Le Vieux Fidèle pas éternel? // Will Old Faithful stop erupting some day?

Les touristes qui visitent le Parc National de Yellowstone ne sauraient manquer les éruptions du Vieux Fidèle, le vénérable « Old Faithful ». Le geyser se manifeste si régulièrement que ses éruptions peuvent être prédites et leurs horaires sont indiqués dans le lodge principal du Parc. Elles se produisent à des intervalles allant, en moyenne, de 90 à 94 minutes. Cependant, les scientifiques préviennent que ce geyser pourrait cesser son activité dans les années à venir.
Une étude publiée dans les Geophysical Research Letters indique que le Vieux Fidèle pourrait entrer en éruption moins fréquemment, ou s’arrêter définitivement, si les conditions actuelles de forte sécheresse se prolongent et se généralisent.

Les chercheurs ont découvert que des arbres poussaient pendant les années 1233-1362 au sommet du monticule où se manifeste le geyser. Il s’agit d’une découverte importante car les arbres ne peuvent pas survivre aux eaux chaudes et hautement alcalines expulsées par les geysers. Pour que des arbres poussent dans un tel lieu, il a fallu qu’un événement empêche le Vieux Fidèle d’entrer en éruption pendant plusieurs décennies.
Les geysers ont besoin d’une bonne alimentation en eau et ne se trouvent que dans les zones d’activité volcanique soutenue où le magma joue le rôle de source de chaleur. Après avoir analysé les composants dissous dans l’eau éjectée par le geyser, les scientifiques ont exclu un changement dans l’activité volcanique pour expliquer le sommeil du geyser il y a 800 ans. De la même façon, l’activité sismique a été laissée de côté car il n’y a pas eu de grands tremblements de terre à Yellowstone entre 800 et 1300.
Le seul facteur qui puisse expliquer l’inactivité du Vieux Fidèle et à la croissance des arbres qui l’a accompagnée est la grande sécheresse observée à la fin de l’anomalie climatique médiévale, lorsque des températures anormalement élevées ont persisté en Amérique du Nord entre 900 à 1300 environ.
De petites particules de bois remontant à la période 1233-1362 et appartenant à ce qui était autrefois des souches et des racines d’arbres ont été trouvées dans le monticule où se manifeste le Vieux Fidèle. La taille des fragments de bois était de 2 cm ou plus et les tiges prélevées étaient en grande partie intactes et pouvaient atteindre 2 mètres de long. Il s’est écoulé un laps de temps d’environ 81 ans entre les échantillons les plus anciens et les plus jeunes du même arbre. L’étude indique qu’il s’agit de la durée pendant laquelle les températures chaudes et sèches ont eu un impact sur la croissance des arbres et l’alimentation en eau du geyser.
Les archives scientifiques indiquent que les arbres du monticule du Vieux Fidèle sont morts au milieu des années 1300 en raison d’un événement pluvieux important, qui, selon les chercheurs, a augmenté les niveaux d’eau dans la région et a permis aux éruptions du geyser de reprendre.
Les archives du Vieux Fidèle remontent à près de 150 ans, date à laquelle Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis en 1872. Les chercheurs expliquent qu’il s’écoulait 60 à 65 minutes entre les éruptions du geyser dans les années 1950. Cet intervalle de temps est ensuite passé à 90 – 94 minutes depuis 2001. Une fois encore, ces changements dans le rythme éruptif du geyser sont liés aux conditions de sécheresse qui ont persisté dans cette partie des États-Unis jusqu’en 2010.
Les modèles climatiques prévoient une augmentation des conditions de sécheresse intense dans la région de Yellowstone ainsi que de grands incendies de forêt d’ici 2050, en partie en raison de la hausse des températures qui devrait atteindre près de 3°C. Cela entraînera par ailleurs une modification majeure des écosystèmes de Yellowstone».
Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs expliquent que le tourisme dans le Parc National de Yellowstone pourrait être affecté si les éruptions du Vieux Fidèle et des autres geysers deviennent moins fréquentes. En raison des récentes périodes de sécheresse et de le réduction de l’alimentation en eau, il convient de noter que les couleurs des Mammoth Hot Springs ont considérablement changé.
Source: Yahoo News.
Vous pourrez voir les éruptions du Vieux Fidèle en direct en cliquant sur ce lien:
https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

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The tourists who visit Yellowstone National Park would never miss the eruptions of Old Faithful. Yhe geyser comes to lfe so regularly that its eruptions can be predicted ansd are indicated in the park’s main lodge. The eruptions occur at typical intervals of 90 to 94 minutes. However, scientists warn that this geyser might stop erupting in the coming years.

