La vie sous l’Antarctique // Life underneath Antarctica

Lorsqu’on prononce le mot Antarctique, on pense en général à un désert de glace, même si on sait qu’il existe des formes de vie à la surface du continent avec les phoques et les manchots.
Une nouvelle étude publiée fin décembre 2021 dans la revue Current Biology nous apprend que des scientifiques ont découvert des formes de vie plus abondantes que prévu sous la banquise antarctique.
En utilisant la technique du forage à l’eau chaude, des scientifiques de l’Institut Alfred Wegener en Allemagne ont percé deux trous d’environ 200 mètres de profondeur dans la banquise antarctique. Au fond des forages, ils ont découvert sur le plancher océanique des fragments de vie appartenant à plus de 77 espèces. Certaines d’entre elles avaient déjà été observées en Antarctique, mais les fragments de plusieurs nouvelles espèces sont inconnus dans la région. Cette abondance d’êtres vivants dans ces conditions extrêmes est très surprenante et nous rappelle à quel point la vie marine en Antarctique est unique en son genre.La plupart de ces nombreuses espèces animales se nourrissent de phytoplancton, en sachant qu’aucune plante ou algue ne peut vivre dans cet environnement.
Les chercheurs expliquent que la chose la plus surprenante est la durée de vie sous l’Antarctique. La datation au Carbone 14 de fragments prélevés sur les fonds marins révèle un laps de temps allant de l’époque actuelle jusqu’à il y a 5 800 ans. Les chercheurs rappellent par ailleurs que les théories actuelles affirment que la vie devient moins abondante au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’eau libre. Effectivement, certains poissons et autres vers peuvent vivre dans ces environnements. Cependant, les organismes filtreurs comme ceux observés par les scientifiques allemands sont généralement les premiers à disparaître et encore plus lorsque l’on s’éloigne de l’eau et du soleil. Cela ne semble donc pas être le cas sous l’Antarctique.
Les scientifiques se désespèrent en constatant les effets du réchauffement climatique sur l’Antarctique. Cela signifie qu’ils auront de moins en moins de temps pour étudier ces formes de vie avant que leur environnement ne cesse d’exister.
Sources : Yahoo News, BGR.

Cette étude confirme les découvertes de vie que le biologiste marin français Laurent Ballesta (que je salue ici) avait faites lors d’une remarquable plongée sous la banquise antarctique en 2016. Dans le même temps, Vincent Munier (que le salue également) avait fait un très bon reportage en surface sur les moeurs des manchots La vidéo de cette expédition dirigée par le cinéaste Luc Jacquet et intitulée « Antarctica, sur les traces de l’empereur » est disponible aujourd’hui en DVD.

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When you mention the word Antarctica, you think about a frozen wasteland, although you’ve heard there is some life on the continent: seals,penguins…

In a new study published late December in the journal Current Biology, scientists have discovered more marine life than previously expected under the Antarctic ice shelf.

Using hot water, scientists from the Alfred Wegener Institute in Germany drilled two holes. The holes were roughly 200 meters deep in the Antarctic ice shelf. There they found fragments of life on the seabed which included over 77 species. Some of the species had already been discovered in Antarctica. However, there were fragments from several new species that they did not previously know about in the area. The discovery of so much life living in these extreme conditions comes as a complete surprise and reminds us how Antarctic marine life is so unique and special. Among the many animal types, most feed on phytoplankton, yet no plants or algae can live in this environment.

Researchers say that the most surprising thing is how long life has been underneath Antarctica. Carbon dating of dead fragments of these seafloor animals varied from current to 5,800 years, Despite living 3-9km from the nearest open water, an oasis of life may have existed continuously for nearly 6,000 years under the ice shelf. The researchers also note that current theories say life becomes less abundant as you move further from the open water. Indeed, some fish, worms, and other small mobile scavengers can live in these environments. However, filter feeding organisms like the ones found by scientists usually disappear first. Especially as you move farther from the water and sun. That does,not appear to be the case underneath Antarctica.

Unfortunately, scientists say the rapid rate of climate change our world is currently undergoing means we have less and less time to study these lifeforms before their environment ceases to exist.

Sources: Yahoo News, BGR.

