food also contribute to worsening the climate situation.
It is above all CO2 that poisons the atmosphere because it represents 65% of greenhouse gas emissions. It comes mainly from fossil fuels, but also from deforestation and the destruction of other plants that absorb carbon dioxide. .
Methane emitted by livestock, waste decomposition, and oil and gas production, among others, accounts for 14% of greenhouse gas emissions.
According to the Environmental Protection Agency (EPA) in the United States, the production of electricity and heating accounts for a quarter (25%) of greenhouse gas emissions, while the production of food, especially with agricultural land, accounts for 24%. For its part, cement and steel works produce 21% of these harmful gases and means of transport emit 14%.
Regarding the countries responsible for greenhouse gas emissions, a study carried out by the University of Oxford places Asia largely in the lead with 53% of these emissions worldwide. Next come North America (18%), Europe (17%), Africa and South America (3-4% each) and Oceania (Australia and Pacific Island (1.3 %).

However, when you account for population, the order changes, and the per capita emissions of China and India are dwarfed by a number of much smaller nations, including Australia, Canada and oil-producing countries like Qatar, Kuwait and the United Arab Emirates.

It’s also important to note that some countries have a longer history of producing emissions due to earlier industrialization. When it comes to carbon dioxide contributions since 1751, the U.S. is the leader by far. It is responsible for 25 percent of historical emissions, twice as much as China — the world’s second-largest national contributor, according to data from Oxford.

Another large historical emitter is the United Kingdom. The same data shows that until 1882, more than half the world’s cumulative emissions came from the U.K. alone.

As I put it often before, global warming is a worldwide problem and the solutions to it come from actions taken by both countries and individuals, hence the importance of the Conferences of the Parties like the one to be held in Glasgow.

Switching to renewable sources of energy such as wind and solar, as well as dietary shifts, reforestation, moving to electric transport systems and halting extraction of fossil fuels, are all actions that could help ease carbon emissions. But the political will of our leaders is often missing.

Source: Yahoo News.

I am not sure that COP 26 – with, among other things, the noted absence of the Chinese president – will make much progress. Vladimir Putin will not be physically present. The Americans will be in Scotland, but Joe Biden’s room for maneuver in his country is extremely narrow as the Republicans continue to drag their feet on global warming. Oil interests are leading the way.

La courbe de Keeling montre que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère restent beaucoup trop élevées.

Septembre 2021 encore trop chaud ! // September 2021 still too hot !

En attendant la bilan mensuel de la NASA et de la NOAA qui paraîtra vers le 15 de ce mois, les archives ERAS indiquent que le mois de septembre 2021 a été le 2ème plus chaud de l’histoire. il se situe +0,598°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,402°C. Les trois mois de septembre les plus chauds ont été enregistrés ces trois dernières années. Les neuf derniers mois de septembre sont dans le Top 10.

La situation climatique actuelle se déroule dans des conditions El Niño neutres légèrement négatives dans le Pacifique. Selon la NOAA, des conditions La Niña pourraient de nouveau émerger cet hiver, alors quie d’autres agences misent sur des conditions neutres.

Source: global-climat.

——————————————-

While waiting for the monthly report from NASA and NOAA which will be released around October 15th, the ERAS archives indicate that September 2021 was the second hottest in history. it was + 0.598 ° C above the 1981-2010 average. Compared to the new 1991-2020 reference period used by ERA5, the anomaly is + 0.402 ° C. The hottest three months of September have been recorded in the past three years. The last nine months of September are in the Top 10.
The current climatic situation is under slightly negative neutral El Niño conditions in the Pacific. According to NOAA, La Niña conditions could emerge again this winter, while other agencies are betting on neutral conditions.
Source: global-climat.

