Fortes chaleur : les statistiques et les alertes de Météo-France

Ce n’est pas une surprise : un groupe international de 61 scientifiques vient d’indiquer dans une étude à paraître dans la revue « Earth System Science Data » que le principal objectif de l’accord de Paris (COP 21 de 2015) est d’ores et déjà hors d’atteinte.

L’étude est publiée alors que la France traverse un épisode de fortes chaleurs, voire de canicule. Schéma à l’appui, Météo-France confirme que les vagues de chaleur sont de plus en plus précoces, de plus en plus longues et de plus en plus intenses, une tendance liée au réchauffement climatique.

 

Entre 1947 et 2024, 49 vagues de chaleur ont été recensées ; elles correspondent à des épisodes où les températures sont anormalement élevées pendant plusieurs jours. Sur les dix premières années de cette période de référence, de 1947 à 1957, quatre vagues de chaleur ont ainsi été mesurées. Ce chiffre a été multiplié par cinq sur les dix dernières années, de 2014 à 2024, ce qui montre parfaitement l’accélération du réchauffement climatique sur laquelle j’alerte fréquemment sur ce blog.

Météo-France ajoute que ces vagues de chaleur sont davantage précoces, mais aussi tardives. C’est le cas avec la vague de chaleur actuelle qui s’est déclenchée à la mi-juin, Il en va de même pour celles régulièrement observées après le 15 août ces dernières années. À noter que les vagues de chaleur sont également plus intenses.

L’agence météorologique nationale prévient qu’avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur vont continuer de devenir de plus en plus précoces, intenses et longues. En 2050, dans une France à +2,7°C par rapport à la période préindustrielle, le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par cinq, et par 10 dans une France à +4°C, d’ici à 2100. Ces prévisions sont également celles du GIEC et de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

Source: Météo-France, France Info.

Une conséquence inévitable des fortes chaleurs actuelles est un dégel du permafrost de roche à haute altitude, avec une déstabilisation des parois rocheuses qui ne sont plus maintenues en place par ce ciment naturel. Des effondrements sont en cours et d’autres sont à venir. La plus grande prudence est donc recommandée aux personnes qui fréquentent la haute montagne.

Sur sa page Facebook, Ludovic Ravanel prévient qu’avec les fortes chaleurs, les écroulements rocheux font leur retour en haute montagne comme le 18 juin 2025 dans la face nord de la Tour Ronde. Ce secteur est très actif depuis plusieurs années en raison du retrait du tablier de glace et de la dégradation du permafrost. Voici une petite vidéo de l’effondrement de la Tour Ronde :

https://www.facebook.com/ludo.ravanel/videos/1151306413387946

L’agonie des glaciers pyrénéens (suite)

2050 est également la date retenue par les climatologues locaux et les bénévoles de l’association Moraine pour la disparition définitive de la plupart des glaciers pyrénéens. De plus petite taille que leurs homologues alpins, ils sont encore plus exposés au réchauffement climatique. Dans une note rédigée le 20 août 2020, j’expliquais qu’ils avaient atteint le point de non retour, à l’image de l’Aneto ou de l’Oulette, ce dernier au pied du Vignemale, entre 2300 et 2400 mètres d’altitude.

Tous les ans, les bénévoles de l’association Moraine mesurent l’évolution des glaciers des Pyrénées. Ils expliquent qu’ils ont encore reculé en moyenne de 8,10 m en 2020. Ces bénévoles en sont à leur 18ème campagne de mesures. Tous les ans au mois de mai ils grimpent sur la montagne pour sonder le manteau de glace accumulé durant l’hiver. Ils reviennent sur le terrain tous les mois durant l’été afin de mesurer la fonte et livrer ensuite leurs dernières données aux climatologues.

Selon l’association, « chaque année, ce sont 3,6 ha de glace qui disparaissent. » En 2002, les glaciers pyrénéens couvraient 140 ha. Leur surface globale est désormais de 79 ha, soit 45 % de moins.

Il faut toutefois noter que les glaciers de la partie occidentale de la chaîne pyrénéenne ont mieux résisté que dans sa partie centrale ou orientale. Cela s’explique probablement par l’influence océanique qui assure un réservoir d’humidité entraînant davantage de précipitations. C’est ce qui se passe, à plus grande échelle, pour les glaciers du Mont Shasta en Californie.

Source : Association Moraine.

Glacier du Vignemale pendant l’été 2020 (Photo aimablement envoyée par un visiteur de mon blog)