Nouvelles recherches sur les Champs Phlégréens // New research on the Phlegrean Fields

Les supervolcans sont un peu comme le monstre du Loch Ness en Écosse: ils apparaissent de temps en temps dans les journaux et les magazines, mais personne n’a jamais assisté à leurs éruptions. En Italie, les Champs Phlégréens font partie de ces supervolcans qui pourraient devenir un danger pour les zones habitées.
Une étude récente a confirmé les conclusions de recherches précédentes. Les Campi Flegrei semblent accumuler du magma en évoluant vers une phase pré-éruptive. Les scientifiques ne disent pas qu’une éruption majeure est imminente, mais au vu des conditions actuelles, ils pensent qu’une telle éruption de grande envergure pourrait se produire dans les Champs Phlégréens à « un moment indéterminé du futur ». Ces propos confirment que nous ne sommes actuellement pas en mesure de prévoir les éruptions volcaniques.
Avec Yellowstone aux États-Unis, les Campi Flegrei font partie des rares supervolcans actifs dans le monde. Ils se trouvent dans le sud de l’Italie, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Naples qui rassemble quelque 1,5 million d’habitants. La dernière éruption remonte à 1538; ce fut un événement relativement mineur, connu sous le nom d’éruption du Monte Nuovo. Cependant, il y a 40 000 ans, le volcan a connu une éruption majeure, à peine moins puissante que celles enregistrées à Yellowstone.
Au cours des 60 dernières années, la région volcanique avec ses 24 cratères et autres édifices a montré des signes d’activité, et les scientifiques l’ont étudiée de près pour mieux comprendre l’évolution de la situation.
Dans une étude publiée dans Science Advances, une équipe de chercheurs a examiné des échantillons de roche, de minéraux et de verre prélevés lors de 23 éruptions sur les Campi Flegrei, dont les deux plus importantes des 60 000 dernières années. En analysant les éléments contenus dans ces échantillons, les scientifiques ont pu se faire une idée de la situation avant et après les éruptions.
L’analyse des éléments montre qu’il y a eu des changements importants dans la température et la teneur en eau du magma à certains moments de l’histoire éruptive des Champs Phlégréens. Il a été constaté que les minéraux à l’intérieur du magma diminuaient avec le temps, tandis que la teneur en eau augmentait. Ils ont constaté qu’une telle évolution s’était produite avant l’éruption du Monte Nuovo.
L’équipe scientifique a remarqué qu’après l’éruption du Monte Nuovo, les Campi Flegrei sont entrés dans une nouvelle phase d’inactivité. Depuis les années 1950, il y a eu trois grandes périodes de regain d’activité qui ont fait craindre un réveil du volcan. Une ascension du magma  d’environ 8 km jusqu’à environ 3 km est tenue pour responsable de cette activité. [Note personnelle: tout cela est cohérent avec les épisodes bradysismiques observés dans la région.]
Les dernières études indiquent que la situation actuelle peut s’expliquer par la présence d’un magma saturé en eau dans la croûte supérieure, ce qui favoriserait la constitution d’un énorme réservoir magmatique. Les chercheurs pensent que le système d’alimentation des Champs Phlégréens entre actuellement dans une nouvelle phase qui pourrait aboutir, à un certain moment du futur, à une éruption de grande ampleur. On pense en général qu’une telle éruption ressemblerait assez à celles observées au cours des 15000 dernières années. Elle se situerait entre la dernière éruption (Monte Nuovo, 1538, 0,02 km3) et l’éruption du Vésuve qui a recouvert Pompéi et Herculanum. De tels scénarios sont pris en compte dans le cadre de la gestion des catastrophes.

Source: Newsweek.

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Earth’s supervolcanoes are like the Loch Ness monster in Scotland: they emerge from time to time in the newspapers and magazines but nobody has ever seen their eruptions. In Italy, the Phlegrean Fields is one of the supervolcanoes that could become a ththreat to populated areas.

A recent study has confirmed what previous research had already concluded. The Campi Flegrei appears to be accumulating magma as it transitions to a pre-eruption state. Scientists do not say that a large eruption is imminent, but they suggest that current conditions at Campi Flegrei indicate one could happen at « some undetermined point in the future. » This statement confirms that we are currently unable to predict volcanic eruptions.

With Yellowstone in the U.S., Campi Flegrei is one of the few active supervolcanoes in the world. It is located in southern Italy, about 15 kilometres to the west of Naples, which is home to around 1.5 million people. The last time it erupted was in 1538 ; it was a fairly small event known as the Monte Nuovo eruption. However, 40,000 years ago, it produced a major eruption, slightly less powerful than the ones recorded at Yellowstone.

Over the last 60 years, the volcanic region with its 24 craters and edifices has shown signs of unrest, and scientists have been studying it and monitoring it closely to better understand the changes taking place.

