Nyiamulagira (RDC) // Nyiamuragira (DRC)

Suite à la détection d’un important volume de gaz et de matériaux volcaniques dans le cratère du Nyamulagira (RDC) le 25 octobre 2024, la couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge. Le nuage de cendres s’élevait jusqu’à 4 km au-dessus du niveau de la mer. Le volcan présente une émission de lave continue et une forte activité sismique depuis début 2024. Ces derniers mois, l’activité a été marquée par des coulées de lave qui s’étiraient jusqu’à 7 km sur les versants nord et ouest du volcan.
Source : Toulouse VAAC, OVG.

On peut voir sur les réseaux sociaux une image qui montre l’éruption du Nyiamuragira (à gauche) et une lueur rouge au-dessus du Nyiragongo (à droite) qui trahit une activité au fond du cratère.

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Due to the detection of a significant volume of gas and volcanic material in the crater of Nyamulagira (DRC) on October 25th, 2024, the Aviation Color Code was raised to Red. The ash cloud was rising up to 4 km above sea level. The volcano has been showing continuous lava effusion and strong seismic activity since early 2024. In recent months, activity has been marked by continuous lava flows

Source : Toulouse VAAC, OVG.

Etna (Sicile) : nouveau paroxysme de la Voragine // New paroxysm at Mt Etna’s Voragine (Sicily)

Au cours de la journée du 15 juillet 2024, l’INGV a fait état d’une activité strombolienne au niveau de la Voragine. Dans la soirée, vers 19 heures, cette activité s’est renforcée et vers 22 heures les webcams ont montré de puissantes fontaines de lave accompagnées d’émissions de cendres qui se sont dirigées vers l’ESE.

Il est fait état de retombées de cendres à Viagrande et Acicastello. La colonne éruptive est montée jusqu’à 6000 m au-dessus du niveau de la mer. Comme d’habitude dans ce type de situation, le tremor est monté en flèche et a atteint des valeurs très élevées.

Comme précédemment, sa source a été localisée juste à l’est de la Voragine à une altitude d’environ 2900-3000 m. Cet épisode éruptif a produit également une coulée de lave qui a débordé de la lèvre NO de la Bocca Nuova ; son front a atteint une altitude de 3000 m. Le paroxysme a pris fin vers minuit et tout est calme sur l’Etna ce matin.

Source : INGV.

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During the day of July 15th, 2024, INGV reported Strombolian activity in Mt Etna’s Voragine. In the evening, around 7 p.m., this activity increased and around 10 p.m. the webcams showed powerful lava fountains accompanied by ash emissions drifting ESE. There are reports of ashfall in Viagrande and Acicastello. The eruptive column rose up to 6000 m above sea level. As usual in this type of situation, the tremor skyrocketed and reached very high values. As before, its source was located just east of Voragine at an altitude of approximately 2900-3000 m. This eruptive episode also produced a lava flow which overflowed from Bocca Nuova’s NW rim ; its front reached an altitude of 3000 m. The paroxysm ended around midnight and everything is quiet again on Mt Etna this morning.
Source: INGV.

Kilauea (Hawaii) : plus d’informations sur l’éruption de 1924 // More information on the 1924 eruption

Alors que le sommet du Kilauea connaît en ce moment une légère hausse de la sismicité et que la déformation du sol se poursuit au niveau de l’Halema’uma’u et de la caldeira sud, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a consacré les deux derniers épisodes de sa rubrique Volcano Watch à l’éruption de 1924, souvent appelée « l’explosion du siècle. » Elle a duré environ 17 jours, a tué une personne et blessé plusieurs autres
Le processus éruptif a débuté il y a un siècle, en février 1924, à partir du cratère de l’Halema’uma’u, où le lac de lave a commencé à se vidanger et s’enfoncer sous terre. Une forte sismicité a secoué la région de Puna et le sol s’est fissuré dans la Lower East Rift Zone au moment où le lac de lave disparaissait sous terre. La crise a pris fin le 28 avril.
Au sommet du Kilauea, le plancher de Halema’uma’u a commencé à s’affaisser fin avril 2024 et était descendu de près de 100 mètres le 7 mai. Les chutes de matériaux à l’intérieur du cratère ont généré d’épais nuages de poussière.
La première explosion est passée inaperçue dans la nuit du 10 au 11 mai. Elle a éjecté des blocs pesant plus de 150 kilogrammes jusqu’à 60 mètres du cratère.
Après un calme relatif au cours des deux jours suivants, l’éruption a véritablement démarré le 13 mai 2024. Plus de 50 explosions ont eu lieu jusqu’au 27 mai, date à laquelle l’éruption a pris fin.

