Volcan sous-marin actif dans l’Alaska du Sud-Est // Active submarine volcano in South-East Alaska

drapeau-francaisDes scientifiques états-uniens et canadiens ont découvert un nouveau volcan sous-marin actif dans eaux de l’Alaska du Sud-Est.
Il y a deux ans, des géologues qui étudiaient un chenal océanique près de Ketchikan avaient déjà repéré un volcan immergé, à environ 45 mètres sous la surface. Il était en sommeil et les scientifiques ont alors estimé qu’il n’avait pas eu d’éruption depuis environ 10 000 ans.
Des scientifiques américains et canadiens ont découvert le nouveau volcan sous-marin le 23 septembre 2015, près de la Dixon Entrance, juste au nord de la frontière maritime entre l’Alaska et la Colombie-Britannique, lors d’une mission d’étude sur le système de failles Queen Charlotte-Fairweather qui a été l’épicentre de certains séismes récents. Le nouveau volcan a été découvert alors que scientifiques étudiaient des failles locales dans un secteur où elles sont susceptibles de déclencher d’importants glissements de terrain qui peuvent à leur tour provoquer des tsunamis à grande échelle.
Lors d’un déplacement vers un lieu d’exploration différent, les chercheurs ont détecté un important panache de méthane en provenance d’une bouche volcanique à environ 900 mètres sous le niveau de la mer. Cependant, ils n’ont pas observé de lave émise récemment.
La découverte met en lumière le fonctionnement de la faille Queen Charlotte-Fairweather qui se trouve au large de la Colombie-Britannique et de l’Alaska du Sud-Est. C’est une région où la plaque Pacifique se frotte contre la plaque nord-américaine. Cela signifie que cette faille aboutit dans les profondeurs de la Terre à des zones où le magma et les fluides sont chauffés par géothermie et peuvent ensuite migrer vers la surface.
Selon un chercheur, les recherches fournissent « de nouvelles informations sur les risques très importants de séismes dans la région. Elles permettront aussi à l’avenir de mieux comprendre les caractéristiques de fluidité de cette faille. » En effet, la lave et d’autres fluides volcaniques jouent un rôle de lubrifiant dans les failles, ce qui réduit le risque de ruptures brutales. En revanche, cela peut augmenter la pression sur d’autres zones le long de la faille, avec des déplacements susceptibles de provoquer de puissants séismes.
Source: CoastAlaska News.

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drapeau-anglaisUS and Canadian scientists have found a new active underwater volcano in Southeast Alaska waters.
About two years ago, geologists studying an ocean channel near Ketchikan had already spotted a submerged volcano, about 45 metres below the surface. It was dormant and scientists estimated it hadn’t erupted for about 10,000 years.
American and Canadian scientists discovered the new underwater volcano on September 23rd, near Dixon Entrance, just north of Alaska’s maritime border with British Columbia, during a study of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System which has been the epicentre of some recent earthquakes. The new volcano was found as scientists investigated local failures in the area that are likely to trigger large landslides that may in turn general tsunamis.
While travelling to a different place of exploration, the researchers came across a big plume made up of methane gas that was being released by a volcanic vent about 900 metres below sea level. However, they did not detect any fresh lava.
The discovery sheds light on the workings of the Queen Charlotte-Fairweather Fault System, which is offshore British Columbia and Southeast Alaska. It’s where the Pacific Plate, rubs up against the North American Plate. It means that this fault acts as a conduit to deeper in the Earth to places where either magma or fluids that are heated by magma or geothermally heated at depth can migrate up through the fault to the surface.
According to one researcher, the research is providing “really important new information about earthquake hazards in our area. It’s also helping direct future research that will help define the significance of understanding the fluidity of that fault.” Indeed, lava and other volcanic fluids lubricate faults, lessening the chance of sudden movement. But that can increase pressure on other areas along the fault, forcing them to jerk forward, causing earthquakes.
Source : CoastAlaska News.

Fault

Vue de la faille Queen Charlotte-Fairweather  (Source: USGS)

La fonte des glaciers (suite) // Glacier melting (continued)

