Un glacier s’effondre et provoque une catastrophe dans l’Himalaya // A glacier collapses and causes a disaster in the Himalayas

Le 7 février 2021, au moins 9 personnes ont été tuées et au moins 150 autres sont portées disparues après l’effondrement d’un glacier himalayen sur un barrage. Cet événement a provoqué une énorme inondation dans l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde. Les autorités ont également déclaré qu’au moins 16 autres personnes avaient été piégées é l’intérieur un tunnel. L’énorme déversement d’eau a endommagé deux barrages et plusieurs maisons. Des équipes de secours ont été envoyées sur place.

Il est à craindre que les ouvriers qui travaillaient sur un projet hydroélectrique voisin aient été emportés par l’énorme vague, ainsi que d’autres villageois qui se trouvaient près de la rivière au moment de la catastrophe. Les vidéos diffusées par les médias montrent que le barrage était dans l’incapacité de résister au poids de la déferlante :

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

Une vaste opération de secours est actuellement en cours dans la région pour tenter de retrouver des survivants. Des milliers d’habitants ont déjà été évacués, mais l’ampleur des dégâts ne pourra être évaluée qu’une fois que la crue aura pris fin.

La presse indienne a expliqué qu’une partie du glacier de Nanda Devi s’était tétachée dimanche matin, deux jours après qu’une avalanche se soit déclenchée sur le même glacier. Lorsque le glacier s’est effondré, il a libéré de l’eau, de la boue et d’autres débris qui étaient retenus en amont. Cette masse de matériaux s’est à son tour écrasée dans d’autres plans d’eau, provoquant un effet d’accumulation et une crue gigantesque de la rivière.

En raison du changement climatique et du réchauffement de la planète l’État d’Uttarakhand dans la région de l’Himalaya est sujet à de fortes inondations. En juin 2013, des précipitations record ont provoqué des inondations dévastatrices qui ont fait près de 6 000 morts.

Source: Indian Express.

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At least 9 people have been killed and at least 150 are missing after a Himalayan glacier crashed into a dam o February 7th, 2021 and triggered a huge flood in the northern state of Uttarakhand. Authorities also said that more than 16 people were trapped inside a tunnel.

Several rescue teams were sent in after the sudden barrage of water damaged two dams and several homes.

It is feared that workers from a nearby hydropower project were swept away by the flood as well as other villagers who were near the river at the time.

The videos shared on news media showed how the dam was unable to hold back the sheer weight of water.

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

A huge operation is now underway in the region to try to find those missing. Thousands of residents have already been evacuated but experts say it will only be clear how extensive the damage is once the floodwaters recede.

The Indian press said that part of the Nanda Devi glacier broke off on Sunday morning, two days after an avalanche was triggered on the same glacier. When the glacier broke off, it released water, mud and other debris that had been trapped behind it. These in turn crashed into other bodies of water causing a knock-on effect further down the river.

Due to climate change and global warming, the Uttarakhand state in the mountainous Himalayas region is prone to heavy flooding. In June 2013, record-breaking rainfall led to devastating floods that left almost 6,000 people dead.

Source : The Indian Express.

Glaciers himalayens vus depuis l’espace (Source : NASA)

Les sargasses perturbent le Vendée Globe !

J’ai alerté à plusieurs reprises sur la présence de vastes bancs de sargasses aux Antilles et sur le risque sanitaire pour la population quand ces algues viennent s’échouer sur le rivage.

