Détournement de la lave à Hawaii? Demandez d’abord à Madame Pele! // Lava diversion in Hawaii? Ask Madame Pele first!

drapeau francaisComme je l’ai écrit précédemment, la lave continue à avancer lentement et menace Pahoa pour la première fois depuis 1840. Beaucoup de gens se demandent si on pourrait faire quelque chose pour arrêter ou dévier le cours de la lave et l’empêcher de détruire des structures telles que MarketPlace, le petit centre commercial de Pahoa.
Une chose est sûre: On ne peut pas arrêter une coulée de lave. Quoi que l’on fasse, la lave ira de l’avant comme un rouleau compresseur.
En ce qui concerne le détournement d’une coulée de lave du Kilauea, deux questions majeures doivent être posées:
(1) Est-ce techniquement réalisable et souhaitable?
(2) Les réalités économiques, juridiques, politiques et culturelles doivent-elles être prises en compte, en sachant que toute décision visant à interférer avec la Nature et avec l’activité de Pele sera toujours critiquée ?
Des détournements de lave ont été effectués avec succès en Italie et en Islande, mais ils ont été cautionnés par le gouvernement. De plus, le détournement de la lave n’est possible que lorsque le terrain est favorable et lorsqu’elle sera envoyée vers des terres qui n’ont guère de valeur économique, en sachant qu’il faut du temps pour prévoir et effectuer une telle opération.

Trois méthodes ont été utilisées pour détourner les coulées de lave avec succès dans le passé: (1) L’utilisation d’explosifs pour perturber l’alimentation dans les tunnels près de bouches éruptives, loin des fronts d’écoulement de la lave (Etna 1983 et 1992); (2) l’application de grandes quantités d’eau sur les fronts de coulées pour les refroidir et former des barrières de lave solidifiée, comme en Islande en 1973; et (3) la construction de structures faisant obstacle à l’avancement de la lave afin de l’orienter vers des trajectoires moins destructrices.
Aucune des deux premières options ne semble convenir à la situation actuelle sur le Kilauea. La construction de digues à l’aide de bulldozers pourrait être la meilleure option dans le secteur de Pahoa. Toutefois, en ce qui me concerne, j’ai des doutes sur cette dernière technique car la pente près de cette localité est très faible et je crains qu’elle ne soit pas suffisante pour entraîner la lave dans une autre direction.
Des détournements de lave ont été tentés à plusieurs reprises à Hawaii : opérations de bombardement en 1935 et 1942 ; construction de digues de terre en 1955 et 1960 ; mais aucune de ces tentatives n’a été bien planifiée et elles ont toutes échoué.
Pour des raisons juridiques évidentes, le détournement d’une coulée de lave ne peut être décidé que par des entités gouvernementales. Des tentatives indépendantes pour protéger des biens sont fortement déconseillées car un tel détournement vers la propriété de quelqu’un d’autre comporte invariablement des questions de responsabilité.
Dans le cas d’Hawaii, il faut aussi prendre en compte les avis des autochtones. La plupart des Hawaïens vous diront que « vous pouvez jouer avec Pele si vous voulez, mais la déesse n’en fera qu’à sa tête. » Les tentatives de détournement de lave à Hawaii demandent obligatoirement la présence de personnes qui connaissent bien les traditions locales et qui pourront dire à Pele ce qu’il est souhaitable qu’elle fasse. La Princesse Ruth est un bon exemple de telles pratiques. En juillet 1881, elle a parlé à Pele depuis les Halai Hills et la déesse a empêché une coulée de lave du Mauna Loa de pénétrer dans Hilo!
Il est prévu que les volcanologues, les ingénieurs, la Protection Civile et des experts juridiques se réunissent bientôt pour discuter des options d’un détournement de lave et faire des recommandations au gouvernement. Cependant, il probablement trop tard maintenant pour protéger les structures du MarketPlace de Pahoa, et la Route 130 risque fort d’être coupée si l’éruption se poursuit. Par la suite, si des milliers de foyers sont menacés quand la lave se dirigera vers la mer, il sera fortement souhaitable d’évaluer assez tôt la faisabilité d’un détournement de lave.

