Adhérez à L.A.V.E. !

Noël et le 1er de l’An sont l’époque des cadeaux et des étrennes. Pourquoi ne pas vous offrir, ou offrir à des amis amoureux des volcans, une adhésion à L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) ?

Cette association permet d’entrer en contact avec d’autres volcanophiles, et même de les rencontrer au cours de divers événements..

La revue LAVE – qui vient de publier son numéro 200 ! – propose des études scientifiques, des récits de voyages, des documents artistiques, et bien d’autres choses.

https://www.facebook.com/groups/334486811148137

L’Association possède bien sûr un site web accessible en cliquant sur ce lien :

http://www.lave-volcans.com/

Vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour une adhésion à l’association :

http://www.lave-volcans.com/intro_adh.html

Bonnes fêtes à tous!

Manque de neige sur nos montagnes

Je l’ai toujours dit : c’est quand les gens ne pourront plus skier qu’ils prendront réellement conscience du réchauffement climatique. Beaucoup de mes compatriotes affichent un certain sourire et pas mal de scepticisme quand je leur mets sous le nez les statistiques à propos de la fonte de la banquise et des glaciers car ils ne se sentent pas vraiment concernés. L’Arctique c’est loin, et c’est fatigant de grimper les flancs d’une montagne pour aller observer un glacier.

Par contre, quand ces mêmes personnes vont se rendre compte qu’elles se peuvent plus aller se faire bronzer en hiver sur les pistes de poudreuse des Alpes, elles vont commencer à se poser des questions.

La situation en cette fin novembre 2020 n’est guère réjouissante dans les Alpes pour les passionnés de ski.

A cause de la pandémie de Covid-19 les stations de ski n’ouvriront pas pour Noël.

De plus, la persistance actuelle des conditions anticycloniques empêche la neige de tomber, sans oublier la rareté des chutes de pluie qui risque fort de poser des problèmes d’alimentation en eau l’été prochain. On va bien sûr me dire que c’est encore loin et qu’on a le temps d’y penser…

Toujours est-il que la station savoyarde de Val d’Isère est inquiète. Elle devait accueillir les 5 et 6 décembre 2020 son traditionnel Critérium de la Première Neige avec deux slaloms géants hommes dans le cadre de la Coupe du monde de ski alpin, puis un super-G et une descente hommes les 12 et 13 décembre, et enfin deux descentes et un super-G femmes du 18 au 20 décembre.

La situation actuelle n’incite pas à l’optimisme, avec en particulier le manque d’enneigement sur la piste Oreiller-Killy et les perspectives peu favorables des prochains jours. Il n’est pas prévu de précipitations neigeuses abondantes et les températures trop élevées à cause d’un phénomène d’inversion thermique (il fait plus chaud en haute altitude que dans les vallées)  restreignent la production de neige de culture.

La Fédération Internationale de Ski est consciente de ces incertitudes et étudie des solutions de repli à l’étranger – probablement à Santa Caterina (Italie) – pour les deux géants hommes.

A noter que la situation de l’enneigement  est également délicate à Courchevel où sont programmés deux géants dames  les 12 et 13 décembre.

Le manque de neige est aussi criant dans les Pyrénées où les températures incitent plus à se promener en t-shirt qu’en anorak.

Inutile d’ajouter que, si le manque de neige se poursuit pendant l’hiver, la situation sera encore plus délicate pour les stations de moyenne et basse altitude. Je ne voudrais pas être un oiseau de mauvaise augure, mais au vu de l’évolution climatique actuelle, je déconseillerais aux responsables des stations de se lancer dans des investissements coûteux en enneigeurs et remontées mécaniques supplémentaires.

Image webcam de la célèbre Face de Bellevarde à Val d’Isère le 26 novembre 2020. Les enneigeurs ont bien du mal à compenser le manque de neige naturelle.

Une idée folle ?!

