La fonte de l’Antarctique impacte l’ensemble de la planète // Antarctica’s melting is impacting the whole planet

  On peut lire ces jours-ci dans la presse, scientifique et populaire, de nombreux articles sur la fonte incroyable de l’Antarctique. Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) a récemment annoncé.que la glace de mer antarctique avait atteint un niveau hivernal encore jamais observé. Selon le Centre, le record a été « pulvérisé », avec une quantité de glace « bien en-deçà de ce qui a été observé au cours des 45 années de mesures satellitaires qui ont débuté en 1979 ». La quantité de glace de mer « manquant à l’appel » est d’environ un million de kilomètres carrés par rapport au précédent record de 2022 ; c’est plus que la taille de l’Égypte.
Le chef du service climatique auprès de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré : « Ce qui se passe en Antarctique et dans l’Arctique affecte le globe tout entier. »
Il est important de rappeler que la glace de mer est de l’eau de mer gelée qui fond chaque été, puis recongèle chaque hiver. La glace de mer antarctique est généralement à son minimum fin février ou début mars, vers la fin de l’été dans l’hémisphère sud. Elle atteint son maximum en septembre, à la fin de l’hiver. Le comportement de la glace de mer arctique est à l’opposé, avec le maximum en février/mars et le minimum en septembre.
Dans l’Arctique, la glace de mer joue un rôle essentiel dans la vie et les coutumes des peuples autochtones qui l’utilisent pour chasser et se déplacer. La glace de mer arctique affecte également la faune comme les ours polaires, les phoques et les morses.
En Antarctique, ce sont les manchots qui dépendent de la glace de mer. J’ai expliqué dans une note précédente qu’en raison de la fonte spectaculaire de la banquise, plusieurs colonies de manchots empereurs seront menacées de « quasi-extinction » dans les décennies à venir.
En outre, la glace de mer protège les zones côtières de l’érosion en atténuant les assauts des vagues. Dans les zones où il y a moins de glace de mer, les tempêtes sur l’océan Arctique peuvent générer des vagues beaucoup plus grosses qui endommagent les rivages et les zones habitées. C’est ce qui se passe en particulier le long des côtes de l’Alaska.
Contrairement à ce que pensent certains, ce qui se passe en Antarctique ne se limite pas à l’Antarctique. La glace de mer contribue également à la régulation de la température de la planète en influençant la circulation de l’atmosphère et des océans. Les scientifiques insistent sur le fait que le déficit de glace de mer en Antarctique en 2023 aura un effet direct sur le climat et les écosystèmes, à la fois proches et lointains, y compris dans les basses latitudes où vit la majorité de la population humaine et ses intérêts économiques.
L’immense calotte glaciaire antarctique et la banquise qui entoure le continent sont essentielles à la régulation du climat, car elles réfléchissent la lumière du soleil vers l’atmosphère et l’espace. En revanche, la surface sombre de l’océan absorbe la majeure partie de cette énergie. Ainsi, le manque de glace de mer favorise la hausse des températures, accélérant ce que les scientifiques appellent une boucle de rétroaction, autrement dit un cercle vicieux.
La NOAA a déclaré que les variations dans la quantité de glace de mer peuvent perturber la circulation océanique, avec à la clé des changements dans le climat de la planète. « Même une légère augmentation de la température peut conduire à un réchauffement plus important au fil du temps, faisant des régions polaires les zones les plus sensibles au changement climatique sur Terre. » .
Il est encore trop tôt pour énumérer tous les facteurs responsables de la fonte de l’Antarctique, mais l’arrivée d’eaux océaniques plus chaudes est un facteur déterminant du ralentissement de la glace de mer pendant l’hiver antarctique. La chaleur observée dans l’Océan Austral fait partie du réchauffement global des océans, mais on ne sait pas très bien dans quelle mesure la chaleur océanique (et son impact sur l’Antarctique) est due aux eaux extrêmement chaudes d’autres parties du globe.
Le NSIDC affirme que « la glace de mer antarctique est très probablement entrée dans un nouveau régime provoqué par une influence beaucoup plus forte des eaux océaniques chaudes, ce qui limite la croissance de la glace ». On craint que ce soit le début d’une tendance à long terme au déclin de la glace de mer antarctique, étant donné que les océans se réchauffent à l’échelle mondiale ; le mélange des eaux chaudes dans la couche polaire de l’Océan Austral va probablement se poursuivre.
Sources, Yahoo Actualités, USA Today.

