Sinabung (Indonésie): Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! // It’s an ill wind that blows nobody any good !

drapeau francaisOn peut lire dans le Jakarta Post un article qui donne envie à la fois de pleurer et de rire.

Il donne envie de pleurer au vu de la crise humanitaire qui est en passe d’affecter les 42 abris où s’entassent plus de 30 000 personnes évacuées suite à l’éruption du Sinabung. Je ne reviendrai pas sur leurs conditions de vie ; je les ai développées à plusieurs reprises dans des notes précédentes.

Alors que ces réfugiés se posent des questions sur leur avenir devenu de plus en plus problématique, les autorités indonésiennes ont l’intention de faire de l’éruption du Sinabung une attraction touristique ! Il est vrai que le tourisme a été lourdement affecté et que le taux d’occupation des hôtels de la région est en chute libre, jusqu’au lac Toba à plus de 100 kilomètres au sud du volcan.

Cette venue de touristes voudrait dire que des gens friqués viendraient côtoyer des villageois qui ont tout perdu. Certes, cette initiative apporterait de l’argent mais je ne suis pas certain, connaissant la corruption rampante en Indonésie, que les réfugiés en voient vraiment la couleur !

Toujours est-il qu’il est prévu de mettre en place des « points d’observation » du Sinabung – dans des zones sures, cela va de soi ! – pour permettre aux touristes d’admirer les humeurs du volcan…. si celui-ci est encore actif quand tout sera opérationnel !! Un musée présentera des objets récupérés dans la cendre. Il est d’ailleurs demandé aux habitants de ne pas se débarrasser des mobylettes et autres frigos endommagés afin de pouvoir les exposer.

On lit également dans l’article que les visites touristiques « devront être bien gérées », à la japonaise, ce qui prête à rire quand on connaît les qualités organisatrices des Indonésiens ! Je ne vois pas trop comment ils empêcheront les visiteurs de pénétrer dans la zone de danger. J’en connais qui fréquentent sans vergogne les zones volcaniques interdites à Hawaii ou sur l’Etna et qui sont déjà entrés sans encombre la zone de danger du Sinabung ! Comme me disait un jour l’un d’entre eux, « il est toujours facile de passer entre les mailles du filet »…

On ne sait pas comment se fera le financement de ce projet touristique. Certaines personnes bien informées disent que ce pourrait être à la fois à l’échelon national et local. A l’heure actuelle, l’Etat a investi 3,5 millions de dollars dans la catastrophe du Sinabung…

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drapeau anglaisI could read in the Jakarta Post an article that made me both want to cry and laugh.
It made me want to cry in view of the humanitarian crisis that is about to affect the 42 shelters crammed with more than 30,000 people who were evacuated following the eruption of Mount Sinabung. I will not dwell on their living conditions; I ‘ve described them several times in previous notes.
While these refugees are worrying about their future which is becoming become increasingly problematic, the Indonesian government intends to make the Sinabung eruption a tourist attraction! It is true that tourism has been heavily affected and the hotel occupancy rate in the region has dropped, as far as Lake Toba more than 100 kilometers south of the volcano.
This arrival of tourists would mean that rich people would live side by side with villagers who have lost everything. While this initiative would certainly bring money,  I ‘m not sure, knowing the rampant corruption in Indonesia, that the refugees would really see its colour !
Still, it is planned to implement  » observation points  » of Sinabung – in safe areas , of course – to allow tourists to enjoy the moods of the volcano …. if it is still active when everything is operational ! A museum would present objects recovered in volcanic ash. That’s why residents are asked not to get rid of mopeds and other damaged fridges in order to expose them.
You can also read in the article that the tour « will be well managed », in the Japanese way, which makes you laugh when you know organizing qualities of Indonesians ! I can’t imagine how they will prevent visitors from entering the danger zone. I know some people who  shamelessly visit prohibited volcanic areas in Hawaii or on Mount Etna and who have already entered the danger zone of Mount Sinabung ! As one of them said to me one day, « It is always easy to switch between the cracks  » …
No real information has been given about the funding of this tourism project. Some people said it could be both at the national and local level. At present, the state has invested $ 3.5 million in the Sinabung disaster…

Montier-en-Der: Un bon festival, mais…

Je rentre tout juste de Montier-en-Der (Haute-Marne) où le Festival Photo Animalière me laisse de plus en plus sur ma faim. Certes, les expositions proposées au public sont globalement de bonne facture, mais je trouve que l’on est tombé dans une espèce de banalité qui fait que l’on s’ennuie un peu. Je pense que les organisateurs auraient tout intérêt à dynamiser cette manifestation, au risque de voir le public se désintéresser un peu plus chaque année. J’avais déjà remarqué que la foule de visiteurs était moins dense en 2012 et j’ai fait la même constatation cette année. Il est vrai que le tarif d’entrée (15 euros pour une journée et 24 euros pour 2 jours n’est pas donné). Ne pas oublier que la crise est passée par là et qu’il faut aussi prévoir des frais d’essence et parfois d’hébergement.

