A quoi servent les COP ? À pas grand-chose ! // What are COPs for? Not much!

En lisant début septembre 2023 un article sur la pollution en Indonésie, j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas dans la gestion du réchauffement climatique sur notre planète. Si cette gestion était correcte, les Conférences des Parties (COP) prendraient des mesures CONTRAIGNANTES obligeant les pays à contrôler et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, les COP de prennent jamais de telles décisions. On en reste au stade des recommandations. Je pense que les participants aux COP ne regardent jamais la courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Elles n’ont jamais été aussi élevées (418,51 ppm en ce moment) et la courbe est parallèle à la hausse des températures dans le monde.
Les pays asiatiques comptent parmi les principaux pollueurs de la planète. La pollution en Indonésie était si forte ces derniers jours que le gouvernement a décidé de réduire de moitié la production d’une importante centrale au charbon près de la capitale Jakarta..
Cette réduction est intervenue une semaine avant que l’Indonésie accueille les dirigeants de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de hauts responsables des États-Unis, du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud pour des colloques abordant une série de problèmes régionaux.
Jakarta (30 millions d’habitants) est arrivée en tête du classement mondial de la pollution en août 2023, alors qu’un épais nuage de smog toxique avait envahi la ville et menaçait de peser sur les réunions de l’ASEAN. Il est évident que cette mesure concernant la centrale au charbon a été prise par le gouvernement pour se donner bonne conscience, rien d’autre.
La centrale, située à la pointe ouest de l’île de Java, produira désormais 1 800 mégawatts. Cependant, les responsables indonésiens n’ont pas précisé combien de temps durera sa mise en veille, ni s’il s’agira d’une mesure permanente, ce qui est fort improbable.
L’Indonésie s’est engagée à cesser de construire de nouvelles centrales au charbon à partir de 2023 et à devenir neutre en carbone d’ici 2050. Cependant, malgré le tollé des écologistes, la centrale au charbon de Suralaya, sur l’île de Java, est toujours en cours d’agrandissement et devrait accueillir 10 unités supplémentaires. .
Alors que les critiques du public se multiplient concernant la détérioration de la qualité de l’air, l’Indonésie a réagi en sanctionnant 11 entreprises industrielles qui ne respectaient pas les normes en vigueur, et a ordonné à la moitié de ses fonctionnaires de faire du télétravail
Le gouvernement a imputé cette hausse de la pollution aux conditions météorologiques et aux émissions des véhicules, mais certains ministres ont récemment reconnu que les centrales électriques au charbon et les usines autour de la capitale étaient également responsables.
Si la planète avait une politique de réduction des gaz à effet de serre digne de ce nom, les participants aux coûteuses COP auraient déjà pris des mesures contraignantes fixant les niveaux de ces gaz pour chaque pays. Or, ils ne l’ont jamais fait. Certains pays, comme la France, font des efforts en ce sens, mais ces mesures semblent dérisoires au vu de l’ampleur de la pollution de l’atmosphère en Chine, en Inde ou en Indonésie.
Quand je vois que la COP 28 aura lieu à Abou Dhabi, chez les producteurs de pétrole du Moyen-Orient, en novembre-décembre 2023, j’ai de gros doutes sur les résultats de cette conférence qui, comme les précédentes risque d’accoucher d’une souris ! Cela me rappelle la COP 24 dans le bassin houiller polonais de Silésie…. !

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Reading in early September an article about pollution in Indonesia, I concluded there was something wrong about the management of global warming on our planet. If this management was correct, the Conferences of the Parties (COP) would take BINDING measures to force the countries to control and reduce their greenhouse gas emissions, which they never do. I think the participants in the COPs never have a look at the Keeling Curve which shows CO2 concentrations in the atmosphere. They have never been so high (418.51 ppm) and the curve is parallel with the rise of global temperatures.

Asian counnties are among the major polluters of our planet. Pollution in Indonesia was so strong in recent days that the government decided to reduce by a half the output at a major coal-fired power plant near the capital Jakarta.

The reduction came a week before Indonesia hosted leaders from the Association of Southeast Asian Nations (ASEAN) and top officials from the United States, Japan, China and South Korea for summits tackling a spate of regional issues.