Capture du CO2 en Islande (suite) // CO2 capture in Iceland (continued)

L’Islande est connue depuis longtemps pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs articles de ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, par exemple), j’ai évoqué le projet islandais CarbFix, à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. L’objectif du projet est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le substrat basaltique.
Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a commencé à faire fonctionner 96 turbines alimentées par une centrale géothermique voisine. Un dirigeant d’entreprise explique que dès que les turbines sont actionnées, chaque tonne de CO2 absorbée aide à lutter contre le réchauffement climatique.
Le dioxyde de carbone est d’abord aspiré dans des collecteurs, puis traité dans un local avant d’être mélangé à de l’eau. À l’intérieur d’un bâtiment en forme de dôme, il est injecté dans le sol et enfoui dans la roche où il peut rester plus de 1000 ans.
La capacité annuelle de l’usine Climeworks est de 4 000 tonnes. Bien sûr, c’est une goutte d’eau dans l’océan de dioxyde de carbone qui asphyxie la planète. Il ne faudrait pas oublier que près de 40 milliards de tonnes de CO2 sont actuellement rejetées dans l’atmosphère chaque année, en grande partie à partir d’énergies fossiles.
Les climatologues rappellent que l’élimination de ces émissions nocives suppose l’abandon des véhicules à essence, la découverte de nouveaux carburants pour propulser les avions, de nouveaux matériaux pour construire des bâtiments et la production de toute notre électricité à partir de sources renouvelables. Selon les scientifiques, la capture du carbone, si elle est développée à grande échelle, pourrait aider à gagner du temps. Climeworks compte de gros investisseurs, dont Microsoft qui met la main au portefeuille pour compenser ses propres émissions.
Climeworks n’est pas la seule entreprise à capter le CO2. Une entreprise canadienne envisage de construire une usine d’élimination du carbone dans l’ouest du Texas; elle devrait éliminer environ 1 million de tonnes de CO2 par an. United Airlines est un investisseur majeur, mais beaucoup pensent que l’élimination du carbone est encore trop coûteuse et difficile à reproduire dans le monde entier.
Tous ces efforts pour capter le CO2 sont louables, mais force est de constater qu’il n’existe actuellement aucun modèle économique crédible qui permettrait à notre planète d’atteindre une économie zéro carbone d’ici 2050.
Source : CBS News, Climeworks.

————————————————–

Iceland has long been famous for its efforts to capture carbon dioxide. In several posts on this blog (June 17th, 2016; April 26th, May 22nd, 2021, for instance), I told about the Icelandic CarbFix project, located next to a geothermal power plant outside Reykjavik. The goal of the project was to inject CO2 underground and store it into basalt bedrock.

On September 9th, 2021, the Swiss company Climeworks started operating 96 fans powered by a nearby geothermal plant. A company executive explains that as soon as the fans are on, every ton of CO2 that is removed helps fighting global warming.

The carbon dioxide first gets drawn into collectors and then is processed in a room and mixed with water. Inside a domed building, it gets injected into the ground and trapped in stone. It can stay there for more than 1,000 years.

The yearly capacity of the Climeworks plant is 4,000 tons. Sure, this is a drop in the carbon dioxide ocean. One should not forget that nearly 40 billion tons of CO2 are now released into the atmosphere every year, much of it from fossil fuels.

Climate specialists say eliminating those emissions means abandoning gas-powered vehicles, finding new fuels to power airplanes, new materials to build buildings and getting all of our electricity from renewable sources. Scientists confirm that carbon capture, if dramatically scaled up, could help buy time. Climeworks has big investors, including Microsoft, which is also paying to offset its own emissions.

Climeworks is not the only company to capture CO2. A Canadian company is planning to build a carbon removal plant in West Texas; it is expected to remove about 1 million tons of CO2 a year. United Airlines is a major investor, but skeptics say carbon removal is still too expensive and complicated to replicate worldwide.

All these efforts to capture CO2 are laudable, but one is forced to admit that there is currently no credible economic model that shows the world will be achieving a net-zero carbon economy by 2050.

Source: CBS News, Climeworks.

 

Source: Climeworks

Pénurie de lithium sur le marché du véhicule électrique // Lithium shortage on the electric car market

L’arrivée sur le marché des véhicules électriques permettra-t-elle de réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc la fonte des glaciers? Un article publié sur le site Lithium News montre que la partie est loin d’être gagnée.