La folie météorologique continue // The weather madness continues

Après le coup de chaud en Alaska et les températures anormalement élevées enregistrées à Kodiak le 26 décembre 2021, l’Etat a dû faire face à des pluies torrentielles suivies dans la foulée par une vague de froid qui a transformé l’eau en glace. Les autorités ont parlé d’un « Icemageddon ».
D’énormes plaques de glace ont envahi les routes et bloqué la circulation à Fairbanks, la deuxième plus grande ville d’Alaska, le 31 décembre. La région a connu une série de tempêtes hivernales sans précédent.
Quelques heures après que le thermomètre ait atteint 19,4 °C sur l’île de Kodiak, la température de décembre la plus élevée jamais enregistrée en Alaska, l’intérieur de l’État a vu 25 millimètres de pluie tomber en quelques heures, un déluge jamais vu depuis des décennies.
Ensuite, la température a de nouveau chuté, et tout a gelé d’un seul coup.
Les météorologues expliquent que la pluie très intense a été causée par le même système météorologique qui a fait grimper la température, avec de l’air chaud et humide en provenance d’Hawaï qui a envahi le Grand Nord où règnent des températures beaucoup plus basses. Ils ajoutent que « ce genre de phénomène – humidité extrêmement élevée dans un air extrêmement chaud – est exactement ce à quoi il faut s’attendre dans un contexte de réchauffement climatique
Les conditions météorologiques instables ont perturbé lle trafic aérien au départ de l’aéroport international Sea-Tac de Seattle, avec des centaines de vols annulés ou retardés.
En Californie, la neige et les pluies persistantes continuent également de poser problème. Des inondations ont entraîné des évacuations dans les secteurs autour de Los Angeles.
Dans le nord de l’Etat, la station touristique de Lake Tahoe – où des incendies de forêt il y a quelques mois ont fait fuir les habitants – a été ensevelie sous une neige abondante, laissant certaines personnes isolées.
Pendant ce temps, des incendies de forêt ravageaient la région de Boulder (Colorado) à cause de la sécheresse dans cet État.

Quand je vous dis que le climat est devenu fou….

Source : médias d’information américains.

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After the heatwave in Alaska and the unusually high temperatures recorded at Kodiak on December 26th, 2021, the State had to face torrential downpours with a cold spell that turned the water into ice. It left authorities warning of « Icemageddon ».

Huge sheets of ice blocked roads and choked traffic in Fairbanks, Alaska’s second largest city on December 31st. The region experienced an unprecedented series of winter storms.

Hours after thermometers on Kodiak Island in the south reached 19.4°C, the warmest December temperature ever recorded in Alaska, the interior of the State saw 25 millimeters of rain fall in just a few hours, a downpour unseen in decades.

Then when temperatures plummeted again, it all froze.

Meteorologists explain that the rainstorm was caused by the same weather system that brought the soaring temperatures, transporting warm, moist air from Hawaii to the frigid far north. They add that « this kind of thing – record high moisture content, record warm air – is exactly what we expect, of course, in our warming climate. »

Unsettled weather disrupted flights in an out of Sea-Tac International Airport in Seattle, with hundreds of flights cancelled or delayed this week.

In California, snow and persistent rain also continue to cause problems, with localized flooding forcing evacuations in areas around Los Angeles.

In the north of the state, the tourist resort of Lake Tahoe – where forest fires a few months ago caused residents to flee – has been buried in heavy snow, leaving some people cut off.

In the meantime, wildfires were ravaging places near Boulder (Colorado) because of the drought in this State.

The climate has really become crazy….

Source: US news media.

Photo: C. Grandpey

De plus en plus de vagues de chaleur simultanées // More and more simultaneous heat waves

Si vous aviez des doutes sur l’existence du réchauffement climatiques, voici quelques statistiques qui devraient vous faire réfléchir.

Une nouvelle étude effectuée par l’Université d’Etat de Washington et publiée dans le Journal of Climate montre que le nombre de vagues de chaleur simultanées a été multiplié par six entre les années 1980 et 2010 dans l’Hémisphère Nord.

Plusieurs vagues de chaleur survenant au même moment peuvent avoir des conséquences sociétales plus graves qu’un seul événement. Par exemple, les régions productrices de denrées alimentaires peuvent subir simultanément des pertes de récoltes liées à la chaleur. Des vagues de chaleur concomitantes peuvent aussi épuiser la capacité des pays à s’entraider en cas de crise, comme on l’a vu lors des multiples incendies de forêt aux États-Unis, au Canada et en Australie, associés aux vagues de chaleur de 2019 et 2020.

L’étude définit les grandes vagues de chaleur comme des événements de température élevée qui durent trois jours ou plus et couvrent au moins 1,6 million de kilomètres carrés, ce qui équivaut à peu près à trois fois la taille de la France. Les chercheurs ont analysé les données ERA5 produites par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme.

Outre une fréquence plus élevée, l’étude montre que sur les 153 jours de la période chaude (mai à septembre), il y a eu des vagues de chaleur simultanées pendant 143 jours dans les années 2010, soit presque tous les jours.

Les épisodes de chaleur simultanés ont également gagné en chaleur et en ampleur : leur intensité a augmenté de 17 % et leur étendue géographique de 46 %.