Jakarta (pop.30 million) topped global pollution rankings several times in August 2023, as a toxic smog crisis threatened to overshadow the meetings. It is obvious the measure was taken by the government to clear its conscience, nothing else.

The coal-fired plant, on the western tip of Indonesia’s Java, will now operate to produce 1,800 megawatts. However, Indonesian officials did not confirm how long the power cut would be maintained or if it was a permanent move, which is quite unlikely.

Indonesia has pledged to stop building new coal-fired power plants from 2023 and to be carbon neutral by 2050. However, despite an outcry from environmental activists, the Suralaya coal plant on Java island is still being expanded to host 10 units within the plant’s complex.

As public criticism has mounted over worsening air quality, Indonesia has responded by sanctioning 11 industrial firms for failing to meet operational standards and ordered half its civil servants to work from home.

The government blamed weather patterns and vehicle emissions for the spike but some ministers have recently acknowledged coal-fired power plants and factories around the capital were also responsible.

If the global policy to reduce greenhouse gases was correct, the participants in the costly COPs would already have taken binding measures fixing greenhouse gas levels for each country. Some nations like France are making efforts to do so, but they are up to nothing compared what is happening in China, India or Indonesia.

When I see that COP 28 will take place in Abou Dhabi in November-December 2023, I have great doubts about the results ! It reminds me of COP 24 in the Polish coalfield of Silesia….

 Evolution sur une année des concentrations de CO2 dans l’atmosphère (Courbe de Keeling / NOAA)

Nouveau record de chaleur en août 2023 ! // New heat record in August 2023 !

Ce n’est pas une surprise et ça risque malheureusement de se répéter. Avec +0.886°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois d‘août 2023 est de très loin le plus chaud des archives ERA5 qui remontent à 1979. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0.71°C. Après juin et juillet, août 2023 est le 3ème mois d’affilée marqué par un record de chaleur. L’écart est une fois encore impressionnant.. Le précédent record de 2016 (+0.577°C) est dépassé de 0.31°C. Le début du mois de septembre confirme la tendance. Au final, l’année 2023 est partie pour être l’année la plus chaude jamais observée.

Le graphique ci-dessous montre que le mois d’août 2023 se détache nettement du reste du peloton..

Après une période La Niña exceptionnellement prolongée, des conditions El Niño sont désormais présentes et devraient encore se renforcer au cours de l’hiver 2023-24. D’après la moyenne des modèles, l’anomalie El Niño pourrait passer à 2°C sur novembre-décembre-janvier.

Jusqu’à présent, les deux années les plus chaudes ont été 2016 et 2020 avec respectivement +1.337°C et +1.33°C au-dessus de la moyenne préindustrielle. La moyenne sur janvier-août 2023 est de +0.646°C au-dessus de 1981-2010, soit +1.352°C par rapport à 1850-1900. 2023 est donc en passe d’être la plus chaude jamais enregistrée, devançant devant 2016 et 2020.

Source : global-climat.

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This is not a surprise and unfortunately it is likely to repeat itself. With +0.886°C above the 1981-2010 average, August 2023 was by far the warmest in the ERA5 archives going back to 1979. Compared to the new 1991-2020 reference period used by ERA5 , the anomaly is +0.71°C. After June and July, August 2023 is the 3rd month in a row marked by a heat record. The difference is once again impressive. The previous record from 2016 (+0.577°C) is exceeded by 0.31°C. The beginning of September is confirming the tendency. In the end, 2023 is set to be the hottest year ever observed.

The chart below shows that August 2023 stands out significantly from the rest of the pack.
After an exceptionally prolonged La Niña period, El Niño conditions are now present and are expected to strengthen further during the winter of 2023-24. According to the model average, the El Niño anomaly could increase to 2°C over November-December-January.
So far, the two hottest years have been 2016 and 2020 with respectively +1.337°C and +1.33°C above the pre-industrial average. The average over January-August 2023 is +0.646°C above 1981-2010, or +1.352°C compared to 1850-1900. 2023 is therefore on track to be the hottest on record, ahead of 2016 and 2020.

Source : global-climat.

