Réveil du Sinabung (Indonésie) // New eruption of Mt Sinabung (Indonesia)

Le Sinabung est de nouveau entré en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août 2020, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan a vomi un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a eu lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes ont été invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère.
Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités ont déclaré qu’aucun habitant n’avait été déplacé par l’éruption et qu’il n’y avait pas eu de victimes. 1 500 masques ont été distribués à la population et les autorités locales ont aidé les habitants à évacuer la cendre.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).
Le Sinabung est entré en éruption en 2010 après 400 ans de sommeil. Les éruptions se sont intensifiées en 2013 et se sont poursuivies au cours des deux années suivantes. 23 personnes ont été tuées (16 en 2014 et 7 en 2016).
Source: CVGHM, The Watchers, presse indonésienne.

————————————————

Mt Sinabung erupted again at 18:58 (UTC) on August 7th, 2020, for the first time since June 2019. Residents and tourists have been asked to stay outside a 3 km radius from the crater.

The volcano ejected an ash cloud up to 4.5 km above sea level. Another eruption took place at 10:18 (UTC) with a plume rising up to 3.3 km a.s.l.

Ashfall was reported in several areas, covering plantations and killing crops, but authorities said no residents had been displaced by the eruption and there were no casualties. 1,500 masks were distributed to the population abd local authorities assisted locals in cleaning the volcanic ash.

The volcanic alert level remains at 3 (Siaga).

Sinabung erupteded in 2010after 400 years of sleep. The eruptions intensified in 2013 and continued over the next couple of years, claiming the lives of 23 people (16 in 2014 and 7 in 2016).

Source : CVGHM, The Watchers, Indonesian press.

Eruption du Sinabung en 2017 (Crédit photo : F . Gueffier)

Eruption du Raung (Indonésie) // Eruption of Raung Volcano (Indonesia)

Une nouvelle éruption a débuté sur le Raung (Ile de Java / Indonésie) à 13h53 (heure locale) le 16 juillet 2020. La dernière éruption avait eu lieu entre les mois de février et août 2015.

Selon l’observatoire volcanologique du Raung, l’éruption initiale a duré 56 secondes, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 6 km d’altitude. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Des vols en provenance et à destination de Bali et d’aéroports régionaux ont été annulés à cause de la menace de la cendre.

On peut voir de l’incandescence au sommet du Raung et la sismicité restée élevée. Des retombées de cendre ont été signalées dans les zones sous le vent.

Source : The Watchers.

——————————————–

 A new eruption occurred at Raung volcano (Java / Indonesia) at 13:53 (local time) on July 16th, 2020. This is the first eruption since the last one that lasted between February and August 2015.

According to Raung Volcano Observatory, the initial event had a duration of 56 seconds with an ash cloud that rose up to 6 km above sea level. As a consequence, the aviation colour code was raised to Orange. Flights into and out of Bali and other regional airports were cancelled due to concerns about the ash clouds.

Incandescent can be seen at the summit and elevated seismicity is still recorded. Ashfall has been reported in downwind areas

Source: The Watchers.

Vue du Raung depuis le Kawah Ijen (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle approche des éruptions sous-marines profondes // New approach of deep sea eruptions

Il existe environ 1 900 volcans actifs sur les continents ou sous forme d’îles, mais on pense que les volcans sous-marins sont beaucoup plus nombreux. Les chiffres exacts ne sont pas connus car les profondeurs de nos océans restent en grande partie inexplorées. Nous connaissons parfaitement la surface de la planète Mars, mais beaucoup moins bien la morphologie des abysses où se déclenchent des séismes et des éruptions. C’est pourquoi la plupart des éruptions volcaniques sous-marines passent inaperçues.
La plupart des éruptions volcaniques se produisent donc au fond des océans, et les progrès réalisés par l’océanographie ont permis de se rendre compte que le volcanisme sous-marin non seulement dépose de la lave mais émet également de grandes quantités de cendres. Pour la première fois, une équipe internationale de chercheurs a expliqué les mécanismes qui conduisent à la « désintégration explosive » du magma sous l’eau. Leur étude a pour titre «Deep-sea eruptions boosted by induced fuel–coolant explosions.»
L’équipe scientifique a étudié le volcan sous-marin Havre – Havre Seamount – situé au nord-ouest de la Nouvelle-Zélande, à une profondeur d’environ 1 000 mètres sous la surface de la mer. Le volcan est entré en éruption en 2012, en donnant naissance à un banc de pierre ponce qui s’est étalé sur une superficie d’environ 400 kilomètres carrés.
Un robot a été immergé pour examiner les dépôts de cendres et prélever des échantillons sur le plancher océanique. À partir des données d’observation, les chercheurs ont estimé le volume de cendres volcaniques à plus de 100 millions de mètres cubes. Ils ont fait fondre le matériau et l’ont mis en contact avec de l’eau dans différentes conditions de pression et de température qui ont produit des réactions explosives conduisant à la formation de cendres volcaniques artificielles. Au cours de ce processus, le matériau fondu a été placé sous une couche d’eau dans un creuset de dix centimètres de diamètre, puis déformé avec une pression semblable à celle à laquelle est soumis le magma qui émerge des fonds marins. On voit alors des fissures se former et l’eau jaillir brusquement dans le vide créé. L’eau se dilate de sorte que les particules et l’eau sont éjectées de manière explosive. Les scientifiques les ont ensuite fait passer dans un tube en U placé dans une cuve d’eau pour simuler la situation de refroidissement. Les particules ainsi créées, les «cendres volcaniques artificielles», correspondent aux cendres naturelles par leur forme, leur taille et leur composition.

