Hawaii: Vive l’hélicoptère pour visiter le Parc des Volcans!

drapeau francaisLa fermeture du Parc National des Volcans d’Hawaii paralyse plusieurs entreprises locales qui tirent leurs revenus des visiteurs du parc. En temps normal, quelque 4500 personnes visitent le Parc chaque jour et laissent 265.000 dollars dans l’économie locale. 

En revanche, les ventes de vols en hélicoptère montent en flèche. En effet, tant que le blocage budgétaire maintient le parc national fermé, la seule façon de voir l’activité volcanique du Kilauea est un survol à bord d’un hélicoptère. Les revenus des agences d’hélicoptères de Big Island sont en hausse de 15 à 25 pour cent.     

En raison de la fermeture, les visiteurs du point d’observation de Kalapana (en dehors du Parc) ont plus que doublé. Des efforts sont faits pour garder le site ouvert cinq heures de plus chaque jour et la police a intensifié les patrouilles dans la zone.
En fait, il y a très peu à voir à Kalapana ces jours-ci. Quelques points d’incandescence sont visibles sur la partie supérieure du pali, mais il n’y a pas de coulées de lave coule sur la plaine côtière, ni aucune entrée dans l’océan. La zone active – dont l’accès est assez difficile – se trouve actuellement au nord de Pu’uO’o où la lave brûle encore les arbres aux abords de la forêt.
Il est dommage que les visiteurs ne puissent pas accéder à la terrasse du Jaggar Museum qui est le meilleur endroit pour voir la lueur du lac de lave à l’intérieur de cratère de l’Halema’uma’u . À l’heure actuelle, son niveau est assez bas, à environ 50 mètres au-dessous de la lèvre de la bouche active.

En dehors du Parc des Volcans sur La Grande Ile, d’autres sites hawaïens sont fermés suite au « shutdown »: Puuhonua o Honaunau National Historical Park, sur la côte ouest de la Grande Ile; l’USS Arizona Memorial à Pearl Harbor; l’Haleakala National Park à Maui.

Source: KITV et HVO.

 

drapeau anglaisThe closure of Hawaii Volcanoes National Park is hurting several local businesses that rely on park visitors, but it’s also propelling sales at helicopter operators. As long as the shutdown keeps the national park closed, the only way to see volcanic activity at Kilauea is flying over it on board a helicopter.  The business of BigIsland‘s helicopter tour companies is up 15 to 25 percent. About a dozen of Hawaii Volcanoes National Park’s 150 or so employees are still working… mainly to keep visitors out, turning away about 200 cars a day. Normally, about 4,500 people visit the park each day and dump 265,000 dollars into the local economy.     Because of the park’s closure, visitors at the lava-viewing area in Kalapana have more than doubled. Efforts are made to keep it open five hours longer each day. Police have stepped up patrols in the area.  

Actually, there is very little to be seen at Kalapana these days. A few incandescent patches are visible on the upper part of the pali but no lava is flowing on the coastal flat or entering the ocean. The active area – whose access is quite difficult – currently lies north of Pu’uO’o where lava is still burning trees on the outskirts of the forest.

It’s a pity visitors can’t get to the terrace of the JaggarMuseum which is the best place to see the glow of the lava lake within Halema’uma’u Crater. At the moment, its level is fairly low, about 50 metres below the rim of the active vent.

Beside the Volcanoes National Park on Big Island, other Hawaiian sites are closed because of the shutdown: Puuhonua o Honaunau National Historical Park, on the western coast of Big Island; USS Arizona Memorial in Pearl Harbor; Haleakala National Park in Maui.

Source: KITV and HVO.

Coulees-helico

L’hélicoptère: un bon moyen pour survoler les coulées de lave du Kilauea  (Photo:  C. Grandpey)

Nouvelle approche du volcanisme hawaiien // A new approach to Hawaiian volcanism

drapeau francaisUne étude récente menée par des chercheurs des universités d’Hawaï et de Rhode Island donne un nouvel éclairage sur la formation de l’archipel hawaiien. Selon les scientifiques qui ont réalisé cette étude, ce sont les éruptions de surface, autrement dit l’extrusion de lave, qui font grandir les volcans hawaïens, plutôt que la mise en place interne du magma, comme on le pensait auparavant.
Avant cette étude, la plupart des scientifiques pensaient que les volcans hawaïens se développaient principalement en interne, par intrusion du magma dans la roche encaissante et solidification avant qu’il atteigne la surface. Bien que ce phénomène se produise effectivement, par exemple le long de l’East Rift Zone (ERZ) du Kilauea, il ne semble pas être représentatif de l’histoire globale de la formation des îles hawaïennes. Les estimations précédentes (mise en place interne du magma par opposition au débit de lave émise en surface) étaient basées sur des observations sur un laps de temps très court, au sens géologique.
Les chercheurs ont comparé des relevés gravimétriques historiques avec des enquêtes plus récentes effectuées sur la Grande Ile d’Hawaii et sur l’île de Kauai, ainsi que des relevés maritimes fournis par le Centre National de Données Géophysiques. Ces ensembles de données ont permis aux scientifiques d’examiner des processus sur des périodes de temps plus longues.

