Si la Montagne Pelée (Martinique) entrait en éruption…

Pas de panique ; rien n’indique actuellement qu’une éruption va se produire sur la Montagne Pelée. Certes, une hausse de l’activité sismique est observée depuis 2019 et une campagne a été organisée par l’Observatoire pour voir dans quelle mesure l’édifice volcanique s’est déformé, mais aucun paramètre ne laisse entrevoir un réveil de la Vieille Dame. Toutefois, personne à la Martinique n’a oublié l’éruption du 8 mai 1902 et ses quelque 30 000 victimes.

C’est pour cela que le maire de la commune de Grand-Rivière (530 habitants) a organisé un exercice d’évacuation par voie maritime et terrestre le 31 janvier 2026 afin de voir quelle serait la meilleure solution pour évacuer la population de sa localité en cas de réveil du volcan.

Sur les 530 habitants de la commune, une soixantaine a participé à l’exercice. La moitié des participants est montée dans un bus pour rejoindre Rivière-Pilote (11 600 habitants), la ville de rapatriement désignée dans le Plan Orsec-Volcan en cas d’éruption de la montagne Pelée.

Les autres habitants ont emprunté la voie terrestre, mais pour les associations et le maire, c’est loin d’être la meilleure solution. Le problème rencontré par cette solution est la densité de véhicules sur les route martiniquaises. Les derniers chiffres révèlent 256 000 véhicules immatriculés, avec un réseau routier présentant beaucoup d’embouteillages. Les bouchons seraient donc inévitables en optant pour une évacuation par voie terrestre.

Trois bateaux ont été prévus pour l’exercice d’évacuation maritime ; ils étaient en provenance de Rivière-Pilote où les habitants évacués seront rapatriés. En cas d’éruption, la ville promet d’affréter une dizaine d’embarcations, en renfort des 29 bateaux de pêcheurs que compte déjà Grand-Rivière.

La 31 janvier, les 3 bateaux sont arrivés à destination un quart d’heure avant les bus. Ils ont mis 2h30 environ pour rejoindre Rivière-Pilote, avec une mer agitée.

Les maires de Grand-Rivière et Rivière-Pilote estiment que l’exercice a été concluant et ils envisagent déjà des améliorations en matière de gain de temps pour être tout à fait prêts. D’après le maire de Rivière-Pilote, presque la moitié des habitants de Grand-Rivière pourraient être relogés temporairement à Rivière-Pilote.

Source : Martinique la 1ère.

Cet exercice d’évacuation à petite échelle est intéressant. Il a permis de constater qu’une évacuation par la mer serait probablement la meilleure solution en cas d’éruption de la Pelée. Il faudrait ajouter que le contexte serait très différent de celui de 1902. Aujourd’hui, on sait tirer les leçons du passé et des évacuations auront lieu dès les premiers signes de réveil du volcan. La marine nationale a les moyens de mettre en œuvre suffisamment de navires pour déplacer la population et la mettre en sécurité. On peut affirmer qu’une éruption de la Montagne Pelée au 21ème siècle ne tuera pas des dizaines de milliers de personnes.

Photo: C. Grandpey

Il me vient à l’idée de comparer les localités littorales à la Martinique – Saint Pierre (4000 habitants), Le Prêcheur (1500 habitants), Le Carbet (3700 habitants) – sous la menace de la Montagne Pelée avec Pouzzoles (76 000 habitants),ville italienne qui se trouve sous la menace des Champs Phlégréens, en sachant que la population à risque est estimée à environ 500 000 personnes. Comme je l’ai indiqué précédemment, je pense que l’évacuation de la population de Pouzzoles par la mer serait l’une des solutions à envisager. Comme à la Martinique, la densité de circulation et l’infrastructure urbaine complexe de cette ville aboutiraient rapidement à une congestion des voies terrestres.

Photo: C. Grandpey

Un bateau en fibre de lave ! // A boat made of lava fiber!

Je savais que certains bijoux étaient faits de roche volcanique comme l’obsidienne, et que certains boîtiers de montres étaient ornés de poudre de lave. Même les radiateurs de ma maison possèdent des barres de stéatite pour garder la chaleur plus longtemps. En lisant la presse américaine, je viens d’apprendre que les volcans participent aujourd’hui à la construction des bateaux !

