Eruption du Calbuco (Chili) // Eruption of Calbuco volcano (Chile)

drapeau francaisSelon une dépêche de l’AFP, le gouvernement chilien a décrété mercredi l’alerte rouge après l’éruption violente et inattendue du volcan Calbuco, inactif depuis 43 ans, ordonnant d’évacuer la population dans un rayon de 20 kilomètres aux alentours.

L’alerte rouge concerne les villes de Puerto Montt et Puerto Varas, situées dans la région de Los Lagos, à environ 1300 kilomètres au sud de Santiago. L’évacuation a concerné au départ près de 270 familles, selon les autorités, mais pourrait s’étendre dans les prochaines heures aux villes voisines, ce qui entraînerait le déplacement de milliers d’habitants.

Les classes ont été suspendues dans la région, de même que les vols au départ et à l’arrivée de cette zone.

L’alerte a également été donnée dans le sud de l’Argentine. Les autorités de la ville argentine de Bariloche, située à seulement 100 kilomètres du volcan, ont pris des mesures d’urgence en prévision de la possible arrivée des cendres produites par l’éruption.

La défense civile de Bariloche, qui se trouve à 1630 kilomètres au sud de Buenos Aires, a suspendu les cours dans les écoles et a réquisitionné les établissements sanitaires pour faire face à toute urgence liée à l’éruption.

Les autorités ont par ailleurs décidé l’état d’exception pour catastrophe dans les localités proches du volcan, et l’armée prendra donc temporairement le contrôle de ces zones.

L’éruption, qui a démarré vers 18h00, est survenue par surprise, aucun début d’activité n’ayant été enregistré ces derniers jours. Selon le VAAC de Buenos Aires, le panache éruptif a atteint une altitude de 10 km.

Retransmises en direct à la télévision, les images montraient en début de soirée une épaisse colonne s’élevant dans le ciel au-dessus du volcan, mais aucune coulée de lave n’était apparente.

Voici deux petites vidéos de l’éruption :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_MdUQY6xQG4

http://www.cooperativa.cl/noticias/pais/desastres-naturales/erupciones-volcanicas/testigo-registro-magnitud-de-la-erupcion-del-volcan-calbuco/2015-04-22/183830.html

Photos publiées par le Journal de Montréal:

http://www.journaldemontreal.com/2015/04/22/alerte-rouge-au-chili-eruption-innatendue-du-volcan-calbuco

…et sur le site de Time (superbe image!):

https://timedotcom.files.wordpress.com/2015/04/chile-volcano2.jpg?quality=65&strip=color&w=2024

A noter qu’une nouvelle séquence éruptive a eu lieu aux toutes premières heures du 23 avril, comme indiqué dans ce bulletin du SERNAGEOMIN:

Calbuco blog

 ————————————————

drapeau anglaisAccording to an AFP report, the Chilean government declared Red Alert Wednesday after the violent and unexpected eruption of Calbuco volcano, dormant for 43 years and ordered to evacuate the population within a radius of 20 kilometers around.
The Red Alert concerned the cities of Puerto Montt and Puerto Varas, located in the Los Lagos region, about 1,300 kilometers south of Santiago. The evacuation initially concerned about 270 families, according to the authorities, but could be extended in the coming hours to neighbouring towns, which would displace thousands.
Classes were suspended in the region, as well as flights and the arrival in this area.
The alert was also given in southern Argentina. The authorities of the Argentine city of Bariloche, just 100 kilometres from the volcano, have taken emergency measures in anticipation of the possible arrival of ash from the eruption.
The Civil Defense of Bariloche, which is 1630 km south of Buenos Aires, suspended classes in schools and health facilities were requisitioned to deal with any emergency related to the eruption.
The authorities have also decided the state of emergency for disaster in nearby localities of the volcano, and the army will therefore take temporary control of these areas.
The eruption, which began around 18:00, came by surprise, as no activity had been recorded in recent days. According to the Buenos Aires VAAC, the eruptive plume reached 10 km a.s.l.
Live broadcast on television showed a thick column rising into the sky above the volcano, but no lava flow could be seen.

