Des supervolcans sur la planète Mars

drapeau francaisPlusieurs dépêches de presse indiquent que des scientifiques ont découvert d’anciens supervolcans à la surface de Mars.
Des volcans avaient déjà été repérés sur la planète rouge qui est connue pour avoir été active d’un point de vue volcanique il y a des milliards d’années.
Ce qui est différent avec cet ensemble de supervolcans, c’est qu’il a été découvert dans les montagnes martiennes du nord, région qui n’était pas connue pour son activité volcanique dans le passé. A partir des images envoyées par plusieurs engins spatiaux en orbite autour de Mars, les chercheurs du Muséum d’Histoire Naturelle de Londres et de la NASA ont détecté au moins un supervolcan et des indices concernant plusieurs autres.
Cette découverte suggère qu’à ses origines Mars était plus active qu’on le pensait jusqu’à présent et que ces éruptions ont pu affecter le climat et l’atmosphère de la planète rouge.

 

drapeau anglaisSeveral press reports indicate that scientists have discovered ancient supervolcanoes on Mars.

Volcanoes had previously been spotted on the red planet which is known to have been volcanically active billions of years ago.

What’s different about this supervolcano network is that it was found in the Martian northern highlands, a place not known to be active in the past. Studying images from several spacecraft orbiting Mars, researchers at London’s Natural History Museum and NASA found at least one massive volcano and evidence for several others.

The finding suggests that early Mars was more active than previously thought, and that such eruptions could have affected the red planet’s climate and atmosphere.

Un mystère volcanique en passe d’être résolu? // A volcanic mystery about to be solved?

drapeau francaisLe mystère de la plus grande éruption volcanique des 3700 dernières années est peut-être sur le point d’être résolu.

La source de cette éruption qui a répandu de la cendre tout autour du globe est de toute évidence le volcan Samalas sur l’île de Lombok en Indonésie.  Une équipe de recherche dirigée par Franck Lavigne (Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne) a daté l’événement entre Mai et Octobre 1257. Les résultats ont été publiés dans The Proceedings of the National Academy of Sciences.

Des glaciologues ont fourni des preuves de l’éruption il y a une trentaine d’années. L’empreinte géochimique de l’événement a été découverte dans des échantillons de carottes de glace prélevées à la fois au Groenland et dans l’Antarctique. Les volcanologues ont alors cherché l’origine de l’éruption partout dans le monde, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu’au Mexique.
L’éruption a été estimée huit fois plus puissante que celle du Krakatau en 1883 et de deux fois plus forte que celle du Tambora en 1815. Jusqu’à présent, on pensait que le Tambora avait été la plus grande éruption des 3700 dernières années, mais l’étude révèle que l’événement de 1257 a été encore plus important.
Pour résoudre le mystère, une équipe multidisciplinaire a comparé des données connues avec les nouveaux résultats fournis par la datation au Carbone 14, l’analyse chimique des éjecta, les données stratigraphiques et les écrits historiques. Le succès de la recherche est dû au fait que, contrairement aux années précédentes, les chercheurs ont travaillé en équipe et non individuellement.
Près du volcan proprement dit, l’éruption a accumulé des matériaux et formé d’épais dépôts que l’équipe a échantillonné sur plus de 130 sites afin de produire une image stratigraphique et sédimentologique montrant le déroulement de l’éruption. Par ailleurs, les données fournies par le radiocarbone sont compatibles avec la date de l’éruption et ne révèlent aucun échantillon plus récent que 1257. Cela exclut donc les autres candidats potentiels comme El Chichon au Mexique.
Bien que l’éruption fût proche de l’équateur, son impact a été ressenti à travers le monde. Le climat a été perturbé pendant au moins deux ans après l’explosion. Les chroniques médiévales décrivent l’été 1258 comme anormalement froid, avec de mauvaises récoltes ; ce fut une «année sans été ».

Les écrits indonésiens font état d’une catastrophe beaucoup plus destructrice. D’anciens textes javanais rédigés sur des feuilles de palmiers décrivent la mort de milliers de personnes en raison des retombées de cendre et des coulées pyroclastiques qui ont détruit Pamatan , la capitale du royaume de Lombok. La ville a été peut-être ensevelie sous la cendre et pourrait devenir une « Pompéi de l’Extrême-Orient ».

 

drapeau anglaisThe mystery of the largest volcanic eruption in the last 3,700 years may be about to be solved.

The source of this eruption that scattered ash all around the globe has been pinpointed as Samalas volcano on Indonesia’s Lombok Island. A research team, led by French researcher Franck Lavigne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) has dated the event to between May and October 1257. The findings were published the Proceedings of the NationalAcademy of Sciences.