Il semblerait que les processus à court terme observés actuellement à Hawaii (qui ont tendance à être plus intrusifs) ne représentent pas le caractère prédominant de l’activité volcanique. Cela voudrait dire que, sur le long terme, l’East Rift Zone du Kilauea verra moins d’activité sismique et plus d’activité éruptive qu’on pensait auparavant. L’éruption en cours depuis 30 ans le long de l’ERZ pourrait se prolonger pendant de nombreuses décennies.

Il sera intéressant de savoir comment le rapport intrusif / extrusif influe sur la stabilité des flancs du volcan. On sait que des effondrements se produisent ; ils peuvent aller d’un effondrement de grande ampleur sur le flanc du volcan jusqu’à de simples effondrements de la banquette littorale sur la côte sud de la Grande Ile. Si la majorité des îles se sont formées à partir de flux extrusifs de faible ampleur, alors cela expliquerait certains effondrements qui ont été documentés.
Cette nouvelle approche du volcanisme hawaiien pourrait être utilisée comme point de départ pour d’autres études de la croûte terrestre dans les îles hawaïennes.

Source : Science Daily.

 

drapeau anglaisA recent study by researchers from the Universities of Hawaii and Rhode Island sheds new light on the formation of the Hawaiian Islands . According to the scientists who conducted this study, surface eruptions, i.e. the extrusion of lava, are growing the Hawaiian volcanoes, rather than the internal emplacement of magma , as previously thought.
Before this study, most scientists believed that Hawaiian volcanoes grew mainly internally by intrusion of magma into the surrounding rock and solidification before it reaches the surface. Although this phenomenon actually occurs , for example along the East Rift Zone ( ERZ ) of Kilauea, it does not seem to be representative of the overall history of the formation of the Hawaiian Islands. Previous estimates (internally emplaced magma versus extrusive lava flow) were based on observations over a very short period of time , in the geological sense .
The researchers compared historical gravimetric surveys with more recent surveys on the Big Island of Hawaii and Kauai , as well as marine surveys provided by the National Geophysical Data Center. These data sets have enabled scientists to examine processes on longer periods of time .
It seems that the short-term process currently observed in Hawaii (which tends to be more intrusive ) does not represent the predominant character of volcanic activity . This would mean that, in the long term, the East Rift Zone of Kilauea will show less seismic activity and more eruptive activity than previously thought . The ongoing eruption (30 years long) along the ERZ could last for many more decades .
It will be interesting to see how the intrusive / extrusive ratio affects the stability of the flanks of the volcano. We know that collapses occur; they can range from a large-scale collapses on the flank of the volcano to minor collapses of the coastal bench on the south coast of the Big Island . If the majority of the islands are formed from small-scale extrusive flows, this would explain some collapses that have been documented.
This new approach to Hawaiian volcanism could be used as a starting point for further studies of the crust in the Hawaiian Islands .
Source: Science Daily .

Banquette-littorale

Arrivée de lave sur la banquette littorale  (Photo:  C.  Grandpey)

 

Mauna Loa & Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLa situation est actuellement stable sur le Kilauea et le Mauna Loa. Il ne semble pas que la baisse récente d’activité du Kilauea ait un effet sur le comportement de son voisin.

Dans son dernier bulletin résumant l’activité du Mauna Loa, le HVO indique qu’aucune déformation de l’édifice n’a été décelée par les instruments. La sismicité reste un peu élevée dans la zone sommitale ainsi que sur le rift sud-ouest où plusieurs événements superficiels ont été enregistrés. L’Observatoire rappelle qu’un essaim sismique incluant plus de 300 secousses a été détecté début septembre à l’ouest du Mauna Loa.

Les émissions gazeuses sont stables. La température des fumerolles du cratère Mokuaweoweo est passée de 73°C à 70°C au cours du mois de septembre.

S’agissant du Kilauea, la coulée Kahauale`a 2 continue à brûler la forêts au nord du Pu’uO’o tandis que la coulée Peace Day au SE ne montre que quelques bouches éphémères au-dessus du sommet du pali. Aucune entrée de lave n’est observée dans l’océan depuis plusieurs semaines.

Source : HVO.

 

drapeau anglaisThe situation is currently stable both on Kilauea and Mauna Loa. It seems the recent decrease in Kilauea’s activity did not have any effect on Mauna Loa’s behaviour.

In its latest update summarizing activity at Mauna Loa, HVO indicates that no deformation of the edifice has been observed. Seismicity is still slightly elevated in the summit area and along the SW rift zone where several shallow events have been recorded. The Observatory reminds us that a swarm to the west of Mauna Loa summit produced over 300 events in early September.
Gas emissions are stable. The temperature of the fumaroles within Mokuaweoweo varied between 73°C near the beginning of the month, down to 70°C at the end of September.