Here are two short videos of the eruption:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_MdUQY6xQG4

http://www.cooperativa.cl/noticias/pais/desastres-naturales/erupciones-volcanicas/testigo-registro-magnitud-de-la-erupcion-del-volcan-calbuco/2015-04-22/183830.html

Photos released by the Journal de Montréal:

http://www.journaldemontreal.com/2015/04/22/alerte-rouge-au-chili-eruption-innatendue-du-volcan-calbuco

…and on the Time website:

https://timedotcom.files.wordpress.com/2015/04/chile-volcano2.jpg?quality=65&strip=color&w=2024

A new eruptive episode occurred early on April 23rd, as can be seen in the SERNAGEOMIN bulletin (see above).

Calbuco-blog

Vue du panache éruptif du Calbuco  (Crédit photo: Associated Press)

Histoires de systèmes d’alerte en Alaska et au Chili // Stories of warning systems in Alaska and Chile

drapeau francaisDans une note écrite le 20 février 2015, j’indiquais que l’Augustine était probablement la plus grande menace de tsunami pour la ville d’Homer située à 100 km du volcan, et pour la partie sud de la Péninsule du Kenai. La dernière éruption de l’Augustine en 2006 a généré un panache de cendre et émis suffisamment de lave pour rehausser encore davantage le sommet du volcan. Ce sommet domine des pentes abruptes et c’est lui qui, en s’effondrant, pourrait déclencher un tsunami. En 1883 – avant que la ville d’Homer soit construite – une éruption a fait glisser le versant nord de l’Augustine dans Cook Inlet et généré une vague de 9 mètres de hauteur qui a fini sa course dans le village de Nanwalek. Les scientifiques ont par ailleurs trouvé des preuves d’effondrements similaires remontant à des milliers d’années.

C’est la raison pour laquelle des sirènes ont été installées à Homer et dans les quelques villages qui pourraient être exposés à un tsunami. Pendant plusieurs jours, les médias ont annoncé que le mercredi 25 mars aurait lieu un test du système d’alerte aux tsunamis sur les régions côtières de l’Alaska. Comme dans beaucoup d’endroits dans le monde, les gens sont habitués à entendre ici un test des sirènes une fois par mois, le mercredi à 13 heures. Cependant, le 25 mars, l’essai était censé être un peu différent. Les sirènes devaient hurler plus tôt et soi-disant « avec plus de réalisme » dans le cadre de la Semaine de Prévention des Tsunamis.
Les sirènes retentirent à 10h25 du matin, relayées par tous les haut-parleurs qui se trouvent dans les zones basses, le long du littoral d’Homer. On entendit une voix annoncer: « Une alerte au tsunami a été émise pour ce secteur. Ecoutez votre station de radio locale pour plus de détails ». Le message a été répété trois fois. Il n’a jamais été précisé qu’il s’agissait d’un test.
Sept minutes après les sirènes, un animateur a interrompu en direct les programmes de radio et indiqué aux auditeurs que les sirènes « signalaient des tests » et qu’il n’y avait « pas de danger pour le moment. »
Deux minutes s’écoulèrent avant qu’une voix à peine audible venue des haut-parleurs annonce à Homer que le test était « conforme ».
Beaucoup de gens à Homer ne sont pas certains que le test ait été effectué avec suffisamment de sérieux et ait eu un impact sur la population dans son ensemble. Beaucoup de personnes ont fait remarquer que les tsunamis ne sont pas des plaisanteries et que le test de prévention aurait dû être mieux géré par toutes les parties concernées. Ces personnes espèrent que des leçons ont été tirées et que les gens qui entendront les sirènes à l’avenir ne penseront pas qu’il s’agit toujours de tests. Il ne faudrait jamais oublier que le tsunami qui a accompagné le séisme de 1964 en Alaska a tué 115 habitants dans cet Etat et a fait disparaître le rivage de plusieurs localités.
Au niveau local, il y a eu au moins un raté, quand une alerte au tsunami destinée aux Aléoutiennes a retenti à Homer en 2011. Selon le journal local Homer News, « des centaines de personnes qui se trouvaient sur la jetée d’Homer (le Spit) et dans les zones basses de la ville ont quitté les lieux ». La police a sillonné la ville pour prévenir la population que l’alerte était une erreur.