La fonte de l’Adamello et des autres glaciers italiens // The melting of Adamello and the other Italian glaciers

Le glacier Adamello est le plus grand glacier des Alpes italiennes. On le trouve presque entièrement en Lombardie dans le haut Val Camonica. Il s’étend entre une altitude maximale de 3530 m et une altitude minimale de 2 550 m. Comme tous les autres glaciers des Alpes, il subit les assauts du réchauffement climatique. Les glaciologues lui donnant moins d’un siècle de survie.
À la fin du 19ème siècle, la superficie de l’Adamello dépassait 3 000 hectares. Dans les années 1920, elle avait chuté à moins de 2 500 hectares. Mesuré en 1997, le glacier présentait une superficie de 1 766 hectares, puis de seulement 1 630 hectares en 2007. Entre la fin du 19ème siècle et aujourd’hui, le glacier a reculé d’environ 2,7 kilomètres. Au cours des cinq dernières années, il a perdu en moyenne 15 mètres de longueur par an. La seule année 2022 a vu un recul de 139 mètres.

L’Adamello en 1820 (Source: Wikipedia)

L’Adamello en 1878 (Source: Wikipedia)

L’Adamello en 2019

Le glacier est victime à la fois de la hausse des températures estivales et, surtout, de la moindre accumulation de neige en automne et en hiver. Les chutes de neige ont diminué de 50 % en 2022. La couverture neigeuse est donc plus fine et les étés plus longs et plus chauds lui donnent moins de temps pour geler.
Chaque été depuis quatre ans, l’association environnementale italienne Legambiente organise une traversée des Alpes pour observer les effets du réchauffement climatique sur les glaciers. Le dernier voyage a révélé que l’Adamello se crevasse et, de ce fait, offre une plus grande surface à l’air chaud. Sa fonte a mis au jour des traces de l’histoire des montagnes qui furent le théâtre de batailles entre Italiens et Austro-hongrois pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, des fusils et des douilles d’obus émergent de la glace.
A cause du dégel du pergélisol, des blocs tombent sur le glacier qui se recouvre de débris. A la longue, cette situation déstabilisera également le flanc de la montagne.
Le voyage annuel organisé par Legambiente à travers les Alpes regroupe des scientifiques et des environnementalistes qui ont observé plusieurs glaciers au cours des quatre dernières années. En 2022, les participants souhaitaient revoir les glaciers qu’ils avaient observés deux ans auparavant. Le changement qu’ils ont vu les a laissés pantois. Par exemple, le glacier Forni, en Lombardie, a reculé de plus de 100 mètres. Cela montre parfaitement à quel point le réchauffement climatique s’est accéléré, ainsi que l’intensité des événements et à quel point tout évolue rapidement.
Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les températures dans cette partie des Alpes augmenteront entre un et trois degrés Celsius en 2050 et entre trois et six degrés d’ici la fin du siècle. [NDLR : Il convient de noter que l’accélération du réchauffement climatique est souvent plus rapide que les prévisions du GIEC.]
Au train où vont les choses, le glacier Adamello pourrait disparaître avant la fin du siècle.
Source : presse transalpine.

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The Adamello Glacier is the largest glacier in the Italian Alps. It lies almost entirely in Lombardy in the upper Val Camonica. It extends between a maximum altitude of 3530 m and a minimum altitude of 2550 m. Like all the other glaciers in the Alps, it is slowly being destroyed by global warming, with experts giving it less than a century to survive.
By the end of the 19th century, the glacier’s area exceeded 3,000 hectares, while by the 1920s it was reduced to less than 2,500 hectares. Measured in 1997, it amounted to 1,766 hectares, then reduced to 1,630 in 2007. From the end of the 19th century until today, the glacier has lost approximately 2.7 kilometres. In the last five years, there were average losses of 15 metres per year. 2022 alone saw a loss of 139 metres in a year.
The glacier is experiencing both the rise in summer temperatures, higher than in the past and, above all, the lesser accumulation of snow in autumn and winter. The snowfall was reduced by 50 percent in 2022.The snow cover is thinner, and longer and hotter summers give it less time to freeze.

Every summer for the past four years, Italian environmental association Legambiente has organised a journey across the Alps to illustrate the effects of climate change on glaciers. The last trip revealed that Adamello is also splitting, proving more surface area exposed to the hot air. It has also exposed traces of the mountains’ history, as the scene of battles between Italian and Austro-Hungarian fighters during World War II. Today, rifles and shell cases emerge from the melting ice.

Because of the thawing permafrost, blocks are falling on the glaciert which is being covered with debris. This situation will also destabilise the side of the mountain.

