Nouveau site climatique aux États Unis // New climate website in the U.S.

Limogés par l’Administration Trump, d’anciens membres de l’équipe du site américain climate.gov, l’une des références mondiales sur le réchauffement climatique, ont décidé de faire perdurer les anciennes données au sein d’une organisation «  indépendante, à but non lucratif et apolitique, avec une mission élargie. »

L’historique site dédié au climat redirige désormais vers un autre site web de la NOAA contrôlé par des responsables politiques. En conséquence, la bibliothèque d’informations à laquelle le public avait auparavant accès n’est plus disponible.

Le nouveau site climate.us entend proposer différents services aux collectivités locales, comme la cartographie des risques d’inondations liés au changement climatique. Mais cela doit impérativement s’accompagner d’une démarche visant à préserver ce qui a été produit pour éviter que l’administration Trump ne cherche à cacher, effacer ou transformer les savoirs établis.

Le nouveau site climate.us se veut particulièrement agressif. Sa page d’accueil commence en ces termes : « Ils cachent la vérité. Nous ripostons. […] Des informations climatiques fiables sont dissimulées, effacées et remplacées par de la désinformation. Nous ne laisserons pas faire. »

S’agissant de la mission de climate.us, on peut lire que c’est « un organisme à but non lucratif qui fournira des données et des informations climatiques afin de promouvoir la sensibilisation du public au climat et donner aux citoyens les moyens de transformer leurs connaissances en discussions constructives et en actions respectueuses du climat. À l’heure où des informations climatiques cruciales sont supprimées ou déformées, nous nous engageons à sauvegarder des ressources climatiques clés et à garantir au public un accès continu et facile aux faits. Notre objectif est de construire une plateforme durable, indépendante et scientifiquement rigoureuse sur laquelle le monde peut compter pour la communication, l’éducation et l’engagement sur le climat. »

Les auteurs du site font appel à la générosité du public pour assurer son bon fonctionnement.

Reste à savoir pendant combien de temps ce nouveau site sera toléré par l’Administration Trump…

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Dismissed by the Trump administration, former members of the team at the US website climate.gov, one of the world’s leading sources of information on global warming, have decided to preserve the old data within an organization whuch is « independent, nonprofit, and immune to politics with an expanded mission. »
The historic climate website now redirects to another NOAA website controlled by political leaders. As a result, the library of information previously accessible to the public is no longer available.
The new climate.us website intends to offer various services to local communities, such as mapping flood risks linked to climate change. But this must be accompanied by an approach aimed at preserving what has been produced to prevent the Trump administration from seeking to hide, erase, or transform established knowledge.

The new climate.us website is particularly aggressive. Its homepage begins: « They’re hiding the truth. We’re fighting back. » […] Reliable climate information is being hidden, erased, and replaced with misinformation. We’re not letting that happen. »

The mission of climate.us is stated to be « a nonprofit successor to Climate.gov, delivering climate data and information to promote public climate literacy and to equip people to turn knowledge into meaningful conversations and climate-conscious actions. At a moment when critical climate information is being deleted or distorted, we are stepping up to rescue key climate ressources and to ensure the public has continued easy access to the facts. Our goal is to to build an enduring, independent, and scientifically rigorous platform that the world can rely on for climate communication, education, and engagement. »

The site’s authors are appealing to the public’s generosity to ensure its continued operation.

It remains to be seen how long this new site will be tolerated by the Trump administration…

Camp Century (Groenland) : une bombe à retardement // Camp Century (Greenland ) : a time bomb

Dans une note rédigée le 9 août 2016 sur ce blog, je faisais référence à une étude de l’Université York à Toronto (Canada), menée en collaboration avec l’Université de Zurich, à propos d’une base militaire ultra secrète installée sous la glace du Groenland par les Américains durant la Guerre Froide.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

