La glace du Kilimandjaro : une espèce menacée, en voie de disparition // The ice of Kilimanjaro : an endangered species, about to disappear

drapeau francaisJ’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises sur ce blog, de m’attarder sur la disparition en cours des neiges du Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique, qui domine la Tanzanie de ses 5891 mètres. .

Dans une note publiée le 14 juin 2007, j’indiquais que des chercheurs attribuaient le rétrécissement de la surface glaciaire à « l’effet du rayonnement solaire, dans la mesure où la température de l’air ambiant est rarement au-dessus de zéro ». A l’époque, les chercheurs attribuaient la disparition de la glace à « l’interaction complexe de plusieurs facteurs parmi lesquels la structure verticale de la glace qui lui permet de se rétrécir et non de s’élargir. De plus, les chutes de neige étant moins nombreuses, cela réduirait l’accumulation de la neige et sa capacité à absorber l’énergie. La majeure partie de la glace du Kilimandjaro disparaîtrait donc par sublimation ».

Dans ma note du 20 novembre 2009, je citais une étude conduite par des chercheurs américains. Selon eux, la glace qui recouvre le sommet du Kili pourrait avoir disparu d’ici 13 à 24 ans (soit entre 2022 et 2033). Les scientifiques accusaient alors la hausse de la température, résultat du changement climatique, ainsi que des conditions météo plus sèches et moins nuageuses que dans le passé. Ils avaient constaté que la montagne avait perdu 26 pour cent de sa couverture glaciaire entre 2000 et 2007.

Trois années plus tard, en 2012, un article indiquait (note du 12 février) que la déforestation n’était pas responsable de la fonte des neiges du Kilimandjaro. Des scientifiques autrichiens venaient de démontrer que les changements dans la superficie occupée par les arbres n’avaient que très peu de répercussions sur la couverture glaciaire au sommet du volcan. Selon eux, c’était bien le réchauffement climatique qui était le principal responsable de la fonte rapide de la neige et de la glace.

Cette année, au cours de la réunion automnale de l’American Geophysical Union, des chercheurs néo-zélandais ont indiqué que les glaciers qui occupent le versant nord du Kilimandjaro pourraient bien avoir totalement disparu en 2030. Ces glaciers ont perdu plus de 4 millions de mètres cubes au cours des 13 dernières années. Ils ont ajouté que la perte de volume était d’environ 29 pour cent depuis l’an 2000. L’an dernier, le glacier s’est fendu en deux, laissant apparaître une lave qui n’avait probablement jamais vu la lumière du jour depuis des millénaires.

Une modélisation informatique a été propose par les chercheurs néo-zélandais:

http://www.livescience.com/41918-kilimanjaro-s-shrinking-glaciers-video.html

S’agissant, d’une manière plus générale, du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, on pourra lire cet article récemment paru dans le quotidien alaskien Anchorage Daily News où la très sérieuse National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) reconnaît que la fonte de la banquise arctique est liée aux « épisodes météorologiques extrêmes » et en particulier aux étés de plus en plus chauds en Amérique du Nord et en Europe.

http://www.adn.com/2013/12/12/3227282/noaa-arctic-sea-ice-melt-linked.html

drapeau anglaisI had the opportunity on several occasions on this blog, to dwell on the current loss of snow and ice on Kilimanjaro, the highest summit of Africa, which yowers over Tanzania with 5891 meters. .
In a note published on June 14th, 2007 , I indicated that researchers attributed the shrinking of the ice surface to the « effect of solar radiation, insofar as the ambient air temperature is rarely above zero ». At the time, the researchers attributed the disappearance of the ice to  » the complex interaction of several factors, including the vertical structure of ice that allows it to shrink and not grow. In addition, snowfall is less frequent, which would reduce the accumulation of snow and its ability to absorb energy. Much of the Kilimanjaro ice would then disappear by sublimation. »
In my note of November 20th 2009, I quoted a study by U.S. researchers. According to them, the ice covering the summit of Kilimanjaro could be gone by 13 to 24 years, that is between 2022 and 2033. The scientists then accused the temperature increase, the result of climate change, as well as weather conditions that were drier and less cloudy than in the past. They found that the mountain had lost 26 percent of its ice cover between 2000 and 2007.
Three years later, in 2012, an article stated (note of February 12th ) that deforestation was not responsible for the melting of the snow of Kilimanjaro. Austrian scientists demonstrated that changes in the area occupied by trees had very little impact on the ice cover at the top of the volcano. According to them, it was global warming that was primarily responsible for the rapid melting of snow and ice.
This year, during the fall meeting of the American Geophysical Union, New Zealand researchers reported that glaciers occupying the northern slopes of Kilimanjaro could well have disappeared by 2030. These glaciers lost more than 4 million cubic metres over the past 13 years. They added that the loss of volume had been about 29 percent since 2000. Last year, the glacier split in two, revealing lava that had probably never seen the light of day for millennia.
Computer modeling has been proposed by researchers from New Zealand :
http://www.livescience.com/41918-kilimanjaro-s-shrinking-glaciers-video.html