Cet été, Norbert Sedlacek, un navigateur autrichien – un pays sans volcans – fera le tour du monde seul et sans assistance extérieure. L’aventure, prévue pour durer sept mois, lui fera parcourir les cinq océans du monde et le tristement célèbre passage du Nord-Ouest. Il effectuera le périple à bord d’un bateau qu’il a lui-même construit en fibre volcanique, avec une ossature en balsa.

Avec le départ en juillet, Sedlacek s’attend à rencontrer des tempêtes, voire des ouragans, des vagues monstrueuses, des icebergs et des températures extrêmes, sans parler de la solitude et de l’épuisement qui accompagnent un tel voyage. Cependant, il a confiance dans les performances et la durabilité de son bateau en fibre volcanique, l’Open60AAL Innovation.

Conçu par le chantier naval du marin, Innovation Yachts, le matériau volcanique utilisé a pour nom Filava. Sedlacek explique que Filava est un matériau intéressant car il améliore les performances de la fibre de carbone. Certaines de ses propriétés sont semblables à celles du carbone, mais il a une densité plus élevée. De plus, il est beaucoup moins cher et très résistant aux éléments naturels comme les attaques du soleil et l’humidité. Filava se présente sous forme de mèches fabriquées à partir de filaments de roche volcanique améliorés formés via un bain de fusion, auxquels de la lave chaude est ensuite ajoutée et vitrifiée par refroidissement. Il se présente sous forme de feuilles, comme la fibre de verre.

Avec ce matériau, l’Open60AAL Innovation sera plus léger qu’un voilier en fibre de carbone de taille similaire. Le bateau de 60 pieds, fabriqué depuis 2016, est suffisamment stable, léger et rapide pour aborder le passage du Nord-Ouest, même avec peu de vent.

Sedlacek n’est pas un débutant. Il a effectué son premier tour du monde en 1998, suivi d’un tour de l’Antarctique en 2000. Il a ensuite participé au célèbre Vendée Globe.

Le marin naviguera sans assistance, mais sa confiance en l’Open60 est une affaire de précision mathématique. Lui et son équipe ont calculé que le bateau devait résister à quelque 40 millions de vibrations au cours des sept mois en mer. Cela signifie qu’ils ont dû identifier les faiblesses avant qu’elles deviennent des défauts.

La qualité de construction du bateau est tout aussi impressionnante car l’Open60 est 100% recyclable, ce qui le distingue des bateaux traditionnels en composite de fibre de verre qui ne sont pas recyclables et se retrouvent dans des décharges. La roche volcanique est transformée en fibres. Ces fibres sont transformées en tapis de  Filava qui sont ensuite utilisés pour donner sa forme au  bateau. À la fin du cycle de vie du bateau, les panneaux de fibre sont broyés et peuvent servir à fabriquer des produits comme des receveurs de douches.

L’Open60AAL Innovation est également entièrement électrique. L’énergie est générée par des panneaux solaires de sorte que le bateau sera parfaitement autonome. L’Open60AAL Innovation est peut-être le seul bateau construit à partir de fibre volcanique, mais il y en a d’autres en fabrication. Ainsi, la compagnie Amer Yachts espère construire la première coque d’un yacht de luxe en Filava. Selon le directeur général de la société, «Filava est plus facile à utiliser et a un impact environnemental moindre que la fibre de verre.»

Source: Yahoo News.

———————————————-

 I knew that some jewels were made out of volcanic rock such as obsidian, and that some watch cases were adorned with lava powder. Even the radiators in my home have bars of steatite to keep the heat longer. Reading the U.S. press, I have just learned that volcanoes are now helping to build ships!

This summer, Norbert Sedlacek, a sailor from Austria – a country with no volcanoes – will circumnavigate the world alone without outside support. The seven-month challenge will include the five world’s oceans and the notorious Northwest Passage. He will perform the trip on a boat he built himself out of volcanic fiber, with a balsa-wood core.

Setting out in July, Sedlacek expects to encounter storms of hurricane strength, monstrous waves, icebergs and extreme temperatures, not to mention persistent loneliness and exhaustion. However, he is confident in the performance and durability of his volcanic-fiber boat, the Open60AAL Innovation.