Le danger occasionné par un tsunami augmente avec la proximité de sa source par rapport à la côte. S’il se déclenche à des centaines de kilomètres, on aura le temps de prendre rapidement des mesures d’évacuation, à condition que la population ait été bien préparée à une telle éventualité. En 1964, le tsunami a démarré près de la côte. L’épicentre du séisme qui l’a provoqué a été localisé à seulement 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Il y a eu 131 morts (115 en Alaska, 16 dans l’Oregon et la Californie). Le nombre de victimes a été extrêmement faible pour un séisme de cette ampleur (M 9,2) en raison de la faible densité de population, le moment de la journée, le fait que c’était un jour férié (le Vendredi Saint), et le type de matériau (principalement le bois) utilisé pour construire de nombreux bâtiments. Aujourd’hui serait bien différent.
D’après un article paru dans l’Alaska Dispatch News.

°°°°°°°°°°°°°°°

De la même manière, les habitants de la ville chilienne de Pucon ont déclaré avoir ressenti une grande confusion quand les sirènes de la ville ont retenti dimanche dernier. La ville est située à proximité du Villarrica et le maire a ordonné aux pompiers d’actionner les sirènes pour que les gens comprennent que le volcan représente « une menace persistante ». Dans le même temps, le niveau d’alerte volcanique n’avait pas changé.
On pouvait voir des nuages de cendre s’élever du cratère pendant le week-end. Quand les sirènes de la ville ont hurlé dimanche après-midi, de nombreux habitants ont pensé que c’était un signal d’évacuer la ville.
Des commentaires ont été affichés sur Facebook accusant le maire d’avoir « causé une peur inutile» parmi les 22 000 habitants de la ville. En effet, le protocole officiel dit que les sirènes doivent être actionnées pour évacuer les gens, et pas comme mesure préventive.
Source: BBC News.

 ————————————————–

drapeau anglaisIn a note written on February 20th 2015, I indicated that the most serious tsunami threat for Homer and the southern flank of the Kenai Peninsula in Alaska might be Augustine Volcano, 110 km to the west. Augustine last erupted in 2006, sending up an ash cloud and emitting enough lava to build a new summit. It’s this summit enhancement on steep slopes that makes the volcano vulnerable to collapse. In 1883 – before Homer’s founding – an eruption caused its north side to slide into Cook Inlet, sending a 9-metre wave into the village of Nanwalek. Scientists have found evidence of similar collapses going back thousands of years.

This is the reason why sirens have been set up in Homer and the few villages that might be exposed to a tsunami. For several days various news media reported that on Wednesday, March 25th, there would be a test of the tsunami warning system in coastal Alaska. Like in many places of the world, people are accustomed to sirens once a month here, on Wednesdays at 1 p.m., always with the key word “test.” However, the March 25th test was supposed to be a little different. The sirens were to hoot at an earlier time and supposedly “with more realism” as part of Tsunami Preparedness Week.

The sirens sounded at 10:25 in the morning, echoing from the multiple speakers in Homer’s low-lying areas. A voice said: “A tsunami warning has been issued for this area. Tune to a local radio station for details.” The message was repeated three times. There was no mention of a test.

Seven minutes after the sirens, a live announcer interrupted the radio programmes to tell listeners that the sirens were “just testing warnings” and there was “no danger present at the moment.”

Two more minutes passed before a barely audible voice came over the tsunami speakers to say the test was “complete”.

Many people in Homer were not sure the test was serious enough and had any effect on the population at large. Many said tsunamis are no joke, and that a preparedness test could have been better managed by all involved. They hope that lessons were learned and that people hearing sirens in the future won’t assume they’re always tests. They should never forget that the tsunami accompanying Alaska’s 1964 earthquake killed 115 Alaskans and wiped out the entire waterfronts of several communities.

Locally, there was at least one false alarm from the system, when a tsunami warning meant for the Aleutians sounded in Homer in 2011. According to the Homer News, “hundreds of people on the Homer Spit and in low-lying areas evacuated.” Police fanned out around town to alert people that the warning was in error.

The danger of a tsunami increases with the proximity of its source to the coast. Should it start hundreds of kilometres away, there will be time to take rapid evacuation measures, provided the population has been well prepared to such an event.  In 1964, the tsunami was triggered close to the coast. The epicentre of the earthquake that caused it was only 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The number of deaths totalled 131; 115 in Alaska and 16 in Oregon and California. The death toll was extremely low for a quake of this magnitude (M 9.2) due to low population density, the time of day and the fact that it was a holiday, and the type of material (mostly wood) used to construct many buildings. Today would be different.

After an article in the Alaska Dispatch News.