Crédit photo : USGS / HVO

Des milliers de roches ont été projetées dans les airs avant de joncher le sol de la caldeira. D’intenses épisodes d’éclairs ont accompagné les explosions et certains ont détruit des lignes électriques sur la route menant à Hilo. Des séismes ont fait vibrer le sol et des pluies de boue avec des granulés de la taille de petits pois ont arrosé le sommet. Des blocs pesant plusieurs tonnes ont atterri à plus de 800 mètres du cratère ; l’un d’eux pesait 8 tonnes.
Le point culminant de l’éruption a eu lieu le dimanche 18 mai 2024 avec les deux plus fortes explosions. Un certain nombre d’observateurs se trouvaient sur le plancher de la caldeira lors de la première, et l’un d’eux a été mortellement blessé par une chute de pierres.

Crédit photo : USGS / HVO

Par une remarquable coïncidence, 56 ans plus tard, l’éruption cataclysmale du Mont Saint Helens s’est produite le dimanche 18 mai 1980, et les deux éruptions ont tué un homme nommé Truman. Au cours de l’éruption du Kilauea, le cratère de l’Halema’uma’u a doublé son diamètre pour atteindre environ 800 mètres et son plancher a chuté d’environ 500 mètres.

Crédit photo : USGS / HVO

Pendant des années, on a cru que les explosions étaient phréatiques et générées par la rencontre des eaux souterraines avec des roches chaudes. Les travaux en cours, effectués par des chercheurs du HVO sur les cendres de 1924, fournissent de nouvelles informations. La dernière analyse confirme que la plupart des couches de cendres de 1924 contiennent 95 % ou plus de matériau lithique. Cette découverte conforte l’interprétation classique selon laquelle les explosions de 1924 étaient phréatiques.
Une découverte récente plus surprenante est que bon nombre des couches de cendres les plus jeunes, provenant des dernières explosions, contiennent jusqu’à 30 % de matériaux juvéniles ou de magma frais, ce qui n’est pas cohérent avec l’hypothèse d’explosions phréatiques. La plupart des cendres de 1924 ont des teneurs en oxyde de magnésium (MgO) qui se situent dans la plage normale pour de la lave émise par l’Halema’uma’u. Cependant, les géologues ont également observé deux groupes d’échantillons de 1924 avec des quantités plus élevées de MgO, probablement provenant d’un matériau source plus chaud. Cela laisse supposer qu’un magma juvénile aurait pu pénétrer dans le système magmatique du Kilauea lors des explosions de 1924.
Les différents groupes chimiques des échantillons de 1924 ont également des textures distinctes, visibles au microscope électronique. Le groupe à faible teneur en MgO contient de nombreux petits cristaux et très peu de vésicules. Le groupe à teneur moyenne en MgO contient peu de cristaux et de nombreuses vésicules ovales ou d’autres formes indiquant que les bulles auparavant rondes ont été compressées. Le groupe riche en MgO ne contient pas de petits cristaux ni de vésicules circulaires. On peut en déduire qu’au moins trois magmas différents ont interagi sous l’Halema’uma’u avant ou pendant les éruptions explosives de 1924. Le mélange de ces magmas pourrait peut-être expliquer pourquoi les éruptions ont été aussi explosives.
Source : USGS/HVO.

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While the summit of Kilauea is going through a slight increase in seismicity and ground deformation is continuing beneath Halemaʻumaʻu and the south caldera region, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has dedicated the two latest Volcano Watch episodes to the 1924 eruption, often called « the blast of the century. » The eruption lasted about 17 days, killing one person and injuring others

The eruption process took place one century ago in February 1924 from Halemaʻumaʻu Crater where the lava lake began to drain back underground. Strong seismicity shook the Puna area, and the ground was cracking open as lava from the emptying lake traveled underground into the lower East Rift Zone. The crisis died by April 28th.

At the summit, the floor of Halemaʻumaʻu began dropping by the end of April 2024 and was nearly 100 meters lower by May 7th. Rockfalls from the crater wall generated thick dust clouds.

The first explosion was unobserved during the night of May 10th – 11th and ejected blocks weighing more than 150 kilograms as far as 60 meters from the crater.

After relative calm during the next two days, the eruption took off in earnest on May 13th, 2024. More than 50 explosions occurred until May 27th, when the eruption ended.

Thousands of rocks were ejeected high in the air, littering the caldera floor. Intense electrical storms accompanied some of the explosions, and lightning took out powerlines far down the road to Hilo.

Earthquakes shook the ground, and mud rains with pellets the size of peas pummeled the summit. Blocks weighing several tons landed more than 800 meters from the crater with one of them as heavy as 8 tons.