As far as global warming and ice melting are concerned, one can read this article from the Anchorage Daily News in which NOAA admits that the melting of the Arctic icefield is linked to extreme weather patterns, especially hotter and hotter summers in North America and Europe.

http://www.adn.com/2013/12/12/3227282/noaa-arctic-sea-ice-melt-linked.html

Voici une photo du Kilimandjaro vu depuis l’espace le 26 octobre 2012. Il suffit de comparer cette image avec d’autres prises depuis les années 1990 pour se rendre compte de la rapidité avec laquelle la glace disparaît.

Kili-26-oct-2012

(Crédit photo:  NASA)

De gigantesques geysers à la surface d’Europe (Jupiter) // Gigantic vapour jets at the surface of Europa (Jupiter)

drapeau francaisLes réunions de l’American Geophysical Union sont toujours l’occasion d’entendre parler de découvertes surprenantes et intéressantes. Au cours de la dernière d’entre elles à San Francisco cet automne, des scientifiques du Southwest Research Institute de San Antonio ont révélé que des panaches de vapeur d’eau de 150 kilomètres de hauteur avaient probablement été détectés en train de percer la surface glacée d’Europe, l’une des lunes de Jupiter, dont la température varie entre -160 et -220 ° C. Ils pensent avoir observé deux geysers pendant sept heures d’affilée.
Si elles sont confirmées, ces observations prouveraient que l’eau qui se cache sous la glace de d’Europe peut facilement atteindre la surface, ce qui aurait des implications importantes pour les futures missions spatiales. De nombreux experts estiment que l’océan qui se cache autour d’Europe, réchauffé par les forces de marée puissantes provoquées par la gravité de Jupiter, pourrait présenter des conditions favorables à la vie.
Les scientifiques ont utilisé des images du télescope spatial Hubble pour identifier les «jets» d’hydrogène et d’oxygène dans deux régions distinctes de l’hémisphère sud de la lune. Ils les ont observés pendant sept heures chaque fois, à un moment où Europe était sur le point le plus éloigné de son orbite par rapport à Jupiter qui disparaissait tandis que la lune se rapprochait.
Des panaches semblables ont déjà été aperçus sur Encélade, l’une des lunes de Saturne.
Source : Presse scientifique.

drapeau anglaisThe meetings of the American Geophysical Union are always the occasion to hear surprising and interesting discoveries. During the autumn meeting in San Francisco, scientists from the Southwest Research Institute of San Antonio revealed that plumes of water vapour 150 kilometres high may have been spotted bursting out of the icy surface of Jupiter’s moon Europa whose temperatures range from -160 to -220°C. They believe they detected two geysers shooting into space for seven hours at a time.

If confirmed, the observations prove that water from the moon’s ice-covered ocean can easily reach the surface, which has important implications for future space missions. Many experts believe the hidden ocean surrounding Europa, warmed by powerful tidal forces caused by Jupiter’s gravity, may have conditions favourable to life.

Scientists used images from the Hubble Space Telescope to identify “spikes” of hydrogen and oxygen in two distinct regions of the moon’s southern hemisphere. They were observed for just seven hours at a time when Europa was at the furthest point of its orbit away from Jupiter, vanishing as the moon got closer.