Les chercheurs expliquent que la base militaire a été abandonnée dans les années 1960, mais aujourd’hui le réchauffement climatique pourrait faire remonter à la surface des déchets toxiques qui étaient censés être enterrés à jamais sous la calotte glaciaire.
La base militaire ultra secrète de « Camp Century, » construite à l’intérieur de la calotte glaciaire du Groenland en 1959, a servi de site pour tester la faisabilité de bases de lancement de missiles nucléaires dans l’Arctique pendant la Guerre Froide. Quand la base a été désaffectée en 1967, son infrastructure et les déchets qui s’y trouvaient ont été abandonnés avec l’idée qu’ils seraient enfouis à jamais dans la neige et la glace de cette région du monde. Malheureusement, le réchauffement climatique est passé par là…

Aujourd’hui, l’ancienne base et sa radioactivité pourraient devenir un sacré casse-tête pour Donald Trump si le président américain s’obstine à vouloir prendre le contrôle du Groenland. En 1967, les Américains ont laissé derrière eux des milliers de tonnes de déchets et de débris, dont des résidus radioactifs, qu’ils pensaient enfouis à jamais sous la calotte glaciaire. Avec le réchauffement climatique, ce qui devait rester top secret pourrait sortir au grand jour plus tôt que prévu.
Alors que la planète se réchauffe, Camp Century, situé à environ 1 500 kilomètres au nord de Nuuk, la capitale du Groenland, est un sujet d »inquiétude, car personne ne sait combien de temps la base restera enfouie. L’étude de 2016 à laquelle j’ai fait référence indiquait que les vestiges de la base abandonnée pourraient être mis au jour par la fonte de la glace et de la neige vers la fin du 21ème siècle.
Cette révélation a provoqué une tempête politique au Groenland, où le ministre des Affaires étrangères a exigé que le Danemark prenne en charge le nettoyage des installations militaires américaines abandonnées au Groenland. Le pays, ancienne colonie danoise, n’a jamais consenti à les accueillir. Nuuk et Copenhague ont signé un accord en 2017 prévoyant environ 30 millions de dollars pour le nettoyage des déchets, mais Camp Century n’était pas inclus dans l’accord.

Camp Century était une véritable ville souterraine, avec une chapelle, un salon de coiffure et des dortoirs qui abritaient des centaines de personnes. Tout cela était, jusqu’à présent, enfoui sous une épaisse couche de glace. Aujourd’hui, Camp Century pourrait contaminer l’environnement de différentes manières. D’une part, la fonte de la glace et de la neige pourrait entraîner des déchets toxiques – comme les 200 000 litres de diesel – dans l’océan. D’autre part, on peut craindre que la glace dans laquelle est construite la base se détache et forme un iceberg. Cependant, les scientifiques estiment que ni l’une ni l’autre de ces hypothèses ne se produira avant la fin de ce siècle.

L’avenir de Camp Century dépendra du réchauffement climatique au cours des prochaines décennies. Bien que les projections diffèrent, un rapport des Nations Unies publié en octobre 2024 indique que la planète se réchauffera de 2,6 °C à 3,1 °C au cours de ce siècle, et que l’objectif symbolique de 1,5 °C convenu à Paris en 2015 ne sera jamais atteint. Cette forte hausse des températures pourrait porter un coup fatal à Camp Century, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement..

Aujourd’hui, Camp Century joue un rôle important pour les scientifiques qui étudient et tentent de comprendre le réchauffement climatique. Dans les années 1960, ils ont extrait une carotte de glace, toujours étudiée aujourd’hui, afin de mieux comprendre les schémas climatiques d’il y a des centaines de milliers d’années. De ce fait, la base demeure un « supersite » scientifique.

Si Donald Trump continue de vouloir acquérir le Groenland, il héritera des séquelles des activités polluantes de son propre pays à l’époque de la Guerre Froide. Un cadeau empoisonné !

Voici une vidéo qui explique en anglais sous-titré l’histoire de Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0

Cette photo de l’armée américaine montre les tunnels de l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959.