Ces grandes algues brunes, de plus en plus abondantes à cause du réchauffement des eaux océaniques, ont posé de sérieux problèmes à certains navigateurs du Vendée Globe au moment où ils avançaient à hauteur de l’arc antillais à l’ouest et des îles du Cap Vert à l’est. :

Clément Giraud à bord du bateau Compagnie du Lit – Jiliti raconte : « Il y a encore beaucoup d’algues, des sargasses. Je ne fais que relever l’hydrogénérateur. Je les voyais bien sur les plages aux Antilles quand j’étais petit, mais je ne les voyais pas en autant de quantité. Je dois souvent arrêter le bateau, il faut à chaque fois enlever les algues coincées dans tous les appendices. Il y en a partout, le bateau ressemble à une poissonnerie, ça sent très fort. C’est des guirlandes de Noël sur les filières. »

De son côté, Benjamin Dutreux qui barre OMIA-Water Family a été, lui aussi, confronté aux sargasses : « Le jour va se lever dans quatre heures environ, mais le gros problème en fait, ce sont les sargasses ! Il y en a partout et je passe mon temps à les enlever de l’hydrogénérateur… Je verrais mieux de jour, mais c’est vraiment un gros problème : peut-être que j’ai traversé une zone où il y en a beaucoup, mais là, c’est impressionnant. Je fais des marches arrière… et je m’inquiète de mon hydrogénérateur parce que mon moteur est mal en point : c’est pour cela que ces algues me gênent beaucoup parce que mon énergie vient essentiellement de cet accessoire indispensable… »

Echouage de sargasses à la Martinique (Photo : C. Grandpey)

Bilan climatique en France

Le site web Météo–Paris a analysé la situation climatique en France au cours des derniers mois, avec des remarques très pertinentes sur le réchauffement climatiques et des perspectives très inquiétantes pour les prochaines décennies.

Après un hiver 2019-2020 historiquement doux, l’hiver actuel a d’ores et déjà été marqué par plusieurs épisodes de froid et de neige. Cependant, cela ne remet absolument pas en cause le réchauffement climatique. Nous vivons un hiver assez classique avec une alternance de périodes douces et de périodes plus froides et parfois neigeuses, contrastant avec la douceur exceptionnelle de l’hiver 2019-2020. L’hiver 2019-2020 fut le plus doux jamais observé en France avec une anomalie thermique de +2,7°C sur décembre, janvier et février.

Le début de l’hiver actuel a été plutôt froid avec une première décade de décembre sous les normales, mais la douceur a repris un net avantage durant la seconde partie du mois. Finalement, décembre 2020 s’est tout de même achevé en France avec +1,3°C au dessus de la normale.

Le mois de janvier 2021 a offert la même dynamique, avec une domination du froid en première quinzaine, tandis que la seconde quinzaine s’est montrée plus douce. Au final, on a eu un mois de janvier classique et dans les normales.

Malgré plusieurs périodes froides, l’hiver 2020-2021 affiche pour l’instant des températures légèrement supérieures à la normale.

Des quantités de neige exceptionnelles ont été observées sur tous nos massifs. Ces épisodes neigeux ont apporté à ce mois de janvier une ambiance hivernale. Pourtant, le caractère froid de ce mois est assez trompeur et janvier 2021 n’a pas été véritablement froid en France. Si la première décade fut en dessous des normales, un redoux sensible est intervenu les 13 et 14 janvier, suivi par une autre période douce du 20 au 23 janvier. Les derniers jours du mois ont ensuite enregistré des températures nettement plus douces que la normale.

Ainsi, la moyenne mensuelle en France sur le mois de janvier 2021 fut de 4,93°C, soit +0,1°C en dessous de la normale. Après plusieurs hivers anormalement doux, il est logique que ce mois de janvier nous apparaisse froid, mais dans les faits, nous venons de vivre un mois de janvier parfaitement normal. De plus, si l’on ajoute l’anomalie de +1,3°C du mois de décembre 2020, l’hiver actuel est pour l’instant plus chaud que la norme.

Source : infoclimat.fr

S’agissant du réchauffement climatique, il faut l’apprécier de manière globale et non ponctuelle. Quand on parle de réchauffement de la planète, on est dans le domaine de la climatologie. En revanche, quand un épisode neigeux survient durant 2 jours, cela relève du domaine de la météorologie. Il faut bien comprendre cette différence car elle est capitale : le réchauffement climatique n’empêche absolument pas le froid et la neige, il va plutôt les rendre moins fréquents. On juge l’évolution du climat sur plusieurs années et certainement pas sur un seul et unique mois.