°°°°°°°°°°°°°°°°

In the same way, residents of the Chilean town of Pucon said they felt confused when the town’s sirens went off on Sunday. The town is located near the Villarrica volcano and the mayor of the town ordered firefighters to ring the sirens to alert people « to the continued threat ». Meantime, the volcanic alert level had not changed.

Ash could be seen rising from the crater during the weekend, so when the town’s sirens rang on Sunday afternoon, many residents said they thought it was a signal to evacuate the town.

Comments were posted on Facebook criticising the mayor for « spreading fear » among the town’s 22,000 residents. Indeed, the official protocol says that the sirens ring to evacuate people, not as a preventive measure.

Source: BBC News.

Augustine-flancs

Les flancs pentus de l’Augustine contribueraient au déclenchement d’un tsunami.

Evacuation-blog

En théorie, tout est prêt pour l’évacuation des populations menacées.

(Photos:  C.  Grandpey)

Villarrica (Chili) & Turrialba (Costa Rica)

drapeau francaisLe Villarrica (Chili) reste très actif, avec les panaches de gaz qui enveloppent fréquemment le sommet, tandis que la température à l’intérieur du cratère a atteint 1 000 ° C. Cependant, le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange, ce qui signifie qu’il n’y a pas actuellement de risque pour la population.
Le comportement du Villarrica n’inquiète pas les habitants de la ville de Pucon et les enfants ont repris le chemin de l’école. .
Il ne faudrait pourtant pas oublier que le 3 mars une brève éruption, avec émissions de cendre et projections de blocs incandescents, a entraîné l’évacuation de plus de 3000 personnes autour du volcan. Les autorités ont établi un périmètre de sécurité de 5 km autour du cratère.
Source: Presse locale.

Le Turrialba (Costa Rica) est très actif lui aussi, avec deux éruptions au cours du dernier week-end. Les photos et la vidéo indiquent que la plus grande partie de la cendre est retombée à proximité du cratère; le vent n’était pas assez fort pour l’envoyer sur les zones habitées proches du volcan.
Au cours des deux dernières semaines, on a enregistré 14 éruptions du Turrialba. Il est important de noter que l’accès au parc national est interdit et les rangers ont refoulé des touristes ces derniers jours.
Les géologues de l’OVSICORI n’excluent pas la possibilité d’un nouvel épisode d’activité du Turrialba. Comme je l’ai écrit auparavant, l’Irazu qui se dresse à proximité du Turrialba, a connu de récents glissements de terrain, ce qui pourrait entraîner des fermetures temporaires du parc.
Source: Presse locale.

 ————————————————

drapeau anglaisVillarrica (Chile) is still quite active with gas plumes to be seen around the summit while temperatures inside the crater have reached 1,000°C. However, the alert level is kept at Orange, meaning there is no risk to the general population.

The inhabitants of the city of Pucon are not worried by Villarrica’s behaviour and children have gone back to school.   .

We need to keep in mind that on March 3rd, a short-lived eruption of ash and rock led to the evacuation of more than 3,000 persons from the nearby area.

Authorities have restricted access to the area within 5 km from the crater.

Source: Local newspapers.

Turrialba (Costa Rica) is quite active too, with two eruptions over the weekend. The photos and video indicate that most of the ash was deposited in the vicinity of the crater; the windy conditions were not strong enough to blow the ash away from the volcano and onto residential communities.

Over the last two weeks, a total of 14 eruptions have been registered by geologists monitoring Turrialba. It is important to note that access to the national park is forbidden. Park rangers have turned away tourists in recent days.

OVSICORI geologists are not discarding the possibility of further activity Turrialba. As I out it before, Irazu, close to Turrialba, has been subject to recent landslides, which could prompt park closures.

Source: Local newspapers.

Le Villarrica (Chili) vu depuis l’espace // Villarrica (Chile) seen from space

drapeau francaisLa NASA a mis en ligne deux photos du Villarrica prises respectivement le 22 février et le 5 mars. On voit clairement les effets de l’éruption du 3 mars (voir ma note de ce même mois) sur le versant nord de l’édifice volcanique.

——————————————

drapeau anglaisNASA has released two photos of Villarrica taken on February 22nd and March 5th. They clearly show the effects of the 3 March eruption on the northern flank of the volcanic edifice.

Villarrica 01

Villarrica 02

Crédit photo:  NASA