Obama construit, Trump détruit // Constructive Obama, destructive Trump

drapeau-francaisQuelques semaines avant la fin de sa présidence, Barack Obama redouble d’efforts pour mettre en œuvre sa politique environnementale dont le but est de lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, Donald Trump, le président élu, confirme qu’il réduira à néant les efforts de l’administration précédente dans ce domaine.

La Maison Blanche vient d’annoncer des mesures de protection pour les terres et les eaux du nord de l’Alaska, ce qui met à l’abri des exploitations pétrolières plus de 105 000 kilomètres carrés du Détroit de Béring et oblige le gouvernement fédéral à mettre en place un système prenant en compte les intérêts des populations autochtones.
Une telle mesure était prévue, mais redoutée, par les représentants alaskiens du Parti Républicain au Congrès, qui ont mis en garde le Président  contre la fermeture de ces eaux aux forages gaziers et pétroliers.
Obama a fait la sourde oreille à ces protestations et clairement indiqué qu’il préférait écouter les groupes autochtones de l’Alaska plutôt que les élus de  cet État. En 2015, il est devenu le premier président en exercice à visiter l’Alaska, et il a longuement parlé de la protection de la région contre les effets du changement climatique.

Priorité est donnée à une plus grande expression des tribus autochtones de l’Alaska qui veulent protéger les eaux arctiques qui sont au cœur de leur mode de subsistance. Les exigences énoncent clairement la position de la Maison Blanche en ce qui concerne les Amérindiens ; elles s’opposent aux développements pétroliers et gaziers, comme dans le cas controversé du  Dakota Access Pipeline (DAPL).
Nul doute que l’administration Trump essaiera de s’attaquer à ces nouvelles mesures prises par l’administration Obama, mais leur annulation ne se fera pas sans mal et nécessitera de gros efforts.

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A l’inverse de l’administration Obama, l’équipe de transition de Donald Trump a confirmé sa position contre les mesures visant à freiner le changement climatique. Elle a publié une liste de 74 questions à l’attention du Ministère de l’Énergie et demandé les noms des employés et des sous-traitants ayant participé à l’élaboration d’un pacte climatique international ainsi qu’aux efforts pour réduire la production de carbone aux Etats Unis.
Le questionnaire demande une liste des individus qui ont pris part aux négociations internationales sur le climat au cours des cinq dernières années et «quels programmes sont essentiels pour atteindre les objectifs du plan d’action climatique (Climate Action Plan) du président Obama».
Trump et son équipe ont promis de démanteler certains aspects de la politique climatique de Barack Obama. Le questionnaire, que l’un des fonctionnaires du Mnistère de l’Énergie a qualifié d’«intrusif», soulève des inquiétudes quant au fait que l’équipe de transition Trump essaie de cibler – de toute évidence pour les éliminer – les personnes, y compris les fonctionnaires, qui ont contribué à mettre en place des politiques environnementales sous la présidence Obama.
Des milliers de scientifiques ont signé des pétitions demandant au président élu et à son équipe de respecter l’intégrité scientifique et de s’abstenir de cibler des chercheurs dont le travail pourrait entrer en conflit avec les objectifs de la nouvelle administration.

Source: Médias américains.

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drapeau-anglaisA few weeks before the end of his presidency, Barack Obama is making efforts to implement his environmental policy whose aim is to fight against climate change. Meantime, Donald Trump, the president-elect is confirming that he will demolish what the previous administration’s efforts in this domain.

The White House has just announced parting protections for the northern reaches of Alaska’s lands and waters, closing off more than 105 000 square kilometres of Bering Strait-area waters to future oil leases and requiring the federal government to set up a system for increasing the input of Native people.

The move was anticipated but not appreciated by Alaska’s all-Republican congressional delegation, who warned President Barack Obama against closing off more waters to drilling.

But Obama has made it clear that he would rather listen to Alaska Native groups than to the state’s elected officials. In 2015, he became the first sitting president to visit Alaska’s Arctic, and he has spoken extensively about protecting the region from the results of encroaching climate change.

Central to the executive order issued by the White House are orders to require a greater voice for Alaska Native tribes who want to protect the water that is central to their subsistence lifestyle. The requirements make a clear statement of where the White House stands when it comes to Native Americans opposing oil and gas developments, such as in the controversial case of the Dakota Access pipeline.

The new changes will likely require some effort for the incoming administration to undo.

