Le festival éruptif 2015 // The 2015 eruptive festival

drapeau-francaisLe Wall Street Journal a mis en ligne une galerie de photos qui résume assez bien l’activité volcanique au cours de l’année 2015. Les éruptions sont toujours spectaculaires, que ce soit au travers de panaches de cendre ou par les coulées de lave. L’Etna, le Kilauea et le Piton de la Fournaise séduisent par leurs gerbes et rivières de lave mais ma préférence va aux volcans explosifs qui restent de loin les plus dangereux. Il ne faudrait pas oublier que les coulées pyroclastiques du Sinabung ont tué et que d’autres volcans de la Ceinture de Feu du Pacifique feront de même à l’avenir. Certains n’hésitent pas à établir un classement des éruptions ou un hit parade des volcans au vu de leur aspect spectaculaire. Il ne faudrait pas oublier que l’intérêt humain doit passer avant l’intérêt photographique ou touristique.
http://www.wsj.com/articles/volcanoes-of-2015-pictures-of-eruptions-throughout-the-year-1449620199

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drapeau-anglaisThe Wall Street Journal has posted a photo gallery that sums up the volcanic activity during the year 2015. The eruptions are always spectacular, either through ash plumes or lava flows. Etna, Kilauea and the Piton de la Fournaise impress with their ejections and rivers of lava, but my preference goes to explosive volcanoes that remain by far the most dangerous. We should not forget that the pyroclastic flows of Mt Sinabung have killed and that the other volcanoes in the Pacific Ring of Fire will do the same in the future. Some people do not hesitate to rank eruptions or to set up a hit parade of volcanoes in view of their spectacular appearance. We should not forget that the human interest must come before the photo or tourist interest.
http://www.wsj.com/articles/volcanoes-of-2015-pictures-of-eruptions-throughout-the-year-1449620199

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Photo: C. Grandpey

La magie des volcans // The magic of volcanoes

drapeau-francaisEn ces temps perturbés, voici une histoire personnelle qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Elle prend aujourd’hui des allures de conte de Noël.

Nous sommes le 20 avril 1992. Ce jour-là, Antonio Nicoloso, le très regretté chef des guides de l’Etna, m’a invité à le suivre jusqu’au pied du Cratère Sud-Est de l’Etna, à la source de l’éruption. Un apprenti guide, un scientifique français et le responsable de la Protection Civile italienne nous accompagnent.
Depuis la mi-décembre de l’année précédente, le volcan ne cesse de vomir ses entrailles. Les coulées ont parcouru plusieurs kilomètres dans la Valle del Bove ; elles ont allègrement franchi le Salto della Giumenta pour se précipiter dans le Val Calanna, et elles sont maintenant aux portes de Zafferana Etnea où la population implore la Madonne pour que la lave n’engloutisse pas cette charmante bourgade.
Quand je suis arrivé la veille à Nicolosi, Antonio m’a dit qu’il me réservait une surprise, mais sa discrétion toute sicilienne lui interdisait de m’en dire davantage. Une fois sur le site de l’éruption, après avoir observé la lave qui continuait à s’écouler dans un chenal aux parois joliment teintées par les gaz, notre petit groupe se dirigea vers un endroit où Antonio déplaça une plaque de basalte qui recouvrait une ouverture dans le sol et il nous invita à pénétrer à l’intérieur.
Au prix de quelques contorsions, mon corps se glissa dans l’orifice et je sentis bientôt mes pieds reposer sur le sol. L’appel d’air était constant. Après avoir extirpé une torche de son sac, Antonio parcourut avec le jet de lumière ce lieu insolite où s’écoulait probablement la lave au tout début de l ‘éruption. Le plafond de la grotte était constellé de stalactites de re-fusion, témoins évidents de la forte chaleur qui régnait dans ce lieu. Maintenant accoutumés à l’obscurité, nous avançâmes prudemment dans le tunnel. Au bout de quelques pas, la galerie amorçait un virage en angle droit et là, ô surprise, tout s’illumina brusquement ! Une rivière d’or s’écoulait rapidement devant nous, à quelques mètres seulement. La sinuosité du tunnel la rendait invisible de l’extérieur et seule la persévérance d’Antonio avait pu lui accorder cette récompense.
Bien qu’habitué aux caprices des volcans, à la beauté des fontaines de lave, je restai subjugué par la beauté du spectacle que l’Etna était en train de nous offrir. Personne n’osa prononcer le moindre mot. Nous restâmes un long moment à regarder passer devant nous le sang de la Terre. Je comprenais maintenant pourquoi l’appel d’air était si puissant à l’entrée de la grotte. La rivière de lave créait un effet Venturi et la pénétration de l’air extérieur rendait la température très supportable, même à proximité de la rivière de lave. Seul son rayonnement fixait le point au-delà duquel la chaleur devient intolérable.
Ce moment de fascination terminé, Antonio décida qu’il fallait remonter à la surface. Nous étions encore seuls. Les militaires italiens chargés d’obstruer les tunnels de lave à l’aide de blocs de béton enchaînés les uns aux autres n’étaient pas encore arrivés. La vue de leur matériel fit sourire Antonio qui, dans son for intérieur, avait toujours pensé qu’une telle opération s’avérerait inefficace. Avant de repartir, il glissa soigneusement une plaque de basalte sur l’ouverture de la grotte et la recouvrit d’une couche de cendres qui la rendrait définitivement invisible.
Seuls quelques privilégiés furent invités par Antonio à venir visiter ce lieu à la fois unique et éphémère. J’avais eu l’occasion d’observer des rivières de lave à Hawaii, au travers de lucarnes qui percent les tunnels sur les pentes du Kilauea, mais il était impensable de pénétrer dans l’un d’entre eux. Pour moi, cela restait le privilège des personnages du Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne. Cette expérience restera l’un des grands moments de mes pérégrinations volcaniques. Pouvoir pénétrer l’intimité d’un volcan actif est une occasion extrêmement rare. L’émotion que l’on ressent à quelques mètres de cette rivière couleur d’or est particulièrement forte. La gorge se serre. La fascination est à son comble. Les nombreuses photos que j’ai prises ne pourront jamais rendre compte de l’ambiance qui régnait dans la grotte : l’odeur de la lave et des gaz ; le bruit feutré, à peine audible, du magma glissant contre les parois de son chenal ; la douceur de la température…. On a du mal à se convaincre qu’il faut ressortir à la surface. C’est tout simplement magique.

