Les grizzlis et le réchauffement climatique // Grizzly bears and global warming

On sait depuis pas mal de temps que les ours polaires souffrent des effets du réchauffement climatique car la glace de mer se rétrécit, ce qui rend plus difficile l’accès des animaux à leur territoire de chasse et donc à leur nourriture. C’est maintenant au tour des ours bruns de subir les conséquences du changement climatique.
Des photos déchirantes prises par un photographe canadien montrent l’impact dévastateur du changement climatique sur la faune et la flore terrestre. Il y a quelques semaines, il a photographié une famille de grizzlis – la mère et ses deux oursons – près des berges de Knight Inlet au Canada. Les images ont immédiatement suscité émotion et inquiétude lorsque les gens ont remarqué à quel point les animaux étaient émaciés. La cause est un hiver sans saumons.

Il faut toutefois être prudent. Comme pour les ours polaires, une seule photo ne signifie pas forcément que toute l’espèce est en danger. Les images de grizzlis prises en Alaska et qui m’ont été communiquées ne sont pas alarmantes. Situation malgré tout à surveiller.
La population de grizzlis a du mal à trouver sa nourriture habituelle car les saumons se font rares dans les cours d’eau canadien. Un rapport préliminaire diffusé en 2019 par Fisheries and Oceans Canada – organisme qui gère la pêche au Canada – confirme que les perspectives concernant le saumon du Pacifique ont diminué par rapport à l’année dernière. De nombreux scientifiques affirment que le changement climatique est responsable de cette situation.
Fisheries and Oceans Canada a également fait remarquer que «les conditions environnementales ont été plus chaudes que la moyenne et ont affecté toutes les phases de retour du saumon du Pacifique en 2019. En fait, durant la saison estivale de cette année, la hausse des températures a provoqué une vague de chaleur qui a tué de nombreux saumons dans la région.
Beaucoup prétendent également que l’élevage des saumons en filets ouverts est une autre cause de la chute de leur nombre. La méthode est critiquée pour sa propagation de maladies et sa pollution. En décembre 2018, le gouvernement de Colombie-Britannique a présenté un plan visant à éliminer progressivement l’élevage en filets ouverts d’ici 2023.
Alors que la population de saumons continue à diminuer, les ours sont souvent obligés de partir à la recherche de nouvelles zones où ils sont susceptibles de trouver de la nourriture. On les voit maintenant dans des secteurs qu’ils ne fréquentaient pas auparavant.
De plus, à l’approche de l’entrée en hibernation, les ours femelles risquent de dormir moins bien que d’habitude pendant cinq à sept mois et apparaître au printemps avec des oursons moins nombreux et plus chétifs, ce qui va inévitablement nuire à leur survie et à la population de grizzlis.
Source: Journaux canadiens.

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It is well known that polar bears are suffering from the effects of global warming because the sea ice is shrinking, making it more difficult for the animals to reach their food. Now, it’s up to the brown bears to undergo the consequences of climate change.

Heartbreaking images captured by a Canadian photographer show the devastating impact of climate change on the Earth’s wildlife. A few weeks ago, he photographed a grizzly bear family a mother and her two cubs near the shores of Canada’s Knight Inlet. The images immediately sparked concern when people noticed how emaciated the animals were. The cause was a winter without salmon.

However, one needs to be cautious. As for polar bears, a single photo does not necessarily mean that the whole species is in danger. The images of grizzlies taken in Alaska that were sent to me are not alarming. However, the situation needs to be monitored.

The grizzly bear population has been struggling to find a food source, as salmon is at an all-time low. A preliminary report by Fisheries and Oceans Canada for 2019 confirms that the outlook for Pacific salmon has decreased from last year. Many experts are pointing to climate change as a factor.

Fisheries and Oceans Canada also noted that “environmental conditions have been warmer than average, affecting all life stages of Pacific salmon returning in 2019. In fact during the summer 2019, the rising temperatures caused a heatwave in neighbouring Alaska that killed large numbers of salmon in the area.