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Confirming its position against measures to curb climate change, the Trump transition team has issued a list of 74 questions for the Energy Department, asking agency officials to identify which department employees and contractors have worked on forging an international climate pact as well as domestic efforts to cut the nation’s carbon output.

The questionnaire requests a list of those individuals who have taken part in international climate talks over the past five years and « which programs are essential to meeting the goals of President Obama’s Climate Action Plan. »

Trump and his team have vowed to dismantle specific aspects of Barack Obama’s climate policies. The questionnaire, which one Energy Department official described as unusually « intrusive », has raised concern that the Trump transition team was trying to figure out how to target the people, including civil servants, who have helped implement policies under Obama.

Thousands of scientists have signed petitions calling on the president-elect and his team to respect scientific integrity and refrain from singling out individual researchers whose work might conflict with the new administration’s policy goals.

Source : American news media.

Villages côtiers de l’Arctique et réchauffement climatique // Arctic coastal villages and global warming

drapeau-francaisProche de l’Arctique, l’Alaska se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste des États-Unis, et 2016 devrait être la plus chaude année jamais enregistrée. Le gouvernement a identifié en Alaska au moins 31 localités en danger imminent de destruction. Selon les climatologues qui étudient le changement climatique, certains villages n’existeront plus d’ici 2050. Leur population rejoindra le flux de réfugiés climatiques dans le monde, que ce soit en Bolivie, en Chine, au Niger ou dans d’autres pays.
Les communautés menacées d’Alaska ont deux solutions. Elles pourraient se déplacer vers des zones plus élevées, une perspective qui, pour un petit village, coûterait jusqu’à 200 millions de dollars. Ou bien les habitants pourraient ne pas bouger et espérer trouver de l’argent pour renforcer leurs maisons et autres bâtiments et consolider leur littoral.
Le village de Shaktoolik et ses quelque 250 habitants a été construit sur une étroite bande de terre entre la rivière Tagoomenik et la Mer de Béring. Il est confronté à une menace imminente d’inondations et d’érosion provoquées par le changement climatique. Après des années de réunions qui n’ont mené à rien et des demandes de financement gouvernemental qui ne sont toujours pas satisfaites, Shaktoolik a décidé de «rester et de se défendre», du moins pour le moment.
À Shaktoolik, comme dans d’autres villages de l’Alaska, les habitants disent que l’hiver arrive plus tard qu’auparavant et se retire prématurément au printemps, un changement que les scientifiques associent au réchauffement climatique. Avec la hausse des températures de l’océan, l’amoncellement de neige et de glace qui était censé protéger le village des puissantes vagues au moment des tempêtes diminue chaque année. L’hiver dernier, pour la première fois de l’histoire du village, la mer n’a pas gelé.
Les coups de boutoir des tempêtes ont fait disparaître la terre autour du village. La bande de terre sur laquelle Shaktoolik est construit perd en moyenne 4 000 mètres carrés par an. Les inondations provoquées par l’océan et la rivière ont pris une telle ampleur que la dernière grande tempête a bien failli transformer Shaktoolik en île.
Comme l’ont découvert les habitants de Shaktoolik et d’autres villages menacés, rester et partir présentent des dangers. Le processus de délocalisation peut prendre des années, voire des décennies. En attendant de partir, les habitants doivent continuer à envoyer leurs enfants à l’école, aller chez le médecin quand ils sont malades, avoir des conduites d’eau qui fonctionnent, des réservoirs de carburant en bon état et un endroit sûr où aller se réfugier en cas de forte tempête.
Le problème, c’est que peu d’agences gouvernementales sont disposées à investir dans le maintien de villages menacés par l’érosion et les inondations, surtout lorsque ces communautés envisagent d’aller vivre ailleurs.