Tout le monde connaît le tempérament fantasque du Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. Le volcan vient encore de nous en donner la preuve. Au vu de la dernière crise sismique et de l’inflation de l édifice volcanique qui l’accompagnait, l’Observatoire annonçait qu’une éruption était « probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.» Pas de chance, l’humeur du volcan en a décidé autrement et plusieurs jours après cette crise sismique, on assiste à un retour au calme

On le sait : le volcan est taquin ; il adore jouer avec les nerfs, surtout ceux des scientifiques en poste à Bourg-Murat. Alors,  pourquoi ne jouerait-on pas avec lui ? En Alaska, on joue avec la débâcle du fleuve Yukon et de la rivière Nenana. Ces cours d’eau sont gelés pendant l’hiver. Un trépied est alors installé sur la couche de glace épaisse et relié à une horloge par un fil. Les paris – comme le Nenana Ice Classic – sont ouverts jusqu’à une date donnée pour déterminer la date (jour et heure) exacte à laquelle le trépied sera déstabilisé par le dégel. Le gagnant empoche la somme ainsi récoltée. J’aurais aimé participer ; malheureusement, les paris sont réservés aux seuls Etats-Uniens.

Pourquoi n’organiserait-on pas de tels paris à propos des éruptions du Piton de la Fournaise ? Une fois une éruption terminée, on pourrait essayer de déterminer la date de la suivante, avec comme date butoir le premier bulletin de l’Observatoire annonçant un possible réveil du volcan.

Bien sûr, nous sommes en France ; il faudrait se mettre en conformité avec la loi et éviter toutes les tricheries possibles, ce qui ne sera pas une mince affaire. Il faudrait aussi savoir quel organisme serait habilité à recueillir l’argent des paris et le restituer au gagnant.

Dans le cas présent, la date butoir pour les paris aurait été le 16 juin 2020, jour où l’OVPF a signalé une reprise de la sismicité sur le volcan….

Confluent du Yukon et de la Klondike à Dawson City au moment de la débâcle (Photo : Sebastian Jones)

Cratère Dolomieu (Photo : C. Grandpey)

La station de ski du Mont-Dore (Puy-de-Dôme) en redressement judiciaire !

Les vacances de février se terminent dans une semaine, avec un bilan dans le rouge pour la station de ski du Mont-Dore. On sentait que la décision allait être inévitable et elle vient d’être prise le 26 février 2020 : la société des Remontées mécaniques va mettre en place dans les prochains jours une procédure de redressement judiciaire pour sauvegarder les emplois. Le pire est évité car la station ne va pas fermer. La décision a été prise car, en raison des conditions climatiques qui ont perduré cette saison, la situation n’était plus tenable.  On ne comptabilise que deux jours de ski à Noël et quatre en janvier, avec des températures trop élevées pour faire fonctionner les canons les canons à neige. Au bout du compte, la saison hivernale est une catastrophe.

La SAEM du Mont-Dore comptait au 24 février un déficit de 625 000 euros alors que les vacances de février représentent quasiment 65 % du chiffre d’affaires de la saison. La station est actuellement à 21 % de ses objectifs. Sur une bonne saison, le chiffre d’affaires atteint 5 millions d’euros en hiver et de 900 000 euros durant l’été.

Pour l’instant, les emplois de la fin de saison ne sont pas remis en cause. L’été se déroulera avec un effectif a minima, sans saisonniers, pour redresser la barre en attendant de pouvoir développer un tourisme alternatif. Comme le fait remarquer l’un des responsables de la station, il s’agit de choix stratégiques auxquels sont confrontées de nombreuses stations de moyenne montagne face au réchauffement climatique. Comme je l’ai expliqué précédemment, la limite pluie-neige, qui détermine l’enneigement d’une station, est passée de 1200 mètres d’altitude dans les années 1960 à environ 1500 mètres aujourd’hui. En conséquence, les stations au-dessous de cette altitude ont du souci à se faire quant à la pérennité de leurs activités de ski. Il faut qu’elles investissent au plus vite dans des infrastructures qui leur permettent de diversifier leurs activités. C’est toute l’économie des stations de moyenne montagne qui est chamboulée.

Certains reprochent à la station du Mont-Dore de ne pas avoir su anticiper la hausse des températures et la baisse de l’enneigement. Peut-être n’aurait-il pas fallu investir autant d’argent (18 millions d’euros en 18 ans) dans des enneigeurs qui ne servent plus à grand-chose maintenant, mais personne ne pensait que la situation se dégraderait aussi vite.

Comme beaucoup de stations, le Mont-Dore va donc devoir développer une stratégie de diversification des activités proposées aux visiteurs comme a su le faire Super Besse, sa voisine du Sancy.

Source : Presse locale.

Il a neigé un peu ces derniers jours, mais c’est très insuffisant pour combler le déficit d’une saison hivernale catastrophique (vue webcam des pistes de ski du Mont Dore le 28 février 2020 au matin)