Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska): Reprise d’activité? // New activity?

drapeau francaisL’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique qu’«une augmentation des températures de surface a été détectée sur les images satellite au sommet du Cleveland au cours de la semaine passée, et une image du 14 Juin montre une légère couche de cendre sur les flancs supérieurs du volcan. Cela signifie que le volcan est entré dans une nouvelle période d’activité. La couleur de l’alerte aérienne est donc passée au Jaune et l’alerte volcanique à Vigilance. L’augmentation de la température au sommet correspond probablement à une nouvelle croissance du petit dôme de lave à l’intérieur du cratère sommital. Il existe un risque plus important d’explosions soudaines.»

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drapeau anglaisThe Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that “elevated surface temperatures have been detected in satellite images at the summit of Cleveland for the past week, and an image from June 14th shows very light ash cover on the volcano’s upper flanks. Thus the volcano has entered a renewed period of unrest and we are raising the Aviation Colour Code to Yellow and the Alert Level to Advisory. The increase in temperature at the summit is consistent with renewed growth of the small lava dome within the summit crater. The possibility of sudden explosions has increased”.

Cleveland

Le Cleveland le 14 juin 2015 vu depuis un avion de ligne ((Crédit photo:  Cyrus Read / AVO)

Les morses et le réchauffement climatique // Walruses and global warming

drapeau francaisJ’ai souvent attiré l’attention du public sur le changement et le réchauffement climatiques, en particulier après plusieurs voyages en Alaska où le phénomène apparaît à grande échelle. Il affecte les glaciers, mais aussi la vie des animaux. J’ai indiqué précédemment que l’hibernation des ours a subi des changements. Un autre exemple concerne les morses qui se rassemblent en grand nombre le long des côtes de l’Alaska. Les scientifiques font remarquer que la taille de ces rassemblements augmente car le changement climatique fait fondre la banquise arctique, privant les morses de leurs plates-formes de glace pour profiter de l’ensoleillement.
En été, la banquise se retire vers le nord, loin des eaux peu profondes du plateau continental de la Mer de Chukchi, une situation qui n’existait pas il y a seulement une décennie. Pour se reposer entre les épisodes d’alimentation au fond de la mer, les morses n’ont d’autre solution que de rejoindre le rivage.
En Septembre 2009, des centaines de morses ont été trouvés morts sur la côte nord-ouest de l’Alaska. La découverte coïncidait avec les rapports scientifiques précisant que la glace de l’Océan Arctique avait atteint le troisième niveau le plus bas jamais enregistré.
Le Centre pour la Diversité Biologique a déclaré que le recul de la banquise prive les femelles et leurs petits de leur habitat naturel, de sorte qu’ils sont obligés d’atteindre le rivage et se rassemblent en groupes importants en compagnie des gros mâles. Lorsque quelque chose les effraie – l’activité humaine par exemple – des bousculades peuvent se produire et on pense que les jeunes morses ont péri sous le poids des adultes.
Selon la NASA, tandis que la température de l’océan a augmenté en raison du réchauffement climatique, la banquise arctique a reculé de 12 pour cent par décennie depuis la fin des années 1970, avec une accélération après 2007.
L’un des endroits préférés des morses en Alaska est Round Island (voir carte ci-dessous : l’île se trouve en bas à droite) où une webcam a récemment été installée. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir (et entendre!) à la fois la mer et les morses! Attention toutefois au décalage horaire (10 heures avec l’Alaska en ce moment).
http://www.adn.com/video/video-round-island-alaska-walrus-cam

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drapeau anglaisI have often drawn the public attention to climate change and global warming, especially after several trips to Alaska where the phenomenon appears at a large scale. It affects the glaciers but also animal life. I indicated previously that the hibernation of bears has undergone changes. Another example is the walruses who gather in large numbers along the coasts of Alaska. Scientists say the size of the gatherings is growing as climate change melts Arctic sea ice, depriving walruses of their sunning platforms of choice.

Summer sea ice is retreating far north of the shallow continental shelf waters of the Chukchi Sea in U.S. and Russian waters, a condition that did not occur a decade ago. To keep up with their normal resting periods between feeding bouts to the seafloor, walruses have simply hauled out onto shore.