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drapeau-anglaisOn Christmas Eve, here is a personal story that will forever remain etched in my memory. It now looks like a fairy tale to me.

The story took place on April 20th, 1992. On that day, Antonio Nicoloso, the head of the Etna guides, invited me to follow him to the base of Mt Etna’s Southeast Crater, at the source of the eruption. A guide apprentice, a French scientist and the head of the Italian Civil Protection were with us.
The volcano had been erupting since mid-December of the previous year. The lava flows had travelled several kilometers into the Valle del Bove, passed the Salto della Giumenta, rushed into Val Calanna, and were now on the outskirts of Zafferana Etnea where people implored the Madonna so that lava could not destroy this charming town.
The day before in Nicolosi, Antonio had told me he had a surprise for me, but his Sicilian discretion forbade him to tell me more. Once on the site of the eruption, after observing the lava that continued to flow in a channel whose walls were beautifully tinted by the gases, our small group walked toward a place where Antonio moved a basalt slab which covered an opening in the ground and he invited us to get inside.
With some contortions, my body slid into the hole and I soon felt my feet rest on the ground. The intake of air was constant. Having pulled a torchlight from his bag, Antonio lit this unusual place where lava was probably flowing at the beginning of the eruption. The ceiling of the cave was studded with stalactites, the witnesses of the heat that prevailed in this place. Now accustomed to the darkness, we advanced cautiously into the tunnel. After a few steps, the gallery was beginning a turn in right angle and there, lo and behold, everything suddenly lit up! A river of gold was flowing rapidly, just a few metres in front of us. The sinuous tunnel made it invisible from the outside and only the persistence of Antonio could give him this reward.
Although I was used to the whims of volcanoes, to the beauty of lava fountains, I remained overwhelmed by the beauty of the show that Etna was offering us. No one dared utter a word. We stayed a long time watching the blood of the Earth. I now understood why the draught was so powerful at the entrance of the cave. The river of lava was creating a Venturi effect and the influx of outside air made the temperature quite bearable, even near the lava river. Only its radiation determined the point beyond which the heat became intolerable.
After this moment of complete fascination, Antonio decided we had to go back to the surface. We were still alone. The Italian military in charge of clogging the lava tunnels with concrete blocks chained to each other had not yet arrived. The sight of their equipment made Antonio smile as he had always thought that such an operation would prove ineffective. Before leaving, he carefully slipped the basalt slab on the opening of the cave and covered it with a layer of ash that would make it definitively invisible.
Only a select few were invited by Antonio to visit this unique and fleeting place. I had had the opportunity to watch rivers of lava at Hawaii through skylights in the tunnels on the slopes of Kilauea, but it was unthinkable to enter one of them. To me, this remained the privilege of the characters of Jules Verne’s Journey to the Center of the Earth. This experience will remain one of the highlights of my volcanic peregrinations. Penetrating the intimacy of an active volcano is an extremely rare opportunity. The emotion that one feels a few meters from the gold colored river is particularly strong. The throat tightens. The fascination is at its height. The many photos I took will never convey the atmosphere in the cave: the smell of lava and gases; the muffled sound, barely audible, of magma sliding against the walls of the channel; the pleasant temperature …. It was just magical.