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One can read these days in the press, scientific or popular, a lot of articles about Antarctica which is melting at an incredible speed. The National Snow and Ice Data Center (NSIDC) recently announced that Antarctic sea ice reached an all-time record wintertime low. According to the Center, the record was broken « by a wide margin, » adding that the amount of ice was « far outside anything observed in the 45-year modern satellite record that began in 1979. » The amount of « missing » sea ice was some one million square kilometers below the previous record low in 2022 ; this ismore than the size of Egypt.

The chief of climate monitoring at the World Meteorological Organization declared : « What happens in Antarctica and the Arctic affects the entire globe.”

It is ismportant to remind that sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Antarctic sea ice is typically at its smallest in late February or early March, toward the end of summer in the Southern Hemisphere. It’s at its largest in September as winter comes to an end. The Arctic’s sea ice schedule is the opposite: largest in February/March, and smallest in September.

In the Arctic, sea ice fills a central role in the lives and customs of native people, as indigenous people use it for hunting and traveling. Sea ice in the Arctic also affects wildlife such as polar bears, seals and walruses.

In Antarctica, it’s the penguins that rely on sea ice. I explained in a previous post that, due to the dramatic loss of sea ice there, several colonies of emperor penguins face « quasi-extinction » in the decades to come.

In addition, sea ice also protects coastal areas from erosion by damping ocean waves. In areas with less sea ice, storms on the Arctic Ocean can generate much larger waves, damaging shorelines and Arctic communities. This is what happens along the Alaskan coastline.

Contrary to what some people think, what happens in Antarctica does not stay in Antarctica. Sea ice also helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the planet’s atmosphere and oceans. Scientists insist that the 2023 Antarctic sea-ice deficit has direct impacts on the climate and ecosystems, both nearby as well as far field, including at lower latitudes, which are home to the majority of human population and their economic interests.

Antarctica’s huge glacial ice expanse and the surrounding sea ice cover are critical to regulating the climate, because it reflects the sun’s energy back to the atmosphere and space. In contrast, the dark ocean surface absorbs most of the sun’s incoming energy. So, less sea ice contributes to increasing temperatures, thus accelerating whqt scientists call a feedback loop, in other words a vicious cycle.

NOAA said that changes in the amount of sea ice can disrupt normal ocean circulation, thereby leading to changes in global climate. « Even a small increase in temperature can lead to greater warming over time, making the polar regions the most sensitive areas to climate change on Earth. » .

It is still too early to cite all of the factors that might be involved in the melting of Antarctica, but warmer ocean waters reaching the Antarctic are a key factor in slowing the ice growth through the Antarctic winter. The Antarctic ocean warmth is a part of the overall globally warm oceans, but it is not clear how much of the ocean heat that impacted the Antarctic is due to the extreme warm waters in other parts of the globe.

Overall, the NSIDC says « there is growing evidence that the Antarctic sea ice system has entered a new regime, featuring a much stronger influence of warm ocean waters, limiting ice growth. » There is concern that this may be the beginning of a long-term trend of decline for Antarctic sea ice, since oceans are warming globally, and warm water mixing in the Southern Ocean polar layer could continue.

Sources, Yahoo News, USA Today.

 

Etendue de la glace de mer antarctique le 10 septembre 2023 (Source : NSIDC)

Vague de chaleur et fonte des glaciers en Argentine // Heat wave and glacier melting in Argentina