Similar plumes have previously been seen on one of Saturn’s moons, Enceladus.

Source: Scientific press.

Mont Gambier (Australie)

drapeau francaisL’Australie est plus connue pour ses kangourous que pour ses volcans. Pourtant, ces derniers sont bien présents dans la grande Newer Volcanics Province qui couvre 15 000 kilomètres carrés dans le SE du pays, avec près de 400 petits volcans boucliers et des bouches explosives actives entre l’ère tertiaire et l’Holocène. Les dernières éruptions datées ont eu lieu au Mont Schank et au Mont Gambier il y a environ 5000 ans, époque pendant laquelle l’activité explosive a donné naissance à plusieurs maars et à des coulées de lave.
Il y a quelques semaines, des chercheurs de l’Université Monash ont évalué l’ampleur d’une éruption volcanique au Mont Gambier. Ils ont utilisé pour cela la modélisation informatique géométrique 3D et la thermodynamique.
Leur conclusion est que l’éruption a été semblable à celle de l’Eyjafjöll en Islande en 2010, avec un panache de cendres montant jusqu’à 10 kilomètres de hauteur qui provoquerait aujourd’hui la même pagaille qu’en Europe dans le trafic aérien. Poussée par les vents d’ouest, la cendre retomberait un peu partout dans l’est de l’Australie, ce qui veut dire que Melbourne, Canberra et Sydney seraient probablement affectées, et peut-être aussi la Nouvelle-Zélande .
La Newer Volcanics Province, qui s’étend entre le Mont Gambier et Melbourne, ne doit pas être négligée car elle est potentiellement active. Les chercheurs insistent sur le fait qu’une autre éruption pourrait conduire à des dommages significatifs, avec des cultures et du bétail touchés jusqu’à 100 kilomètres de distance.

Source : ABC News + Global Volcanism Network.

drapeau anglaisAustralia is little known as a volcanic country. However, volcanoes are present in the large Newer Volcanics Province which covers 15,000 square kilometres in the SE of the country with nearly 400 small shield volcanoes and explosive vents of Tertiary-to-Holocene age. The youngest dated eruptions took place at Mount Schank and Mount Gambier about 5,000 years ago, when explosive activity formed several maars and associated lava flows.

A few weeks ago, Monash University researchers determined the magnitude of a volcanic eruption at Mount Gambier. They used 3D geometrical computer modelling and thermodynamics.

Their conclusion was that the eruption would have been similar to that of Eyjafjöll in Iceland in 2010, with an ash plume up to 10 kilometres high which would cause the same air traffic chaos seen in Europe. Pushed by the westerly winds, the ash could be dispersed all over eastern Australia, so definitely Melbourne, Canberra and Sydney would be affected, possibly also New Zealand.

The Newer Volcanics province, which lies between Mount Gambier and Melbourne should not be neglected as it is potentially active. The researchers insist that another eruption could lead to widespread damage, with crops and livestock affected up to a100 kilometres away.

Source : ABC News + Global Volcanism Network.

Mont-Gambier

Vue du Blue Lake, l’un des maars du Mont Gambier  (Crédit photo:  Wikipedia)

Orages volcaniques et éclairs verts // Volcanic storms and green lightning

drapeau francaisLes orages volcaniques sont relativement fréquents pendant les éruptions lorsque l’électricité statique se décharge en produisant des éclairs.

Un phénomène très inhabituel a toutefois été observé au Chili en 2008 pendant l’éruption du volcan Chaiten : des éclairs de couleur verte sont apparus dans le panache éruptif !

Un chercheur américain de la Rice University de Houston, spécialiste des phénomènes atmosphériques, s’est penché sur la question et vient de présenter les résultats de son travail lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union.

Selon lui, de tels éclairs verts apparaissent probablement pendant tous les orages mais ils restent invisibles car ils se produisent à l’intérieur des nuages. S’agissant des nuages de cendre, la répartition des charges est différente et l’éclair vert peut apparaître sur la partie externe du nuage.

