Progrès des énergies renouvelables, mais il reste beaucoup à faire // Progress of renewable energy, but there’s a lot to do

Selon un rapport du groupe de réflexion indépendant Ember sur le climat, l’énergie solaire et éolienne pourrait permettre de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C si la progression de 20 % sur 10 ans de ces énergies renouvelables peut être maintenue jusqu’en 2030.
L’énergie solaire a connu une croissance de 23 % dans le monde en 2021, tandis que son homologue éolienne a augmenté de 14 % sur la même période. Ensemble, ces deux sources renouvelables représentaient l’an passé 10,3 % de la production d’électricité à l’échelle de la planète, avec une hausse de 1 % par rapport à 2020.
Les Pays-Bas, l’Australie et le Vietnam ont enregistré les taux de croissance les plus rapides en matière de sources d’énergie renouvelables. Ces pays ont transféré environ 10 % de leur demande d’électricité des combustibles fossiles vers l’éolien et le solaire au cours des deux dernières années.
Le rapport Ember indique que « si ces tendances peuvent être reproduites à l’échelle mondiale et maintenues, le secteur de l’électricité sera sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de 1,5°C ».
Le principal problème qui ralentit actuellement le développement des énergies renouvelables concerne les contraintes sur le terrain telles que l’obtention des permis d’installation. Il est urgent que les gouvernements trouvent des solutions pour surmonter ces obstacles.
Cependant, malgré les gains de l’éolien et du solaire, la production d’électricité au charbon a connu sa croissance la plus rapide depuis au moins 1985, avec une hausse de 9 % en 2021 à 10 042 térawattheures (TWh), soit 59 % de l’augmentation de la demande totale en énergie. 2021 a vu la plus forte augmentation annuelle – 1 414 TWh – de la demande mondiale d’électricité, soit une hausse de 5,4 %. C’est comme si l’Inde était venue s’ajouter une deuxième fois à la demande mondiale.
Le plus grand investissement dans les sources d’énergie renouvelables a été enregistré en Chine, avec une hausse de 13 % en 2021 par rapport aux niveaux d’avant la pandémie en 2019. Le pays dépend encore largement du charbon pour la production d’électricité, mais a dépassé le dixième de la production d’électricité à partir de l’énergie éolienne et solaire. pour la première fois en 2021. A noter que six autres pays ont fait de même. Le rapport Ember précise que la Chine « montre non seulement des niveaux records d’énergie éolienne et solaire, mais aussi des niveaux record d’électricité propre comme l’hydroélectricité, le nucléaire et la bioénergie, avec comme conséquence le début d’une baisse de la production de charbon. Ce que l’on ne sait pas, c’est à quelle vitesse ce transfert d’énergie se fera. » En effet,la Chine persiste à utiliser le charbon comme un élément vital de sa stratégie énergétique au moment où elle tente d’équilibrer la stabilité économique avec ses objectifs climatiques sur le long terme. Cette politique risque de prendre beaucoup de temps.
Source : Yahoo Nouvelles.

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According to a report from the independent climate think tank Ember, solar and wind power can grow enough to limit global warming to 1.5°C if the 10-year average compound growth rate of 20% can be maintained to 2030.

Solar generation rose 23% globally in 2021, while wind supply gained 14% over the same period. Together, both renewable sources accounted for 10.3% of total global electricity generation, up 1% from 2020.

The Netherlands, Australia and Vietnam had the fastest growth rates for the renewable sources, switching around 10% of their electricity demand from fossil fuels to wind and solar in the last two years.

The Ember report saus that « if these trends can be replicated globally, and sustained, the power sector would be on track for 1.5 degree goal. »

The main issue currently slowing the growth rate is on-the-ground constraints like permitting, and governments should find solutions to overcome these obstacles.

However, despite gains in wind and solar, coal-fired power generation saw its fastest growth since at least 1985, up 9% in 2021 at 10,042 terawatt hours (TWh), or 59% of the total demand rise. This came in a year of rapid demand recovery, as 2021 saw the largest recorded annual increase of 1,414 TWh in global electricity demand, up 5.4% and the equivalent of adding a new India to global demand.

The biggest demand for renewable energy sources was recorded in China, up 13% in 2021 compared to pre-pandemic levels in 2019. The country relies largely on coal for power production, but passed the one-tenth of power generation from wind and solar landmark for the first time in 2021 along with six other countries. The Ember report specifies that China « is installing not only record levels of wind and solar, but also installing record levels of clean electricity like hydro, nuclear and bioenergy which means their coal generation will start falling.What’s not clear is how quickly that will be, » China insists to continue to use coal as a vital part of its energy strategy, as it bids to balance economic stability with its longer-term climate goals. This policy is likely to take a lot of time.

