Vatnajökull (Islande): Eruption sous-glaciaire en vue?

drapeau francais6 heures: On observe depuis quelques heures une forte augmentation de la sismicité dans la partie nord du glacier Vatnajökull. Il ne serait pas surprenant qu’une éruption sous-glaciaire se produise dans le court terme, probablement au niveau du volcan Bardarbunga.

L’essaim sismique a débuté vers 3 heures du matin le 16 août avec des événements à faible profondeur qui oscillent autour de M 1,5 pour la plupart, avec quelques secousses supérieures à M3, signalées par une étoile sur la carte ci-dessous. La situation est semblable à celle qui a précédé l’éruption du Grimsvötn en 2011 (Photos: http://en.vedur.is/earthquakes-and-volcanism/articles/nr/2185). De plus, les stations GPS installées sur le Vatnajökull montrent des déformations horizontales et verticales depuis le début du mois de juin, ce qui trahit des mouvements de magma sous le volcan Bardarbunga.

En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune.

12 h30 : A la mi-journée, l’activité sismique reste intense dans la partie septentrionale du Vatnajökull mais aucune dépêche ne fait état d’une éruption aérienne ou sous-glaciaire. Il ne semble pas y avoir de crue  (jokulhlaup en islandais) non plus. Rappelons qu’une éruption sous-glaciaire ne se manifeste pas forcément par des panaches de cendre. Elle peut rester discrète. On s’en rend d’ailleurs compte en consultant l’histoire éruptive du Bardabunga sur le site de la Smithsonian Institution. La dernière éruption officielle remonte à 1910. D’autres événements ont probablement eu lieu depuis mais ils sont répertoriés comme « incertains ».

22h30: L’essaim sismique continue ce soir, avec des événements qui ont peut-être perdu un peu de leur intensité, si l’on en juge par le diagramme diffusé par le Met Office. Ce dernier indique qu’il n’y a « actuellement aucun signe que le magma monte vers la surface ».

————————————————–

drapeau anglais6 o’clock: For a few hours, there has been a strong in seismicity in the northern part of Vatnajökull Glacier. A subglacial eruption might occur in the short term, probably at Bardarbunga volcano.

The seismic swarm started at about 3 a.m. on August 16th with shallow events around M 1.5 for most of them, with a few quakes above M 3 (stars on the map below). The situation is similar to the one that preceded the eruption of Grimsvötn volcano in 2011 (See photos: http://en.vedur.is/earthquakes-and-volcanism/articles/nr/2185).  Since early June 2014, displacements at GPS stations around Vatnajökull show an increased upward movement and away from Bárðarbunga, a sure sign of magma movements beneath this volcano.

As a consequence, the aviation colour code has changed from Green to Yellow.

12:30: At midday, seismic activity remains intense in the northern part of Vatnajökull but no press report indicates an aerial or subglacial eruption. There does not seem to be any flood (jokulhlaup in Icelandic) either. We need to keep in mind that a subglacial eruption is not necessarily accompanied by ash plumes. It can remain discreet. This becomes clear when one consults the eruptive history of Bardabunga volcano on the website of the Smithsonian Institution. The last official eruption was in 1910. Other events have probably occurred since, but they are listed as « uncertain. »

22:30: The seismic swarm continues tonight with events that may have lost some of their intensity, judging from the diagram released by the Met Office which declares that « presently there are no signs of magma moving to the surface ».

Vatna-aout-2014

Source: Icelandic Met Office.

Askja (Islande) : Un glissement de terrain a-t-il causé la mort de deux géologues allemands en 1907 ? //Did a landslide cause the deaths of two German geologists in 1907?