In September 2009, hundreds of dead walruses were found on Alaska’s north-west coast, coinciding with reports that Arctic Sea ice had reached the third lowest level ever recorded.

The Centre for Biological Diversity said the retreating sea ice deprives female walruses and calves of their natural habitat so they are forced to come ashore and congregate in densely packed groups with larger males. When something alarms them, such as nearby human activity, stampedes can occur. Campaigners believe the young walruses were crushed to death.

According to NASA, as the ocean heats up due to global warming, Arctic sea ice has retreated by 12 percent per decade since the late 1970s, worsening after 2007.

One of the walruses’ favourite place in Alaska is Round Island (see map below, bottom right) where a webcam has recently been set up. By clicking on the link below, you will see (and hear!) both the sea and the walruses! Mind the time difference (10 hours with Alaska at the moment).

http://www.adn.com/video/video-round-island-alaska-walrus-cam

Morses 2

Morses

Rassemblement de morses vu par la webcam de Round Island

Les ours d’Anchorage (Alaska) // The bears of Anchorage (Alaska)

drapeau francaisAvec l’aide de colliers GPS et Internet, les autorités locales ont désormais la possibilité de suivre les déplacements et le mode de vie de neuf ours vivant à l’intérieur ou à proximité de la ville d’Anchorage.
Le Ministère de la Pêche et de la Chasse a fixé des colliers GPS et des caméras vidéo sur six ours noirs et trois ours bruns au cours des étés 2012 et 2013 pour recueillir des données sur les déplacements des ours. Chacun des ours portait le collier pendant environ six semaines. Le dispositif de repérage par GPS a enregistré la localisation des ours toutes les 20 minutes. Les caméras ont effectué des enregistrements toutes les cinq minutes pendant 10 secondes jusqu’à ce que les batteries soient vides.
Les données recueillies peuvent être vues sur la carte ci-dessous, également mise en ligne sur le site web du Ministère. Les données montrent ce que font les ours, où ils vont et ce qu’ils mangent. On remarque que les ours consomment « beaucoup d’aliments naturels » à Anchorage. Malgré tout, comme les animaux ont un accès facile à des sources d’alimentation humaine comme les ordures, les graines pour oiseaux dans les mangeoires et la nourriture pour animaux de compagnie laissée à l’extérieur des maisons,  cela peut entraîner des « situations conflictuelles entre les humains et les ours.  »
Source: Alaska Dispatch News.

A noter qu’une mère et ses quatre oursons qui rôdaient dans le quartier de Government Hill à Anchorage ont été capturés et mis à l’isolement avant d’être relâchés dans une étendue sauvage, ailleurs en Alaska. Ils sont équipés de colliers GPS afin de suivre leurs déplacements.

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drapeau anglaisWith help from GPS collars and the Internet, local authorities now have the opportunity to follow the lives of nine urban bears living in or near Anchorage.

The Alaska Department of Fish and Game put GPS collars and video cameras on six black bears and three brown bears in the summers of 2012 and 2013 to gather data on the bears’ movements. Each of the bears wore the collars for about six weeks. The GPS tracking device recorded the bears’ location about every 20 minutes. Cameras recorded video every five minutes for 10 seconds until the batteries died.

The data collected can be seen on the map below, also posted at the Fish and Game’s website. The data includes video, what the bears were doing, where they went and what they were eating. The release notes the bears have “plenty of natural foods” in Anchorage, but because the animals have easy access to human-supplied food sources – such as garbage, birdseed, and pet food left outside – there are also “human-bear conflicts.”

Source: Alaska Dispatch News.

A sow and her four cubs that had been recently seen roaming in the Government Hill neighbourhood of Anchorage have been captured and isolated in the zoo. A few days later, they were released in wild spaces elsewhere in Alaska. They were fitted with GPS collars to follow their whereabouts.