A study published in Geophysical Research Letters states that Old Faithful could erupt less frequently, or entirely stop erupting, as severe drought conditions become more prolonged and widespread.

The researchers discovered that trees grew on top of the geyser mound during the years 1233-1362, which was a peculiar finding since trees cannot survive the hot and highly alkaline waters that geysers release. They figured that for this to happen, something must have stopped Old Faithful from erupting for several decades.

Geysers require an abundant water supply and are only found in areas with active volcanic activity because the magma acts as a source of heat. While changes in volcanic activity might seem like a probable explanation for Old Faithful’s inactivity 800 years ago, the researchers ruled this out after studying dissolved components in the geyser’s erupted water.

Earthquakes were also ruled out as a potential contributor to the frequency of the geyser’s eruptions due to the lack of large earthquakes that occurred between 800-1300.

The only factor that was correlated with Old Faithful’s inactivity and the tree growth on the geyser mound was a severe drought at the end of the Medieval Climate Anomaly, which was when abnormally warm temperatures persisted in North America from approximately 900 to 1300.

Small particles of wood that were once tree stumps and roots were found in the Old Faithful geyser mound, which date back to 1233-1362. The size of the wood fragments were 2 cm or larger and stems that were largely intact stretched over 2 metres in length. There were roughly 81 years between the oldest and youngest samples from the same tree, which the study says indicates the length of time the hot, dry temperatures impacted tree growth and the geyser’s water supply.

Records indicated that trees on the Old Faithful mound died in the mid-1300s due to a significant rainfall event, which the researchers said increased water levels in the region and allowed the geyser’s eruptions to resume.

Old Faithful’s records date back nearly 150 years to the date that Yellowstone became the United State’s first National Park in 1872. The researchers say that 60-65 minutes used to pass between Old Faithful’s eruptions in the 1950s, which then increased to 90-94 minutes since 2001. These changes in the geyser’s eruptions were once again linked to the drought conditions that were persistent in this part of the U.S. until 2010.

Climate models project an increase in severe drought conditions in the Yellowstone area as well as large wildfires by 2050, partly due to temperatures increasing by nearly 3°C, which will lead to “a major transportation of Yellowstone’s ecosystems.”

The researchers conclude that tourism at Yellowstone National Park could be impacted if the eruptions of Old Faithful and other geysers become less frequent. Due to the recent droughts and the reduced water supply, it should be noted that the colours of Mammoth Hot Springs have changed considerably.

Source: Yahoo News.

The eruptions of Old Faithful can be seen live by clicking on this link:

https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

Eruption du Vieux Fidèle (Photo : C. Grandpey)

Les Mammoth Hot Springs en 2002 et en 2015, avec modification de la couleur du travertin suite à la réduction d’alimentation en eau. (Photos : C. Grandpey).

Photos old f, mamm

webcam

Nouvel essaim sismique à Yellowstone mais pas de quoi s’inquiéter // New seismic swarm at Yellowstone but nothing to worry about.