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On August 9th, 2026, I wrote on the blog a post referring to a study performed at York University in Canada. Conducted in collaboration with the University of Zurich, it reveals that a military camp situated beneath the ice in Greenland was abandoned in the 1960s and that climate change could remobilize the abandoned hazardous waste believed to be buried forever beneath the Greenland Ice Sheet.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/08/09/groenland-les-secrets-de-la-banquise-greenland-the-secrets-of-the-ice/

The U.S. military base “Camp Century,” built in the Greenland Ice Sheet in 1959, served as a top-secret site for testing the feasibility of nuclear missile launch sites in the Arctic during the Cold War. When the camp was decommissioned in 1967, its infrastructure and waste were abandoned under the assumption they would be entombed forever by perpetual snow and ice.

Unfortunately,the Arctic has unexpectedly warmed…

Today, the radioactive secret could become a headache for Donald Trump if he keeps his desire to take control of the Arctic island.

Although the Americans dismantled the reactor and took its nuclear reaction chamber with them when they departed in 1967, they left behind thousands of tonnes of waste and debris, including radioactive residue, to be buried under the icecap forever.But because of global warming, forever might come sooner than planned.

As the world warms, Camp Century, which is located about 1,500 kilometers north of Nuuk, Greenland’s capital city, is becming the focus of anxiety as noboby knows how long it will remain entombed. The study I referred to in 2016 said the remains of the abandoned base could be exposed by melting ice and snow toward the end of the 21st century.

The revelation caused a political storm in Greenland whose Foreign Minister demanded Denmark take responsibility for cleaning up the debris from abandoned U.S. military installations in Greenland. The country formerly a colony of Denmark, never consented to hosting them. Nuuk and Copenhagen signed a deal in 2017 earmarking about $30 million to clean up the debris and waste, but Camp Century was not included in the agreement.

Camp Century has been described as a subterranean city, complete with a chapel, a barbershop and dormitories that once housed hundreds of people. All that is now buried under thick layers of ice. There are different ways Camp Century could contaminate the environment. One is if melting ice and snow carry toxic waste – such as the 200,000 liters of diesel fuel beneath the ice – out into the ocean. Another is if the ice containing the base breaks off and forms an iceberg. However, scientists think neither are likely anytime this century.

The future of the base will depend on how much the world warms in the coming decades. While there are different projections, a United Nations report published in October 2024 found the planet will heat up by 2.6°C to 3.1°C this century, with no chance of limiting the temperature increase to the totemic 1.5° C target agreed in Paris in 2015. The sharp increase in temperature might deal a deadly blow to Camp Century, with disastrous consequences for the environment.

Today, Camp Century plays an important part to scientists to study and try to understand global warming. In the 1960s, they extracted an ice core that is still studied to this day for insights into climate patterns hundreds of thousands of years ago. As such, the base remains a scientific “supersite.”

If Donald Trump were to lay claim to Greenland, it would also inherit the legacy of its own Cold War-era polluting activities. A poisoned chalice !

Here is a video in English (with subtitles) that clearly explains the history of Camp Century :

https://www.youtube.com/watch?v=C2aNAxXMkq0

L’iceberg A23a en cours de désintégration // Iceberg A23a is disintegrating

J’ai écrit plusieurs articles sur ce blog à propos de l’A23a, un immense iceberg qui s’est détaché de la plateforme glaciaire Filchner-Ronne en Antarctique en 1986. Aujourd’hui, l’iceberg se fragmente rapidement dans l’Atlantique Sud.

Source: NASA

Des images satellite récentes indiquent que des portions d’environ 400 km² se sont détachées ces dernières semaines, tandis que de nombreux fragments plus petits dérivent à proximité.
L’A23a a été qualifié à plusieurs reprises de « plus grand iceberg au monde », même s’il a parfois été dépassé par des icebergs plus grands mais à durée de vie plus courte, notamment l’A68 en 2017 et l’A76 en 2021. Il est resté le plus grand iceberg dérivant librement à la surface de l’océan jusqu’à la mi-2025. Il mesurait 3 460 km² début mars 2025. Cependant, le 22 juillet, sa superficie était tombée à 2 510 km². En septembre 2025, il mesurait environ 1 770 km², avec une largeur maximale de 60 km. Sa masse était estimée à près de 1 000 milliards de tonnes.