In a study published in Science Advances, a team of researchers examined rock, mineral and glass samples taken from 23 eruptions at Campi Flegrei, including the two biggest from the last 60,000 years. By analyzing the elements within these samples, the scientists were able to construct a picture of what was happening before and after eruptions.

Analysis of the elements suggests there were critical changes to the temperature and water content of the magma at certain points in the eruptive history of Campi Flegrei. Minerals in the magma were found to decrease over time, while water content increased. They found that this happened before the Monte Nuovo eruption.

The research team notes that after the Monte Nuovo eruption, Campi Flegrei entered a “new phase” of inactivity. Since the 1950s, there have been three “major periods of unrest,” raising concern that the volcano is reawakening. A magma ascent from about 8 km to about 3 km has previously been blamed for this unrest. [Persona note: All this is consistent with the episodes of bradyseism observed in the region.]

The latest findings suggest this is consistent with the presence of water-saturated magma in the upper crust, allowing for the buildup of a huge magma reservoir. The researchers suggest that the plumbing system at Campi Flegrei is currently entering a new buildup phase, potentially culminating, at some undetermined point in the future, in a large volume eruption.

Should an eruption occur, the best guess is that it will have a size and behaviour similar to that seen during past 15,000 years or so, hence ranging from the size of the last eruption (Monte Nuovo, 1538, 0.02 cubic km) to something similar to the eruption of Vesuvius that overwhelmed Pompeii and Herculaneum. These are the scenarios being used to prepare mitigation plans.

Source : Newsweek.

Site des Champs Phlégréens avec le Monte Nuova. A noter que la Solfatara reste fermée au public suite à l’accident qui a coûté la vie à un jeune garçon et ses parents en septembre 2017 (voir ma note à ce sujet: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/09/13/drame-a-la-solfatara-italie-drama-at-the-solfatara-italy/)

Vers une éruption des Champs Phlégréens? Personne ne le sait vraiment!// Toward an eruption of the Phlegrean Fields ? Nobody really knows !

I Campi Flegrei – Les Champs Phlégréens – la zone volcanique active près de Naples, est comme Yellowstone ou le monstre de Loch Ness: elle refait surface de temps en temps dans la presse. Habituellement, ce sont les journaux britanniques à sensations qui annoncent une possible éruption dans un proche avenir. Cette fois, c’est le très sérieux magazine américain Newsweek qui aborde le sujet. On peut lire que « [le volcan] semble de plus en plus se rapprocher d’une éruption et les scientifiques préviennent qu’il ressemble à une « soupière bouillante » qui mijote sous la surface. Il ne fait guère de doute que le volcan devient de plus en plus dangereux. »
C’est bien connu : Les Champs Phlégréens sont une vaste caldeira à l’ouest de Naples. Près d’un million de personnes vivent dans les limites administratives de la ville, ce qui en fait l’une des régions avec les plus fortes densités de population en Europe. La dernière éruption remonte à 1538, mais c’était un événement relativement mineur. Il y a environ 40 000 ans, le volcan a connu une éruption majeure et éjecté quelque 200 kilomètres cubes de matériaux. Cet événement a été mis en relation avec l’extinction des Néanderthaliens.
Dans les années 1980, le volcan a commencé à reprendre goût à la vie. À cette époque, on a enregistré une série de séismes dans la ville de Pouzzoles et le sol s’est soulevé de 1,80 mètre, ce qui a fait naître les craintes d’une éruption. Dans une étude récente, des chercheurs ont montré que la pression magmatique s’est accumulée pendant près de sept décennies et que cette accumulation de pression sur le long terme est une preuve que les Champs Phlégréens se dirigent «vers des conditions favorables à une éruption».
Pour mieux comprendre ce qui se passe sous le volcan, une équipe de chercheurs conduite par un scientifique de l’Université d’Aberdeen (Royaume Uni) a étudié la caldeira en analysant les essaims sismiques pendant l’activité entre 1983 et 1984. Le résultat de leur travail a été publié dans la revue Scientific Reports. L’équipe scientifique a pu identifier une zone à très haute température qui alimente le volcan. Elle se trouve sous la ville de Pouzzoles et s’étend sous la mer à une profondeur de 4 kilomètres. Le magma n’est pas remonté jusqu’à la surface en 1983-1984 en raison d’une formation rocheuse qui s’étend à 1,5 km de profondeur et qui a entravé son ascension. Les contraintes produites par ce phénomène ont migré vers une région moins profonde.
On peut lire dans le rapport scientifique : «Ce que tout cela signifie n’est pas très clair, et les recherches futures devront se concentrer sur les nouveaux paramètres ; nous nous trouvons dans une situation où les« signaux géophysiques et géochimiques indiquent que le volcan est en train de se réactiver ».

