White Island (Nouvelle Zélande)

   Au cours d’une récente visite à White Island, les volcanologues de GNS Science ont pu constater que le dôme de lava apparu en août au fond du cratère n’avait pas évolué et ne présentait aucun signe de croissance. Des mesures ont été effectuées à l’aide d’un thermomètre infrarouge au niveau du dôme et des pièces d’eau qui l’entourent. Plusieurs petits lacs occupent maintenant la partie du cratère où un lac beaucoup plus vaste se trouvait encore au mois d’août. La température maximale enregistrée sur le dôme était de 187°C ; celle du lac le plus au sud atteignait au moins 71°C alors que l’eau plus froide du lac au nord du dôme révélait seulement 35°C.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 (petite activité éruptive) et la couleur pour l’aviation reste Orange.
Source : Bay of Plenty Times.

 

   During a recent visit to White Island, GNS Science volcanologists observed that the lava dome had not changed in the last days and that there was no sign of it growing. They also used an Infra-Red thermometer to measure temperatures of the dome and the surrounding water. Several small lakes now occupy parts of where a large lake was before August. The highest temperature measured on the dome was 187°C while the hot lake to the south was at least 71°C, whereas the cool lake on the north side of the dome was only 35°C.
The Volcanic Alert Level remains at 2 (minor eruptive activity) and the Aviation Colour Code remains at Orange.
Source: Bay of Plenty Times.

White-Island-dome

Le dôme et l’un des lacs  (Crédit photo: GNS Science)

Volcans néo-zélandais / New Zealand volcanoes

drapeau francais.jpgLe dernier rapport de GNS Science indique qu’un dôme de lave très inhabituel s’est formé à l’intérieur du cratère de White Island dont le niveau d’alerte a été élevé de 1 à 2. Brad Scott, volcanologue de GNS Science, affirme qu’il n’a jamais vu un tel dôme depuis 30 ans qu’il visite le volcan. A cause des panaches de gaz, il est difficile de bien voir ce dôme qui a probablement un diamètre de 20 ou 30 mètres (voir photo ci-dessous), avec des aiguilles à sa surface. On pense que le dôme est le résultat de l’éruption observée le 5 août 2012. Au vu des dernières photos, je remarque que le cratère de White Island a beaucoup changé depuis la visite que j’ai effectuée en février 2009.

Les scientifiques confirment que le Ruapehu demeure actif et que le risque d’une éruption ne saurait être écarté. Les analyses révèlent des températures supérieures à la normale sous le lac de cratère dont la température se maintient à 20-25°C. Il se peut qu’il existe une zone de blocage des gaz à quelques centaines de mètres sous le lac, ce qui peut entraîner une hausse de pression et au final une explosion, avec un effet de cocotte-minute. Les petits séismes enregistrés à 3 – 5 km sous le lac fin octobre et début novembre ont disparu.

Les gaz continuent à s’échapper du Tongariro mais aucune nouvelle activité éruptive n’a été observée depuis l’explosion du 21 novembre. Il ne faudrait toutefois pas écarter le risque d’une nouvelle éruption dans les prochains mois.

drapeau anglais.jpgGNS Science’s last report indicates that a rare « lava dome » has formed in the crater of White Island volcano, as scientists raised the volcanic alert level from 1 to 2.GNS Science volcanologist Brad Scott said he had « never seen anything like it » in his 30 years visiting the island. Because of the gas plumes, the dome is difficult to see but it is probably 20-30 metres across (see photo here below) and has spines sticking up. It is thought the lava dome was a result of an ash eruption recorded on August 5th. Judging from the latest photos, the crater has much changed since my visit in February 2009.

Scientists also confirmed Ruapehu remains at a heightened level of unrest and that an eruption is « more likely than normal ». Analysis is still showing higher than normal temperatures beneath the crater lake whose temperature is stable at 20-25°C. This may reflect a partially sealed zone a few hundred metres beneath the lake which might be causing a pressure build up behind it and lead to a pressure-cooker explosion. Small earthquakes 3 to 5 kilometres beneath the crater lake in late October and early November have now stopped.