Carte-ours

Source:  Department of Fish and Game

Ours-collier

Exemple de collier GPS utilisé pour localiser les ours.  (Photo:  C.  Grandpey)

Histoires de systèmes d’alerte en Alaska et au Chili // Stories of warning systems in Alaska and Chile

drapeau francaisDans une note écrite le 20 février 2015, j’indiquais que l’Augustine était probablement la plus grande menace de tsunami pour la ville d’Homer située à 100 km du volcan, et pour la partie sud de la Péninsule du Kenai. La dernière éruption de l’Augustine en 2006 a généré un panache de cendre et émis suffisamment de lave pour rehausser encore davantage le sommet du volcan. Ce sommet domine des pentes abruptes et c’est lui qui, en s’effondrant, pourrait déclencher un tsunami. En 1883 – avant que la ville d’Homer soit construite – une éruption a fait glisser le versant nord de l’Augustine dans Cook Inlet et généré une vague de 9 mètres de hauteur qui a fini sa course dans le village de Nanwalek. Les scientifiques ont par ailleurs trouvé des preuves d’effondrements similaires remontant à des milliers d’années.

C’est la raison pour laquelle des sirènes ont été installées à Homer et dans les quelques villages qui pourraient être exposés à un tsunami. Pendant plusieurs jours, les médias ont annoncé que le mercredi 25 mars aurait lieu un test du système d’alerte aux tsunamis sur les régions côtières de l’Alaska. Comme dans beaucoup d’endroits dans le monde, les gens sont habitués à entendre ici un test des sirènes une fois par mois, le mercredi à 13 heures. Cependant, le 25 mars, l’essai était censé être un peu différent. Les sirènes devaient hurler plus tôt et soi-disant « avec plus de réalisme » dans le cadre de la Semaine de Prévention des Tsunamis.
Les sirènes retentirent à 10h25 du matin, relayées par tous les haut-parleurs qui se trouvent dans les zones basses, le long du littoral d’Homer. On entendit une voix annoncer: « Une alerte au tsunami a été émise pour ce secteur. Ecoutez votre station de radio locale pour plus de détails ». Le message a été répété trois fois. Il n’a jamais été précisé qu’il s’agissait d’un test.
Sept minutes après les sirènes, un animateur a interrompu en direct les programmes de radio et indiqué aux auditeurs que les sirènes « signalaient des tests » et qu’il n’y avait « pas de danger pour le moment. »
Deux minutes s’écoulèrent avant qu’une voix à peine audible venue des haut-parleurs annonce à Homer que le test était « conforme ».
Beaucoup de gens à Homer ne sont pas certains que le test ait été effectué avec suffisamment de sérieux et ait eu un impact sur la population dans son ensemble. Beaucoup de personnes ont fait remarquer que les tsunamis ne sont pas des plaisanteries et que le test de prévention aurait dû être mieux géré par toutes les parties concernées. Ces personnes espèrent que des leçons ont été tirées et que les gens qui entendront les sirènes à l’avenir ne penseront pas qu’il s’agit toujours de tests. Il ne faudrait jamais oublier que le tsunami qui a accompagné le séisme de 1964 en Alaska a tué 115 habitants dans cet Etat et a fait disparaître le rivage de plusieurs localités.
Au niveau local, il y a eu au moins un raté, quand une alerte au tsunami destinée aux Aléoutiennes a retenti à Homer en 2011. Selon le journal local Homer News, « des centaines de personnes qui se trouvaient sur la jetée d’Homer (le Spit) et dans les zones basses de la ville ont quitté les lieux ». La police a sillonné la ville pour prévenir la population que l’alerte était une erreur.

Le danger occasionné par un tsunami augmente avec la proximité de sa source par rapport à la côte. S’il se déclenche à des centaines de kilomètres, on aura le temps de prendre rapidement des mesures d’évacuation, à condition que la population ait été bien préparée à une telle éventualité. En 1964, le tsunami a démarré près de la côte. L’épicentre du séisme qui l’a provoqué a été localisé à seulement 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Il y a eu 131 morts (115 en Alaska, 16 dans l’Oregon et la Californie). Le nombre de victimes a été extrêmement faible pour un séisme de cette ampleur (M 9,2) en raison de la faible densité de population, le moment de la journée, le fait que c’était un jour férié (le Vendredi Saint), et le type de matériau (principalement le bois) utilisé pour construire de nombreux bâtiments. Aujourd’hui serait bien différent.
D’après un article paru dans l’Alaska Dispatch News.