Un essaim sismique comprenant 91 événements a été enregistré dans la région du Parc National de Yellowstone en seulement 24 heures le 10 septembre 2020. Les Les secousses ont été localisées au sud-ouest du Lac de Yellowstone entre Heart Lake et West Thumb. Bien qu’il s’agisse de l’une des régions les plus sismiquement actives des États-Unis, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) explique que ce dernier essaim « est assez important en nombre et magnitude, mais il est loin d’être le plus important observé dans la région. »
Dans le passé, Yellowstone a été secoué par des essaims incluant plusieurs centaines de secousses en une journée. Par exemple, on a enregistré un essaim de 3 mois entre juin et septembre 2017 avec 2400 événements qui ont atteint une magnitude de M 4,4.
Le dernier essaim sismique n’a pas dépassé M 3,0. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 2,8, tandis que le plus faible a été mesuré à M 0,1. De plus, les 91 secousses ont cohabité avec de «faux» séismes déclenchés par un camion «vibroseis» qui s’est déplacé dans les secteurs du Vieux Fidèle, West Thumb, Canyon Village et Lake Butte dans le cadre d’une étude conduite par l’Université de l’Utah et l’Université du Nouveau-Mexique. Ces camions sont de gros véhicules pouvant peser jusqu’à 32 tonnes. Ils font vibrer des plaques d’acier, ce qui envoie de l’énergie basse fréquence à travers le sol; ils permettent de créer des images de la partie sommitale de la chambre magmatique de Yellowstone grâce à des centaines de sismomètres temporaires disséminés à travers le Parc.
Comme d’habitude, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone a dû rassurer les gens qui qui se sont inquiétés quans ils ont ressenti l’essaim sismique. Le YVo rappelle une fois de plus qu’il n’y a actuellement AUCUN SIGNE INDIQUANT UNE ERUPTION IMMINENTE. Le programme Volcano Hazards de l’USGS a déclaré que le niveau d’alerte était «NORMAL» le 1er septembre 2020.
Source: Miami Herald, YVO.

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 A seismic swarm including 91 events was recorded in the Yellowstone National Park region in just 24 hours on September 10th, 2020. The quakes were located southwest of Yellowstone Lake between Heart Lake and West Thumb. Although the area is one of the most seismically active regions in the U.S., the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) explains that the cluster of quakes “is on the large side in terms of number and magnitude, but nowhere near the largest.”

In the past, Yellowstone had swarms that included many hundreds of earthquakes in a day. For example, there was a 3-month-long swarm in June-September 2017 with 2,400 events reaching a maximum magnitude of M 4.4.

The recent cluster of quakes did not exceed M 3.0. The biggest temblor was recorded at M 2.8, while the weakest was measured at M 0.1. What’s more, the 91 quakes rattled alongside “fake” tremors set off by a “vibroseis” truck driven through Old Faithful, West Thumb, Canyon Village and Lake Butte as part of an experiment conducted by the University of Utah and University of New Mexico. These trucks are giant vehicles that can weigh up to 32 tonnes that vibrate steel plates on the ground, sending low frequency energy through it; they help to create images of the top of Yellowstone’s magma chamber with the help of hundreds of temporary seismometers located across the park.

As usual, YVO had to reassure people who got worried when they felt the swarm. There are currently NO SIGNS OF AN IMMINENT ERUPTION. The USGS Volcano Hazards Program declared a “NORMAL” alert level on September 1st, 2020.

Source: Miami Herald, YVO.

Source chaude à West Thumb (Photo : C. Grandpey)