Source : Yahoo News.

Les énergies renouvelables en Chine (Source : Wikipedia)

Les glaciers norvégiens livrent leurs secrets // Norwegian glaciers reveal their secrets

Les glaciers scandinaves, ceux de Norvège en particulier, sont victimes du réchauffement climatique. Comme ailleurs dans le monde, ils rendent en fondant et reculant des objets qu’ils avaient conservés pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècle. Ce n’est donc pas la première fois que d’anciens artefacts retrouvent la lumière.

En 2011, une équipe scientifique a découvert une tunique en laine incroyablement bien préservée, portée il y a environ 1 600 ans, au niveau d’un col jadis emprunté par les Vikings.

En 2020, une équipe d’archéologues a également annoncé la découverte de centaines d’ossements, de bois de rennes et de dizaines de flèches dans les montagnes de Jotunheimen.

Plus récemment, sept ans après avoir découvert un ski dans la glace du Digervarden, une équipe a mis la main sur un second ski, complétant ainsi la plus vieille paire de skis jamais découverte.

En 2022, des archéologues annoncent avoir fouillé plusieurs « caches » édifiées il y a plus de 1700 ans par des chasseurs de rennes. Une quarantaine de ces caches en demi-cercle derrière lesquelles il était possible de se poster ont déjà été découvertes il y a quatre ans. La fonte des glaces a également mis à nu quelques pointes de flèches et plusieurs bâtons d’effarouchement. En fonction du temps et du vent et de l’endroit où se trouvaient les rennes, les chasseurs plantaient ces bâtons dans le sol glacé de sorte que les rennes, effrayés par le bruit, se déplaçaient dans la direction opposée, vers les caches en pierre.

Les habitants de la région vivaient à l’époque dans de petites colonies en contre-bas dans les vallées. Certains grimpaient alors sur la montagne, jusqu’à 1900 mètres d’altitude, pour aller chasser.

Source: presse internationale.

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Scandinavian glaciers, those in Norway in particular, are deeply affected by global warming. As elsewhere in the world, they give back, while melting and shrinking, objects that they had kept for several decades, even several centuries. So this isn’t the first time that ancient artifacts have come to light again.
In 2011, a scientific team discovered an incredibly well-preserved woolen tunic worn around 1,600 years ago at a mountain pass once used by the Vikings.
In 2020, a team of archaeologists also announced the discovery of hundreds of bones, reindeer antlers and dozens of arrows in the mountains of Jotunheimen.
More recently, seven years after discovering a ski in the ice of Digervarden, a team got their hands on a second ski, completing the oldest pair of skis ever found.
In 2022, archaeologists announce that they have excavated several « caches » built more than 1700 years ago by reindeer hunters. Forty of these semi-circular caches behind which they could post themselves were already discovered four years ago. The melting ice has also exposed a few arrowheads and several scaring sticks. Depending on the weather and the wind and where the reindeer were, the hunters would make noise with these sticks into the icy ground so that the reindeer, frightened by the noise, would move in the opposite direction, towards the stone hideouts. .
The inhabitants of the region lived at the time in small settlements down in the valleys. Some villagers climbed the mountain, up to 1900 meters above sea level, to go hunting.
Source: international press.

 

Vue de l’Austerdalsbree, l’une des langues du glacier norvégien Jostedalsbreen ( Crédit photo: Wikipedia). On remarquera la morphologie du front de glacier, typique de la fonte rapide à cause du réchauffement climatique.

Confirmation de l’urgence climatique // Confirmation of the climate emergency

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, même si les émissions de CO2 ont fortement chuté en 2020 au milieu de la pandémie de COVID, les concentrations de ce gaz dans l’atmosphère n’ont cessé d’augmenter et la situation globale des gaz à effet de serre reste préoccupante.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Reviews Earth & Environment confirme que la première année de la pandémie a vu les émissions diminuer de 11% car un certain nombre d’activités étaient à l’arrêt. Cependant, en 2021, lorsque les restrictions ont été levées, ces mêmes activités ont bondi de 4,8 % par rapport à 2020. Les émissions de gaz à effet de serre, y compris le dioxyde de carbone, sont la principale cause du réchauffement climatique.
Lors de la COP 21 à Paris en 2015, les gouvernements ont décidé que l’augmentation de la température à l’échelle de la planète devait être maintenue en dessous de 1,5°C pour éviter une catastrophe à long terme.