drapeau francaisLe 10 juillet 1907, deux scientifiques allemands ont mystérieusement disparu alors qu’ils étudiaient l’Öskjuvatn, le lac qui occupe la caldeira de l’Askja. Un groupe de trois hommes – un étudiant en géologie, un géologue professionnel et un peintre – se trouvaient dans la région de l’Askja à l’époque. Selon le journal Morgunbladid publié le jour du 100ème anniversaire de la tragédie, l’étudiant en géologie travaillait quelque part sur les montagnes au nord du lac tandis que le géologue et le peintre naviguaient dans une petite embarcation sur l’Öskjuvatn.
Lorsque l’étudiant de géologie revint au camp, ses partenaires d’expédition et leur bateau avaient disparu. On a alors supposé qu’ils s’étaient noyés dans le lac, mais leurs corps n’ont jamais été retrouvés.
D’autres théories ont prétendu que l’étudiant en géologie avait assassiné ses partenaires, ou bien qu’un glissement de terrain ou un tremblement de terre avait causé leur mort. Certains ont raconté les avoir vus en vie deux semaines après leur disparition, tandis que d’autres ont affirmé que leurs fantômes hantaient la région de l’Askja.
Les recherches organisées l’année suivante ont été infructueuses. La seule trace des deux hommes d’aujourd’hui est un monument au nord-ouest du cratère Víti.
La tragédie est évoquée aujourd’hui car elle pourrait bien avoir un lien avec ce qui s’est passé il y a quelques semaines. Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, le 21 juillet, un pan de montagne d’environ un kilomètre de large s’est effondré pendant la nuit et a terminé sa course dans l’Öskjuvatn, soulevant plusieurs vagues de 30 mètres de hauteur qui sont venues s’écraser sur les rochers autour du lac, jusque dans le Víti, après avoir franchi la haute crête qui le sépare de Öskjuvatn. Selon les estimations, 50 millions de mètres cubes de terre se sont séparés de la montagne. Le Met Office islandais fait remarquer que c’est le plus grand glissement de terrain de l’histoire de l’Islande.
Des études indiquent que le sol avait commencé à se déstabiliser bien avant le glissement de terrain, mais le temps chaud qui prévalait dans la région dans les jours précédant l’événement a fait fondre rapidement la glace autour du lac et probablement accéléré le processus. Les couches de roches sur les pentes autour de l’Öskjuvatn sont plus jeunes que les autres parties de la caldeira, ce qui les rend moins stables. Il y a des signes de glissements de terrain antérieurs et d’autres éboulements sont susceptibles de se produire dans les prochaines années, les prochaines décennies ou les prochains siècles.
Les restrictions d’accès aux sentiers autour de l’Öskjuvatn ont été levées, mais la fréquentation du bord du lac implique un certain risque et les gens qui s’y trouvent doivent être conscients que, dans le cas d’un glissement de terrain jusque dans le lac, il suffit d’une ou deux minutes à un raz-de-marée pour le traverser, tandis qu’il faut dix secondes au bruit pour effectuer la même distance.
La mystérieuse disparition en 1907 doit être mis en relation avec les événements récents. En effet, un glissement de terrain provoquant un raz de marée dans l’Öskjuvatn aurait pu facilement renverser la petite embarcation dans laquelle se trouvaient les scientifiques allemands, les noyant dans le même temps.
C’est une théorie probable, mais le mystère de leur disparition ne sera probablement jamais résolu.

Source : Iceland Review.

 ————————————————

drapeau anglaisOn July 10th, 1907, two German scientists mysteriously disappeared while studying Öskjuvatn, the lake in Askja caldera. A party of three men including a geology student, a professional geologist and a painter, were in the Askja region at the time. According to the Morgunbladid newspaper issued on the day of the 100th anniversary of the tragedy, the geology student was studying the mountains to the northeast of the lake while the geologist and the painter were sailing in a small boat on Öskjuvatn.

When the geology student returned to the camp, his expedition partners and their boat were gone. It was assumed that they had drowned in the lake but their bodies have never been found.

Further theories suggested that the geology student had murdered his partners, or that a landslide or an earthquake had caused their death. Some reported to have seen them alive two weeks after the disappearance, while others claimed their ghosts have since haunted Askja.

The research that was organised the following year was fruitless. The only trace of the two men today is a memorial which stands just northwest of the crater Víti.

The tragedy is all the more remembered today as it might be connected to what happened a few weeks ago. As I explained it in a previous note, on July 21st this year, a roughly one-kilometre wide piece of land fell into Öskjuvatn during the night, causing several up to 30-metre tidal waves to crash on the rocks around the lake, spilling into Víti, across the high ridge that separates it from Öskjuvatn. According to estimates, up to 50 million cubic metres of land fell down the mountain, which is the largest rockslide in historical times in Iceland, according to the Icelandic Met Office.

Studies indicate that the ground had started to destabilize long before the rockslide occurred but warm weather in the area in the days preceding the event, caused ice around the lake to melt quickly and likely sped up the process.

The layers of rock in the slopes around Öskjuvatn are younger than other parts of the caldera, which makes them less stable. There are signs of previous rockslides and further rockslides are likely to occur in future years, decades or centuries.

The restrictions on walking paths around Öskjuvatn have now been lifted but being down by the lake involves a certain risk and people who go there should be aware that in the case of a rockslide falling into the lake, it only takes a tidal wave one or two minutes to cross it, while the sound of a rockslide takes ten seconds to be carried the same distance.

The mysterious disappearance in 1907 must be put into context with the recent events. Indeed, a landslide causing a tidal wave in Öskjuvatn could easily have toppled the German scientists’ small sailboat, drowning them in the process.