Note inspirée d’un article paru dans le journal Hawaii Tribune Herald.

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drapeau anglaisAs I put it before, lava keeps moving slowly and is threatening property in the Pahoa area for the first time since 1840. Many people are wondering whether something could be done to stop or divert lava and prevent it from destroying structures such as MarketPlace, the small shopping centre of Pahoa.

There is one sure thing: You cannot stop a lava flow. Whatever you do, lava will move forward like a steamroller.

As far as the diversion of a Kilauea lava flow is concerned, two main questions need to be asked:

(1) Is it technically feasible and the right thing to do?

(2) Economic, legal, political and cultural realities also must be evaluated, with the realization that any decision to “mess with Mother Nature” and to interfere with Pele’s activity will always be controversial.

Lava diversion has been successfully carried out in Italy and Iceland, but only after major, government-supported efforts. Lava diversion is only feasible when the terrain is favourable, where there are lesser-value lands downslope toward which flows can be directed, and when sufficient time is available to carefully plan and carry out the operations.

Three methods to divert lava flows have been used successfully in the past: (1) Use of explosives to disrupt lava flow supply conduits near eruptive vents, far from flow fronts (Etna 1983 and 1992) ; (2) application of large volumes of water on flow fronts to thicken flows and to form barriers of frozen lava (Iceland 1973); and (3) construction of structures at advancing flow fronts to deflect flows toward less destructive paths.

Neither of the first two options seem appropriate for the current situation on Kilauea. The construction of bulldozed berms to minimize losses might be the best option in the Pahoa area. As far as I’m concerned, I have my doubts about this technique as the slope near Pahoa is quite gentle and not sufficient to lead lava another way.

Lava diversion has been attempted several times in Hawaii (bombing operations of 1935 and 1942; barrier construction in 1955 and 1960), but none of these attempts were well-planned, and all failed.

Because of the legal issues involved, however, lava diversion can only be attempted by government entities. Independent efforts to protect one’s property are ill-advised, since diversion of lava onto someone else’s property by private individuals will invariably involve liability issues.

The opinions of Hawaiian people about the question of lava diversion must be seriously considered. Most Hawaiians say “you can mess with Pele if you want, but she’s going to do what she wants to do in any event.” Any such attempts should involve Hawaiian practitioners who know best how to explain to Pele what they would like her to do. Princess Ruth set a good example in July 1881 when she spoke to Pele from the Halai Hills and stopped a Mauna Loa lava flow from entering Hilo!

Volcanologists, engineers, emergency agencies and legal experts should meet soon to discuss options for lava diversion, and to make recommendations to government. However, there might not be time now to protect structures at the Pahoa Marketplace, and Highway 130 will be cut in any event if the eruption continues, but if thousands of homes are eventually threatened on the seaward side of Pahoa, it would be good to have evaluated the options for lava diversion in advance.

Adapted from an article in the Hawaii Tribune Herald.

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Etna 1992: Les soldats préparent l’introduction de blocs de béton dans les tunnels de lave.

(Photos:  C.  Grandpey)

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Discussion avec Franco Barberi à propos de ce qui a été baptisé « l’opération thrombose ».

(Photo:  C.  Trarieux)

Le Festival de Montier-en-Der 2014: Pas un très grand cru !

Comme les années précédentes, je me suis rendu au Festival de Photo Animalière et de Nature de Montier-en-Der (Haute-Marne) – c’était la 18ème édition – mais je dois dire que je reste sur ma faim. Si les photos sont de bonne quelité pour la plupart, le bilan global n’a rien d’exceptionnel. Certaines images se feraient probablement « descendre » si elles apparaissaient dans les pages de critiques de revues spécialisées. Les coupures de pattes des animaux ou les cadrages trop centrés recevraient à coup sûr une volée de bois vert!

Il y a tout de même des points positifs. J’ai apprécié les images rétroéclairées à l’intérieur de l’Abbatiale et, pas très loin de là, celles de Yann Arthus Bertrand et Brian Skerry, bien qu’elles donnent une impression de déjà vu. Je n’oublierai pas non plus les ours polaires de Rémi Marion, même si plusieurs images étaient déjà présentées lors de festivals précédents. Pour en finir avec les compliments, j’ai bien aimé les photos d’orages de Xavier Delorme exposées à la Salle des Fêtes de Droyes.