Un « budget carbone » mesure les émissions jugées acceptables par les scientifiques avant que le seuil de 1,5 degré soit inévitable. Le pic des émissions de 2021 a consommé 8,7 % du budget carbone restant. L’étude indique que si les trajectoires actuelles se poursuivent, le budget carbone sera probablement épuisé en 9,5 ans.
Il est particulièrement inquiétant de constater que bon nombre des secteurs qui sont de gros émetteurs de CO2 ont vu leurs émissions rebondir plus rapidement que les émissions globales. Par exemple, le secteur de l’énergie a vu ses émissions augmenter de 5 %, et le transport terrestre a vu ses émissions rebondir de 8,9 %.
Selon les auteurs de l’étude, le plus grand rebond concerne l’aéronautique, qui a enregistré une augmentation de 25,8% au niveau national et un rebond de 18,1% à l’échelle internationale.
La Chine et les États-Unis, les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre, ont également connu un rebond plus important que la moyenne mondiale. Les émissions chinoises ont rebondi de 5,7 %, et leurs homologues américaines de 6,5 %.
Source : Yahoo Actualités.

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As I have put it several times before, even though CO2 emissions dropped sharply in 2020 amid the COVID pandemic, concentrations of this gas in the atmosphere kept increasing and the global situation about greehouse gases remains preoccupying.

A new study published in the journal Nature Reviews Earth & Environment confirms that the first year of the pandemic saw emissions decline 11 percent as a number of activities ground to a halt. However, in 2021, as restrictions lifted, they surged 4.8 percent compared to 2020. Greenhouse gas emissions, including carbon dioxide, are the primary cause of climate change.

During COP 21 in Paris in 2015, international governments identified 1.5°C as the temperature increase that warming must be kept below to avert long-term catastrophe.

The so-called carbon budget measures the emissions scientists believe can be released before the 1.5-degree threshold is unavoidable. The 2021 spike in emissions consumed 8.7% of the remaining carbon budget. The study says that if current trajectories continue,the carbon budget might be used up in 9.5 years.

Particularly worrisome is the fact that many of the most emissions-heavy sectors have seen their emissions rebound faster than emissions in general. For example, the power sector saw its emissions increase by 5 percent, while the ground transport industry saw its emissions rebound 8.9 percent.

According to the authors of the study, the biggest single-sector rebound was in the aviation industry, which saw a 25.8 percent domestic increase and an 18.1 percent international rebound.

China and the U.S., the world’s top two emitters, also saw a bigger rebound than the worldwide average. Chinese emissions rebounded by 5.7 percent, while American emissions rebounded by 6.5 percent.

Source : Yahoo News.

 

Evolution des concentrations de CO2 sur deux ans et concentration actuelle (Source : Courbe de Keeling)