Glaciologists turned up evidence for the blast three decades ago. The geochemical fingerprint of the massive eruption was discovered in ice core samples taken both from Greenland and Antarctica. Volcano experts then looked for the origin of the eruption everywhere from New Zealand to Mexico.

The eruption was estimated eight times as large as Krakatau’s in 1883 and twice as large as Tambora in 1815. Until now, it was thought that Tambora was the largest eruption for 3,700 years, but the study reveals that the 1257 event was even larger.

To solve the mystery, the multidisciplinary team compared known data with new radiocarbon-dating results, volcanic ejecta chemistry, stratigraphic data, and historical writings. The success of the research was due to the fact that, unlike previously, scientists worked as a team and not individually.

Near the volcano itself, the eruption accumulated materials into thick deposits that the team sampled in over 130 places to produce a stratigraphic and sedimentologic picture of the way the eruption developed. Besides, the radiocarbon data was consistent with the mid-century eruption date and showed no samples younger than 1257, which ruled out other possible candidates like El Chichon in Mexico.

Though the eruption was close to the Equator, its impact was felt around the world. The climate was disturbed for at least two years after the blast. Medieval chronicles describe the summer of 1258 as unseasonably cold, with poor harvests; it was a « year without a summer. »

Indonesia records describe a catastrophe of a far more destructive. Old Javanese texts written on palm leaves describe the deaths of thousands of people due to ashfall and pyroclastic flows that destroyed Pamatan, capital of Lombok kingdom. The city was perhaps buried under the ash and might represent a ‘Pompeii of the Far East’.

Kilauea, alizés et pollution… // Kilauea volcano, trade winds and pollution…

drapeau francaisOn peut lire sur le site West Hawaii Today un article très intéressant sur les effets que peut avoir sur le climat l’éruption actuelle du Kilauea
L’ouverture du pit crater de l’Halema’uma’u en 2008 a entraîné une augmentation de la pollution volcanique du Kilauea. L’émission accrue de gaz et de particules volcaniques a affecté l’agriculture ainsi que les milieux naturels et humains. Les pannes fréquentes d’alizés entre mars et mai 2013 ont causé des problèmes environnementaux aux habitants de l’est d’Hawaï mais aussi aux producteurs agricoles dont les cultures et le bétail ont subi les effets des panaches volcaniques.
Il est évident que le régime des alizés a changé au cours des 30 dernières années. Des chercheurs de l’Université de Hawaii ont récemment montré une diminution de fréquence des vents du nord-est qui ont pris une orientation plus à l’est. Même si les habitants d’Hawaï sont habitués à l’absence d’alizés, le véritable impact de ce subtil changement apparaîtra avec le temps. En plus des effets du climat et de la météo sur la répartition des émissions du Kilauea, il faut également tenir compte de leur impact potentiel sur les conditions météorologiques et le climat local et régional, ainsi que sur l’équilibre énergétique de la Terre.
Les aérosols tels que ceux associés aux émissions du Kilauea peuvent modifier directement la capacité de la Terre à réfléchir le rayonnement par absorption et diffusion du rayonnement solaire. Ils peuvent aussi affecter indirectement la quantité de rayonnement réfléchi vers l’espace en augmentant la quantité de nuages et leur capacité à réfléchir le rayonnement. Ces processus indirects, qui ne sont pas encore bien quantifiés, ont un effet important sur l’équilibre énergétique de la Terre.
Les éruptions du Kilauea servent actuellement de terrain d’étude sur l’impact des aérosols sur le climat de la Terre. De récentes études effectuées depuis l’espace sur les effets atmosphériques du panache du Kilauea ont montré que la répartition des cumulus générés par les alizés est très sensible à la présence d’aérosols. Il semble donc que les éruptions permanentes, comme celle du Kilauea, peuvent avoir un effet plus important sur le climat qu’on ne le pensait précédemment.
Ces nouvelles études ont des implications potentiellement considérables: elles peuvent nous aider à comprendre comment des volcans qui, comme Kilauea, dégazent continuellement, contribuent à façonner le climat régional et mondial, ; elles  permettent aussi d’obtenir de meilleurs modèles climatiques.

 

drapeau anglaisOne can read on the West Hawaii Today website a very interesting article about the effects on the climate of Kilauea volcano’s current eruption

The opening of Halema’uma’u pit crater in 2008 led to a rise in the amount of volcanic pollution from Kilauea. The increased emission of volcanic gases and particles has affected agriculture, as well as the natural and human environments. The frequent absence of trade winds during March through May 2013 caused environmental problems to East Hawaii residents and agricultural producers whose crops and livestock were impacted by volcanic plumes.