Au cours des trois dernières décennies, le comportement du volcan a changé à cause de l’entrée de fluides dans la caldeira. Ce qui a généré l’activité sous Pouzzoles dans les années 1980 a migré ailleurs, de sorte que le danger ne se situe plus dans un seul endroit. Il se pourrait qu’il soit maintenant beaucoup plus proche de Naples qui est une zone plus densément peuplée. Aujourd’hui, le risque ne se situe plus uniquement au centre de la caldeira.
Selon l’étude, « il est impossible de dire quelle sera l’ampleur de la prochaine éruption, mais il ne fait aucun doute que le volcan est en train de devenir plus dangereux. La question à laquelle nous devons répondre maintenant est de savoir si une grande quantité de magma est en train de monter vers la surface, ou s’il s’agit de quelque chose de moins inquiétant qui pourrait trouver son chemin vers la surface dans la mer ».
Source: Newsweek.

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I Campi Flegrei – The Phlegrean Fields – the active volcanic zone close to Naples, is like Yellowstone or the Loch Ness monster: it comes from time to time to the surface. Usually, it is the British yellow press which announces a possible eruption in the near future. This time, it is the American magazine Newsweek which tackles the topic. We can read that ‘[the volcano) appears to be edging ever closer to an eruption, with scientists warning it is like a “like a boiling pot of soup” simmering beneath the surface and that there is “no doubt that the volcano is becoming more dangerous.”

It is well known that Campi Flegrei is a huge caldera that sits to the west of Naples. Close to a million people live within the city’s administrative limits, making it one of the most densely populated areas in Europe. The last time Campi Flegrei erupted was in 1538, but this was a relatively minor event. Around 40,000 years ago, it produced a major eruption, ejecting an estimated 200 cubic kilometres of magma. This event has previously been linked with the extinction of the Neanderthals.

In the 1980s, the volcano started rumbling back to life. At this time, it produced a series of earthquakes under the city of Pozzuoli and the ground rose by 1.8 metres, raising fears of an eruption. In a recent study, researchers showed how it had been building pressure for almost seven decades, and that this long-term accumulation of stress was evidence that Campi Flegrei is moving “towards conditions more favourable to eruption.”

To better understand what is going on beneath the volcano, a team of researchers led a scientist from the University of Aberdeen, U.K. probed the caldera by analyzing the seismic swarms during the 1983–1984 unrest. The result of their work was published in the journal Scientific Reports. The team was able to identify a hot zone that is feeding the volcano. It lies under the city of Pozzuoli and extends into the sea at a depth of 4 kilometres. The magma did not rise all the way up to the surface during this period because of a rock formation that extends 1.5 km deep beneath the ground blocking its path. Instead, the stress that was built up migrated toward a shallower region.

One can read in the scientific report that “what this all means is not entirely clear, and future research must focus on characterizing the features as we are at a point where the “geophysical and geochemical signals indicate that the volcano is reactivating.”

Over the last three decades, the behaviour of the volcano has changed because of fluids entering the caldera. Whatever produced the activity under Pozzuoli in the 1980s has migrated somewhere else, so the danger doesn’t just lie in the same spot. It could now be much nearer to Naples which is more densely populated. This means that the risk from the caldera is no longer just in the centre.

“What this means in terms of the scale of any future eruption we cannot say, but there is no doubt that the volcano is becoming more dangerous. The big question we have to answer now is if it is a big layer of magma that is rising to the surface, or something less worrying which could find its way to the surface out at sea.”

Source : Newsweek.

Vue aérienne de la région de Pouzzoles et des Champs Phlégréens

(Source: Wikipedia)

Vue de l’intérieur de la Solfatara dans les années 1990

(Photo: C. Grandpey)

 

Champs Phlégréens : Dernières nouvelles // Phlegrean Fields : Latest news

On a beaucoup parlé des Champs Phlégréens ces derniers temps car des articles de presse agitaient la possibilité d’une éruption à court terme. Lé région est surveillée par les scientifiques de l’INGV (section de Naples) qui publient un bulletin hebdomadaire. Voici une synthèse du dernier rapport d’activité diffusé le 11 avril 2017.

S’agissant de la sismicité, les instruments n’ont pas enregistré de séismes au cours de la semaine écoulée. Le dernier événement de M 0,1 a été observé le 25 mars 2017.

L’INGV n’a pas, non plus, relevé de déformation significative du sol. Comme je l’ai indiqué précédemment, la région est soumise à l’activité bradysismique avec des mouvements de soulèvement et d’affaissement du sol. L’un des meilleurs témoins de ce phénomène est le temple dit de Sérapis à Pouzzoles. L’Institut indique que la station inclinométrique de Pouzzoles enregistre un soulèvement du sol de 20 cm depuis janvier 2014, avec 7 centimètres depuis janvier 2016 (voir courbes ci-dessous).