Legambiente’s annual journey through the mountains, involves scientists and environmentalists. It has covered several glaciers in the past four years. In 2022, the participants wanted to return to the glaciers they had observed two years before. The change that they saw was incredible. The Forni glacier in Lombardy, for example, had retreated by more than 100 metres. It shows perfectly how climate change has accelerated, the intensity of events, and how everything is moving quickly.

According to the UN’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), temperatures in this part of the Alps will increase between one and three degrees Celsius in 2050 and between three and six degrees by the end of the century. [Editor’s note : It should be noted that global warming is often accelerating faster than the IPCC’s predictions.]

At this rate, the Adamello glacier could disappear before the end of the century.

Source : Italian news media.

Le Groenland hier, la Terre demain // Yesterday’s Greenland, tomorrow’s Earth

On sait depuis longtemps qu’il y a environ 400 000 ans, une grande partie du Groenland était dépourvue de glace. La toundra baignait dans la lumière du soleil sur les hautes terres du nord-ouest de l’île. On sait aussi qu’une forêt d’épicéas, bourdonnant d’insectes, couvrait la partie sud du Groenland. Le niveau de la mer dans le monde était alors beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, entre 6 et 12 mètres au-dessus du niveau actuel. Des terres qui abritent aujourd’hui des centaines de millions de personnes étaient sous l’eau.
Les scientifiques savaient depuis un certain temps que la calotte glaciaire du Groenland avait pratiquement disparu à un moment donné au cours du dernier million d’années, mais ils ne savaient pas précisément quand. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Science, des scientifiques des universités du Vermont et de l’Utah ont déterminé cette date en analysant des carottes de sol gelé extraites d’une section d’un kilomètre d’épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland.
L’histoire commence en juillet 1966 quand des scientifiques américains et des ingénieurs de l’armée américaine ont réussi, au bout de 6 années d’efforts, à forer la calotte glaciaire du Groenland. Le forage a eu lieu à Camp Century, une base militaire dans le nord-ouest du pays, dotée d’une série de tunnels creusés dans la calotte glaciaire. Le site de forage se trouvait à 220 km de la côte et reposait sur 1370 mètres de glace. Une fois atteint le soubassement rocheux, l’équipe a continué à forer 3,60 mètres supplémentaires.
En 1969, le travail d’un géophysicien sur la carotte de glace de Camp Century a montré pour la première fois que le climat de la Terre avait radicalement changé au cours des 125 000 dernières années. Des périodes glaciaires froides prolongées avaient alterné avec des périodes interglaciaires chaudes, avec fonte de la glace et hausse du niveau de la mer, et inondations de zones côtières dans le monde entier.
Pendant près de 30 ans, les scientifiques ont prêté peu d’attention aux 3,60 mètres de sol gelé de Camp Century. Une étude avait analysé les galets dans la carotte pour comprendre le substrat rocheux sous la calotte glaciaire. Une autre avait montré que le sol gelé conservait la preuve d’une époque plus chaude qu’aujourd’hui. Toutefois, sans aucun moyen de dater ces matériaux, peu de gens ont prêté attention à ces études.

Dans les années 1990, la carotte de sol gelé prélevée à Camp Century a disparu.
Il y a quelques années, des scientifiques danois l’ont retrouvée au fond d’un congélateur de Copenhague. Ils ont alors formé une équipe internationale pour analyser cette archive climatique unique.