Cette expérience en laboratoire démontre que ces interactions induites par le contact entre le magma et l’eau peuvent se produire dans toutes sortes d’environnements humides, quelle que soit la pression, sous la surface ou en profondeur, et peuvent s’appliquer à des matériaux autres que le magma et l’eau.

Source: The Watchers.

———————————————

There are about 1 900 active volcanoes on land or as islands. Meanwhile, the number of submarine volcanoes is estimated to be much higher. The accurate numbers are not yet known because the deep sea is largely unexplored. We perfectly know the surface of Mars, but far less the abysses where earthquakes and eruptions are triggered. Therefore, most submarine volcanic eruptions go unnoticed.

Most volcanic eruptions occur at the bottom of the oceans, and modern oceanography has shown that submarine volcanism not only deposits lava but also emits large amounts of volcanic ash. For the first time, an international research group explained the mechanisms that lead to an explosive disintegration of magma underwater. Their study is entitled « Deep-sea eruptions boosted by induced fuel–coolant explosions. »

The scientific team studied the Havre Seamount volcano, located northwest of New Zealand at a depth of around 1 000 m below the sea surface. The volcano erupted in 2012, producing a raft of pumice particles that spread to about 400 square kilometres.

A diving robot was used to examine the ash deposits and take samples from the seafloor. From the observational data, the group detected more than 100 million cubic metres of volcanic ash. The researchers melted the material and brought it into contact with water under various conditions. Under certain conditions, explosive reactions occurred which led to the formation of artificial volcanic ash. In the process, the molten material was placed under a layer of water in a crucible with a diameter of ten centimetres and then deformed with an intensity that can also be expected when magma emerges from the seafloor. Cracks are formed and water shoots abruptly into the vacuum created. The water then expands explosively. Finally, particles and water are ejected explosively. They were led through a U-shaped tube into a water basin to simulate the cooling situation underwater. The particles created in this way, the ‘artificial volcanic ash,’ corresponded to the natural ash in shape, size, and composition.

This lab experiment demonstrates that interactions between magma and water can occur in a range of wet environments regardless of pressure, from the subaerial to the deep sea, and may apply to materials other than magma and water.

Source: The Watchers.

Image satellite d’un banc de ponce près des Tonga en 2006 (Source : NASA)

Mise en place de pillow lava dans le Bassin de Lau, en arrière de la fosse des Tonga-Kermadec (Source : PMEL)

Eruption du Sangay (Equateur / Ecuador)

Selon l’Instituto Geofisico de l’Équateur, un fort épisode éruptif a été observé sur le Sangay le mardi 9 juin 2020, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien a été perturbé. Plusieurs routes ont été fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  ont été invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée.
L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étirait sur 400 km
Le Sangay a commencé à entrer en éruption en mai 2019. On observe en général des coulées de lave ainsi que des émissions de gaz et de cendres.
Source: Instituto Geofisico.

————————————————-

According to Ecuador’s Institut Geofisico, a strong eruptive episode occurred at Sangay volcano on Tuesday, June 9th, 2020, with an ash column that that rose up to 7 km above sea level. Ashfall was observed in several provinces and air traffic was disrupted. Several roads were closed due to heavy ashfall. Residents living in affected regions, especially in Guayaquil, were advised to wear masks to avoid respiratory problems but also as a protection against coronavirus. Guayaquil in March and April suffered one of the region’s worst coronavirus outbreaks, which overwhelmed the health system and forced authorities to collect corpses in homes. Fortunately, the spread of the disease has now slowed significantly.

The Instituto Geofisico indicated that pyroclastic flows travelled down the southeastern flank of the volcano.On June 9th in the evening, the volcanic ash cloud was drifting over 400 km

Sangay started erupting in May 2019. The activity is characterized by the generation of lava flows as well as gas and ash emissions.

Source : Instituto Geofisico.

Panache de cendre du Sangay le 9 juin 2020 au matin vu depuis le flanc sud du Chimborazo (Crédit photo : Instituto Geofisico)