The climax of the eruption was on Sunday, May 18th, 2024, when the two largest explosions occurred. A number of observers were on the caldera floor during the first, and one of them was fatally injured by a falling rock. By remarkable coincidence, 56 years later, the devastating eruption of Mount Saint Helens happened Sunday, May 18th, 1980, and both eruptions killed a man named Truman. During the eruption, Halemaʻumaʻu Crater doubled its diameter to about 800 meters, and its floor dropped by about 500 meters.

For years, the explosions were believed to be phreatic and generated by groundwater encountering hot rock. Ongoing work by HVO researchers on the 1924 ash is providing new information. The latest analysis confirms that most of the 1924 ash layers studied by geologists have 95% or more lithic material. This finding supports the classic interpretation that the 1924 explosions were phreatic.

A surprising recent discovery is that many of the youngest layers in the 1924 deposits, from the later explosions, have up to 30% juvenile material, or fresh magma, which is not consistent with the classic interpretation of steam driven explosions. Most of the 1924 have MgO contents within the normal range expected for lava erupted from Halema‘uma‘u. However, geologists have also observed two rarer groups of 1924 grains with higher amounts of MgO, likely from a hotter source material. This suggests fresh batches of magma could have entered the magmatic system of Kīlauea during the 1924 explosions.

The different chemical groups of 1924 grains also have distinct textures, which one can see using a scanning electron microscope. The lower-MgO group have lots of tiny crystals and very few vesicles in them. The middle-MgO group has few crystals and many vesicles that are ovals or other shapes indicating the once round bubbles were squished. The high-MgO group has no small crystals and circular vesicles. From this, one can infer that at least three different magmas were interacting underneath Halema‘uma‘u prior to or during the 1924 explosive eruptions, and perhaps the mixing of these magmas could help explain why the eruptions were so explosive.

Source : USGS / HVO.

Évacuations autour du Mont Ibu (Indonésie) // Evacuations around Mt Ibu (Indonesia)

Dans ma note du 17 mai 2024, j’indiquais que l’activité éruptive du Mont Ibu s’était intensifiée les 11 et 12 mai 2024, avec une forte éruption vers 00h12 (UTC) le 13 mai 2024, avec un épais panache de cendres s’élevant jusqu’à 6,4 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte du volcan a été relevé pour la première fois de 2 à 3 (Siaga) le 8 mai après les premiers signes d’augmentation d’activité. Les autorités locales avaient préparé des tentes, mais aucun ordre d’évacuation n’avait été décrété. En raison d’une nouvelle hausse d’activité, le niveau d’alerte a été relevé de 3 à 4, le maximum, le 17 mai.
Le 18 mai au soir, les autorités indonésiennes ont évacué les habitants de sept villages situés dans un rayon de 7 kilomètres autour du volcan après une nouvelle éruption qui a envoyé un panache de cendres à environ 4 kilomètres dans le ciel avec de fréquents éclairs dans le panache. Les secouristes ont aidé les personnes âgées à évacuer la zone tandis que les autres villageois quittaient la zone dans des pickups pour être conduits dans des tentes pour y passer la nuit.
Les autorités ont conseillé à la population et aux touristes de ne mener aucune activité dans un rayon de 5 kilomètres autour du cratère du mont Ibu. Plus de 13 000 personnes vivent dans un rayon de 5 km autour du versant nord du cratère.
Source : CVGHM.


Vue des éclairs dans le panache de cendres le 18 mai 2024 (Crédit photo : CVGHM)

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In my post of May 17th, 2024, I indicated that eruptive activity at Mount Ibu (Indonesia) intensified on May 11th and 12th, 2024, leading to a strong eruption at around 00:12 UTC on May 13, 2024, with a thick ash plume rising up to 6.4 km above sea level. The volcano’s Alert Level was first raised from 2 to 3 (Siaga) on May 8th after the first signs of increased activity. Local authorities had prepared evacuation tents, but no evacuation order had been reported. Due to a new increase in activity, the alert level was raised from 3 to 4, the maximum on May 17th.

On May 18th in the evening, Indonesian authorities evacuated residents of seven villages within a 7-kilometer radius from the volcano after it erupted and sent ash about 4 km into the sky with frequent flashes of lightning in the plume. Rescuers assisted the elderly with evacuating the area while residents were moved out of the area in pickup trucks and taken to emergency tents to spend the night.

Officials advised residents and tourists not to conduct any activities within 5 kilometers from Mount Ibu’s crater. More than 13,000 people live within a 5-km radius from the northern side of the crater.

Source : CVGHM.