Les super éruptions de Yellowstone // Yellowstone’s super eruptions

Attraction touristique majeure aux États-Unis, Yellowstone est l’un des rares volcans du monde à avoir connu des super éruptions. Ces événements comptent parmi les plus extrêmes et les plus redoutés sur Terre. Les super volcans émettent d’énormes quantités de matériaux – au moins 1 000 fois plus que l’éruption du Mont St. Helens en 1980 – et ils sont capables de modifier le climat de la planète.
La dernière super éruption de Yellowstone se serait produite il y a environ 630 000 ans. Certains scientifiques affirment que le volcan est en retard dans son cycle éruptif, ce qui signifie qu’une éruption pourrait se produire à court terme. Heureusement, les cycles éruptifs n’ont jamais été clairement démontrés en volcanologie et il n’y a actuellement aucun signe d’une éruption imminente dans le Parc National de Yellowstone.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Geology explique que deux super éruptions ont récemment été identifiées à Yellowstone, en relation avec le déplacement du point chaud sous la région. L’une d’elles a été probablement l’événement le plus cataclysmique jamais observé. Au final, les résultats de l’étude indiquent que le point chaud qui donne naissance aujourd’hui à l’activité hydrothermale dans le Parc National de Yellowstone est peut-être en train de décliner en intensité.
Les auteurs de l’étude ont utilisé un ensemble de techniques scientifiques pour analyser les dépôts volcaniques répartis sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Ils ont découvert que ceux que l’on croyait appartenir à plusieurs éruptions mineures sont en fait d’immenses nappes de matériaux volcaniques émis par deux super éruptions il y a environ 9,0 et 8,7 millions d’années. La plus jeune, la super éruption de Grey’s Landing, est à ce jour l’événement le plus important observé dans l’ensemble de la province volcanique de Snake-River-Yellowstone.
L’équipe scientifique, qui comprend des chercheurs de l’Université de Leicester, du British Geological Survey et de l’Université de Californie à Santa Cruz, estime que la super éruption de Grey’s Landing était 30% plus puissante que la détentrice du record précédent, celle de Huckleberry Ridge. Elle a eu des effets dévastateurs à l’échelle locale et au niveau de la planète. L’éruption de Grey’s Landing a recouvert de verre volcanique à haute température une zone de la taille du New Jersey où tout a été brûlé et stérilisé à la surface du sol. Tout ce qui se trouvait dans cette région a été enfoui et très probablement vaporisé pendant l’éruption. Les particules de cendre ont probablement saturé la stratosphère, avec des retombées d’abord sur l’ensemble des Etats-Unis, puis l’ensemble de la planète.
Les deux super éruptions qui viennent d’être découvertes se sont produites pendant le Miocène, il y a 23-5,3 millions d’années. Elles portent à six le nombre de super éruptions enregistrées au Miocène dans la province volcanique de Yellowstone-Snake River. Cela signifie que la fréquence des super éruptions au niveau du point chaud de Yellowstone au cours du Miocène était, en moyenne, une fois tous les 500 000 ans.
En comparaison, deux super éruptions ont eu lieu au cours des trois derniers millions d’années dans ce qui est maintenant le Parc National de Yellowstone. Il semble donc que le point chaud de Yellowstone connaisse un très net déclin de sa capacité à produire des super éruptions.
Les chercheurs font remarquer que leur étude n’a pas pour but d’évaluer le risque d’une nouvelle super éruption à Yellowstone. Leurs recherches démontrent que la fréquence des super éruptions à Yellowstone semble être d’une fois tous les 1,5 million d’années. Comme je l’ai écrit plus haut, la dernière super éruption a eu lieu il y a 630 000 ans, ce qui laisse supposer qu’il faudra attendre jusqu’à 900 000 ans avant que se produise une autre éruption de cette ampleur. Cependant, cette estimation est loin d’être exacte et il faut continuer à surveiller l’activité volcanique dans la région.
Source: Geological Society of America.

La prévision éruptive à court terme pose toujours de gros problèmes. Inutile de dire que nous sommes bien incapables de prévoir ce qui se produira à Yellowstone dans les prochaines décennies ou les prochains siècles !

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 A major tourist attraction in the United States, Yellowstone volcano lists among the few volcanoes of the world that went through super eruptions. Super eruptions are some of the most extreme events on Earth. They eject enormous volumes of material – at least 1,000 times more than the 1980 eruption of Mount St. Helens – and have the potential to alter the planet’s climate.

The latest super eruption at Yellowstone is said to have occurred about 630,000 years ago and some scientists affirm that the volcano is late in its eruptive cycle, which means an eruption would happen in the short term. Fortunately, eruptive cycles have never clearly been proved in volcanology and there are currently no signs of an impending eruption.

A new study published in Geology announces the discovery of two newly identified super-eruptions associated with the Yellowstone hotspot track, including what researchers believe was the volcanic province’s largest and most cataclysmic event. The results indicate the hotspot, which today fuels hydrothermal activity in Yellowstone National Park, may be waning in intensity.

The scientists used a combination of techniques to correlate volcanic deposits scattered across tens of thousands of square kilometres. They discovered that deposits previously believed to belong to multiple, smaller eruptions were in fact colossal sheets of volcanic material from two previously unknown super-eruptions at about 9.0 and 8.7 million years ago. The younger of the two, the Grey’s Landing super-eruption, is now the largest recorded event of the entire Snake-River-Yellowstone volcanic province.