Les autorités de Shaktoolik ont repéré un site possible de relocalisation à 17 km au sud-est, mais certains habitants craignent que leur culture, qui dépend de la pêche et de la chasse, souffre de ce déplacement. En outre, le gouvernement a refusé de financer la construction d’une route qui servirait à la fois au transport des matériaux de construction et comme voie d’évacuation. Les habitants n’ont actuellement aucun moyen fiable pour fuir rapidement en cas d’urgence.
Les grandes tempêtes sur la côte ouest de l’Alaska sont différentes de celles qui menacent Miami ou la Nouvelle-Orléans. Elles peuvent atteindre la force d’un ouragan de catégorie 1, mais leur envergure est cinq à dix fois plus importante, ce qui signifie qu’elles affectent une zone plus grande et durent plus longtemps. Certains habitants ajoutent que les tempêtes en Alaska deviennent plus fréquentes et plus intenses. Il ne fait aucun doute que la hausse de la température de l’Océan Arctique a entraîné une diminution de la glace en mer, ce qui a permis aux tempêtes et aux vagues de frapper les rivages avec plus de force et de provoquer davantage d’inondations et d’érosion. Un climatologue de l’Université de Victoria (Colombie Britannique) confirme que le déclin de la glace de mer est «indéniablement lié» au réchauffement climatique, de même que la hausse du niveau de la mer est lié à la fonte des glaciers.
Shaktoolik doit faire face à d’autres problèmes qui seront difficiles ou impossibles à résoudre sans aide extérieure. Par exemple, l’érosion menace le réservoir de carburant du village, son aéroport et son approvisionnement en eau potable. Le défi le plus urgent est la mise en sécurité des villageois en cas de catastrophe. Le plan d’urgence de Shaktoolik prévoit que les gens se rassemblent à l’intérieur de l’école, mais le bâtiment, qui se trouve le long de la route face à l’océan, est lui-même susceptible d’être inondé et n’est, de toute façon, pas assez grand pour accueillir confortablement toute la population. Certaines familles ont dit que si une violente tempête se produisait, elles fuiraient par la rivière Shaktoolik. Les bateaux attendent, avec l’approvisionnement nécessaire, mais la rivière serait presque certainement encombrée par la glace et une tentative de fuite de cette manière se terminerait probablement par une opération de sauvetage.
Pourtant, pour rester en place, le village doit trouver un moyen de prévenir la perte de vies, voire la perte de biens. Il faudrait une route d’évacuation, améliorer le réseau de distribution d’eau potable et une meilleure protection du réservoir de carburant. Il faudrait  aussi renforcer la digue et équiper la rivière de projecteurs et bouées lumineuses. Il faudrait construire un nouveau dispensaire et un abri solide pour les habitants en cas de tempête. Le prix de ces réalisations est estimé à plus de 100 millions de dollars. Même si les agences fédérales et étatiques financent le travail de première nécessité, on sera loin de la somme nécessaire. Personne ne sait d’où proviendra l’argent supplémentaire. Malgré des années de rapports gouvernementaux appelant à l’action, des épisodes sporadiques de financement et une visite dans la région du président Obama l’année dernière, les centaines de millions de dollars nécessaires pour que les villages menacés restent où ils sont ne sont jamais arrivées à destination.
L’Etat d’Alaska qui, dans le passé, a déjà fourni des fonds à un village pour qu’il puisse commencer sa relocalisation, connaît une crise financière car sa santé économique est liée aux revenus du pétrole qui connaissent une chute spectaculaire.
Il est prévu que Shaktoolik reçoive 1 million de dollars d’un organisme fédéral indépendant, mais cet argent servira en priorité à payer le renforcement de la digue et à protéger le réservoir de carburant du village. La contribution la plus importante pourrait être le montant de 400 millions de dollars prévu en 2017 dans le budget Obama pour la relocalisation des villages menacés, mais avec une nouvelle administration, le sort de cette somme d’argent est incertain.
Comme l’a déclaré un membre du conseil de village de Shaktoolik: « Le gouvernement fédéral dépense des milliards de dollars pour des guerres dans les pays étrangers, mais il nous traite toujours comme si nous étions un pays du tiers monde. »

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith its proximity to the Arctic, Alaska is warming about twice as fast as the rest of the United States, and the state is heading for the warmest year on record. The government has identified at least 31 Alaska towns and cities at imminent risk of destruction. Some villages, climate change experts predict, will be uninhabitable by 2050, their residents joining a flow of climate refugees around the globe, in Bolivia, China, Niger and other countries.

These endangered Alaska communities face a choice. They could move to higher ground, a prospect that, for a small village, could cost as much as $200 million. Or they could stand their ground and hope to find money to fortify their buildings and shore up their coastline.

Laid out on a narrow spit of sand between the Tagoomenik River and the Bering Sea, the village of Shaktoolik and its 250 or so residents is facing an imminent threat from increased flooding and erosion, signs of a changing climate. After years of meetings that led nowhere and pleas for government financing that remained unmet, Shaktoolik has decided it will « stay and defend, » at least for the time being.