En revanche, je n’apprécie guère l’espace de plus en plus important accordé aux agences de toutes sortes. Il est dommage que ces différents stands à but commercial ne soient pas réservés aux seuls photographes. Les organisateurs ne devraient pas oublier qu’ils ont mis sur pied un festival PHOTO. De la même façon, les photos sont quasiment absentes du centre UFOLEP de Giffaument qui est désormais occupé exclusivement pas les vendeurs de matériel optique ou photographique. Personnellement, j’avais apprécié encore récemment les photos qui étaient exposées dans ce lieu.

Vous l’aurez compris, je reviens un peu déçu de Montier. Heureusement que les grues étaient présentes en grand nombre cette année dans la région (environ 200 000 selon le comptage de la mi novembre!). Au final, le plus beau souvenir du festival 2014 sera peut-être le somptueux coucher de soleil du vendredi 22 novembre, avec de gigantesques vols de grues qui sortaient comme par magie de cette superbe lumière…

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Vue d’une exposition dans l’enceinte des haras de Montier.

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Les grues de Montier…

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22 novembre 2014:  Un ciel de feu photographié depuis la digue du Lac du Der.

(Photos: C.  Grandpey)

Dernières nouvelles d’Hawaii // Latest news from Hawaii

drapeau francaisJeudi 30 octobre (21 heures): Après avoir mis le feu à un hangar et une pile de pneus, la coulée du 27 juin continue de progresser vers le nord-est à travers une zone résidentielle entre Apa’a Street / Cemetery Road et Pahoa Village Road.
Dans sa dernière mise à jour, le HVO indique que deux nouvelles émissions de lave ont été observées sur le flanc ouest de la coulée, juste en amont de Apa`a Street. La première émission de lave est née à 150 mètres en amont de Apa`a Street et a avancé sur une centaine de mètres. Cette lave semble se diriger vers la maison d’un ranch et le front de cette coulée se situe à une cinquantaine de mètres de Apa`a où il pourrait menacer un deuxième poteau électrique. L’autre émission de lave s’est produite à 350 mètres en amont de Apa`a Street et n’a progressé que sur une cinquantaine de mètres.
Le front de lave côté Kalapana (autrement dit à l’est) se trouve à environ 60 mètres en amont de Cemetery Road mais est faiblement actif.

Il est clair que la lave progresse plus lentement que durant les derniers jours, mais elle continue à avancer. Globalement, elle progresse à raison de 9 mètres à l’heure en moyenne. Il est difficile de faire des prédictions, mais la Protection Civile pense qu’elle pourrait traverser la Pahoa Village Road dans 24 à 48 heures.
Environ 80 soldats de la Garde nationale ont été déployés sous les ordres de la police hawaiienne pour aider à maintenir la sécurité.
Pendant ce temps, des entreprises et des commerces continuent à fonctionner normalement à Pahoa. Les commerçants attendent de voir ce que va décider la lave. Un magasin se prépare même pour son ouverture à la mi-novembre en dépit de la lave qui menace d’isoler le District de Puna du reste de la Grand Ile. Le directeur a déclaré qu’il avait réduit son personnel qui va travailler avec des horaires différents de ceux initialement prévus.

Sources : HVO, Protection Civile, presse locale.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une belle galerie de photos mise en ligne par le Daily Mail:

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2815339/Amazing-aerial-photos-river-lava-verge-splitting-Hawaiian-town-two.html?ITO=1490&ns_mchannel=rss&ns_campaign=1490

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drapeau anglaisThursday October 30th (21:00): After consuming a shed and a pile of tires, the June 27th lava flow continues to advance to the northeast through a residential area between Apa’a Street/Cemetery Road and Pāhoa Village Road.