Surpêche du krill en Antarctique // Krill overfishing in Antarctica

Le réchauffement climatique n’est pas la seule menace pour les régions les plus froides du monde où la banquise et la glace de mer fondent avec la hausse des températures. Dans ma conférence « Glaciers en péril », j’insiste sur le risque que fait peser la surpêche autour du continent antarctique.
On estime que les eaux au large de l’Antarctique contiennent jusqu’à 550 millions de tonnes de krill. Ces minuscules créatures qui ressemblent à des crevettes jouent un rôle essentiel dans le réseau trophique antarctique; elles assurent l’existence d’un grand nombre d’espèces, des manchots aux baleines à bosse. Le problème est que le krill est aussi de plus en plus la cible de la consommation humaine. Une industrie s’est mise en place dans laquelle le krill est utilisé dans les suppléments d’huile de poisson et les aliments pour poissons.
Les scientifiques et les défenseurs de l’environnement craignent que cette situation mette encore davantage en péril la faune antarctique. En effet, le krill serte de lien à toutes les autres espèces de la région.
L’abondance de krill a conduit les flottes de pêche de nombreux pays à se ruer sur cette ressource. Des navires chinois, norvégiens, sud-coréens et chiliens sillonnent les eaux de la région de décembre à juillet.
Selon les règles établies dans le cadre du Traité sur l’Antarctique, les chalutiers doivent rester cantonnés dans quatre zones au large de la Péninsule antarctique et la prise saisonnière est plafonnée à 680 000 tonnes. Cependant, les scientifiques spécialistes des régions polaires affirment que les limites actuelles ne vont probablement pas assez loin pour protéger les besoins alimentaires de la faune antarctique.
On a également fait remarquer que l’activité de la flotte de pêche nuit à la faune. Les filets des chalutiers ont parfois ramené autre chose que du krill. C’est ainsi que de jeunes baleines à bosse affamées qui suivaient les chalutiers pour essayer d’avaler du krill se sont retrouvées prises dans leurs filets. Trois cétacés ont été remontés dans les filets en 2021, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. La société de pêche norvégienne Aker BioMarine affirme avoir renforcé les dispositifs de ses navires pour éloigner les mammifères marins.
L’industrie du krill devrait connaître une croissance significative au cours de la prochaine décennie. L’utilisation du krill dans le secteur alimentaire a le vent en poupe dans le monde. Le marché de l’huile de krill devrait atteindre plus de 900 millions de dollars d’ici 2026.
Ce qui inquiète les défenseurs de l’environnement océanique, c’est que la pêche au krill est trop concentrée dans certaines zones autour de la Péninsule antarctique. Cela signifie que les bancs de krill se concentrent dans de très petites zones où pêcheurs et prédateurs se rassemblent. Il y a d’énormes colonies de manchots et la pêche au krill se déroule en mer, juste devant ces colonies. Conscientes de la menace que représente la pêche au krill pour les manchots, huit entreprises se sont engagées à rester à au moins 30 km des principales colonies de reproduction pendant la saison d’incubation et d’élevage des poussins.
Même sans la concurrence de la pêche, le krill subit une pression croissante en raison du changement climatique. Il y a un débat parmi les scientifiques pour savoir si le changement climatique a un impact plus important que la pêche industrielle. En fait, c’est l’accumulation de stress qui cause des problèmes à la faune à travers les océans. C’est pourquoi il faut protéger ces sanctuaires océaniques et créer des refuges pour la faune.
Source : Yahoo Actualités, Reuters.

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Global warming is not the only threat to the coldest regions of the world where pack ice and sea ice are melting with rising temperatures. In my conference « Glaciers at risk », I insist on the risk of overfishing around the Antarctic continent.

The icy waters off Antarctica are estimated to hold up to 550 million tons of krill. These tiny shrimp-like creatures are the linchpin in the Antarctic food web, sustaining a huge number of species, from penguins to humpback whales. The problem is that they are also increasingly the target for human consumption. A growing krill industry has been scooping up the crustaceans

for use in fish oil supplements and fish feed.

Scientists and conservationists fear that could further imperil Antarctic wildlife. Indeed, Antarctic krill connect all the other species.

The perceived abundance of krill has led global fishing fleets to target Antarctic krill. Vessels from China, Norway, South Korea and Chile trawl the region’s waters from December to July.

Under established rules within the Antarctic Treaty System, trawlers must stay largely confined to four areas off the Antarctic Peninsula and a seasonal catch is capped at 680,000 tons. However, polar scientists say the current limits may not go far enough to safeguard the food supply for wildlife.

Some also say there are indications that the fleet’s activity is harming wildlife. It was reported that there were bycatch in the krill industry. Hungry juvenile humpback whales that were following the krill trawlers to try to get krill somehow got caught up in their systems of nets. Three of the cetaceans were caught in 2021, something that had never happened before. The Norwegian fishing company Aker BioMarine says it has since reinforced its ships’ devices to keep marine mammals out of its nets.

The krill industry is set to grow significantly in the next decade. Fish farming, which uses krill as feed, is the world’s fastest growing food sector. The krill oil market is projected to rise to more than $900 million by 2026.

What worries ocean conservationists is that the krill fishery is overly concentrated in certain areas around the Antarctic Peninsula. This means that a lot of fish is caought in very small areas where all the predators are also congregated. there are huge colonies of penguins and the krill fishery is operating right off the shores of these colonies. Mindful of the threat krill fishing poses to penguins, eight companies have pledged to stay at least 30 km away from key breeding colonies during incubation and chick-rearing season.

Even without competition from fisheries, the krill supply is under increasing pressure due to climate change. There is a new a debate among scientists to know whether climate changeis having a greater impact than industrial fishing. Actually, it is the combination of different stresses that is so difficult for wildlife across the oceans. As a consequence, we need to protect those ocean sanctuaries and create safe havens for wildlife.

Source: Yahoo News, Reuters.

Gros plan d’un krill de l’Antarctique (Source: Wikipedia)