In Shaktoolik, as in other villages around Alaska, residents say winter is arriving later than before and rushing prematurely into spring, a shift scientists tie to climate change. With rising ocean temperatures, the offshore ice and slush that normally buffer the village from storm surges and powerful ocean waves are decreasing. Last winter, for the first time elders here can remember, there was no offshore ice at all.

The battering delivered by the storms has eaten away at the land around the village. According to one estimate, the strip of land on which Shaktoolik is built is losing an average of 4,000 square metres a year. Flooding from the ocean and the swollen river waters has become so severe that the last big storm came close to turning Shaktoolik into an island.

As Shaktoolik and other threatened villages have discovered, both staying and moving have their perils. The process of relocation can take years or even decades. In the meantime, residents still need to send their children to school, go to the doctor when they are sick, have functioning water lines and fuel tanks and a safe place to go when a severe storm comes.

But few government agencies are willing to invest in maintaining villages that are menaced by erosion and flooding, especially when the communities are planning to go elsewhere.

Shaktoolik’s leaders have identified a potential relocation site 17 km away to the southeast. But some residents say they fear that their culture, dependent on fishing and hunting, will suffer if they move. Besides, the government turned down applications for money to build a road that would serve both as a way to get building materials to their new home and as an evacuation route. Residents currently have no reliable way to escape quickly in an emergency.

Big storms on Alaska’s west coast are different from those that threaten Miami or New Orleans. They can carry the force of a Category 1 hurricane, but their diameter is five to 10 times greater, meaning that they affect a larger area and last longer. Some residents here say that the storms are becoming more frequent and more intense. There is no question that higher ocean temperatures have resulted in less offshore ice, allowing storm surges and waves to hit with greater force and bringing more flooding and erosion. A climate scientist at the University of Victoria (BC) confirms that the loss of sea ice « undeniably linked » to a warming climate, as is the rising level of the sea as a result of melting glaciers.

Shaktoolik faces other threats that will be difficult or impossible to ward off without assistance. For instance, erosion is threatening the village’s fuel tanks, its airport and its drinking water supply. But the most urgent challenge is keeping village residents safe in the event of a disaster. Shaktoolik’s current emergency plan calls for people to gather inside the school. But the school building, which sits on the ocean side of the road, is itself likely to be flooded and is not large enough to comfortably accommodate everyone. Some families have said that in a severe storm they would flee up the Shaktoolik River. They keep their boats stocked with supplies. But the river would almost certainly be ice-filled and treacherous, and any attempt to escape would likely end in a search and rescue operation.

Yet if it is to stay put, the village must find a way to prevent loss of life, if not the loss of property. It would need an evacuation road; improvements to the water system and the fuel tank farm; increased fortification of the berm; floodlights and lighted buoys for the river; a new health clinic; a fortified shelter for residents in a storm. The estimated price tag for these improvements is well over $100 million. And while state and federal agencies will finance some routine work, it will not even be close to what is needed. No one knows where the additional money will come from. Despite years of government reports calling for action, sporadic bursts of financing and a visit to the region by President Barack Obama last year, the hundreds of millions of dollars it would take for Alaska’s threatened villages to stay where they are – or to move elsewhere – have not materialized.

 The state of Alaska – which in the past provided some funds to a community to begin its relocation – is in a fiscal crisis, its economic health tied to oil revenues.

Shaktoolik is scheduled to receive $1 million from an independent federal agency. But the money will not go far: some will help pay for a new design to fortify the berm while the rest is intended to help protect the village’s fuel tank storage. Perhaps the largest potential contribution is the $400 million allocated for relocating threatened villages in the Obama administration’s proposed 2017 budget. But with a new administration, the fate of that allocation is at best uncertain.

A member of the Shaktoolik village council, said: “The federal government spends billions on wars in foreign countries, but they still treat us like we’re a Third World country. »

Source: Alaska Dispatch News.

La flèche rouge indique Shaktoolik, petit port soumis aux fureurs de la Mer de Béring:

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Source: Google Maps

La glace de mer a de plus en plus de mal à former une masse compacte jusqu’à la côte:

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(Photo: C. Grandpey)

Le caribou américain en voie de disparition // The American caribou has become an endangered species

drapeau-francaisQuand on voyage sur les routes du Canada et de l’Alaska, il n’est pas rare de rencontrer des caribous sur son chemin. Le caribou est même l’un des emblèmes du Canada. Or, d’après un comité d’experts scientifiques, sa population a atteint des niveaux “historiquement bas”, notamment dans l’est de l’Arctique. Depuis le 5 décembre 2016, l’animal est classé en “voie de disparition”, de même que le papillon monarque.