Source: NASA

L’iceberg est resté coincé dans la mer de Weddell pendant plus de trois décennies avant d’être emporté vers le nord par les courants en 2020. Ensuite, il a pénétré dans les eaux de plus en plus chaudes de l’Atlantique Sud, où la fonte de sa base a fragilisé sa structure.
En 2020, il a été emporté par les courants océaniques avant de se retrouver coincé dans un vortex (colonne de Taylor) provoqué par des courants océaniques venant heurter une montagne sous-marine. L’iceberg s’est alors mis à tourner comme une toupie. J’ai décrit le phénomène dans cet article :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/17/iceberg-a-23a-une-toupie-antarctique-iceberg-a-23a-an-antarctic-spinning-top/

Source: BAS

L’A23a a recommencé à se déplacer en décembre 2024.
Début mars 2025, il s’est échoué sur le plateau continental de la Géorgie du Sud, suscitant des inquiétudes quant à l’accès aux zones d’alimentation des phoques et des manchots :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/03/04/liceberg-a23a-nentrera-pas-en-collision-avec-la-georgie-du-sud-iceberg-a23a-will-not-collide-with-south-georgia/

Plus tard en mars 2025, il s’est échoué sur un plateau continental avant de repartir à la dérive en mai.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/12/15/liceberg-a23a-de-nouveau-en-mouvement-iceberg-a23a-again-on-the-move/

L’iceberg A23a est aujourd’hui en cours de désintégration car il a été emporté par le front du Courant circumpolaire antarctique sud (SACCF) dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour de la Géorgie du Sud. Ce courant devrait emporter l’iceberg et ses fragments vers le nord-est, où il connaîtra un destin semblable à celui d’autres méga-icebergs, tels que l’A68 en 2021 et l’A76 en 2023. Eux aussi se sont désintégrés autour de la Géorgie du Sud.
La désintégration de l’A23a signifie que le plus grand iceberg du monde est désormais le D15a, qui mesure environ 3 000 km².
Source : British Antarctic Survey, U.S. National Ice Center.

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I have written several posts on this blog about A23a, ahuge iceberg which calved from Antarctica’s Filchner-Ronne Ice Shelf in 1986. Today, the iceberg is rapidly breaking apart in the South Atlantic.

Recent satellite images indicate that sections measuring around 400 km2 have detached in recent weeks, with numerous smaller fragments drifting nearby.

A23a has been named several times the “largest current iceberg”, occasionally being surpassed by larger but shorter-lived icebergs, including A68 in 2017 and A76 in 2021. It was the world’s largest freely floating iceberg through mid-2025, measuring 3 460 km2 in early March 2025. However, by July 22 it had been reduced to 2 510 km2. As of September 2025, it measures about 1 770 km2, with a maximum width of 60 km. Its mass is estimated at nearly 1 trillion tons.

The iceberg remained grounded in the Weddell Sea for over three decades before currents carried it northward in 2020. Since then, it has entered progressively warmer waters of the South Atlantic, where basal melting has weakened its structure.

In 2020, it was carried away by ocean currents before becoming stuck again in a spinning vortex of water caused by ocean currents hitting an underwater mountain. I described the phenomenon in this post :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/08/17/iceberg-a-23a-une-toupie-antarctique-iceberg-a-23a-an-antarctic-spinning-top/

A23a started moving again in December 2024.

In early March 2025, A23a grounded on South Georgia’s continental shelf, raising concerns over access to feeding areas for seals and penguins :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/03/04/liceberg-a23a-nentrera-pas-en-collision-avec-la-georgie-du-sud-iceberg-a23a-will-not-collide-with-south-georgia/

Later in March 2025 it ran aground on a continental shelf before floating loose again in May.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/12/15/liceberg-a23a-de-nouveau-en-mouvement-iceberg-a23a-again-on-the-move/

A23a broke up because it followed the Southern Antarctic Circumpolar Current Front (SACCF) anti-clockwise around South Georgia.This current is likely to ultimately take the berg and its bits off to the north-east, following a similar fate to other megabergs, such as A68 in 2021 and A76 in 2023, which also disintegrated around South Georgia.