Dans la partie supérieure de l’échantillon, les chercheurs ont trouvé des plantes fossilisées parfaitement préservées, preuve irréfutable que la terre en dessous de Camp Century, avait été libre de glace à une certaine époque, mais on ne savait pas quand.
Avec des échantillons prélevés au centre de la carotte de sédiments et analysés dans l’obscurité afin que le matériau conserve une mémoire précise de sa dernière exposition au soleil, les observations ont révélé que la calotte glaciaire couvrant le nord-ouest du Groenland – elle fait près de 1,6 km d’épaisseur aujourd’hui – avait disparu pendant la période chaude connue des climatologues sous le nom de Marine Isotope Stage 11, ou MIS 11, il y a entre 424 000 et 374 000 ans.
Pour déterminer plus précisément quand la calotte glaciaire avait fondu, l’un des chercheurs a utilisé la datation par luminescence. Au fil du temps, les minéraux accumulent de l’énergie lorsque des éléments radioactifs comme l’uranium, le thorium et le potassium se désintègrent et libèrent des radiations. Plus le sédiment est enfoui longtemps, plus le rayonnement s’accumule sous forme d’électrons piégés. Dans le laboratoire, les instruments mesurent de minuscules particules d’énergie, libérés sous forme de lumière par ces minéraux. Ce signal peut être utilisé pour calculer combien de temps les grains ont été enterrés puisque la dernière exposition au soleil aurait libéré l’énergie piégée.
Les modèles de calotte glaciaire obtenus grâce à ces expériences montrent que la calotte glaciaire du Groenland a probablement rétréci considérablement à cette époque. Au minimum, les scientifiques pensent que la bordure de glace s’est retirée de dizaines à centaines de kilomètres autour d’une grande partie de l’île au cours de cette période. L’eau de fonte a fait s’élever le niveau de la mer dans le monde d’au moins 1,50 mètre et peut-être même 6 mètres par rapport à aujourd’hui.

L’ancien sol gelé sous la calotte glaciaire du Groenland donne de bonnes indications sur les problèmes qui nous attendent. Pendant l’interglaciaire MIS 11, la Terre était chaude et les calottes glaciaires se limitaient aux hautes latitudes, un peu comme aujourd’hui. Le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est resté entre 265 et 280 parties par million (ppm) pendant environ 30 000 ans. Le MIS 11 a duré plus longtemps que la plupart des interglaciaires en raison de l’impact de la forme de l’orbite terrestre autour du soleil et son effet sur le rayonnement solaire atteignant l’Arctique. Au cours de ces 30 millénaires, le niveau de dioxyde de carbone a provoqué un réchauffement suffisant pour faire fondre une grande partie de la glace du Groenland.
Aujourd’hui, notre atmosphère contient 1,5 fois plus de dioxyde de carbone qu’au MIS 11, soit environ 420 parties par million, une concentration qui augmente chaque année. Le dioxyde de carbone emprisonne la chaleur et réchauffe la planète. Une trop grande quantité dans l’atmosphère augmente la température globale, comme on peut le constater actuellement.
Au cours de la dernière décennie, alors que les émissions de gaz à effet de serre continuaient d’augmenter, nous avons connu les huit années les plus chaudes jamais enregistrées. Juillet 2023 a vu la semaine la plus chaude jamais enregistrée. Une telle chaleur fait fondre les calottes glaciaires et réduit l’albédo, la faculté de la glace à réfléchir la lumière du soleil.
Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, même si nous arrêtions soudainement de brûler des combustibles fossiles, le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère resterait élevé pendant des siècles, voire des millénaires. En effet, il faut beaucoup de temps au dioxyde de carbone pour être absorbé par les sols, les plantes, l’océan et les roches. Nous créons des conditions propices à une très longue période de chaleur, tout comme lors du MIS 11.
Nos efforts pour réduire les émissions de carbone et séquestrer le carbone qui est déjà dans l’atmosphère augmenteront les chances de survie d’une plus grande partie de la glace du Groenland. Si nous ne faisons pas ces efforts, nous serons confrontés à un monde qui pourrait ressembler beaucoup au MIS 11, ou même être plus extrême : une Terre chaude, des calottes glaciaires qui disparaissent, le niveau de la mer qui monte et des vagues qui viennent déferler sur Miami, Mumbai et Venise.
Source : The Conversation, Yahoo Actualités,

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It has been known for quite a long time that about 400,000 years ago, large parts of Greenland were ice-free. The tundra basked in the Sun’s rays on the island’s northwest highlands. Evidence suggests that a forest of spruce trees, buzzing with insects, covered the southern part of Greenland. Global sea level was much higher then, between 6 and 12 meters above today’s levels. Around the world, land that today is home to hundreds of millions of people was under water.

Scientists have known for some time that the Greenland ice sheet had mostly disappeared at some point in the past million years, but not precisely when. In a new study in the journal Science, scientists from the Vermont and Utah universities determined the date, using frozen soil extracted from beneath a one kilometer-thick section of the Greenland ice sheet.