The team, which   includes researchers from the University of Leicester, the British Geological Survey and the University of California, Santa Cruz, estimates the Grey’s Landing super-eruption was 30% larger than the previous record-holder (the well-known Huckleberry Ridge Tuff) and had devastating local and global effects. The Grey’s Landing eruption enamelled an area the size of New Jersey in searing-hot volcanic glass that instantly sterilized the land surface. Anything located within this region was probably buried and most likely vaporized during the eruption. Particulates probably choked the stratosphere, raining fine ash over the entire United States and gradually encompassing the globe.

Both of the newly discovered super-eruptions occurred during the Miocene, namely 23-5.3 million years ago. These two new eruptions bring the total number of recorded Miocene super-eruptions at the Yellowstone-Snake River volcanic province to six. This means that the recurrence rate of Yellowstone hotspot super-eruptions during the Miocene was, on average, once every 500,000 years.

By comparison, two super-eruptions have, so far, taken place in what is now Yellowstone National Park during the past three million years. It therefore seems that the Yellowstone hotspot has experienced a three-fold decrease in its capacity to produce super-eruption events, which is a very significant decline.

The reserachers indicate that the findings of their study have little bearing on assessing the risk of another super-eruption occurring today in Yellowstone. They have demonstrated that the recurrence rate of Yellowstone super-eruptions appears to be once every 1.5 million years. As I put it above, the last super-eruption there was 630,000 years ago, suggesting we may have up to 900,000 years before another eruption of this scale occurs. However, this estimate is far from exact and monitoring of volcanic activity in the region should continue.

Source :  Geological Society of America.

Short-term eruptive prediction is still a problem. Needless to say that we are fully unable to predict what will happen at Yellowstone in the next decades or centuries.

Déplacement du point chaud de Yellowstone en millions d’années (Source : Wikiwand)

Coupe sud-ouest / nord-est sous Yellowstone obtenue grâce à l’imagerie sismique (Source: University of Utah)

Photos : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Un séisme a secoué le Kawah Ijen (Indonésie) le 29 mai 2020, ce qui a provoqué une libération de gaz toxiques ainsi qu’un tsunami de 3 mètres de haut à la surface du lac d’acide. L’un des mineurs de soufre a été tué. Le nom de seiche a été donné par les volcanologues à ce type de vague. Elle est observée généralement lorsque des activités au fond d’un océan ou d’un lac perturbent la colonne d’eau à la surface. Un tel tsunami peut être déclenché par un séisme, un glissement de terrain ou une activité volcanique.
Au moment de l’événement, la victime travaillait au fond du cratère avec un autre mineur. Ce dernier a réussi à s’enfuir, tandis que son collègue disparaissait. Son corps a été retrouvé le 30 mai.
L’agence de gestion des catastrophes (BPBD) a demandé que soit conduite une investigation sur l’activité volcanique dans la région, ainsi que la mise en place de mesures de prévention, telle que l’installation de systèmes d’alerte précoce, afin d’éviter de nouvelles victimes dans te relles circonstances. En temps normal, le Kawah Ijen est fréquenté par de nombreux touristes.
Ce n’est pas la première fois que des mineurs sont tués sur le Kawah Ijen. En 1976, une cinquantaine de personnes se sont faites surprendre par une énorme bulle de gaz qui est apparue sans prévenir la surface du lac. 11 mineurs ont été asphyxiés.
Source: The Jakarta Post, mon livre Killer Volcanoes.

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Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements a été enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai 2020. La secousse la plus forte avait une magnitude de M 3,1. Les autres se situaient entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On avait déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril.
Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région. Yellowstone est l’un des endroits les plus actifs sur le plan sismique aux États-Unis, avec environ 700 à 3 000 événements enregistrés chaque année.
Les séismes ont tendance à se produire sous formes d’essaims incluant un petit nombre d’événements (« clusters* » en anglais) . Le plus important s’est produit en 1985 lorsque plus de 3 000 secousses ont été enregistrées en trois mois dans la partie nord-ouest du parc.
Source: YVO.

*Le mot «cluster» est devenu très populaire en France ces dernières semaines car il a été utilisé pour désigner de petits groupes de personnes contaminées par covid-19. En français, la meilleure traduction dans ces circonstances est «foyer épidémique». Alors, pourquoi devrions-nous recourir au mot anglais?