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La lave menaçait Zafferana Etnea

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Des tunnels et des blocs de béton pour freiner la lave

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Descente aux enfers?

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Le sang de la Terre…

L’activité strombolienne de la Voragine (suite) // Strombolian activity at the Voragine (continued)

drapeau-francaisAujourd’hui, l’INGV a donné quelques informations supplémentaires sur l’épisode strombolien qui a secoué la Voragine hier soir et pendant la nuit. Comme je l’écrivais précédemment, le plus fort de l’événement a eu lieu entre environ 2h20 et 3h10 (TU), avec de puissantes fontaines de lave qui ont atteint entre un et trois kilomètres de hauteur. Dans le même temps, le nuage émis par le cratère s’est dirigé vers le NE, avec des retombées de cendre sur des localités comme Linguaglossa, Francavilla di Sicilia, Milazzo, Messina et Reggio Calabria. L’activité a progressivement cessé dans les toutes premières heures de la matinée.
Selon l’INGV, l’épisode éruptif de cette nuit fait partie des plus violents et est comparable à ceux du 22 juillet 1998 et du 4 septembre 1999. A cette époque, le cratère vomissait des bombes grosses comme des voitures. Les explosions produisaient des ondes de choc qui atteignaient le cratère NE où elles faisaient trembler le trépied de mon appareil photo !

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drapeau-anglaisToday, INGV gave some additional information about the Strombolian episode that shook the Voragine last night and overnight. As I put it earlier, the climax of the event took place from 2:20 to 3:10 (GMT), with powerful lava fountains between one and three kilometers high. At the same time, the cloud emitted by the crater was drifting NE, with ashfall on communities like Linguaglossa, Francavilla di Sicilia, Milazzo, Messina and Reggio Calabria. The activity came to an end in the early hours of the morning.
According to INGV, this eruptive episode is one of the most violent and is comparable to those of July 22, 1998 and September 4, 1999. By that time, the crater ejected bombs as big as cars. The explosions produced shockwaves that could be felt on the NE Crater where they vibrated the tripod of my camera!

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La Voragine en juillet 1998  (Photos: C. Grandpey)

Le Festival Photo 2015 de Montier-en-Der (Haute-Marne) : Un grand cru !

Cette année, le 19ème Festival Photo animalière et de Nature de Montier-en-Der abordait la thématique du climat, à la veille de la COP 21 qui doit se tenir à Paris au début du mois de décembre. Le parrain du Festival était James Balog, photographe de référence sur les sujets du réchauffement climatique. Parmi les autres participants à cet événement international, Rémy Marion faisait pénétrer dans les blancheurs polaires où les ours sont menacés par la fonte de la banquise, tandis qu’Olivier Grünewald remontait aux origines de notre planète avec des images de très haute volée. En provenance du Parc du Denali au cœur de l’Alaska, David Tomeo montrait les effets du réchauffement climatique dans le 49ème Etat de l’Union. De mon côté, j’avais axé mon exposition sur la fonte des glaciers d’Alaska et sur les modifications de comportement des ours suite à la hausse des températures.
En dépit des événements tragiques qui ont endeuillé la capitale quelques jours plus tôt, le Festival 2015 a connu un gros succès populaire et c’est très bien ainsi.
Félicitations aux organisateurs et aux 600 bénévoles.
Rendez-vous maintenant pour l’édition 2016 qui marquera le 20ème anniversaire de ce festival.

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Des glaciers et des ours, sans oublier les grues de la région du Der!

(Photos: C. Grandpey)