On se rend compte que les anomalies chaudes ont été omniprésentes durant toute l’année 2020. Seul le mois d’octobre a terminé avec un déficit thermique alors que les 11 autres mois furent plus chauds que la normale. Au final, l’année 2020 est devenue la plus chaude en France depuis le début des relevés !

Comme je l’ai indiqué précédemment, les projections climatiques d’ici la fin du siècle n’ont rien de rassurant. Météo France a simulé l’évolution des températures en France d’ici la fin du siècle selon deux scénarios. Le premier, qui prend en compte une politique climatique efficace et immédiate, montre une augmentation de +2,2°C d’ici 2100. La durée d’enneigement significatif en moyenne montagne est réduite de plusieurs dizaines de jours par saison. Les sécheresses sont  plus marquées, avec un allongement des périodes de canicule.

Le second scénario, qui prend en compte l’absence de politique climatique digne de ce nom, montre une augmentation de +3,9°C des températures en France d’ici 2100. En dessous de 1800m, la présence de neige deviendrait peu durable et insuffisante à la survie des stations. Le nombre de jours caniculaires est multiplié par 5 à 10 avec des vagues de chaleur pouvant durer un à deux mois et les périodes de sécheresse deviendraient très problématiques l’été.

Source : Météo-Paris.

Source : Météo France

Prévisions pessimistes de Météo France

Les dernières projections publiées le 1er février par Météo France pour les prochaines décennies ne sont pas bonnes. Elles confirment les messages d’alerte lancés par les autres agences météorologiques. Si rien n’est fait rapidement pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en France, les températures pourraient augmenter de 3,9 °C à la fin du siècle et jusqu’à 6 °C pendant l’été. Toutes les observations recueillies à l’échelle planétaire confirment une accélération sans précédent du changement climatique.

Météo-France estime que dans notre pays le réchauffement devrait rester limité à environ 1°C jusqu’en 2040. L’agence météorologique envisage ensuite  trois scénarios en fonction des  efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La hausse pourrait se stabiliser autour de +1°C dans un scénario d’émissions maîtrisées. Mais elle atteint +2,2°C dans le scénario intermédiaire et s’envole à +3,9° (voire +4,5°) dans le pire scénario.

Les records absolus de température enregistrés lors de la canicule de l’été 2019 dans le sud de la France  (45,9 °C à Gallargues-le-Montueux le vendredi 28 juin 2019 ) pourraient être dépassés. L’augmentation des températures estivales moyennes pourrait être de + 6 degrés.

Dans le pire scénario, les épisodes caniculaires seraient multipliés par 10. Le nombre de jours de vagues de chaleur pourrait également doubler même dans l’hypothèse la plus optimiste d’une maîtrise des émissions.

L’arc méditerranéen, les vallées du Rhône et de la Garonne vivront des étés absolument torrides puisque les vagues de chaleur pourront s’étaler sur des périodes supérieures à un ou deux mois continus en été.

Dans les trois scénarios, le réchauffement est plus marqué sur les zones de montagne et pourrait atteindre jusqu’à 6 degrés sur certaines zones des Alpes et des Pyrénées. Dans tous les cas, la neige se fera de plus en plus rare en dessous de 1700 mètres d’altitude. Sale nouvelle pour les glaciers !

Météo France explique aussi que le nombre de « nuits tropicales », où la température ne redescend pas sous les 20 degrés devrait augmenter de « 90 jours sur les zones les plus exposées. »  Seules les zones de montagne et le littoral de la Manche devraient être épargnées.  .

Les épisodes de sécheresse augmentent de 30 à 50% dans les scénarios moyen et haut. Il devrait pleuvoir 40% de plus en hiver mais deux fois  moins en été dans le pire scénario, même si les précipitations sont difficiles à prévoir.

Les chercheurs alertent aussi sur la possibilité de voir augmenter l’intensité des pluies extrêmes, ou des vents forts dans le quart nord-est du pays.