Comme de nombreuses régions du monde – la France ces jours derniers – l’Amérique du Sud traverse une vague de chaleur, avec des températures qui dépassent de 10 °C la moyenne saisonnière en de nombreux endroits. L’Argentine est le pays le plus touché, avec 17 provinces qui connaissent des températures record.
La vague de chaleur a provoqué des incendies de forêt dans la province argentine de Cordoba mais aussi au Chili, ainsi que la perte de la couverture neigeuse de plusieurs glaciers andins en Argentine.
Le glacier Upsala est le troisième plus grand glacier du champ de glace du sud de la Patagonie. Sa partie supérieure se situe dans une zone entre le Chili et l’Argentine. Son front sud se trouve dans le Parc national Los Glaciares en Argentine. Il s’écoule à partir du champ de glace du sud de la Patagonie, d’où part également le glacier Perito Moreno, vers le lac Argentino.
L’Upsala fait partie des nombreux glaciers qui ont considérablement reculé au cours des 50 dernières années en raison de la hausse des températures. Il a été photographié par des satellites d’observation de la Terre qui ont montré qu’il a reculé d’environ 9 km depuis 1986.
Dans l’image ci-dessous, capturée par l’un des satellites Copernicus Sentinel-2 le 22 septembre 2023, le terminus du glacier en 1986 est mis en évidence par une ligne jaune. Le recul est parfaitement visible ainsi que le fait que les glaciers Upsala et Bertacchi, qui étaient encore unis en 2016, sont désormais séparés. C’est un peu comme les glaciers des Bossons et de Taconnaz dans nos Alpes, dont la Jonction n’existe plus.
Source : Copernicus.

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Like many parts of the world – Franc in the past days – South America is going through a heatwave, with temperatures rising 10ºC above the seasonal average in many places. Argentina is most affected, with 17 provinces experiencing record-breaking temperatures.

The heatwave has also resulted in wildfires in the provonce of Cordoba, in Chile, and the loss of snow cover on several Andean glaciers in Argentina.

The Upsala Glacier is ranked as the third largest glacier in the Southern Patagonian Ice Field. Its higher portion lies in an area between Chile and Argentina. Its southern side is located in Los Glaciares National Park in Argentina. It flows from the Southern Patagonian Icefield, from which the Perito Moreno Glacier also flows, towards Lake Argentino.

Unfortunately, many glaciers in the area, including Upsala, have significantly retreated over the last 50 years due to rising temperatures. The Upsala Glacier has been observed closely by Earth Observation satellites, which have shown that the glacier has retreated by around 9 km since 1986.

In the image below, captured by one of Copernicus Sentinel-2 satellites on 22 September 2023, the terminus of the glacier as it was in 1986 is highlighted with a yellow line. The retreat can clearly be seen as well as the fact that the Upsala and the Bertacchi Glaciers, which were still joined in 2016, are now separated. It is like the Bossons and taconnaz in our Alps, where the Junction no longer exists.

Source : Copernicus.

Source: Copernicus

La Chine installe des stations météo dans l’Himalaya // China sets up weather stations in the Himalayas

2023 est en passe de devenir l’année la plus chaude de tous les temps, avec des températures en hausse partout dans le monde. Le réchauffement climatique se fait sentir dans l’Himalaya et la Chine vient d’installer des stations météorologiques sur Cho Oyu, la sixième plus haute montagne du monde, à la frontière entre le Tibet et le Népal. Cette nouvelle station vient s’ajouter à un réseau d’instruments de mesures météorologiques à haute altitude dans l’Himalaya. Leur but est de surveiller l’impact du réchauffement climatique sur le « château d’eau » de l’Asie.
Les scientifiques s’intéressent de plus en plus à l’impact du réchauffement climatique sur l’Himalaya qui abrite les plus hauts sommets de la planète. C’est aussi la source des rivières dont dépendent des centaines de millions de personnes. J’ai insisté à plusieurs reprises (voir par exemple ma note du 21 septembre 2023) sur le rôle joué par l’Himalaya dans l’approvisionnement en eau des zones densément peuplées d’Asie du Sud-Est.
Depuis la fin septembre 2023, une équipe chinoise a installé cinq stations météorologiques automatiques sur Cho Oyu, à des altitudes allant de 4 950 mètres et le sommet qui culmine à 8 201 mètres. Des échantillons de neige et de glace ont été prélevés au sommet pour la première fois. Les observations sur le terrain ont montré que la couche de glace sur le Cho Oyu est la plus épaisse parmi les sommets de plus de 8 000 mètres, avec une épaisseur de plus de 70 mètres.
Les stations météorologiques de Cho Oyu, qui signifie « Déesse turquoise » en tibétain, étendent le réseau météorologique chinois dans l’Himalaya qui comprend la surveillance de l’Everest (8 848 mètres), également à la frontière avec le Népal, et du Shishapangma (8 013 mètres) au Tibet.
La surveillance des effets du réchauffement climatique est devenue urgente après l’un des étés les plus chauds enregistré dans l’hémisphère nord cette année. Le réchauffement climatique affecte fortement les montagnes de notre planète, en particulier celles situées à des altitudes inférieures aux très hauts sommets de l’Himalaya. Ainsi, en Europe, le Mont Blanc a perdu plus de deux mètres de hauteur en deux ans en raison de la diminution du manteau neigeux. Des pluies torrentielles dans l’État du Sikkim, dans le nord-est de l’Inde, ont contribué à la rupture d’un lac glaciaire, avec des crues soudaines qui ont tué au moins 40 personnes. Ce sont les derniers exemples d’événements en montagne attribués par les scientifiques au réchauffement climatique d’origine anthropique.
La surveillance à haute altitude dans l’Himalaya est impérative pour éviter des catastrophes telles que des crues glaciaires et des avalanches de glace liées à la fonte des glaciers. Cette surveillance est également essentielle pour contrôler l’approvisionnement en eau de la région.
Source : agence de presse Xinhua.