In July 1966, American scientists and U.S. Army engineers completed a six-year effort to drill through the Greenland ice sheet. The drilling took place at Camp Century, a military base in the northwestern part of the country, made up of a series of tunnels dug into the Greenland ice sheet. The drill site was 220 km from the coast and underlain by 1370 meters of ice. Once they reached the bottom of the ice, the team kept drilling 3.6 more meters into the frozen, rocky soil below.

In 1969, a geophysicist’s analysis of the ice core from Camp Century revealed for the first time the details of how Earth’s climate had changed dramatically over the last 125,000 years. Extended cold glacial periods when the ice expanded quickly gave way to warm interglacial periods when the ice melted and sea level rose, flooding coastal areas around the world.

For nearly 30 years, scientists paid little attention to the 3.6 meters of frozen soil from Camp Century. One study analyzed the pebbles to understand the bedrock beneath the ice sheet. Another suggested that the frozen soil preserved evidence of a time warmer than today. But with no way to date the material, few people paid attention to these studies. By the 1990s, the frozen soil core had vanished.

Several years ago, Danish scientists found the lost soil buried deep in a Copenhagen freezer, and they formed an international team to analyze this unique frozen climate archive. In the uppermost sample, they found perfectly preserved fossil plants, proof positive that the land far below Camp Century had been ice-free some time in the past, but when?

Using samples cut from the center of the sediment core and analyzed in the dark so that the material retained an accurate memory of its last exposure to sunlight, observations revealed that the ice sheet covering northwest Greenland – nearly 1.6 km thick today – vanished during the extended natural warm period known to climate scientists as Marine Isotope Stage 11, or MIS 11, between 424,000 and 374,000 years ago.

To determine more precisely when the ice sheet melted away, one of the researchers used a technique known as luminescence dating. Over time, minerals accumulate energy as radioactive elements like uranium, thorium, and potassium decay and release radiation. The longer the sediment is buried, the more radiation accumulates as trapped electrons. In the lab, specialized instruments measure tiny bits of energy, released as light from those minerals. That signal can be used to calculate how long the grains were buried, since the last exposure to sunlight would have released the trapped energy.

The ice sheet models obtained through the experiments show that Greenland’s ice sheet must have shrunk significantly then. At minimum, the edge of the ice retreated tens to hundreds of kilometers around much of the island during that period. Water from that melting ice raised global sea level at least 1.50 meters and perhaps as much as 6 meters compared to today.

The ancient frozen soil from beneath Greenland’s ice sheet warns of trouble ahead. During the MIS 11 interglacial, Earth was warm and ice sheets were restricted to the high latitudes, a lot like today. Carbon dioxide levels in the atmosphere remained between 265 and 280 parts per million for about 30,000 years. MIS 11 lasted longer than most interglacials because of the impact of the shape of Earth’s orbit around the sun on solar radiation reaching the Arctic. Over these 30 millennia, that level of carbon dioxide triggered enough warming to melt much of the Greenland’s ice.

Today, our atmosphere contains 1.5 times more carbon dioxide than it did at MIS 11, around 420 parts per million, a concentration that has risen each year. Carbon dioxide traps heat, warming the planet. Too much of it in the atmosphere raises the global temperature, as the world is seeing now.

Over the past decade, as greenhouse gas emissions continued to rise, humans experienced the eight warmest years on record. July 2023 saw the hottest week on record, based on preliminary data. Such heat melts ice sheets, and the loss of ice further warms the planet as dark rock soaks up sunlight that bright white ice and snow once reflected.

As I put it in previous posts, even if everyone stopped burning fossil fuels tomorrow, carbon dioxide levels in the atmosphere would remain elevated for hundreds and even thousands of years. Indeed, it takes a long time for carbon dioxide to move into soils, plants, the ocean and rocks. We are creating conditions conducive to a very long period of warmth, just like MIS 11.

Everything we can do to reduce carbon emissions and sequester carbon that is already in the atmosphere will increase the chances that more of Greenland’s ice survives. The alternative is a world that could look a lot like MIS 11, or even more extreme: a warm Earth, shrinking ice sheets, rising sea level, and waves rolling over Miami, Mumbai and Venice.

Source : The Conversation, Yahoo News,

 

Evolution des concentrations de CO2, avec leur accélération au cours des dernières décennies.

La calotte glaciaire du Groenland réussira-t-elle à survivre aux assauts du réchauffement climatique ? (Photo : C. Grandpey)