Ces éclairs verts correspondent à ce que les scientifiques appellent des filaments d’ionisation (streamers en anglais), des faisceaux de charge positive qui partent du sol et se dirigent vers l’atmosphère. Pendant les orages classiques, ces zones de charges positives restent invisibles à l’intérieur des nuages et sont transportées par des cristaux de glace. C’est le contact entre les faisceaux d’ionisation et les particules chargées négativement qui provoque le déclenchement de l’éclair.

La cendre volcanique fait apparaître les faisceaux d’ionisation (positifs) parce que les particules de cendre tourbillonnent à la surface du nuage. Leur couleur verte est due à la présence d’atomes d’oxygène excités électriquement, comme cela se produit lors des aurores boréales.

Source (en anglais) : Live Science.

Toujours à propos des éclairs volcaniques, un article du National Geographic nous apprend que «des scientifiques de l’Université LMU de Munich (Allemagne) ont créé le premier volcan artificiel capable de simuler les éclairs observés pendant les éruptions ».
Pour simuler le panache de cendre, les chercheurs ont introduit de la cendre volcanique dans un autoclave cylindrique en acier et fermé à son sommet par une plaque de cuivre. Ils ont ensuite injecté du gaz dans ce système jusqu’à ce qu’il atteigne la pression requise, celle qui briserait la plaque de cuivre. Lorsque cette dernière est brisée, l’échantillon subit une décompression instantanée dont la valeur correspond à celle subie par des particules volcaniques lors d’une éruption explosive. Tout d’abord, la décompression soudaine provoque la libération et la condensation du gaz. Peu de temps après, les petites particules apparaissent  et les premières décharges électriques se produisent. Cela correspond à la dynamique des explosions sur des volcans comme le Sakurajima au Japon.
En utilisant leur volcan de laboratoire, les chercheurs pensent maintenant être en mesure de déchiffrer les propriétés critiques des panaches de cendre volcanique. Cela permettrait une meilleure compréhension des éruptions.
Vous pourrez lire l’article (en anglais) dans son intégralité et voir une vidéo de l’expérience à cette adresse:

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal

drapeau anglaisVolcanic storms are relatively common during eruptions when static electricity discharges producing lightning.
However, a highly unusual phenomenon was observed in Chile in 2008 during the eruption of Chaiten volcano : flashes of green lightning appeared in the eruptive plume !
An American atmospheric scientist at Rice University in Houston looked into the matter and has presented the results of his work at the annual meeting of the American Geophysical Union.
In his opinion, these green flashes probably appear during all thunderstorms but they remain invisible because they occur within the clouds. Regarding ash clouds, the structure of charges is different and the green flash may appear on the outside of the cloud.
These green flashes are what scientists call “streamers”, channels of positive charges that surge from the ground to the atmosphere. During conventional thunderstorms , these zones of positive charges remain invisible inside the clouds where they are carried by ice crystals. It is the contact between the streamers and the negatively charged particles that triggers the flash of lightning.
Volcanic ash revels the ( positive ) streamers because the ash particles swirl on the surface of the cloud . Their green colour is due to the presence of electrically excited oxygen atoms, as happens in the green aurora borealis.

Source: Live Science

Eclairs-Chaiten

L’éclair vert est patfaitement visible dans la partie droite de la photo. 

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(Credit photo: UPI Photo/Landov)

Still about volcanic lightning, an article of the National Geographic informs us that “scientists from LMU University in Munich, Germany, have created the first artificial volcano capable of simulating the lightning flashes seen in real-life eruptions”.

To simulate the ash plume, the researchers charged volcanic ash into a cylindrical autoclave made of steel and sealed at the top with a copper plate. They then injected gas into this system until it reached the target pressure that would break the copper plate. When the top plate is broken, the sample undergoes an instantaneous decompression that matches in value that experienced by volcanic particles during an explosive eruption. First, the sudden decompression causes the gas to escape and condense. Shortly after, small particles appear, and the first electrical discharges occur. This corresponds to the dynamics of explosions at volcanoes like Sakurajima (Japan).

Using the lab volcano, researchers may now be able to decipher critical properties of volcanic ash plumes. That may lead to a better understanding of eruptions.

You can read the whole article and see a video of the experiment at this address :

http://news.nationalgeographic.com/news/2013/12/131213-volcano-lightning-lab-first-video/#close-modal