Au train où vont les choses, il faudra probablement dépenser beaucoup d’argent pour acheter un véhicule électrique dans les mois ou les années à venir. La cause est une pénurie probable de lithium dont l’extraction est déjà une catastrophe pour l’environnement, notamment en Amérique du Sud.
Le prix du lithium a atteint son plus haut niveau en trois ans suite à une augmentation des ventes de véhicules électriques. Cela a mis à mal les stocks de composants pour batteries en Chine qui est le principal consommateur.
Les objectifs de réduction des émissions de carbone, que ce soit en Chine ou aux États-Unis ne peuvent être atteints sans les batteries lithium-ion rechargeables qui alimentent les véhicules électriques. Il faudra donc investir davantage dans la production de lithium pour répondre aux besoins de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques dans les mois et années à venir.
Il y a une énorme inquiétude concernant la source d’approvisionnement en lithium dans un proche avenir. Si le lithium n’arrive pas à temps sur le marché, la production de véhicules électriques pourrait être paralysée par manque de matières premières.
Les batteries de véhicules électriques peuvent utiliser du carbonate de lithium ou de l’hydroxyde de lithium, mais l’industrie parle généralement de volumes en équivalent carbonate de lithium (ECL).
Les prix du carbonate de lithium en Chine ont augmenté de plus de 160 % depuis le début de l’année 2021. Les prix au comptant du carbonate de lithium en Chine ont grimpé de 170 % cette année et ont atteint leur plus haut niveau depuis avril 2018. Le prix du spodumène, une forme de lithium principalement extraite en Australie, a grimpé de 144 % cette année.
En Chine, qui représente le plus grand marché pour les véhicules électriques, la production de carbonate de lithium en août 2021 a augmenté de 19% par rapport à 2020 pour atteindre près de 20 000 tonnes.
La demande de lithium devrait bondir de 26,1%, soit environ 100 000 tonnes d’ECL pour atteindre 450 000 tonnes, ce qui représente un manque de 10 000 tonnes.sur le marché
Selon le cabinet conseil de Rho Motion, les ventes de véhicules électriques dans le monde ont augmenté de 150 % au cours des sept premiers mois de 2021 par rapport à la même période en 2020 pour atteindre un peu plus de 3 millions d’unités, avec environ 1,3 million de véhicules vendus en Chine. Pour 2021, Rho Motion s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques atteignent 5,8 millions.
Source : Lithium News.

—————————————-

Will the arrival on the market of electric vehicles make it possible to reduce greenhouse gas emissions and then the melting of glaciers? An article published on the Lithium News website shows that the game is far from won.

As things are going, you will probably have to spend a lot of money to buy an electric vehicle in the coming months or years. The cause is a likely shortahge of lithium whose extraction is a disaster to the environment, especially in South America.

Lithium prices have jumped to their highest in more than three years thanks to an upsurge in electric vehicle sales, depleting stocks of the battery material in top consumer China.

Targets to cut carbon emissions from China to the United States cannot be met without the rechargeable lithium-ion batteries that power electric vehicles. More investment in lithium production is needed to meet future needs of the electric vehicle supply chain.

There is huge anxiety about where lithium supply is going to come from in the near futurer. If new lithium does not start coming to market, electric vehicle production rates might be hamstrung by a lack of raw material supply.

Electric vehicle batteries can use lithium carbonate or lithium hydroxide, but the industry typically talks of volumes in lithium carbonate equivalent (LCE). Prices for lithium carbonate in China have risen more than 160% so far this year. Spot prices for lithium carbonate in China have climbed 170% so far this year and have reached their highest level since April 2018. Prices of spodumene , a source of lithium mainly mined in Australia, have climbed 144% this year.

In China, the biggest market for electric vehicles, lithium carbonate output in August rose 19% year-on-year to almost 20,000 tonnes. Demand for lithium is expected to jump 26.1% or about 100,000 tonnes of LCE to a total of 450,000 tonnes, flipping the market into a deficit of 10,000 tonnes.

Global sales of electric vehicles were up 150% in the seven months to July to just over 3 million units, compared to the same period in 2020, with about 1.3 million sold in China, according to consultancy Rho Motion. For 2021, Rho Motion expects electric vehicle sales to reach 5.8 million.

Source: Lithium News.

L’extraction du lithium est une menace pour la beauté des salars sud-américains (Photos: C. Grandpey)