In its latest update, HVO indicates that two active breakouts were noted on the west side of the flow just upslope from Apa`a Street. The first originated from the margin about 150 metres upslope of Apa`a St., and has advanced about 100 metres. This breakout looks like it is headed for the ranch house. The front of this breakout was about 50 metres from Apa`a, and may threaten a second utility pole. The second breakout is 350 metres upslope of Apa`a Street and only extended out from the margin about 50 metres.
The lava flow lobe on the Kalapana side is about 60 metres upslope from Cemetery Road but is only weakly active.

Lava is moving forward more slowly than during the past days, but it is moving. Globally, it keeps advancing at an average rate of 9 metres an hour. It is difficult to make predictions but the Civil Defense thinks it might cross the road in 24 to 48 hours.

About 80 soldiers with the Hawaii National Guard have been deployed under the guidance of the Hawaii Police Department to help maintain security.

Meanwhile, many businesses in Pahoa were keeping their doors open as merchants wait to see what the lava does. One store is even getting ready for its grand opening in mid-November despite lava threatening to separate the area from the rest of the island. The manager said they were scaling back just due to the effect of the lava. So it’s going to be a smaller crew with different hours than initially planned.

Sources: HVO, Civil Defense, local newspapers.

By clicking on this link, you will see a great gallery of photos released by the Daily Mail:

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2815339/Amazing-aerial-photos-river-lava-verge-splitting-Hawaiian-town-two.html?ITO=1490&ns_mchannel=rss&ns_campaign=1490

Holuhraun (Islande): Envie de survoler l’éruption? // How about a flight over the eruption?

drapeau francaisLa situation n’a pas beaucoup évolué et le Met Office indique que l’éruption dans l’Holuhraun « continue avec la même intensité et avec le même débit de lave ».
La sismicité reste élevée sur le Barðarbunga où on observe toujours un affaissement de la caldeira voir l’autre note à propos de l’éruption).
Le principal problème avec  cette éruption est la pollution par les gaz car les émissions de SO2 sont susceptibles d’affecter les zones habitées. C’est également la raison pour laquelle le site de l’éruption a été fermé aux visiteurs. Pour les touristes, la seule solution est de prendre un avion ou un hélicoptère à Reykjavik ou à Akureyri. Voici quelques informations pratiques:

– Une virée en avion depuis l’aéroport de Reykjavík dure environ 2 heures et demie et vous coûtera 100 000 ISK, soit environ 655 euros. Nombre minimum de passagers: 2.
– Un circuit en avion au départ de l’aéroport de Akureyri dure environ 75 minutes et vous coûtera 60 000 ISK, soit environ 400 euros. Nombre minimum de passagers: 2 ou 3 (Le vol depuis Reykjavik n’est pas inclus dans le prix).
– Une balade en hélicoptère depuis l’aéroport de Reykjavík dure entre 2h30 et 3h30, et vous coûtera 239 900 ISK, soit environ 1571 euros. Nombre minimum de passagers: 3.

Voici ce que vous verrez depuis l’hélicoptère:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wN_Qfv7qp98

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drapeau anglaisThe situation has not much changed and the Met Office indicated that the eruption in Holuhraun “continues at a similar intensity and with similar lava flow”.

Seismicity is still elevated in the Barðarbunga caldeira where subsidence is still observed (see the other note about the eruption).

The main problem with the eruption is the gas pollution as SO2 emissions may affect populated areas. It is also the reason why the eruption site has been closed to visitors. The only way for tourists to see the eruption is to take a plane or a helicopter either from Reykjavik or from Akureyri. Here is some practical information:

– An airplane tour from Reykjavik Domestic Airport lasts about 2.5 hours and will cost you 100,000 ISK, or about 655 euros. Minimum passengers: 2

– An airplane tour from Akureyri Domestic Airport lasts about 75 minutes and will cost you 60,000 ISK, or about 400 euros. Minimum passengers: 2 or 3. (The flight from Reykjavik in not included in the price).

– A helicopter tour from Reykjavik Domestic Airport lasts 2.5 – 3.5 hours and will cost you 239,900 ISK, or about 1571 euros. Minimum passengers: 3.

Here is what you will see from the helicopter:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wN_Qfv7qp98

Barda-blog

L’éruption vue depuis les airs  (Crédit photo:  Wikipedia)