Designed by the sailor’s own ship building company, Innovation Yachts, the volcanic material being used is called Filava. Sedlacek explains that Filava is an interesting material because it is an upgrade from carbon fiber. Some of its properties are similar to carbon but it has a higher density, is much cheaper and highly resistant to natural elements like sun damage and humidity. Filava is a roving made from enhanced volcanic rock filaments formed via a batch melt, which hot lava is then added to and vitrified by cooling. It is manufactured in sheets like fiberglass.

With this material, the Open60AAL Innovation will also be lighter than a similar-sized carbon-fiber sailing vessel. The 60-footer, which has been in production since 2016, is stable, light and fast enough to sail through the Northwest Passage, even with little wind.

Sedlacek is no novice to open-ocean sailing. He completed his first sail around the world in 1998, followed by a circumnavigation of Antarctica in 2000. He then sailed the famous Vendée Globe.

The man will be sailing unsupported, but his confidence in the Open60 is comes down to mathematical precision. He and his staff calculated the ship has to withstand around 40 million vibrations in the seven months at sea. That means they had to identify weaknesses before they lead to defects.

The build quality of the ship is equally impressive because the Open60 is 100-percent recyclable, which makes it different from traditional fiberglass-composite boats which are not recyclable and end up in landfills. The volcanic rock is processed into fibers. These fibers are converted into Filava mats which are then used to form the shape of the boat. At the end of the boat’s lifecycle, it’s shredded and converted into industrial panels to manufacture products like shower trays.

The Open60AAL Innovation is also fully electric. Energy is also generated by solar panels, so the boat will be self-sufficient.

The Open60AAL Innovation may be the only boat on the water built from volcanic fiber, but there are others on the way. Amer Yachts hopes to build the first superyacht hull made from Filava. According to the company’s managing director, “Filava is so much easier to use and has a lower environmental impact than fibreglass.”

Source: Yahoo News.

L’Open60AAL Innovation de Norbert Sedlacek

Quelques tuyaux pour voir la lave couler à Hawaii // A few tips to see lava flowing on Hawaii Big island

Il n’y a toujours pas de plate-forme d’observation réservée au public pour admirer l’éruption sur la Grande Ile d’Hawaii. On peut d’ailleurs se demander si un tel poste d’observation existera avant la fin de l’éruption !
Il est tout à fait déconseillé d’entrer dans la zone interdite. Si vous êtes pris par la police ou la Protection Civile, vous êtes sûr d’être verbalisé et cela peut vous coûter beaucoup d’argent. En théorie, les pines encourues vont jusqu’à un an de prison!
En conséquence, le meilleur moyen d’éviter tout problème est d’opter pour une excursion en bateau ou en hélicoptère. Evidemment, c’est moins bon marchée qu’une randonnée sur le terrain.
Les sorties en bateau se font en vertu des directives de la Garde côtière américaine qui obligent les bateaux à respecter une distance de sécurité de 300 mètres de l’entrée de la lave dans l’océan. Avant l’éruption, les bateaux partaient de la rampe d’accès de Pohoiki qui a été rendue totalement inaccessible par la lave vomie par l’éruption actuelle. En conséquence, les excursions partent désormais de Wailoa Boat Harbour, pas très loin de l’aéroport de Hilo, ce qui augmente considérablement le temps de trajet vers la zone active. Les passagers doivent s’attendre à passer jusqu’à quatre heures sur l’eau
Les excursions en bateau au lever et au coucher du soleil offrent un point de vue spectaculaire sur les coulées de lave sur le site de Kapoho. En fonction de la demande, des excursions peuvent être proposées à d’autres moments de la journée.
Les prix sont de 250 dollars par personne (les Hawaiiens de souche, les militaires et les personnes qui payent en espèces peuvent obtenir des réductions d’environ 25 dollars).
Les principales compagnies de bateaux sont:
– Hawaiian Lava Boat Tours: 640-0806, hawaiianlavaboattours.com.
– Moku Nui Lava Tours: 938-1493, mnlavatour.com.
– Kalapana Cultural Tours: 345-4964, kalapanaculturaltours.com.