Pour les scientifiques, la cause de la diminution du nombre de caribous est double : les animaux sont très sensibles aux perturbations humaines (exploitation forestière et minière, par exemple), des facteurs de stress qui semblent interagir de manière complexe avec le réchauffement climatique, plus prononcé en Arctique.

Un phénomène identique est observé en Alaska où la population de caribous dans la partie centrale de l’Arctique alaskien a chuté de 69% ; elle est passée de 70 000 têtes en 2010 à 50 000 en 2013 et 22 000 en 2016.

La partie occidentale de l’Arctique alaskien est affectée elle aussi. Le troupeau de caribous est passé de 490 000 animaux en 2003 à 201 000 aujourd’hui.

Les scientifiques font remarquer qu’il y a toujours eu des fluctuations dans l’ampleur des troupeaux de caribous et qu’il n’est pas impossible que la perte d’animaux ne soit que passagère. Malgré tout, le réchauffement climatique observé depuis plusieurs années en Alaska est un obstacle majeur à la reproduction du caribou. Les biologistes ont recommandé de  modifier les règles de chasse, avec moins de colliers accordés et il est demandé aux chasseurs d’éviter le prélèvement de femelles.

Source : Presse canadienne et alaskienne.

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drapeau-anglaisWhen traveling along the roads of Canada and Alaska, it is not uncommon to encounter caribou on one’s way. Caribou are even one of Canada’s emblems. However, according to a committee of scientific experts, its population has reached « historically low » levels, particularly in the eastern Arctic. Since December 5th, 2016, the animal is classified as « disappearing », as is the monarch butterfly.
For scientists, the cause of the decline in caribou numbers is two-fold: animals are very sensitive to human disturbances (forestry and mining, for example), stress factors that seem to interact in complex ways with global warming, more pronounced in the Arctic.
An identical phenomenon is observed in Alaska where the caribou population in Central Arctic has dropped by 69%; It has dropped from 70,000 head in 2010 to 50,000 in 2013 and 22,000 in 2016.
Western Arctic is affected as well. The caribou herd dropped from 490,000 animals in 2003 to 201,000 today.
Scientists point out that there have always been fluctuations in the size of caribou herds and the loss of animals may be temporary. Despite this, the global warming observed for several years in Alaska is a major obstacle to the reproduction of the caribou. Biologists have recommended a change in hunting rules with fewer bags and hunters are being asked to avoid harvesting females.
Source: Canadian and Alaskan Press.

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Caribous dans la toundra de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

Les émissions de CO2 de la toundra // The tundra’s carbon dioxide emissions

drapeau-francaisAu cours de ces dernières années, j’ai consacré plusieurs notes à la fonte du permafrost et ses conséquences sur l’environnement. Un nouvel article paru dans la presse alaskienne confirme les craintes des scientifiques.

Avec la hausse des températures dans l’Arctique, les sols plus chauds vont envoyer dans l’atmosphère de plus en plus de gaz carbonique. Selon une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Yale, suite au réchauffement climatique, les sols enverront dans l’atmosphère 55 milliards de tonnes de gaz carbonique au milieu du 21ème siècle. Cela équivaut à environ 17% des émissions provoquées par la combustion des combustibles fossiles et d’autres activités humaines à l’échelle de la planète. L’étude, publiée dans la revue Nature, indique que c’est dans les plus hautes latitudes et les plus hautes altitudes que les sols libèrent la plus grande quantité de dioxyde de carbone.