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Earth Sciences, il est très probable que continue dans les prochaines années le recul des glaciers observé au cours des dernières décennies en Alaska et ailleurs dans le monde. En l’an 2100, les glaciers pourraient avoir perdu 25% à 48% de leur volume et leurs eaux de ruissellement pourraient faire s’élever de 7,5 à 15 centimètres le niveau des océans.
La situation en Alaska sera pire que la moyenne mondiale, avec la fonte prévue de 30% à 60% du volume glaciaire. Cette fonte sera particulièrement visible en Alaska du Sud-Est où le climat est plus tempéré.
L’étude met en relation une analyse du comportement de la glace et les prévisions concernant la hausse des températures et les niveaux de précipitations, en se référant à 14 modèles climatiques dans le monde. La fonte des glaciers donne lieu à trois scénarios correspondant aux futures émissions de gaz à effet de serre. Dans le meilleur des cas – ce qui est assez peu probable – il est prévu que notre planète perde un quart de son volume glaciaire.
Grâce à l’acquisition de nouvelles données, les nouvelles projections marque une amélioration significative par rapport aux études antérieures. Par exemple, jusqu’à maintenant, le vêlage des glaciers côtiers n’avait pas été inclus dans les calculs du futur recul global des glaciers. La nouvelle étude montre que, avec 10% de la perte globale de glace, le vêlage doit être pris en compte. L’Alaska est particulièrement concerné par ce problème car de nombreux grands glaciers – le Columbia, par exemple – se terminent dans l’eau de l’océan en y déversant des icebergs. La dynamique de ces glaciers côtiers est très différente de celles des glaciers qui terminent leur course sur la terre ferme. Des données plus fiables sur la proportion de glace immergée ont permis aux chercheurs de faire des projections plus précises sur la façon dont la fonte aurait une incidence sur l’élévation du niveau de la mer.
L’esprit général de l’étude est pessimiste. Les glaciers alpins en Europe et en Amérique du Nord et les glaciers côtiers de l’ouest du Canada pourraient disparaître presque entièrement. Beaucoup n’existent déjà plus. Comme je l’ai écrit après ma visite en juillet, le Glacier National Park ne plus mérite plus son nom.
Toutefois, l’étude indique que la situation restera plus stable près du Pôle Nord où il fait si froid que, même si la température augmente de quelques degrés, elle se maintiendra bien en dessous de zéro.
La fonte prévue des énormes calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique n’est pas prise en compte par l’étude.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a new study published in the journal Frontiers in Earth Sciences, the retreat of glaciers in Alaska and worldwide over recent decades is expected to continue. By the year 2100, glaciers could lose 25% to 48% of their volume and the resulting runoff could contribute 7.5 – 15 centimetres to sea-level rise
The situation for Alaska’s glaciers will be worse than the global average, with 30% to 60% of glacial ice expected to melt away. Increased melting in Southeast Alaska, where the climate is more temperate.
The study combined an analysis of glacial behaviour with predicted temperature increases and levels of precipitation, using 14 global climate models. The range of possible melting reflects three different scenarios of future greenhouse gas emissions. Under the best case scenario – which is quite unlikely – the world is expected to lose one quarter of its glacier volume.
Thanks to the acquisition of more data, the new projection marks a significant improvement over the prior attempts to quantify likely future melting. Besides, up to now, the calving of coastal glaciers was not included in the calculations of future glacial retreat. The new study shows that at 10% of the overall ice loss, calving is a significant source of future glacial loss.
Alaska is more particularly concerned as many big glaciers – the Columbia Glacier, for instance – terminate in the ocean discharging icebergs into the water. Their dynamic is very different from land terminating glaciers.
At last, better data about the proportion of ice located under water allowed the researchers to more accurately project how melting would affect sea-level rise.
The general spirit of the study is pessimistic. Alpine glaciers in Europe and North America and the coastal glaciers of western Canada could vanish almost entirely. Many have disappeared already. As I put it after my visit in July, Glacier National Park does not deserve its name anymore.
However, the study indicates that the situation will remain more stable closer to the North Pole, where it is so cold that a few degrees of change will keep temperatures well below freezing.
The expected melting of enormous ice sheets in Greenland and Antarctica were not part of the study.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Glaciers

Photo: C. Grandpey

Le dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère

Alors que la conférence de Paris sur le climat (COP 21) commence à se profiler à l’horizon (elle aura lieu entre le 30 novembre et le 11 décembre 2015), voici les derniers graphiques communiqués par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) au vu des relevés effectués sur le Mauna Loa à Hawaii. Vous trouverez le document complet à cette adresse : http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/

En tête du document, on peut lire les relevés des CO2 dans l’atmosphère effectués :
1) en août 2014 : 397.01 ppm.
2) en août 2015 : 398.82 ppm.

La NOAA fournit ensuite un graphique montrant l’évolution mensuelle moyenne des dernières concentrations de CO2 sur le Mauna Loa entre 2011 et 2016.

Graphique 1

La ligne en pointillés rouges représente les valeurs mensuelles moyennes au vu des relevées effectués au milieu de chaque mois.
La ligne noire représente ces mêmes valeurs, mais après correction en référence au cycle saisonnier moyen.