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Le Stromboli (Sicile) traverse en ce moment une période calme. Les instruments de surveillance révèlent une activité strombolienne peu intense accompagnée de dégazage. On observe en moyenne 2 événements explosifs par heure, avec une intensité faible à moyenne. Le 23 mai, l’activité a toutefois été un peu plus soutenue avec une dizaine d’explosions strombolienne chaque heure. Cette activité se situe essentiellement dans les zones cratèriques Nord et Centre-Sud.
La sismicité ne montre pas de variations significatives. Il en va de même des données de déformation du volcan. Les émissions de SO2 restent à un niveau moyen.
Source : INGV.

Suite à cette baisse d’activité du volcan, le niveau d’alerte a été abaissé de l’Orange au Jaune. C’est une très bonne nouvelle pour le tourisme sur l’île car les excursions vont pouvoir reprendre, au moins jusqu’à à 400 mètres de hauteur.

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Une activité strombolienne est toujours observée dans la Voragine, le cratère central de l’Etna (Sicile), accompagnée d’émissions sporadiques de cendre. Le Nouveau Cratère SE émet parfois des panaches de cendre tandis que le Cratère NE fait entendre des grondements. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’a été enregistrée.

Source : INGV.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange sur le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch, ainsi que sur l’Ebeko dans les Iles Kouriles. Elle est Jaune sur le Bezymianny.

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La situation est restée remarquablement calme en mai sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). L’OVPF indique que « la réalimentation en magma et la pressurisation du réservoir magmatique superficiel qui avaient repris suite à la fin de l’éruption du 2-6 avril a cessé fin avril. Parallèlement la sismicité est restée faible en mai, avec moins d’un séisme par jour enregistré sous les cratères sommitaux.»

Comme je l’ai indiqué précédemment, la très épaisse couche de lapilli déposée autour du cratère nouvellement baptisé Piton Voulvoul ainsi que l’abondance de cheveux de Pélé sur toute la zone sommitale semblent montrer qu’il y a eu une purge du réservoir magmatique superficiel. Il faudra probablement pas mal de temps pour que la réalimentation ait lieu et on peut raisonnablement penser qu’il n’y aura pas d’éruption dans ce secteur du volcan dans les prochaines semaines. L’OVPF indique que « depuis 2016, les réalimentations du réservoir magmatique superficiel se font par impulsions. De telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises entre 2016 et 2019, sur des périodes allant de 15 à 80 jours environ.»

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Une explosion mineure a été détectée par le réseau de surveillance du Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) dans la matinée du 1er juin 2020. Aucune autre activité significative n’a été enregistrée. Un petit panache de cendre a été observé à 6600 mètres d’altitude, en train de se diriger vers le sud. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

Source : AVO.

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En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un très bon documentaire proposé par la chaîne ARTE sur le Merapi (Indonésie). Intitulé dans sa version française « Vigilance volcanique au cœur de Java », il nous fait explorer le volcan aux côtés d’une équipe du GFZ, Centre de recherches en géosciences de Postdam. Le film de 54 mn offre des vues très intéressantes de la balafre qui entame le sommet du Merapi et du dôme de lave qui s’y développe. En dépit des progrès réalisés, on se rend compte qu’il reste un long chemin à parcourir pour percer les secrets du processus éruptif. L’application du principe de précaution reste donc la meilleure solution pour épargner des vies humaines en cas d’éruption.

https://www.arte.tv/fr/videos/053957-000-A/vigilance-volcanique-au-coeur-de-java/

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Here is some news of volcanic activity around the world.

An earthquake shook Mount Ijen (Indonesia) on May 29th 2020 and triggered the release of poisonous gas and a 3-metre high tsunami in the acid lake which killed one of the sulphur miners. Such a wave is known as a seiche among experts. It typically occurs when activities at the bottom of an ocean, gulf or lake disturb the column of water on the surface. A tsunami may be triggered by an earthquake, landslide or volcanic activity.

The victim was said to be working with another miner when the incident occurred. The latter managed to run and survive, while the former disappeared and was eventually found dead on May 30th.

The Disaster Mitigation Agency (BPBD) has been urged to conduct an investigation into volcanic activities in the region and develop mitigation plans, such as setting up early warning systems, to avoid further losses and damage in the event of a seiche. In normal time, Kawah Ijen is visited by many tourists.