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De la même manière, les habitants de la ville chilienne de Pucon ont déclaré avoir ressenti une grande confusion quand les sirènes de la ville ont retenti dimanche dernier. La ville est située à proximité du Villarrica et le maire a ordonné aux pompiers d’actionner les sirènes pour que les gens comprennent que le volcan représente « une menace persistante ». Dans le même temps, le niveau d’alerte volcanique n’avait pas changé.
On pouvait voir des nuages de cendre s’élever du cratère pendant le week-end. Quand les sirènes de la ville ont hurlé dimanche après-midi, de nombreux habitants ont pensé que c’était un signal d’évacuer la ville.
Des commentaires ont été affichés sur Facebook accusant le maire d’avoir « causé une peur inutile» parmi les 22 000 habitants de la ville. En effet, le protocole officiel dit que les sirènes doivent être actionnées pour évacuer les gens, et pas comme mesure préventive.
Source: BBC News.

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drapeau anglaisIn a note written on February 20th 2015, I indicated that the most serious tsunami threat for Homer and the southern flank of the Kenai Peninsula in Alaska might be Augustine Volcano, 110 km to the west. Augustine last erupted in 2006, sending up an ash cloud and emitting enough lava to build a new summit. It’s this summit enhancement on steep slopes that makes the volcano vulnerable to collapse. In 1883 – before Homer’s founding – an eruption caused its north side to slide into Cook Inlet, sending a 9-metre wave into the village of Nanwalek. Scientists have found evidence of similar collapses going back thousands of years.

This is the reason why sirens have been set up in Homer and the few villages that might be exposed to a tsunami. For several days various news media reported that on Wednesday, March 25th, there would be a test of the tsunami warning system in coastal Alaska. Like in many places of the world, people are accustomed to sirens once a month here, on Wednesdays at 1 p.m., always with the key word “test.” However, the March 25th test was supposed to be a little different. The sirens were to hoot at an earlier time and supposedly “with more realism” as part of Tsunami Preparedness Week.

The sirens sounded at 10:25 in the morning, echoing from the multiple speakers in Homer’s low-lying areas. A voice said: “A tsunami warning has been issued for this area. Tune to a local radio station for details.” The message was repeated three times. There was no mention of a test.

Seven minutes after the sirens, a live announcer interrupted the radio programmes to tell listeners that the sirens were “just testing warnings” and there was “no danger present at the moment.”

Two more minutes passed before a barely audible voice came over the tsunami speakers to say the test was “complete”.

Many people in Homer were not sure the test was serious enough and had any effect on the population at large. Many said tsunamis are no joke, and that a preparedness test could have been better managed by all involved. They hope that lessons were learned and that people hearing sirens in the future won’t assume they’re always tests. They should never forget that the tsunami accompanying Alaska’s 1964 earthquake killed 115 Alaskans and wiped out the entire waterfronts of several communities.

Locally, there was at least one false alarm from the system, when a tsunami warning meant for the Aleutians sounded in Homer in 2011. According to the Homer News, “hundreds of people on the Homer Spit and in low-lying areas evacuated.” Police fanned out around town to alert people that the warning was in error.

The danger of a tsunami increases with the proximity of its source to the coast. Should it start hundreds of kilometres away, there will be time to take rapid evacuation measures, provided the population has been well prepared to such an event.  In 1964, the tsunami was triggered close to the coast. The epicentre of the earthquake that caused it was only 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The number of deaths totalled 131; 115 in Alaska and 16 in Oregon and California. The death toll was extremely low for a quake of this magnitude (M 9.2) due to low population density, the time of day and the fact that it was a holiday, and the type of material (mostly wood) used to construct many buildings. Today would be different.

After an article in the Alaska Dispatch News.

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In the same way, residents of the Chilean town of Pucon said they felt confused when the town’s sirens went off on Sunday. The town is located near the Villarrica volcano and the mayor of the town ordered firefighters to ring the sirens to alert people « to the continued threat ». Meantime, the volcanic alert level had not changed.

Ash could be seen rising from the crater during the weekend, so when the town’s sirens rang on Sunday afternoon, many residents said they thought it was a signal to evacuate the town.

Comments were posted on Facebook criticising the mayor for « spreading fear » among the town’s 22,000 residents. Indeed, the official protocol says that the sirens ring to evacuate people, not as a preventive measure.

Source: BBC News.

Augustine-flancs

Les flancs pentus de l’Augustine contribueraient au déclenchement d’un tsunami.

Evacuation-blog

En théorie, tout est prêt pour l’évacuation des populations menacées.

(Photos:  C.  Grandpey)