Si vous préférez observer l’éruption depuis le ciel, vous devez vous rendre à l’aéroport de Hilo. Des survols en hélicoptère des coulées de lave peuvent être achetés dans plusieurs agences. C’est cher, mais vous pouvez obtenir une réduction si vous êtes un résident hawaïen de longue date. Les vols ont généralement une durée de 40 à 50 minutes. Vous pouvez voler avec:
– Safari Helicopters: Les prix commencent à 189 dollars (rabais de 10 dollars pour les hawaiiens); 800-326-3356, safarihelicopters.com.
– Blue Hawaiian Helicopters: Les prix commencent à 259 dollars (rabais de 25% pour les locaux); 800-745-2583, bluehawaiian.com.
– Paradise Helicopters: Les prix commencent à 274 dollars. Le vol « sans les portes de l’hélico » coûte 324 dollars (25 pour cent de réduction pour les Hawaiiens); 866-876-7422, paradisecopters.com.

———————————————

There is still no public viewing platform to watch the eruption on Hawaii Big island. We may wonder whether such an observation post will ever exist before the end of the eruption.

Don’t be tempted to enter the restricted area. If you are caught by the Police or the Civil Defense, you are sure to be cited and it may cost you quite a lot of money. In theory, the penalties go as far as a year in jail!

So, the best way to avoid any trouble is to choose a trip by boat or by helicopter.

The lava-viewing boat tours are continuing under a U.S. Coast Guard requirement that boats maintain a 300-metre distance from active flows. They used to start from the Pohoiki ramp which has been made totally inaccessible by the lava flows of the current eruption. As a consequence, tours are forced to set out from Wailoa Boat Harbor, just outside the Hilo airport, which increases the travel time on the water.

Sunrise and sunset boat tours offer a spectacular vantage point of the glow-in-the-dark Kapoho flows. As the trip is longer than in the past, passengers need to be prepared to spend up to four hours on the water. Based on demand, tours may be offered at other times as well.

Prices are $250 per person (ask about $25 discounts for kamaaina [longtime residents of Hawaii], military and cash customers).

The main boat companies are:

–  Hawaiian Lava Boat Tours: 640-0806, hawaiianlavaboattours.com.

– Moku Nui Lava Tours: 938-1493, mnlavatour.com.

– Kalapana Cultural Tours: 345-4964, kalapanaculturaltours.com.

If an aerial view of the eruption is all you are interested in, you need to go to Hilo airport. Helicopter tours of the lava flows in Lower Puna are available in several agencies. They are expensive but you can have a discount if you are a long-time Hawaiian resident. Tour flights generally are 40 to 50 minutes in duration. You can fly with:

– Safari Helicopters: Prices start at $189 ($10 kamaaina discount); 800-326-3356, safarihelicopters.com.

– Blue Hawaiian Helicopters: Prices start at $259 (25 percent kamaaina discount); 800-745-2583, bluehawaiian.com.

– Paradise Helicopters: Prices start at $274. The popular “doors off” tour is $324 (25 percent kamaaina discount); 866-876-7422, paradisecopters.com.

L’arrivée de la lave en mer vue depuis l’hélicoptère (Photo: C. Grandpey)

Hawaii: Pohoiki vit ses dernières heures // Hawaii: Pohoiki is living its last hours

Lors d’un survol avec la compagnie Paradise Helicopters, des observateurs ont déclaré que la lave avait atteint le parking de Pohoiki et se trouvait à une cinquantaine de mètres de la rampe de mise à l’eau. La visibilité n’était pas bonne car le panache généré par l’entrée de la lave dans l’océan près d’Ahalanui cachait en partie la coulée qui menace Pohoiki. On pouvait toutefois voir que la lave brûlait une zone boisée en amont du front d’écoulement.
De nouvelles observations seront faites dans les prochaines heures.
L’information n’est pas vraiment une surprise. Dans sa dernière mise à jour, le HVO a indiqué qu ‘«une nouvelles coulée avait émergé de la branche sud et progressait le long de la bordure sud-ouest en se dirigeant lentement vers l’océan».

——————————————–

During an overflight with Paradise Helicopters, obervers declared that lava had reached the parking lot at Pohoiki and about 50 metres from the boat ramp. Visibilty was not good as the plume from the ocean entry near Ahalanui obscured the flow looming over Pohoiki to the northeast. One could see that active lava burning a forested area above the flow front.

More observations will be made in the next hours.

The piece of news does not really come as a surprise. In its latest update, HVO indicated that “a new lobe has started from the southern lobe and is active along its southwestern margin slowly heading toward the ocean.”

Crédit photo: USGS