Les émissions de CO2 sur le site la fumerolle de Pisciarelli (versant externe NE de la Solfatara) marquaient une tendance à la hausse avant une réparation effectuée sur le poste de mesures. Depuis la réparation, la tendance semble s’inverser. Il faudra donc attendre quelque temps pour avoir une idée définitive de l’évolution de ces émissions.

La température de la fumerolle de Pisciarelli atteint actuellement 114,2°C, soit une hausse d’environ 3°C depuis le 30 mars 2017.

La situation est donc relativement stable mais demande une surveillance permanente. On sait qu’il existe un réservoir magmatique de quelque 4 km de diamètre à environ 3 km de profondeur sous la région des Champs Phlégréens. Il y a 39 000 ans, une éruption avec un VEI de 7 a propulsé la cendre jusqu’au Groenland et contribué à l’extinction  de Néanderthaliens.

La surveillance se fait sur le terrain et grâce aux satellites qui analysent les moindres déformations du sol.

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There has been much talk about the Phlegrean Fields in recent times as newspaper articles were wielding the possibility of a short-term eruption. The region is monitored by INGV (section of Naples) which publish a weekly bulletin. Here is a summary of the last one issued on April 11th, 2017.
Regarding seismicity, the instruments did not record any earthquakes during the past week. The last event (M 0.1) was observed on March 25th, 2017.
INGV did not detect any significant deformation of the soil. As I put it earlier, the region is subject to bradyseismic activity with movements of uplift and subsidence of the soil. One of the best evidence of this phenomenon is the so-called Serapis temple at Pozzuoli. The Institute reports that the tiltmeter station in Pozzuoli has recorded a 20 cm uplift since January 2014, with 7 cm since January 2016 (see graphs below).
CO2 emissions at the Pisciarelli fumarole site (Solfatara NE outer slope) showed an upward trend before repairs were carried out on the measurement station. Since the repair, the trend seems to be reversing. It will therefore be necessary to wait some time to get a definitive idea of ​​the evolution of these emissions.
The temperature of the Pisciarelli fumarole currently reaches 114.2°C, an increase of about 3°C since 30 March 2017.

The situation is therefore fairly stable but requires continuous monitoring. It is known that there is a magma storage some 4 km in diameter and about 3 km deep under the Phlegraean Fields. 39,000 years ago, an eruption with an VEI 7 propelled the ash as far as Greenland and contributed to the extinction of Neanderthals.

Monitoring is performed on the field and thanks to satellites that analyze the slightest deformations of the ground.

Source: INGV Napoli.

 

Champs Phlégréens (Italie)

Le Journal Télévisé de France 2 a consacré ce midi une rubrique aux Champs Phlégréens, site volcanique actif près de Naples. La séquence commençait mal car la présentatrice a indiqué qu’il s’agissait d’un super volcan, ce qui est inexact. Un super volcan a un VEI – Indice d’Explosivité Volcanique – de 8 (sur une échelle de 8 niveaux). Seuls des volcans comme le Yellowstone et le Toba ont accompli cet exploit. On estime – sans en être sûr – qu’une éruption des Campi Flegrei atteindrait au mieux le niveau 7 de l’Indice.

Cela dit, il est vrai, comme l’a fait remarquer Lucia Palppalardo, que certains indices tendent à montrer une certaine élévation de l’activité de la Solfatara au cours des derniers mois. Rien de très alarmant cependant. Il est dit dans le reportage que la température du sol a été mesurée à 40°C, ce qui n’est pas excessif et ne veut pas dire grand-chose. Cela dépend de l’endroit où la mesure a été effectuée et une seule mesure en un seul lieu n’est pas significative. En 1992, je l’avais mesurée à 120°C au niveau de la Bocca Grande.

Le sol de la région a tendance à se soulever, mais ce n’est pas un scoop. La région de Pouzzoles (Pozzuoli) connaît des épisodes récurrents de bradyséisme, avec le sol qui se soulève et s’abaisse en fonction des humeurs de la chambre magmatique sous le volcan. Il suffit de regarder les incrustations de coquillages sur les colonnes du temple de Serapis pour s’en rendre compte.

Le reportage attire l’attention sur le manque d’information dont est victime la population. Ce n’est pas nouveau et c’est la même chose à propos du Vésuve. Des plans d’évacuation existent mais leur mise en place dans l’Italie du Sud n’est pas chose facile. Nous ne sommes pas au Japon et le mot « discipline » ne revêt pas la même valeur !

En conclusion, il ne faut pas nier le risque éruptif des Champs Phlégréens mais la situation actuelle ne justifie pas un mouvement de panique. En cliquant sur ce lien, vous trouverez les dernières informations techniques sur l’activité de ce site dont la visite ne manque pas d’intérêt.

http://www.ov.ingv.it/ov/bollettini-campi-flegrei/Bollettino_Flegrei_2017_02_28.pdf

Source: NASA