The disintegration of A23a means the world’s largest iceberg is now D15a, which measures around 3 000 km2.

Source : British Antarctic Survey, U.S. National Ice Center.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

À l’issue de ma dernière conférence au CDST de Saint-Pierre à la Martinique, plusieurs personnes m’ont demandé quelle était la situation du volcan sous-marin Kick-‘em-Jenny, l’unique volcan sous-marin en activité dans l’arc antillais. Situé à 8km au nord de la Grenade, à proximité de l’île de Carriacou, son sommet n’est qu’à 185m de la surface de l’eau.

Le cratère est à 264 m de profondeur. Kick-‘em-Jenny se trouve sur l’une des voies maritimes les plus fréquentées par les bateaux de plaisance et les marins pêcheurs. En cas d’éruption majeure, on estime qu’il peut y avoir des projections de matériaux dans un rayon de 5 km. Une telle éruption serait surtout dangereuse pour le trafic maritime à proximité. C’est pourquoi il est fortement conseillé aux usagers de la mer de respecter la zone de sécurité d’1,5 km autour du volcan.

Le dernier épisode de forte activité volcanique de Kick-‘em-Jenny remonte à février 2024. Entre le 10 et le 14 février, 3400 séismes ont été enregistrés. Ils n’ont pas dépassé la magnitude M3,3.

 

Source: University of the West Indies

Kick-‘em-Jenny suscite depuis quelques jours une certaine inquiétude car les instruments ont enregistré un essaim sismique incluant quelque 800 événements entre 22h, le 27 août 2025, et 8h le lendemain, soit pendant une durée d’environ 10 heures. Il s’agit de petites secousses qui n’ont pas dépassé la magnitude M 2,4. Ces séismes n’ont pas été ressentis sur l’île de la Grenade. Toutefois, le Centre sismique de l’Université des West-Indies, à Trinidad-et-Tobago, a émis une vigilance Jaune pour le volcan.

Il ne semble pas y avoir un risque d’éruption. Le danger vient d’une augmentation des gaz dans l’eau, ce qui diminue fortement la flottabilité des embarcations.

Source : Martinique la 1ère.

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Un nouvel essaim sismique a été enregistré dans les Champs Phlégréens (Italie). Il a débuté à 14h09 UTC le 31 août 2025. Le 1er septembre à 7h30 UTC, 94 séismes ont été enregistrés, dont un événement de magnitude M4,0, à une profondeur estimée à 2 km, avec un épicentre près de Pouzzoles. La séquence comprenait deux séismes de magnitude M3,3 le 31 août à des profondeurs de 0,7 km et 1,8 km, suivis de plusieurs répliques de magnitude M2,0 à 2,8 plus tard dans la journée. Les habitants de Pouzzoles et des environs ont déclaré avoir ressenti de fortes secousses.
Par mesure de précaution, les services ferroviaires ont été suspendus sur les lignes Cumana et Circumflegrea afin de permettre la vérification des infrastructures. Un service de bus de remplacement a été activé sur les lignes Montesanto–Torregaveta et Montesanto–Licola.
Aucun dégât matériel ou corporel n’a été signalé. Les essaims sismiques sont fréquents dans les Champs Phlégréens, car la grande caldeira est affectée par un bradyséisme provoqué par des processus magmatiques et hydrothermaux. Depuis 2005, le soulèvement total du sol a atteint environ i,44 m (relevé en avril 2025).
Source : INGV, médias locaux.

 

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Un nouvel essaim sismique comprenant au moins 90 événements de faible magnitude a été détecté par le réseau sismique des Canaries, exploité par INVOLCAN, sur le Teide (Ténérife / Îles Canaries), le samedi 30 août 2025. Les événements ont été enregistrés par une station sismique située sur le versant nord du volcan.
Malgré cette sismicité, INVOLCAN a déclaré qu’il n’y avait pas de risque d’éruption volcanique à court ou moyen terme. Cet essaim s’inscrit dans un schéma récurrent observé sous l’île depuis juin 2017. Plus de 120 essaims semblables ont été recensés au cours de cette période. Il s’agissait d’événements volcano-tectoniques, résultant de la fracturation de roches, causée par la pressurisation du système volcano-hydrothermal de l’île, suite à l’injection de fluides magmatiques.
Source : INVOLCAN.