This is not the first time miners have been killed on Kawah Ijen volcano. In 1976, about 50 persons were caught by surprise by a huge bubble of gas that broke the surface of the lake. In all, 11 miners were asphyxiated.

Source: The Jakarta Post, my book Killer Volcanoes.

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This is nothing to worry about. A swarm including nearly a dozen earthquakes was recorded in the West Yellowstone area, close to Yellowstone National Park on May 29th, 2020. The strongest event had a magnitude of M 3.1. The other quakes ranged between M 1.6 and M 3.1 and were about 5 km deep. The area had been hit by an additional 34 quakes in the past month.

A swarm of earthquakes is not unusual for the area. Yellowstone is one of the most seismically active places in the US, experiencing around 700 to 3,000 earthquakes every year.

The earthquakes tend to occur in clusters*. The largest occurred in 1985 when more than 3,000 earthquakes were recorded in three months on the northwest side of the park.

Source : YVO.

* The word « cluster » has become very popular in France in recent weeks as it has been used to refer to small groups of persons contaminated by covid-19. In French, the best translation in these circumstances is “foyer épidémique”. So, why should we resort to the English word?

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 Stromboli (Sicily) is currently going through a calm period. The monitoring instruments reveal minor strombolian activity accompanied by degassing. On average 2 explosive events re recorded per hour, with low to medium intensity. On May 23rd, however, activity was a little more sustained with a dozen Strombolian explosions each hour. This activity is mainly located in the North and Center-South crater areas.
Seismicity does not show significant variations. Neither do the deformation data. SO2 emissions remain at a medium level.
Source: INGV.

Following this decrease in volcano activity, the alert level has been lowered from Orange to Yellow. This is very good news for tourism on the island because the excursions will be allowed to resume, at least up to 400 metres above sea level.

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Strombolian activity is still observed in Voragine, the central crater of Mt Etna (Sicily), accompanied by sporadic ash emissions. The New SE Crater sometimes emits ash plumes while rumblings can be heard in the NE Crater. No significant deformation of the volcanic edifice has been recorded.
Source: INGV.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch, as well as on Ebeko in the Northern Kuriles. It is Yellow on Bezymianny.

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The situation has remained remarkably calm in May on Piton de la Fournaise (Reunion Island). OVPF indicates that « the magma recharge and the pressurization of the shallow magma reservoir which had resumed following the end of the eruption of 2-6 April ceased at the end of April. At the same time, seismicity remained low in May, with less than one earthquake per day recorded under the summit craters. »
As I put it previously, the very thick layer of lapilli around the newly baptized Piton Voulvoul as well as the abundance of Pele’s hair all over the summit area seem to show that there was a drainage of the shallow magma reservoir . It will likely take a long time for the recharge to take place and it is reasonable to assume that there will be no eruption in this area of ​​the volcano in the coming weeks. OVPF indicates that « since 2016, the recharge of the shallow magma reservoir occurred in pulses. Such phases of lull in deformation and seismicity were already observed several times between 2016 and 2019, over periods ranging from around 15 to 80 days. »

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A small explosion was recorded by the monitoring instruments of Cleveland Volcano (Aleutians / Alaska) in the morning of June 1st, 2020. No other significant activity was detected. A small ash plume was observed at 6,600m. drifting to the south. The aviation colour code has been raised to Orange.
Source : AVO.

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By clicking on the link below, you will see a very good documentary released by the ARTE TV channel on Mount Merapi (Indonesia). Entitled in its French version « Vigilance volcanique au cœur de Java », it makes us explore the volcano alongside a team from GFZ, Postdam Geoscience Research Center. The 54-minute film offers very interesting views of the gash that slashes the summit of Mt Merapi and the lava dome that develops inside. In spite of the progress made, we realize that there is still a long way to go to unlock the secrets of the eruptive process. The application of the precautionary principle therefore remains the best solution to spare human lives in the event of an eruption.

https://www.arte.tv/fr/videos/053957-000-A/vigilance-volcanique-au-coeur-de-java/

Kawah Ijen (Photos : C. Grandpey)