As far as Kilauea is concerned, the Kahauale`a 2 lava flow keeps burning forest north of Pu`u `O`o. The Peace Day flow southeast of Pu`u `O`o shows small breakouts above the top of the pali. No lava has been entering the ocean during the past weeks.

Source: HVO.

 Coulee Hawaii

(Photo:  C.  Grandpey)

Kilauea, alizés et pollution… // Kilauea volcano, trade winds and pollution…

drapeau francaisOn peut lire sur le site West Hawaii Today un article très intéressant sur les effets que peut avoir sur le climat l’éruption actuelle du Kilauea
L’ouverture du pit crater de l’Halema’uma’u en 2008 a entraîné une augmentation de la pollution volcanique du Kilauea. L’émission accrue de gaz et de particules volcaniques a affecté l’agriculture ainsi que les milieux naturels et humains. Les pannes fréquentes d’alizés entre mars et mai 2013 ont causé des problèmes environnementaux aux habitants de l’est d’Hawaï mais aussi aux producteurs agricoles dont les cultures et le bétail ont subi les effets des panaches volcaniques.
Il est évident que le régime des alizés a changé au cours des 30 dernières années. Des chercheurs de l’Université de Hawaii ont récemment montré une diminution de fréquence des vents du nord-est qui ont pris une orientation plus à l’est. Même si les habitants d’Hawaï sont habitués à l’absence d’alizés, le véritable impact de ce subtil changement apparaîtra avec le temps. En plus des effets du climat et de la météo sur la répartition des émissions du Kilauea, il faut également tenir compte de leur impact potentiel sur les conditions météorologiques et le climat local et régional, ainsi que sur l’équilibre énergétique de la Terre.
Les aérosols tels que ceux associés aux émissions du Kilauea peuvent modifier directement la capacité de la Terre à réfléchir le rayonnement par absorption et diffusion du rayonnement solaire. Ils peuvent aussi affecter indirectement la quantité de rayonnement réfléchi vers l’espace en augmentant la quantité de nuages et leur capacité à réfléchir le rayonnement. Ces processus indirects, qui ne sont pas encore bien quantifiés, ont un effet important sur l’équilibre énergétique de la Terre.
Les éruptions du Kilauea servent actuellement de terrain d’étude sur l’impact des aérosols sur le climat de la Terre. De récentes études effectuées depuis l’espace sur les effets atmosphériques du panache du Kilauea ont montré que la répartition des cumulus générés par les alizés est très sensible à la présence d’aérosols. Il semble donc que les éruptions permanentes, comme celle du Kilauea, peuvent avoir un effet plus important sur le climat qu’on ne le pensait précédemment.
Ces nouvelles études ont des implications potentiellement considérables: elles peuvent nous aider à comprendre comment des volcans qui, comme Kilauea, dégazent continuellement, contribuent à façonner le climat régional et mondial, ; elles  permettent aussi d’obtenir de meilleurs modèles climatiques.

 

drapeau anglaisOne can read on the West Hawaii Today website a very interesting article about the effects on the climate of Kilauea volcano’s current eruption

The opening of Halema’uma’u pit crater in 2008 led to a rise in the amount of volcanic pollution from Kilauea. The increased emission of volcanic gases and particles has affected agriculture, as well as the natural and human environments. The frequent absence of trade winds during March through May 2013 caused environmental problems to East Hawaii residents and agricultural producers whose crops and livestock were impacted by volcanic plumes.

There is evidence the trade wind regime has changed in the last 30 years. Researchers from the University of Hawaii have recently shown a decrease in the frequency of the northeasterly trades, with a shift to more easterly winds. While Hawaii residents are familiar with the effects of absent trade winds, the full impact of this more subtle change will be revealed with time. In addition to considering the effects of climate and weather on the distribution of Kilauea’s emissions, it is also important to consider their potential impact on local and regional weather and climate, as well as on the Earth’s energy balance.

Aerosols such as those associated with Kilauea’s emissions, can directly modify the Earth’s ability to reflect radiation by absorbing and scattering incoming solar radiation. They can also indirectly affect the amount of incoming radiation reflected back into space by increasing the amount of clouds and their ability to reflect radiation. These indirect processes, while not well quantified, have an important effect on Earth’s energy balance.

Kilauea’s eruptions are currently serving as a natural experiment for exploring the impact of aerosols on the Earth’s climate. Recent space-based studies examining the atmospheric effects of Kilauea’s plume have shown that trade wind cumulus cloud patterns are very sensitive to the presence of aerosols; thus, continuous eruptions, such as Kilauea’s, may have a greater effect on climate than previously thought.

These new findings have potentially far-reaching implications: they can help shape our understanding of how continuously degassing volcanoes, such as Kilauea, contribute to regional and global climate and lead to improved climate models.

Kilauea-panache

Le panache de l’Halema’uma’u empoisonne l’atmosphère hawaiienne  (Photo:  C. Grandpey)