Many also claim open-net fish farming is another component, as the method is criticized for spreading diseases and polluting the water. In December 2018, the government of British Columbia put forward a plan to transition out of open-net farming by 2023.

As the salmon population continues to decrease, bears are often forced to relocate to new areas in search of food. One can now see them in areas we rarely ever see bears.

Moreover, as hibernation time approaches, female bears who enter the five- to seven-month sleep leaner than usual may emerge in the spring with fewer and smaller cubs, ultimately impacting their survival and the grizzly bear population.

Source: Canadian newspapers.

Pour en savoir plus sur les ours….

Photo: C. Grandpey

Inquiétude à Courmayeur (Val d’Aoste / Italie) // Anxiety in Courmayeur (Valle d’Aosta / Italy)

Dans une note mise en ligne le 25 septembre 2019, j’expliquais que le glacier de Planpincieux, sur le versant italien du Mont-Blanc, risquait de s’écrouler et d’emporter avec lui des routes et des maisons habitées. Le maire de Courmayeur a dû signer dans l’urgence un décret qui interdit la circulation la circulation sur 700 mètres de route et oblige l’évacuation de plusieurs maisons dans le secteur du Val Ferret, l’une des régions les plus fréquentées par les touristes du Val d’Aoste. Le glacier de Planpincieux accélère actuellement son déplacement qui atteint une vitesse de 50 à 60 centimètres par jour. La masse qui menace de s’écrouler a un volume d’environ 250 000 mètres cubes.

Durant la haute saison, Courmayeur ne désemplit pas. Cette station alpine d’Italie, au pied du Mont-Blanc, est une destination prisée des skieurs. Mais le succès de la station repose sur les hivers neigeux, et le froid est de moins en moins au rendez-vous. Pour preuve, les demandes insolites des visiteurs. Certains réclament la climatisation qui n’est normalement pas la priorité dans les Alpes, mais le massif n’a pas échappé aux épisodes de canicule qui ont frappé la France cet été.

Comme à Chamonix, le réchauffement climatique a modifié la donne. A Courmayeur aussi, les guides de montagne s’interrogent sur l’avenir de leur profession. A cause des risques d’éboulement provoqués part la fonte du permafrost de roche, certains parcours classiques ne peuvent plus être proposés, ce que leurs clients ont parfois du mal à comprendre.

A Courmayeur, malgré l’évidence des effets du réchauffement climatique sur la montagne, il y a encore des climato-sceptiques. Dans un bar du centre-ville, le fait qu’une partie du glacier de Planpincieux menace de s’effondrer n’émeut pas outre mesure le gérant. Selon lui, « ce sont des phénomènes naturels, des cycles naturels. Donc je ne pense pas que tout soit imputable au changement climatique. »

Pourtant, l’évolution du paysage a de quoi interroger. Ainsi, une église en bordure de Courmayeur avait été construite en 1792 parce que l’emplacement était proche du glacier. Depuis les années 1950, le front du glacier ne cesse de reculer et il se trouve maintenant haut sur la montagne.

Pour le maire de Courmayeur, la ville doit revoir sa stratégie. Fin octobre, il tiendra une réunion à laquelle il a convié tous ceux porteurs d’idées pour préserver l’activité touristique malgré des hivers toujours plus chauds.

Source : Euronews.