Despite continued gas discharge, that has been very noticeable over the last few days, Tongariro has not erupted since the explosion on November 21st. However, the risk of further eruptions remains over the next few months.

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Le dôme de lave de White Island (Crédit photo: GNS Science)

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgLe dernier bulletin de GeoNet sur le Ruapehu laisse entendre que la situation est stable même si les volcanologues néo-zélandais considèrent que le niveau d’activité reste relativement élevé et qu’une éruption peut se produire sans prévenir.

Les mauvaises conditions météo des derniers jours n’ont pas permis d’effectuer des mesure de gaz. Vu d’avion, le lac de cratère semble calme. Sa température n’a pas évolué et demeure à 22°C.

L’activité sismique est en recul par rapport au début du mois de novembre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur pour l’aviation reste Jaune.

drapeau anglais.jpgGeoNet’s latest update for Ruapehu suggests that the situation is stable even though New Zealand scientists indicate that the volcano is still at a heightened level of unrest. An eruption could occur with little or no warning.

Poor weather conditions made it impossible to perform gas measurements. Observations from the airplane showed that the crater lake remains quiet. Water temperature is static at about 22°C.

Seismic activity is lower than in the early part of November. The Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Colour Code remains at Yellow.

Si le volcan d’Auckland se réveille…

Dans une note publiée le 26 août dernier, je faisais état de la menace que représenterait une éruption volcanique pour la ville d’Auckland, dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. Une étude réalisée par cinq chercheurs italiens et néo-zélandais, publiée dans le Volume 74 du Bulletin of Volcanology, dresse un état des lieux et analyse les risques qu’induirait inévitablement une éruption volcanique pour cette ville qui compte quelque 1 300 000 habitants.

Les scientifiques partent de l’hypothèse d’une éruption phréato-magmatiques et ses déferlantes basales observées dans le passé sur l’Auckland Volcano Field. La difficulté de la prévention repose sur l’incertitude de l’emplacement des bouches éruptives et la distance que parcourraient ces déferlantes. Pour trouver une solution, les chercheurs se sont appuyés sur les dépôts laissés par les éruptions néo-zélandaises et ceux laissés par des phénomènes analogues sur d’autres volcans. L’étape suivante en cas de menace d’éruption consisterait à trouver un point d’équilibre entre les volcanologues et les décideurs à propos de l’évacuation de la population qui, selon les chercheurs, devrait se faire dès les premiers signes d’agitation du volcan ; à ce sujet, ils prévoient une zone d’évacuation initiale plus vaste que celle prévue actuellement. Une fois l’éruption déclarée, la zone d’évacuation serait susceptible d’être modifiée en fonction de l’emplacement des bouches éruptives

On peut lire (en anglais, langue scientifique de référence) l’intégralité de cette étude fort intéressante à l’adresse suivante. Il suffit de cliquer sur l’image du Bulletin of Volcanology en haut, à droite de la page.

http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-011-0556-y#page-1

En lisant cette étude, je ne peux m’empêcher de penser à d’autres grandes métropoles qui, à travers le monde, se trouvent sous la menace de catastrophes naturelles : San Francisco (800 000 habitants) qui redoute en permanence le « Big One », séisme qui provoquerait des dégâts considérables. Même chose pour Istanbul et ses 13 millions d’habitants qui est livrée aux caprices de la faille nord-anatolienne. Naples, dont l’agglomération compte plus de 4 millions d’habitants, subira un jour ou l’autre la colère du Vésuve. Seattle (630 000 habitants) et ses pôles industriels se trouve à peu de distance du Mont Rainier où le feu couve sous la glace. Ce ne sont que quelques exemples auxquels il faudrait ajouter les villes côtières (la Nouvelle Orléans par exemple) de plus en plus à la merci des tempêtes et qui devront, dans un avenir très proche, faire face à la montée des eaux des océans.