Sismicité sur le Teide le 30 août 2025 (Source : INVOLCAN)

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L’Épisode 32 de l »éruption du Kilauea (Hawaï) a débuté le 2 septembre 2025 vers 6h30 avec les habituelles fontaines de lave au niveau de la bouche nord. Comme lors de l’Épisode 31, les fontaines de lave étaient inclinées d’environ 45 degrés vers le nord-est. Elles mesuraient environ 150 mètres de haut contre plus de 300 mètres pendant les épisodes précédents. Le panache éruptif est monté entre 2 700 mètres et 6 000 mètres au-dessus du cratère. Après plus de 13 heures de spectacle, les fontaines de lave ont disparu brusquement de la bouche nord où elles étaient les plus spectaculaires. Le HVO indique qu’elles ont atteint 150 mètres de hauteur, avec un débit qui a atteint plus de 200 mètres cubes par seconde. L’épisode éruptif a émis quelque 10 millions de mètres cubes de lave . C’est le record depuis que l’on observe ces événements.

La fin de l’épisode éruptif a coïncidé avec une transition rapide de la déflation à l’inflation au sommet du Kilauea et une diminution de l’intensité du tremor. On peut déjà prévoir un 33ème événement.

Source: HVO.

Image webcam de l’Épisode 32

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Dans un bulletin diffusé le 2 septembre 2025, l’INGV a indiqué que les différents phénomènes éruptifs observés sur l’Etna (Sicile) ces derniers jours (activité explosive dans le Cratère Sud-Est), activité effusive à partir de bouches ouvertes vers 3000 mètres d’altitude) était désormais terminés.

Photo: C. Grandpey

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Une hausse de la sismicité a été observée sur le Lokon-Empung (Indonésie) le 2 septembre 2025, avec 35 séismes volcaniques à faible profondeur, 25 séismes indiquant des émissions de gaz et de vapeur, et quatre séismes volcaniques profonds. La sismicité a continué de s’intensifier le 3 septembre. Les inclinomètres ont révélé une inflation entre le 17 août et le 2 septembre. En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 3 septembre et le public a été invité à rester à au moins 2,5 km du cratère.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

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Une éruption de courte durée s’est produite à White Island (Nouvelle-Zélande) le 28 août 2025. Elle a généré un panache de cendres sombres, visible sur les images de la webcam, s’élevant à moins de 1 km d’altitude. Après environ 30 minutes, le panache est devenu blanc, indiquant une modification de sa composition avec la présence de vapeur et de gaz. Des panaches plus sombres, mais de courte durée, ont été observés occasionnellement, s’élevant à 700-800 m d’altitude. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5).
Source : GeoNet.

Photo: C. Grandpey

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L’activité se poursuit sur le Shinmoedake (Japon). Des panaches fumerolliens s’élèvent jusqu’à 100 m au-dessus des fissures du flanc ouest. La sismicité reste élevée. Le 28 août 2025, un panache de cendres s’est élevé à 5,5 km au-dessus du cratère. D’importantes retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent. Une nouvelle période d’émissions de cendres a été enregistrée les 28 et 29 août, avec des panaches s’élevant de 700 à 1 300 m au-dessus du cratère. Des panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 600 m au-dessus du cratère le 30 août. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source : JMA.