It is a likely theory, although the old mystery will probably never be solved.

Iceland Review.

Askja-blog

(Photo:  C.  Grandpey)

Le tourisme de masse en Islande (suite) // Mass tourism in Iceland (continued)

drapeau francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente, l’Islande est devenue une victime du tourisme de masse et de tous les problèmes que le phénomène peut entraîner.
Ainsi, le nombre croissant de touristes en Islande a entraîné un fort développement des bed & breakfast et des locations à court terme par les biais des agences immobilières. Toutefois, l’Association Islandaise des Propriétaires a reçu de nombreuses plaintes et requêtes concernant les désagréments causés par la location à des touristes d’appartements dans les immeubles d’habitation.
En outre, l’augmentation des prix de l’immobilier et des locations dans le centre de Reykjavík ainsi que dans la périphérie est directement liée à la location d’appartements à des touristes pour de courtes périodes.

Un autre problème causé par l’afflux de touristes concerne les bateaux de croisière qui n’hésitent pas à utiliser les embarcations de sauvetage des navires pour organiser des excursions à l’attention de leurs passagers, y compris dans des réserves naturelles. Ces initiatives sont particulièrement inquiétantes car il n’y a pas à bord des navires de guides islandais possédant une bonne connaissance de la région. De plus, les accostages présentent des risques dans certains secteurs.
Les navires de croisière ont mauvaise presse en Islande ces derniers temps. Au début de la semaine dernière semaine, il a été signalé qu’un navire de croisière est resté amarré pendant 24 heures et a émis dans l’atmosphère la même quantité d’azote que 10 000 voitures.

Un autre signe certain de l’augmentation du nombre de touristes en Islande est la construction d’une plate-forme d’observation en béton sur le site d’Ofaerufoss, la chute d’eau bien connue de la faille Eldgjá.
Le béton a été transporté par hélicoptère vers la cascade le week-end dernier. La construction devait commencer plus tôt cet été mais on s’est aperçu que le terrain n’était pas assez stable. La plate-forme devrait être achevée d’ici la fin de l’été.
Avec quarante kilomètres de longueur, Eldgjá (la gorge de feu) atteint jusqu’à 200 mètres de profondeur et 600 mètres de largeur. Elle appartient probablement au même système volcanique que le Katla.
On observait autrefois une superbe arche au-dessus de la chute d’eau, mais elle s’est effondrée en 1993.

 ————————————————

drapeau anglaisAs I put it in a previous note, Iceland has become a victim of mass tourism and all the problems it may cause.

The increasing number of tourists in Iceland has prompted the growing popularity of bed & breakfasts and short-term rentals by real estate companies. However, the Homeowner’s Association has received multiple complaints and inquiries in regards to the renting of apartments in apartment complexes to tourists.

Besides, increasing real estate and rental prices in the centre of Reykjavík, as well as in nearby neighbourhoods are directly caused by short-term rental to tourists.

Another problem caused by the afflux of tourists lies with the cruise ships that do not hesitate to use the vessels’ rescue boats to take passengers on sightseeing trips, including to nature reserves. The actions are considered particularly worrisome as it is thought that there are no Icelanders with the proper knowledge of the area, or other guides, on board. Landings are dangerous in some places.

Cruise ships have been getting some bad press in Iceland in recent days. Early last week, it was reported that one cruise ship docked for 24 hours emits the same amount of nitrogen into the atmosphere as 10,000 cars.

A sure sign of the increase in the number of tourists in Iceland is the building of a concrete viewing platform by Ófærufoss, the well-known waterfall in Eldgjá canyon.

The concrete was moved by helicopter to the waterfall last weekend after it turned out when construction was set to begin earlier this summer that the rock wasn’t stable enough. The platform is scheduled to be completed by the end of the summer.

Forty kilometres long, Eldgjá is up to 200 metres deep and 600 metres wide. It is believed to belong to the same volcanic system as Katla.

A nice arch used to stand above the waterfall but it collapsed in 1993.

Ofarafoss-blog

Le site d’Ofaerufoss en 1990.  (Photo:  C.  Grandpey)