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In a post released on September 25th, 2019, I explained that the Planpincieux Glacier, on the Italian side of Mont Blanc, was in danger of collapsing and carrying with it roads and inhabited houses. The mayor of Courmayeur urgently signed a decree that prohibits traffic on 700 metres of road and requires the evacuation of several houses in the Val Ferret sector, one of the regions most frequented by tourists in the Valle d’Aosta. The Planpincieux Glacier is currently accelerating its movement, which reaches a speed of 50 to 60 centimetres per day. The mass that threatens to collapse has a volume of about 250,000 cubic metres.
During the high season, Courmayeur is always busy. This Italian Alpine resort, at the foot of Mont Blanc, is a popular destination for skiers. But the success of the resort is based on snowy winters, and the weather is less and less cold. As proof, the unusual requests of visitors. Some call for air conditioning, which is not normally the priority in the Alps, but the mountains had to face the two heat wave that struck France this summer.
As in Chamonix, global warming has changed the game. In Courmayeur too, mountain guides are wondering about the future of their profession. Because of the risk of rockfalls caused by the melting of rock permafrost, some traditional hikes can no longer be offered, which their customers sometimes have difficulty understanding.
In Courmayeur, despite the evidence of the effects of global warming on the mountain, there are still climate-skeptics. In a downtown bar, the fact that part of the Planpincieux Glacier threatens to collapse does not move the manager too much. According to him, « they are natural phenomena, natural cycles. So I do not think that everything is attributable to climate change. »
However, the evolution of the landscape makes people ask questions. Thus, a church on the outskirts of Courmayeur was built in 1792 because the location was close to the glacier. Since the 1950s, the front of the glacier has never stopped retreating and is now high on the mountain.
For the mayor of Courmayeur, the city must review its strategy. At the end of October, he will hold a meeting at which he invited all those with ideas to preserve the tourist activity despite ever warmer winters.
Source: Euronews.

Vues de Courmayeur et du glacier de Planpincieux (Source: Wikipedia)

 

 

 

 

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

Autriche : Saccage d’un glacier // Austria: Destruction of a glacier

 A l’heure où les glaciers fondent à vue d’œil, il y en a qui s’amusent à les détruire ! C’est ce que l’on apprend en consultant le site Internet de la revue Montagnes Magazine. Le scandale – le mot n’est pas trop fort – se déroule en Autriche pour permettre la connexion des domaines skiables de Pitztal et Ötztal. Cela nécessite d’attaquer la glace à la pelleteuse sur plusieurs dizaines d’hectares, un comble à l’heure où on nous rappelle le rôle de régulateur thermique et climatique des glaciers et où les scientifiques alertent sur le réchauffement climatique.
C’est le World Wildlife Fund (WWF) qui a découvert le pot aux roses et a donné l’alerte en août 2019 avec plusieurs clichés de l’aménagement en cours du glacier, à plus de 3000 mètres d’altitude. Les pelleteuses ont pour mission de creuser et travailler la glace, pour façonner des pentes dans l’optique de la nouvelle saison de ski.

Comme je viens de l’indiquer, ces travaux font partie d’un projet global de fusion des glaciers Pitztal-Ötztal et des domaines qui y sont rattachés. Le 24 juin dernier, le club alpin autrichien et les associations environnementalistes demandaient l’arrêt de cet immense projet qui prévoit qu’une surface d’environ 64 hectares du glacier de Pitztal soit nivelée pour former des pistes de ski. Pour la construction des nouveaux bâtiments, il est aussi envisagé que 1,6 hectare de glace soient retirés. Les protestations sont restées vaines. Les pelleteuses sont arrivées et les aménagements ont commencé. Je suis assez d’accord avec les propos d’un glaciologue français qui a déclaré: « C’est à l’image de la destruction de la forêt amazonienne. Nous allons droit dans le mur, et allons le payer. L’homme ne tire pas les leçons du passé. Les stations se créent des contraintes économiques qui passent bien avant l’écologie. Le système n’est pas prêt à changer et à intégrer la question environnementale ».

Les Autrichiens semblent oublier les conséquences de ce saccage. La ressource en eau des vallées se raréfie avec la diminution de la masse d’un glacier. Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, les stocks d’eau disponibles se réduisent et en cas de période de fortes chaleurs, il n’y aura plus de ressources suffisantes. De plus, un glacier joue aussi un rôle de régulateur thermique et climatique. En l’amputant d’une de ses langues, il réfléchit moins la lumière du soleil ; la température sur et autour du glacier augmente, et entraîne à son tour la fonte de la glace. À terme, c’est l’effet albédo qui est remis en cause par la destruction d’un glacier. L’absence de la glace entraîne  des bouleversements dans les microclimats locaux, et des chutes de roches dues à la fonte du permafrost.