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Le graphique suivant (courbe de Keeling) montre l’évolution du CO2 sur le Mauna Loa au fil des ans, depuis le début des relevés en 1950.

Graphique 2

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Le dernier graphique montre, pour chaque année, l’évolution moyenne des concentrations du CO2 sur le Mauna Loa (entre fin décembre d’une année et début janvier de la suivante). On estime que la marge d’erreur est de 0,11 ppm par année.

Graphique 3

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Au vu de ces graphiques, il ne fait guère de doute que les activités humaines sont responsables de l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Certains diront que ces statistiques n’expliquent pas à elles seules le réchauffement climatique qui, selon eux, ferait partie d’un cycle naturel de la Terre. Mon rôle n’est pas de polémiquer ou de dire qui a tort et qui a raison. Il se limite à informer sur un phénomène qui affecte profondément notre planète et pourrait avoir des conséquences spectaculaires et inquiétantes pour la vie des générations futures.

La fonte du pergélisol en Alaska et en Russie // The melting of permafrost in Alaska and Russia

drapeau francaisL’une des principales craintes liées au réchauffement climatique actuel est le dégel du pergélisol (aussi appelé permafrost) dans les contrées nordiques. Jusqu’à récemment, les modèles climatiques ont largement ignoré le permafrost, même s’il représente l’une des plus importantes zones de stockage de carbone de la planète. La raison est que les données sur la température du pergélisol et l’épaisseur de la couche active du sol qui se trouve au-dessus du sol gelé n’étaient ni centralisées ni disponibles dans le format généralement utilisé pour les modélisations. La situation est en train de changer. La semaine dernière en Alaska, une équipe internationale de chercheurs sur le pergélisol a annoncé la naissance d’une nouvelle base de données exhaustive sur la température du sol et son dégel.
Dans le même temps, en Russie, les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller au moins un monticule fait de glace et de terre – connu sous le nom de pingo – qui pourrait exploser dans un avenir très proche. Un pingo est un monticule de glace recouvert de terre dont la hauteur peut atteindre 70 mètres et le diamètre 600 mètres.
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.
Cette mise en garde fait suite à une étude détaillée de l’un parmi des dizaines de nouveaux cratères repérés dans les régions reculées de la Sibérie au cours des 18 derniers mois. Le plus célèbre – connu sous le nom B-1 – se trouve à 29 km de champ gazier de Bovanenkovo. Il a provoqué une vague d’intérêt dans le monde entier et des spéculations sur la cause de son apparition, depuis les météorites jusqu’aux OVNI, en passant par les missiles.
Les scientifiques pensent que ces cratères se sont formés à la suite de la fonte de la glace sous la surface et la libération des gaz dans le vide laissé derrière. Au fur et à mesure de l’augmentation de la température et de la quantité de gaz, le gaz naturel s’est échappé violemment à la surface.
Selon les scientifiques, si le réchauffement se poursuit au même rythme, les villes situées dans la région de Yamal seront en réel danger.
Sources: Alaska Dispatch News and The Voice of Russia.

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drapeau anglaisOne of the main fears related to the current global warming is the thawing of the permafrost in the northern countries. Until recently, climate models have largely ignored it, although it is one of the largest stores of carbon on the planet. That’s because data on the temperature of permafrost and the thickness of the active layer of soil that lies above the frozen ground were neither centralized nor available in a format modelers use.
The situation is about to change. Last week in Alaska, a global team of permafrost researchers announced a new comprehensive database on ground temperatures and thawing.
Meantime, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor at least one ice and soil hump – known as a pingo – which they fear can soon erupt. A pingo is a mound of earth-covered ice that be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter.
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.
The warning follows detailed study of one of dozens of new craters spotted in remote regions of Siberia in the past year and a half. The most famous – known as B-1 – is 29 km from Bovanenkovo gas field. It caused a flurry of interest around the world and speculation on how this phenomenon was caused, ranging from meteorites, to stray missiles, to UFOs from outer space.
Scientists believe these craters formed as a result of ice beneath the surface melting and releasing gas into the void left behind. As temperatures have warmed and gas levels have increased, the natural gas erupted out of the ground with violent results.
According to the experts, if the warming continues at the same pace, northern cities located close to the Yamal region are in real danger.
Sources: Alaska Dispatch News and The Voice of Russia.

B1

Photo du célèbre cratère B1  (Crédit photo: The Siberian Times)

Drunken-forest

« Forêt ivre » en Alaska. Les racines des arbres ne sont plus maintenues par le pergélisol.

(Photo: C. Grandpey)