Le 7 février 2022, j’ai publié une note donnant des détails sur la fonte des glaciers himalayens :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/02/07/la-fonte-de-leverest-the-melting-of-mt-everest/

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2023 is on the way to become the hottest year ever, with incresaing temperatures all over the world. Global warming is felt in the Himalayas and China has just set up weather stations on Cho Oyu, the sixth highest mountain in the world on Tibet’s border with Nepal. The new station expands a network of high-altitude meteorological gauges in the Himalayas to monitor the impact of global warming on Asia’s « water tower ».

Scientists are increasingly watching how global warming is impacting the Himalayas, home to the planet’s tallest peaks and the source of water for rivers that hundreds of millions of people depend on. I have insisted several times (see my post of 21 September 2023, for instance) on the part played by the Himalays to supply water to the densely populated areas of South East Asia.

Since the end of September 2023, a Chinese team has set up five automatic weather stations on Cho Oyu, at altitudes from 4,950 metres to its summit at 8,201 metres. Snow and ice samples at the summit have been collected for the first time. Initial research showed that the ice layer on Cho Oyu was the thickest among peaks above 8,000 metres, with a thickness of more than 70 metres being seen.

The weather stations on Cho Oyu, which means « Turquoise Goddess » in Tibetan, expand a Chinese meteorological network in the Himalayas that includes monitoring of the 8,848-metre Everest, also on the border with Nepal, and the 8,013-metre Shishapangma in Tibet.

Monitoring the effects of global warming has taken on urgency after one of the warmest summers in the northern hemisphere this year. Global warming is strongly impacting mountains in the world, especially those at lower altitudes than the high peaks of the Himalayas. In Europr, Mont Blanc has lost more than two metres in height over two years because of its shrinking snowpack. Torrential rain in India’s northeastern Sikkim state contributed to bursting the banks of a glacial lake and triggered flash floods that killed at least 40 people. These are the latest examples of events in the mountains that scientists have blamed on global waming.

High-altitude surveillance in the Himalayas is imperative to avoid disasters such as floods and ice avalanches as glaciers melt. This surveillance is also essential to monitor the water supply in the region.

Source : Xinhua press agency.

On February 7th, 2022, I published a post about the melting of glaciers in the Himalayas :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/02/07/la-fonte-de-leverest-the-melting-of-mt-everest/

 

La plus haute station météo au monde dans l’Himalaya (Livre Guinness des records)

La fonte des glaciers du Mont Rainier (suite) // The melting of Mount Rainier’s glaciers (continued)