La destruction de ce glacier à des fins touristiques et purement commerciales est révélatrice de l’échec de la politique climatique et environnementale de l’Autriche et, plus généralement, de l’Europe. Dans quelques années, les Autrichiens risquent fort de regretter la destruction du glacier Pitztal. Si les prévisions scientifiques se confirment, tous les glaciers des Alpes pourraient avoir disparu d’ici 2100. Parallèlement, il n’y aura probablement plus de neige pour skier. Ces mêmes personnes qui détruisent les glaciers sont capables de venir pleurer dans quelques années pour demander de l’argent à l’Etat car leurs infrastructures hivernales ne sont plus rentables !

Il y a quelques jours, un ami qui passait ses vacances en Autriche m’a fait aimablement parvenir des photos du Grossglockner  que j’avais visité dans les années 1970, époque où le glacier attirait des foules de touristes. Je n’ai pas reconnu le site sur les photos de mon ami qui m’a également fourni le cliché d’un panneau local montrant la fonte du glacier à travers les dernières décennies. Les images se passent de commentaire et confirment la stupidité des Autrichiens à vouloir détruire un glacier à des fins commerciales. Le fric nous tuera !

 Source : Montagnes Magazine.

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At a time when glaciers are rapidly melting, there are some people who enjoy destroying them! This is what we can read on the Montagnes Magazine website. The scandal – the word is not too strong – takes place in Austria to allow the connection of the Pitztal and Ötztal ski areas. This means attacking the ice with excavators over several tens of hectares, which is unbelievable when we know the importance of glaciers for thermal and climatic regulation, at a time when scientists send constant warnings about global warming.
The World Wildlife Fund (WWF) discovered what was ahappening and sent the information in August 2019 with several photos of the current work on the glacier which is located more than 3000 metres above sea level. The excavators have a mission to dig and work the ice, to shape slopes which need to be ready for the new ski season.
As I have just mentioned, this work is part of a global project to merge the Pitztal-Ötztal glaciers and related areas. On  June 24th, the Austrian Alpine Club and the environmental associations called for a halt to this huge project which includes the levelling of an area of ​​about 64 hectares of the Pitztal Glacier to shape ski slopes. For the construction of new buildings, 1.6 hectares of ice are also expected to be removed. The protests remained futile. The excavators arrived and the destructive work began. I quite agree with what a French glaciologist said: « It’s like the destruction of the Amazon rainforest, we’re going straight into the wall, and we’re going to pay for it. The ski resorts are creating economic constraints that go well before ecology.The system is not ready to change and integrate the environmental issue.
The Austrians seem to forget the consequences of this destruction. The water resource of the valleys becomes scarce as the mass of a glacier decreases. With the current acceleration of global warming, available water reserves are shrinking and in times of hot weather, there will be no more water. In addition, a glacier also plays a role of thermal and climatic regulator. By amputating one of his branches, the glacier reflects less of the light of the sun; the temperature on and around the glacier increases, and in turn causes the melting of the ice. Ultimately, the albedo effect is altered by the destruction of a glacier. The absence of ice causes deep changes in local microclimates, as well as rockfalls due to melting permafrost.
The destruction of this glacier for tourism and purely commercial purposes is indicative of the failure of the climate and environmental policy of Austria and, more generally, of Europe. In a few years, Austrians are likely to regret the destruction of the Pitztal glacier. If scientific predictions prove true, all the glaciers in the Alps could have disappeared by 2100. At the same time, there will probably be no more snow to ski. These same people who destroy the glaciers will come crying in a few years to ask for money from the State because their winter infrastructure is no longer profitable!
A few days ago, a friend who was spending his holidays in Austria kindly sent me photos of the Grossglockner I visited in the 1970s, when the glacier attracted crowds of tourists. I did not recognize the site in the photos of my friend who also provided me with the snapshot of a local poster showing the melting of the glacier through the last decades. The pictures are self-explanatory and confirm the stupidity of the Austrians who destroy a glacier for commercial purposes. Money will kill us!
Source: Montagnes Magazine.

Pelleteuses à l’œuvre sur le glacier Pitztal, le 27 août 2019 (Crédit photo : WWF)

La fonte du Grossglockner (Photos: J.G. Feignon)