Crédit photo: Wikipedia

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Dernière minute : Dans une mise à jour publiée le 4 septembre 2025, le Met Office indique que le soulèvement du sol et l’accumulation de magma sous Svartsengi (Islande) se poursuivent et que la vitesse d’accumulation de ce dernier est restée stable ces dernières semaines. Selon les modélisations, environ 6 à 7 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis l’éruption du 16 juillet 2025. Le volume de magma qui s’est échappé de la zone de stockage sous Svartsengi lors de cette éruption est estimé à environ 12 millions de mètres cubes.
Les éruptions du passé sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur montrent que la probabilité d’une nouvelle éruption devrait augmenter lorsque le volume de magma accumulé sous Svartsengi sera à peu près identique à celui émis lors de l’éruption précédente. Cela laisse supposer qu’une fois que 12 millions de mètres cubes se seront accumulés, la probabilité d’un nouvel événement éruptif augmentera. Au rythme actuel de l’accumulation, ce volume sera atteint dans la seconde moitié de septembre. Bien qu’une éruption soit possible, personne ne sait vraiment quand elle se produira.
Il est important de noter que le volume de magma émis depuis Svartsengi lors de chaque éruption depuis mars 2024 a considérablement varié, allant de 12 à 31 millions de mètres cubes. Il est donc impossible d’affirmer que le prochain événement se comportera exactement comme le précédent.
La figure ci-dessous illustre les périodes d’accumulation de magma sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur depuis octobre 2023. Il est intéressant de noter que de mars 2024 jusqu’à l’éruption de juillet 2025, les périodes d’accumulation se sont allongées.

Source: Met Office

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

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Here is some news about volcanic activity in the world:

At the end of my my last conference at the CDST in Saint-Pierre, Martinique, several people asked me about the situation of the Kick-‘em-Jenny submarine volcano, the only active submarine volcano in the Caribbean arc. Located 8 km north of Grenada, near the island of Carriacou, its summit is only 185 m beneath the water’s surface. The crater is 264 m deep. Kick-‘em-Jenny is located on one of the most frequented shipping lanes for pleasure boats and fishermen. In the event of a major eruption, it is estimated that there could be projections of material within a radius of 5 km. Such an eruption would be especially dangerous for nearby maritime traffic. This is why sea users are strongly advised to respect the 1.5 km safety zone around the volcano. Kick-’em-Jenny’s last episode of strong volcanic activity was in February 2024. Between February 10 and 14, 3,400 earthquakes were recorded. They did not exceed magnitude M3.3.

Kick-’em-Jenny has been causing some concern in recent days as instruments recorded a seismic swarm including some 800 events between 10 p.m. on August 27, 2025, and 8 a.m. the following day, lasting approximately 10 hours. These were small tremors that did not exceed magnitude M2.4. These earthquakes were not felt on the island of Grenada. However, the University of the West Indies Seismic Center in Trinidad and Tobago issued a Yellow alert for the volcano.
There does not appear to be a risk of eruption. The danger comes from an increase in gases in the water, which significantly reduces the buoyancy of boats.
Source: Martinique la 1ère.

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A new seismic swarm was recorded in the Campi Flegrei (Italy). It began at 14:09 UTC on August 31, 2025. By 07:30 UTC on September 1, 94 earthquakes were recorded, including a shallow M4.0 event, at an estimated depth of 2 km, with an epicenter near Pozzuoli. The sequence included two M3.3 earthquakes on August 31 at depths of 0.7 km and 1.8 km, followed by several aftershocks of M2.0–M2.8 later that day. Residents in Pozzuoli and nearby districts reported strong shaking.

As a precaution, rail servuices were suspended on the Cumana and Circumflegrea lines to allow infrastructure checks. A replacement bus service was activated on the Montesanto–Torregaveta and Montesanto–Licola routes.

There were no reports of damage to people or property.

Seismic swarms are quite frequent in the Campi Flegrei as the large volcanic caldera is affected by bradyseism driven by magmatic-hydrothermal processes. Since 2005, cumulative ground uplift has reached approximately 1.44 meters by April 2025.

Source : INGV, local newsmedia.

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A new esismic swarm including at least 90 low-magnitude events was detected by the Canary Islands Seismic Network, operated by INVOLCAN at Teide volcano (Tenerife / Canary Islands) on Saturday, August 30 2025. The events were picked up by a seismic station, located on the northern slope of the volcano.