D’après les auteurs de l’étude, le principal moteur des vagues de chaleur est l’augmentation globale de la température moyenne mondiale due au changement climatique. La planète s’est réchauffée d’environ 1,2°C depuis la période préindustrielle avec une accélération depuis 1975.

Les chercheurs ont également constaté que l’apparition croissante de deux schémas de circulation à l’échelle de l’hémisphère rendait certaines régions plus vulnérables aux vagues de chaleur simultanées, notamment l’est de l’Amérique du Nord, l’est et le nord de l’Europe, l’Asie de l’Est et la Sibérie orientale. Il y aurait donc aussi une influence du réchauffement sur la circulation atmosphérique, par le biais de modifications du jet stream. La variabilité météorologique quotidienne des latitudes moyennes est notamment le fruit de la dynamique du jet stream, ce qui entraîne une covariabilité des conditions météorologiques dans les régions éloignées.

Source : global-climat.

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If you had any doubts about the existence of global warming, here are some statistics that should make you think twice.
A new study by Washington State University published in the Journal of Climate shows that the number of simultaneous heat waves increased six-fold between the 1980s and 2010 in the Northern Hemisphere.
Several heat waves occurring at the same time can have more serious societal consequences than a single event. For example, food producing regions can simultaneously experience heat-related crop losses. Concomitant heat waves can also deplete the ability of countries to help each other in times of crisis, as seen in multiple forest fires in the United States, Canada and Australia, associated with heat waves in Canada. 2019 and 2020.
The study defines large heat waves as high temperature events that last three or more days and cover at least 1.6 million square kilometers, which is roughly three times the size of France. The researchers analyzed ERA5 data produced by the European Center for Medium-Range Weather Forecasts.
Besides a higher frequency, the study shows that of the 153 days of the warm period (May to September), there were simultaneous heat waves for 143 days in the 2010s, almost every day.
Simultaneous heat episodes also gained heat and magnitude: their intensity increased by 17% and their geographic extent by 46%.
The main driver of heat waves, according to the study’s authors, is the increase in global average temperature due to climate change. The planet has warmed by about 1.2 ° C since the pre-industrial era with an acceleration since 1975.
The researchers also found that the growing emergence of two hemisphere-wide circulation patterns made some regions more vulnerable to simultaneous heat waves, including eastern North America, eastern and eastern North America. northern Europe, East Asia and Eastern Siberia. Thus, there seems to be an influence of warming on atmospheric circulation, through modifications of the jet stream. The daily weather variability of mid-latitudes is notably the result of the dynamics of the jet stream, which leads to a covariability of weather conditions in remote regions.
Source: global-climat.

Source: Journal of Climate

Records de chaleur en pagaille ! // Too many heat records !

Le dimanche 26 décembre 2021, la température à Kodiak (Alaska) a atteint 19,5°C, établissant un record en décembre pour un État qui est habitué à subir en permanence les effets du réchauffement climatique. Les 19,5°C signalés à l’aéroport se situent 11 degrés Celsius au-dessus du précédent record établi le 26 décembre 1984.
Selon la NOAA, l’Alaska se réchauffe plus rapidement que tout autre État américain et deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale depuis le milieu du 20ème siècle. Depuis 2014, il y a eu 5 à 30 fois plus de records de températures élevées que de records de températures basses. Une étude effectuée en 2019 a révélé que les derniers records de températures élevées dépassaient les records de températures basses dans un rapport de 2 contre 1. Cette constatation a été corroborée par l’Environmental Protection Agency (EPA). Selon l’Agence, « si le climat était complètement stable, on s’attendrait à voir un équilibre entre les records de hautes et de basses températures. Depuis les années 1970, les records de températures maximales sont devenus plus fréquents que les records de basses températures à travers les États-Unis. La décennie de 2000 à 2009 a connu deux fois plus de records de températures maximales que de températures minimales. »
D’autres études ont confirmé que ce rapport ne cessera d’augmenter dans les années à venir tant que notre société continuera d’envoyer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
En plus du dôme de chaleur de décembre, l’Alaska a connu un autre grand changement au cours de cette période de l’année avec l’arrivée de de fortes pluies. Des précipitations record de près de 75 cm se sont déversées sur le secteur du glacier Portage à la fin octobre 2021. Fairbanks a connu son jour de décembre le plus arrosé de l’histoire le 26 décembre avec 4,8 cm de pluie.
On n’a pratiquement jamais vu de pluie en Alaska à cette période de l’année. L’État n’est pourtant pas le seul endroit où le réchauffement climatique provoque des changements. En août 2021, des pluies ont été observée sur le point culminant du Groenland pour la première fois depuis le début des archives météorologiques en 1950. Au total, 7 milliards de tonnes d’eau de pluie sont tombées sur le Groenland au cours de trois jours d’août exceptionnellement chauds, ce qui a contribué à accélérer la fonte de la calotte glaciaire. Les scientifiques estiment qu’à cause de la pluie, le Groenland a perdu 7 fois plus de glace que le reste du temps à cette époque de l’année.
Alors que de nombreux records de températures élevées ont été battus en 2021 aux États-Unis et dans le monde, y compris le Noël le plus chaud jamais enregistré aux États-Unis, l’Alaska a établi des records de température sur une journée à Fairbanks et à Anchorage. Ces records font suite à un été exceptionnellement chaud en 2019.
Sources : NOAA, Yahoo News