Tout comme les glaciers ailleurs dans le monde, ceux qui coiffent le Mont Rainier (Etat de Washington / Etats Unis) fondent à une vitesse impressionnante. Il y avait autrefois 29 glaciers sur le volcan. Aujourd’hui, l’un d’eux a disparu et deux autres sont en phase terminale. Une étude du Park Service explique que les effets subis par l’environnement seront considérables. .
Les changements observés sur le Rainier ne font que refléter une dure réalité à l’échelle de la planète : tous les scientifiques s’accordent pour dire que les glaciers disparaissent car la combustion des combustibles fossiles réchauffe l’atmosphère terrestre. Selon le Service mondial de surveillance des glaciers, la superficie couverte par les glaciers a diminué régulièrement au cours des cinquante dernières années et la fonte a été particulièrement remarquable dans l’ouest des États-Unis et au Canada.
Le Parc national du Mont Rainier est une destination touristique très populaire. Il accueille quelque 2 millions de visiteurs chaque année. Ces derniers peuvent constater les effets du réchauffement climatique sur l’environnement. Les fleurs s’épanouissent à des moments inhabituels. La saison pour gravir les 4 392 mètres du volcan est plus courte qu’autrefois. On peut désormais voir les sapins Douglas dans les zones où il y a moins de neige qu’auparavant. Des effondrements se produisent à cause du recul des glaciers, ce qui modifie le cours des torrents et inonde les routes que le Parlk Service est censé entretenir.
Le petit glacier Stevens qui était exposé au sud n’existe plus. Deux autres, le Pyramid et le Van Trump, sont également à l’agonie et, selon le Park Service, pourraient avoir disparu en 2024. Une étude réalisée à l’automne 2022 par des glaciologues a carrément conclu que le Pyramid et le Van Trump avaient déjà disparu.
Pour son étude, le Park Service a utilisé des mesures historiques des glaciers, des images satellitaires et des photographies aériennes, et il a établi une carte tridimensionnelle de la neige et de la glace dans le Parc. On a constaté que la superficie totale couverte par les glaciers avait diminué de 42 % entre 1896 et 2021.
Dans un climat stable, les glaciers réagissent avec les saisons. Ils se développent chaque hiver avec la neige et la glace. Ils fondent chaque été, alimentant en eau les ruisseaux et les rivières, ainsi que les plantes et les animaux qui en dépendent pendant la saison sèche.
Le réchauffement climatique a bouleversé cet équilibre. Le manteau neigeux du printemps est en chute libre depuis le milieu du 20ème siècle. Les températures sont en hausse. Même lorsque la neige hivernale est bonne, le printemps inhabituellement chaud la fait fondre rapidement, comme ce fut le cas en 2023. En conséquence, l’aspect du Mont Rainier change, et ne sera probablement plus jamais le même qu’avant.
La fonte de la glace est parfaitement visible sur le glacier Nisqually, l’un des plus importants et des plus grands du Mont Rainier. Au fil des années, le front du Nisqually est remonté de plus en plus haut dans la montagne et on peut parfaitement voir aussi que le glacier s’est aminci. Il en va de même pour tous les autres glaciers. L’étude du Park Service indique que « les impacts à long terme de cette perte de glace seront généralisés et affecteront de nombreuses facettes de l’écosystème du parc ».
Les alpinistes sont également confrontés à de nouveaux défis. Les glaciers sont les voies qu’ils empruntent pour atteindre le sommet. Aujourd’hui, les parcours jusqu’au sommet sont devenus de plus en plus longs, car il faut contourner de dangereuses crevasses et fissures. La saison d’escalade est devenue plus courte.
Le Nisqually fait partie des glaciers les plus menacés. Une grande partie se trouve en dessous de 3 000 m d’altitude, et il s’étire sur le versant sud de la montagne où la chaleur est la plus intense. À 1 800 m d’altitude, la surface du Nisqually n’est constituée que de roches noires qui s’accrochent à la glace en dessous, ce qui rend la montée et la descente très délicates.
Il est peu probable que le sommet de la montagne perde complètement sa neige et sa glace à court terme. Si tel était le cas, le Mont Rainier prendrait un aspect très différent. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un volcan actif. Certains scientifiques se demandent si la disparition de la glace pourrait avoir un effet sur l’activité volcanique.
Une menace majeure sur le Mont Rainier concerne les coulées de boue qui peuvent être déclenchées par la chaleur du volcan ou par l’eau de fonte des glaciers. C’est ce qui s’est produit en 2006, lorsqu’un glacier a laissé échapper une puissante coulée d’eau, de sédiments et de blocs qui a emprunté un affluent de la rivière Nisqually. La coulée de boue a causé de gros dégâts en aval.