Même si je ne suis pas enthousiaste, il faut tout de même reconnaître que le Festival de Montier-en-Der conserve un niveau tout à fait acceptable. A mes yeux, deux expositions sortent du lot cette année :

Les images du monde polaire du photographe allemand Thorsten Milse présentées en très grand format sont époustouflantes. Je vous conseille vivement de visiter son site (www.polar-world.de) où on peut les admirer en résolution plus faible (heureusement, sinon bonjour les vols!).

L’autre exposition concerne les flamants roses de Patrick et Marie Blin. La finesse des clichés est absolument remarquable.

Le biologiste marin Laurent Ballesta (bien connu grâce à l’émission de Nicolas Hulot Ushuaia Nature, aujourd’hui défunte) présentait des photos du monde animal rencontré dans les rivières et les plans d’eau de nos régions. La technique photo est bien sûr au rendez-vous mais, comme je le confiais à Laurent, je préfère les clichés réalisés dans les profondeurs des océans, tels qu’il les avait présentés à Montier il y a deux ou trois ans.

Si je devais donner un conseil aux organisateurs du Festival de Montier, ce serait le suivant: Au lieu de se concentrer à tout prix sur la vie animale (au fil des années, les renards, les chouettes et les petits oiseaux finissent par lasser), il serait peut-être intéressant de faire entrer des photos touchant à d’autres aspects de la Nature et de donner, par exemple, une place un peu plus large aux paysages ou aux quatre éléments qui sont actuellement réduits à la portion congrue dans le festival. Il serait peut-être bon de remplacer le mot « Animalière » par le mot « Nature » qui permettrait d’élargir les horizons.

Pour le reste, l’organisation est bonne, même si certains points peuvent être améliorés: L’accrochage des photos est parfois un peu léger (dans la Halle au Blé, par exemple); les traductions en français des légendes sont parfois bâclées et réalisées de toute évidence avec le traducteur Google!!

Le festival est l’occasion de rencontrer d’autres passionnés de Nature. Sans oublier les grues qui fréquentent encore en nombre important le Lac du Der et les environs à cette époque de l’année.

Par respect pour leurs auteurs, je ne photographie jamais les oeuvres exposées, même si certaines personnes utilisent sans vergogne leur téléphones portables, voire carrément leurs appareils photo.  En revanche, je photographie volontiers les grues, comme ce groupe d’oiseaux en train de se restaurer avant leur départ pour des cieux plus cléments…

Grues-Montier

 

Des volcans en Alsace, à Wittersdorf (Haut Rhin) !

Très honnêtement, je n’avais jamais entendu parler de Wittersdorf avant le week-end dernier! C’est un village alsacien de 800 habitants dans le Haut-Rhin, pas très loin de Mulhouse et de Cernay, patrie des regrettés Katia et Maurice Krafft. Je me suis rendu à Wittersdorf pour participer à une manifestation volcanologique qui fut une remarquable réussite. Le travail effectué par les 70 bénévoles de l’association « Culture et Solidarité » a largement contribué à ce succès. Un exemple à suivre!
Pendant une semaine, des centaines d’écoliers et des centaines de visiteurs sont allés dans la très grande salle polyvalente du village pour participer à des ateliers pour les uns, visiter des expositions, et/ou assister à des projections pour les autres. Les expositions montraient des photos rapportées des régions volcaniques du monde par certains organisateurs. On pouvait aussi admirer l’exposition prêtée par L’Association Volcanologique Européenne, sans oublier les photos de Katia et Maurice Krafft mises à disposition par le Conservatoire Régional de l’Image de Nancy. Des échantillons de roches complétaient le tableau. Les adhérents de L.A.V.E. et de la S.V.G. ont proposé des conférences et de magnifiques vidéos tournées, entre autres, en Islande, sur le Kawah Ijen et à Yellowstone. Les enfants des écoles ont participé à des ateliers où ils pouvaient confectionner eux-mêmes des volcans colorés en forme de kouglof alsacien.
Pour terminer, je tiens à remercier les organisateurs pour l’accueil qu’ils nous ont réservé. Un sacré week-end!!

Wittersdorf 01

Une vue de l’exposition…

Wittersdorf 02

… d’un atelier volcanique….

Wittersdorf 03

… et des volcans à la mode alsacienne !

(Photos:  C.  Grandpey)