Despite this seismicity, INVOLCAN said there are no signs that the probability of a volcanic eruption has increased in the short or medium term. The swarm is part of a recurrent seismic pattern observed beneath the island since June 2017. More than 120 similar swarms have been documented over this period. The events were volcano-tectonic, resulting from rock fracturing caused by pressurization within the island’s volcanic–hydrothermal system due to the injection of magmatic fluids.

Source : INVOLCAN.

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Episode 32 of the Kilauea (Hawaii) eruption began on September 2, 2025, at approximately 6:30 a.m. with the usual lava fountains from the north vent. As in Episode 31, the lava fountains were inclined approximately 45 degrees to the northeast. They were 150 meters high, compared to over 300 meters during previous episodes. The eruptive plume rose between 2,700 meters and 6,000 meters above the crater. After more than 13 hours of activity, the lava fountains abruptly disappeared from the north vent where they were most spectacular. HVO indicates that the flow rate reached over 200 cubic meters per second. The eruptive episode emitted approximately 10 million cubic meters of lava. This is the most since these events have been recorded.
The end of the eruptive episode coincided with a rapid transition from deflation to inflation at Kilauea’s summit and a decrease in the intensity of the tremor. A 33rd event can already be predicted.
Source: HVO.

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In a bulletin released on September 2, 2025, the INGV indicated that the various eruptive phenomena observed on Mt Etna (Sicily) in recent days (explosive activity at the Southeast Crater, effusive activity from vents opened at around 3,000 meters above sea level) were now over.

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Increased seismicity was observed at Lokon-Empung (Indonesia) on 2 September 2025 and was characterized by 35 shallow volcanic earthquakes, 25 earthquakes indicating emissions, and four deep volcanic earthquakes. Seismicity continued to intensify on 3 September. Tiltmeters indicated inflation during 17 August-2 September. As a consequence, the Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) on 3 September and the public was asked to stay at least 2.5 km away from the crater.

Source : PVMBG.

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A short-lived eruption occurred at White Island (New Zealand) on 28 August 2025. It produced a dark ash plume that was visible in webcam images rising less than 1 km a.s.l. After about 30 minutes the plume color turned white, indicating that the composition had changed to steam and gas. Occasional short-lived darker plumes were visible rising 700-800 m a.s.l. The Volcanic Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5)

Source : GeoNet.

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Activity continues at Shinmoedake (Japan). Fumarolic plumes rise as high as 100 m above the fissures on the W flank. Seismicity remains elevated. On 28 August 2025, an ash plume rose 5.5 km above the crater. Significant ashfall reported in areas downwind. A period of ash emissions was recorded on 28 and 29 August, with ash plumes rising 700-1,300 m above the crater. Continuous ash plumes rose as high as 600 m above the crater on 30 August. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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Latest news : In an update released on 4 September 2025, the Met Office indicates that ground uplift and magma accumulation beneath Svartsengi (Iceland) continues and the rate of accumulation has been steady in recent weeks. Model calculations estimate that around 6 to 7 million cubic meters of magma have accumulated beneath Svartsengi since the eruption that began on 16 July 2025. The volume of magma released from the storage area beneath Svartsengi during that eruption is estimated at around 12 million cubic meters.

Based on experience from past eruptions on the Sundhnúkur crater row, it is expected that the probability of a new eruption increases once approximately the same volume of magma has accumulated beneath Svartsengi as was released in the previous event. This suggests that once 12 million cubic meters have built up again, the probability of a new event will rise. At the current rate of accumulation, this volume will be reached in the latter half of September. Although an eruption should be expected, its timing remains highly uncertain

It is important to note that the volume of magma released from Svartsengi in each eruption since March 2024 has varied considerably, ranging from 12 to 31 million cubic meters. It is therefore impossible to assume that the next event will behave exactly like the last one.

The figure below shows the magma accumulation periods on the Sundhnúkur crater row since October 2023. It is interesting to notice that from March 2024 up until the eruption in July 2025, the accumulation periods have been lengthening.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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