Le 12 juillet 2021, j’ai rédigé une note sur la fonte du glacier Nisqually :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/07/12/effets-de-la-vague-de-chaleur-de-juin-sur-le-mont-rainier-etats-unis-effects-of-the-june- canicule-sur-mt-rainier-etats-unis/

Le 5 janvier 2017, j’ai écrit une autre note sur les systèmes d’alerte mis en place sur le Mont Rainier en cas de lahars, autrement dit de coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sur les flancs de la montagne :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/05/amelioration-des-systemes-dalerte-du-mont-rainier-upgrading-of-mt-rainiers-warning-systems/

Le glacier Nisqually en 2002 (Photo: C. Grandpey)

Le glacier Nisqually en 2015, lors de ma dernière visite

Le Nisqually en 2020 (Source : NPS)

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Just like the glaciers elsewhere in the world, those that used to cap Mount Rainier are melting at an impressive speed. There used to be 29 glaciers on the volcano. Today, at least one is gone, and two more are about to disappear. A Park Service study warms that the environmental effects will be widespread. .

The changes reflect a stark global reality: All scientists agree to say that mountain glaciers are vanishing as the burning of fossil fuels heats up Earth’s atmosphere. According to the World Glacier Monitoring Service, total glacier area has shrunk steadily in the last half-century and some of the steepest declines have been in the Western United States and Canada.

Mount Rainier National Park is a very popular tourist destination in Washington State. It welcomes roughly 2 million visitors every year. These people can see the effects of climate change on the environment. Wildflowers are blossoming at odd times. The season for climbing the 4,392-meter-tall summit is shorter. Douglas firs can nowbe seen in areas where there is less snow than before. Rocks are tumbling down from the retreating glaciers, changing the course of rivers, and flooding roads that the National Park Service is supposed to maintain.

One small south-facing glacier, the Stevens Glacier, no longer exists. Two others, known as Pyramid and Van Trump are dying too, and may be gone by the time the next survey is performed in 2024. A survey carried out in the autumn of 2022 by glaciologists concluded that the Pyramid and Van Trump had vanished.

The Pzrk Service study used historical glacier measurements, satellite images and aerial photography to assemble a three-dimensional map of the Park’s snow and ice. It found that the total area covered by glacier ice had shrunk by 42 percent between 1896 and 2021.

In a stable climate, glaciers behave according to the seasons. They grow every winter with snow and ice. They melt every summer, supplying water to the brooks and rivers downstream, and the plants and animals that rely on them, in the dry season.

Global warming has upset that balance. Spring snowpack has declined since the mid 20th century. Temperatures have gone up. Even when the winter snow is good, an unusually warm spring melts the snow quickly, as it did in 2023. As a consequence, the face of Mount Rainier is changing, likely forever.

The melting of the ice can perfectly be seen on the Nisqually Glacier, one of the mountain’s most prominent and largest glaciers. Over the years, the front of the Nisqually has moved farther and farther up the mountain and one can clearly see that the glacier has got thinner. It is the same for all the other glaciers, The Park Service study says that “the long-term impacts of this ice loss will be widespread and impact many facets of the park ecosystem.”

Mountain climbers are facing new challenges, too. Glaciers are the highways they walk on to reach the summit. Those passages are melting earlier and earlier in the summer. The paths to the summit are becoming longer, as climbers have to go around risky cracks and fissures. The climbing season is getting shorter.

Nisqually.is among the glaciers in greatest trouble. Much of it lies below 3,000 m a..l., and it is on the mountain’s south-facing side, where the heat hits hardest. At 1,800 m above sea level, the surface of the Nisqually is only black boulder and rock, clinging to ice underneath. Loose pebbles are perched here and there, making the path up and down the slopes all the more precarious.

The very top of the mountain is unlikely to lose its snow and ice in the short term. If it did, Mount Rainier would look very different. One should not forget it is an active volcano. Some scientists wonder whether the disappearance of the aice might have an effect on volcanic activity.

One major threat on Mount Rainier concerns the mudslides that may be triggered by volcanic heat or by the water that flows within the glaciers. This is what happened in 2006, when a glacier burst and sent a mighty slurry of wet sediment and stone down a tributary of the Nisqually River. The mudflow caused heavy damage downstream.

On July 12th, 2021, I wrote a post about the melting of the Nisqually Glacier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/07/12/effets-de-la-vague-de-chaleur-de-juin-sur-le-mont-rainier-etats-unis-effects-of-the-june-heatwave-on-mt-rainier-united-states/

On January 5th, 2017, I wrote another post about Mount Rainier’s warning systems that have been set up in case of lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/05/amelioration-des-systemes-dalerte-du-mont-rainier-upgrading-of-mt-rainiers-warning-systems/