Islande, Askja et tourisme de masse

drapeau francaisLes scientifiques islandais déconseillent fortement aux visiteurs de s’approcher de l’Öskjuvatn où un spectaculaire éboulement a provoqué des raz de marée en début de semaine dernière. Ils souhaitent que l’accès au secteur du lac reste interdit pendant tout l’été.
La situation n’est pas jugée suffisamment sûre et les scientifiques rappellent aux touristes qu’il suffit d’une minute pour qu’une vague vienne frapper la berge. Si cela devait se produire, il serait trop tard pour que les gens au bord du lac puissent s’échapper. Il est heureux que le glissement de terrain se soit produit aux alentours de minuit et qu’il n’y ait eu personne au bord du lac à ce moment-là.
Lors d’une réunion mardi, les autorités ont décidé de poursuivre les travaux d’examen de la région : l’étude du fond du lac, la mesure de la température des matériaux produits par l’éboulement et l’examen de toutes les fissures dans la montagne pour s’assurer que rien n’a bougé et n’est susceptible de déclencher de nouvelles chutes de pierres.
Comme mentionné précédemment, un pan de terrain d’environ un kilomètre de large s’est détaché de la montagne la semaine dernière. Plusieurs raz de marée de 50 mètres de hauteur se sont écrasés sur les rochers autour du lac pendant la nuit. Selon les estimations, 50 à 60 millions de mètres cubes de terre sont arrivés au bas de la montagne.

Ces nouvelles viennent au moment où les autorités touristiques pensent que « le tourisme de l’Islande connaît une croissance trop rapide ». En effet, au cours des six premiers mois de 2014, 402 000 touristes ont atterri à Keflavík, soit 90 000 de plus qu’à la même période l’an dernier.
Le Directeur de l’Office du Tourisme Islandais pense que cet accroissement est trop rapide et que l’Islande n’est plus en mesure de répondre aux exigences que suppose cette augmentation.
Une solution pourrait être de limiter le nombre de touristes présents sur ​​un site touristique à un moment donné. Pour cela, il serait nécessaire de savoir à quel moment le site atteint sa pleine capacité.
Une autre solution pourrait être de mettre en place un système de réservations où les gens choisissent un horaire pour visiter un site naturel comme cela se fait dans le Grand Canyon. La mesure ne s’applique pas à l’ensemble du Grand Canyon, mais à des sites spécifiques que les gens réservent à l’avance.
L’année dernière, le tourisme a été l’un des secteurs les plus importants de l’économie islandaise, à la fois financièrement et du point de vue de l’emploi. Un gros travail devra être fait pour faire face à l’augmentation du nombre de visiteurs.

Quoi qu’il en soit, l’Islande n’est plus le have de paix et de Nature que je m’attendais à trouver quand je débarquais à l’aéroport de Keflavik. Comme beaucoup d’autres endroits du monde, l’Islande est victime du tourisme de masse. Savoir que je devrai payer pour admirer les geysers, sources chaudes et marmites de boue me dissuade de prendre l’avion à destination de Reykjavik!

Source : Iceland Review.

 ————————————————

drapeau anglaisIcelandic scientists advise people against walking down to Öskjuvatn where a massive rockfall caused high tidal waves early last week. They want the lake to remain off limits throughout the summer.

The situation is not considered safe enough and the scientists remind visitors that it only takes one minute for a tidal wave to hit and should one be set off, it would be too late for people at the lakeside to escape. It was fortunate the landslide occurred around midnight, meaning that there was no one down by the lake at the time.

During a meeting on Tuesday, authorities decided to continue research in the area, such as studying the lake floor, measuring the temperature of the rockfall material and registering all cracks in the mountain to make sure they haven’t moved and possibly set off further rockfalls.

As mentioned before, a roughly one-kilometre wide piece of land fell from a mountain near Askja last week. Several 50-metre tidal waves crashed on the rocks around the lake during the night. According to estimates, 50 to 60 million cubic metres of land fell down the mountain.

The news comes at the moment when tourist authorities think that “Iceland’s tourism is growing too quickly”. Indeed, in the first 6 months of 2014, 402.000 tourists came through Keflavík airport, 90.000 more than in the same period last year.

The Director General of the Icelandic Tourist Board thinks that there has been too rapid an increase in tourists and that Iceland is no longer able to meet the demands of this increase.

One measure to face this increase could be to impose limits on how many tourists should be present at a natural tourist site at any given time. For that, it would be necessary to know at what point a tourist site reaches full capacity.

Another solution might be a reservation system, where people schedule a time to see a natural site like they do in the Grand Canyon. It’s not applicable to the whole of the Grand Canyon but to select sites where people book ahead of time.

Last year, tourism was one of the most important sectors in Iceland, both financially and from an employment perspective. A lot of work will need to be done to face the growing numbers of visitors. Anyway, Iceland is no longer the quiet natural refuge I expected to find when I landed at Keflavik airport. Like many other places of the world, Iceland has become a victim of mass tourism! Hearing that I would have to pay to look at the geysers, hot springs and mud pots dissuades me from flying to Reykjavik!

Source: Iceland Review.

Askja-blog

Oskjuvatn et Viti dans la caldeira de l’Askja  (Photo:  C. Grandpey)