There is evidence the trade wind regime has changed in the last 30 years. Researchers from the University of Hawaii have recently shown a decrease in the frequency of the northeasterly trades, with a shift to more easterly winds. While Hawaii residents are familiar with the effects of absent trade winds, the full impact of this more subtle change will be revealed with time. In addition to considering the effects of climate and weather on the distribution of Kilauea’s emissions, it is also important to consider their potential impact on local and regional weather and climate, as well as on the Earth’s energy balance.

Aerosols such as those associated with Kilauea’s emissions, can directly modify the Earth’s ability to reflect radiation by absorbing and scattering incoming solar radiation. They can also indirectly affect the amount of incoming radiation reflected back into space by increasing the amount of clouds and their ability to reflect radiation. These indirect processes, while not well quantified, have an important effect on Earth’s energy balance.

Kilauea’s eruptions are currently serving as a natural experiment for exploring the impact of aerosols on the Earth’s climate. Recent space-based studies examining the atmospheric effects of Kilauea’s plume have shown that trade wind cumulus cloud patterns are very sensitive to the presence of aerosols; thus, continuous eruptions, such as Kilauea’s, may have a greater effect on climate than previously thought.

These new findings have potentially far-reaching implications: they can help shape our understanding of how continuously degassing volcanoes, such as Kilauea, contribute to regional and global climate and lead to improved climate models.

Kilauea-panache

Le panache de l’Halema’uma’u empoisonne l’atmosphère hawaiienne  (Photo:  C. Grandpey)

L’éruption de Santorin (Grèce) a probablement eu lieu au début de l’été…

drapeau francaisCe n’est pas une information d’une importance primordiale, mais une nouvelle étude d’insectes nuisibles trouvés dans une jarre antique sur l’île grecque de Santorin laisse supposer que l’éruption volcanique majeure qui a détruit la civilisation minoenne environ 1600 ans avant notre ère s’est produite au début de l’été. L’étude a été publiée dans un numéro récent de la revue allemande Naturwissenschaften, puis relayée par le National Geographic.
Grâce à un nouveau procédé de datation au radiocarbone d’une protéine appelée chitine qui est un élément de base de la carapace des insectes, les chercheurs ont obtenu pour les fossiles une plage de dates (1744-1538 avant JC) qui correspond aux résultats d’autres études qui avaient conclu que l’éruption s’était produite entre 1627 et 1600 avant notre ère. Une question restait toutefois sans réponse : En quelle saison l’événement avait-il eu lieu?
Les auteurs de l’étude affirment que, sur la base de restes d’insectes trouvés dans une jarre contenant des graines de pois de senteur découverte sur le site d’Akrotiri, l’éruption s’est produite entre Juin et début Juillet. Selon les scientifiques, ce n’est qu’au cours de ces mois que l’insecte, une espèce de bruche du haricot, aurait eu l’occasion d’infester les cultures et donc de se retrouver dans la jarre.
Même si la jarre, son contenu de semences et les insectes qu’elle dissimulait ont été découverts il y a une cinquantaine d’années, ce n’est que récemment, grâce à de meilleures techniques de datation des insectes fossiles, que les scientifiques ont réalisé qu’elles pouvaient être utilisées pour dater avec encore plus de précision l’éruption qui a enseveli la ville.

 

drapeau anglaisIt is not of paramount importance, but a new study of insect pests found in an ancient storage jar on the Greek island of Santorini suggests the major volcanic eruption that destroyed the Minoan civilisation around 1600 B.C. happened in early summer. The study was published in a recent issue of the German journal Naturwissenschaften and then relayed by the National Geographic.

Using a new method to radiocarbon date a protein called chitin that makes up the insects’ shells, the researchers obtained a date range (1744 to 1538 B.C.) for the fossils that agreed with the findings from other studies which had concluded that the eruption happened sometime between 1627 to 1600 B.C. But there has been one important and unresolved question about the event: What season did it take place in?

The authors of the study say that based on insect remains found in a jar containing seeds of sweet peas discovered at the site of Akrotiri, they think the eruption occurred sometime between June to early July. It was only during these months, the scientists say, that the insect, a species of bean weevil, would have had an opportunity to infest the crops and end up in the storage area.

Even though the seed jar and its cache of insects was found about 50 years ago, it wasn’t until recently, following the development of better techniques to date fossil insect material, that scientists realized they could be used to help date even more accurately the eruption that buried the city.

Santorin-blog

L’île de Santorin vue depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)