Dans le même temps, Météo France indique que les températures sont anormalement élevées en France pour une fin de mois de décembre et le thermomètre va atteindre les records pour la saison.

D’ici la fin de l’année, les températures vers 1500m d’altitude vont atteindre les 10°C dans le nord de la France et dépasser les 15°C au sud ! De telles températures de la masse d’air sont remarquables pour une fin décembre, correspondant à des niveaux de 8 à 12°C au dessus de ce que l’on devrait observer à cette époque de l’année ! De plus, cette impressionnante anomalie s’étale sur presque une semaine entière. Le pic sera souvent de 15 à 16°C sur la moitié nord, 17 à 20°C dans le sud mais souvent 22 ou 23°C au pied des Pyrénées. Dans certaines localités du Béarn et du Pays Basque, le seuil de chaleur (25°C) pourrait être localement atteint !

Sale coup pour la neige en montagne, avec un risque d’avalanche accru. En entendant la réaction des gens, je ne suis pas certains qu’ils aient compris à quel point la situation climatique est catastrophique.

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On Sunday December 26th, 2021, the temperature in Kodiak, Alaska, hit 19.5°C, setting a December record-high for a state that has become used to them with the never-stopping global warming. The 19.5°C reported at the airport was 11 degrees Celsius higher than the previous high temperature record set on December 26th, 1984.

According to NOAA, Alaska is warming faster than any other U.S. state and twice as quickly as the global average since the middle of the 20th century. Since 2014, there have been 5 to 30 times more record-high temperatures set than record lows. A 2019 analysis found that new global high temperature records were outpacing new low records by a ratio of 2 to 1. That finding was corroborated by the Environmental Protection Agency (EPA). According to the Agency, “if the climate were completely stable, one might expect to see highs and lows each accounting for about 50 percent of the records set. Since the 1970s, however, record-setting daily high temperatures have become more common than record lows across the United States. The decade from 2000 to 2009 had twice as many record highs as record lows.”

Other studies have confirmed that, as global temperatures continue to rise, the ratio will continue to grow in the coming years as humans continue to pump greenhouse gases into the atmosphere.

Along with December’s heat dome, Alaska has seen another big change during an atypical time of year: heavy rains. Record-breaking downpours of nearly 75 cm were unleashed on the Portage Glacier in late October. Fairbanks saw its wettest December day in recorded history on December 26th, with 4.8 cm of rain.

Rain in Alaska at this time of year is almost unheard of, but the state isn’t the only place where global warming is causing changes. In August, rain fell on Greenland’s tallest mountain for the first time since records began being kept there in 1950. In total, 7 billion tonnes of rain fell on Greenland over the course of three unusually warm August days, which helped speed the melting of its ice sheet. Scientists estimate that because of the rain, Greenland lost 7 times the ice it normally would at that time of year.

While numerous high temperature records fell in 2021 across the United States and the globe, including the record for the hottest Christmas in the U.S. on record, Alaska set one-day temperature records in Fairbanks and Anchorage. Those records follow an exceptionally warm summer in 2019.

Sources: NOAA, Yahoo News.

At the same time, Météo France indicates that temperatures are abnormally high in France for the end of December and they will reach records for the season.
By the end of the year, temperatures around 1500m above sea level will reach 10 ° C in the north of France and exceed 15 ° C in the south! Such temperatures are remarkable for the end of December, corresponding to levels of 8 to 12 ° C above what we should observe at this time of the year! In addition, this impressive anomaly spans almost an entire week. The peak will often be 15 to 16 ° C in the northern half, 17 to 20 ° C in the south but often 22 or 23 ° C at the foot of the Pyrenees. In certain municipalities of Béarn and the Basque Country, the heat threshold (25 ° C) could be locally reached!
This is bad news for the snow in the mountains, with an increased risk of avalanche. Hearing the reaction of people, I am not sure they understandd how disastrous the climate situation is.