D’une manière générale, les sols plus chauds stimulent davantage l’activité microbienne souterraine qui produit le gaz carbonique, mais le phénomène est encore plus évident dans les régions arctiques où règne le pergélisol et où le réchauffement se produit au moins deux fois plus vite qu’ailleurs dans le monde. Dans les hautes latitudes et à des altitudes élevées, le dégel du pergélisol libère le CO2 qui était jusqu’alors emprisonné dans le sol et le rend accessible aux processus microbiens qui produisent des gaz qui s’échappent à la surface.
Selon une autre étude effectuée par des scientifiques de l’Université de Fairbanks, il semble peu probable que les plantes arctiques aient la capacité d’absorber l’excès de gaz carbonique émis par le permafrost de la toundra. Des mesures récentes effectuées dans la région de North Slope au nord de l’Alaska ont révélé que les émissions de CO2 en provenance du sol de la toundra dépassent la capacité d’absorption de ce gaz par les plantes. Les chercheurs ont utilisé des capteurs montés sur des trépieds pour mesurer le dioxyde de carbone – le gaz à effet de serre dominant – et le méthane libéré dans l’atmosphère et absorbé par différents types de toundra. Le volume de carbone net rejeté dans l’air était tellement plus élevé que prévu que le directeur de la recherche a même demandé aux techniciens de faire un examen supplémentaire des résultats pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’erreurs.
La plupart des études précédentes sur les émissions de CO2 de la toundra se sont limitées à l’été, saison où les plantes arctiques absorbent du carbone atmosphérique et font de la toundra un puits de carbone (ou puits CO2). Les scientifiques ont eu la confirmation, sur les sites de mesures, que les courts étés arctiques sont des saisons favorables à l’absorption de CO2. Toutefois, sur une année, les émissions sont largement supérieures à la capacité d’absorption des plantes. En effet, la fin de l’automne et le début de l’hiver, périodes où les plantes ont cessé leur photosynthèse mais où les sols ont toujours des températures positives et sont suffisamment chauds pour permettre l’activité microbienne, jouent un rôle important dans les émissions annuelles de dioxyde de carbone de la toundra.
Une étude de l’USGS publiée au début de cette année a conclu que l’Alaska dans son ensemble, en dépit du dégel du pergélisol et de la chaleur émise par les feux de forêt, conservera son statut de puits de carbone jusqu’à la fin du siècle. Toutefois, cela ne semble pas être le cas pour les régions de toundra situées au nord de la forêt boréale. Sur la toundra arctique, la végétation ne dispose que d’une courte période de photosynthèse, avec des plantes essentiellement à petites feuilles ; il n’existe pas le type de grandes feuilles susceptibles d’absorber une grande quantité de dioxyde de carbone.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisIn recent years, I have devoted several notes to the melting of the permafrost and its consequences on the environment. A new article in the Alaskan press confirms the fears of scientists.

With temperatures rising in the Arctic, there have been worries about how much carbon dioxide might stream into the atmosphere from warmer soils. According to a comprehensive study led by researchers at Yale, warming will drive 55 billion metric tons of carbon gases from soils into the atmosphere by mid-century. That amount is equal to about 17 percent of projected emissions from global fossil-fuel burning and other human activities. The study, published in the journal Nature, cites the highest latitudes and highest altitudes as the biggest contributors of carbon from the ground.

While warmer soils all around the world stimulate more of the below-ground microbial activity that produces carbon gases, the changes are most striking in permafrost regions, namely the Arctic, where warming is happening at least twice as fast as the global rate, and the tops of the highest mountains. In those high latitudes and high altitudes, permafrost thaw is freeing once-locked carbon and making it available to the microbial processes that produces gases that are emitted above the ground.

Prospects for Arctic plants to absorb the extra carbon gases appear dim, according to another newly published study led by scientists at the University of Alaska Fairbanks. On at least part of Alaska’s North Slope region, new carbon streaming out of the soil is already outpacing any carbon uptake by plants on top of the ground. The study used tripod-mounted sensors to measure carbon dioxide, the dominant greenhouse gas, and methane being released and absorbed by different types of tundras. The volume of net carbon released into the air was so much higher than anticipated that the leader of the research asked technicians to do an extra review of the results.

Most previous studies of tundra carbon flux have been limited to summers, a season when the tiny Arctic plants on the ground’s surface take in atmospheric carbon and make the tundra a carbon sink. The study found the confirmation that the brief and bright Arctic summers were seasons for carbon absorption at the site. But the net, year-round emissions significantly outweighed summer plants’ absorption. Late fall and early winter, a time when plants have ceased their photosynthesis but soils are still above thaw temperatures and warm enough to allow microbial activity, has turned out to be a significant player in annual carbon emissions from the tundra.

A U.S. Geological Survey study released earlier this year concluded that Alaska as a whole, despite its thawing permafrost and increasing wildfire burns, will keep its status as an overall carbon sink through the end of the century. But that does not appear to be the case for tundra regions north of the boreal forest. On the Arctic tundra, vegetation has just a short season to photosynthesize, and it is small, lacking the type of big leaves that draw in a lot of carbon dioxide.

Source : Alaska Dispatch News.

La toundra fond…

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Elle est superbe à l’automne…

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J’adore randonner au sein d’une multitude de couleurs…

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On est rarement seul dans la toundra…

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Photos: C. Grandpey