Capotes islandaises… // Icelandic condoms…

drapeau-francaisAvant de quitter leur lieu de vacances, la plupart des touristes aiment acheter des souvenirs qui vont des cartes postales aux porte-clés ou encore aux aimants destinés à orner les portes de réfrigérateurs. Si vous visitez l’Islande, vous serez peut-être tenté d’acheter quelque chose de différent: des préservatifs!
Baptisés «Profitez de notre Nature»,  ce sont des «préservatif de haute qualité en provenance de la terre des explosions ». La marque a été créée par deux designers alors qu’ils étudiaient à l’Académie Islandaise des Arts en 2005-2008.
Les préservatifs – inspirés par la nature islandaise – sont disponibles en six variétés – Geysir, Formation rocheuse, Eruption volcanique, vapeur de Hengill, Þursaborgir, Aurores boréales. On peut les acheter au prix de 7,50 dollars sur le site Web de la société (http://www.enjoyournature.com/products/) et au prix de 9 dollars dans la boutique de Reykjavik.

Que choisiriez vous ? Personnellement, j’hésite entre la fougue du modèle « Eruption volcanique » et le romantisme d’ »Aurores boréales »….

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drapeau-anglaisBefore leaving a place at the end of their holidays, most people enjoy buying souvenirs ranging from postcards to key rings or fridge magnets. If you visit Iceland, you may be tempted to buy something different: condoms!

Called ‘Enjoy our Nature’, the products have been aptly qualified as “High quality condom from the land of explosion”. The brand was created by two product designers while they were studying at the Iceland Academy of the Arts in 2005-2008.

The nature-inspired condoms are available in six varieties — Geysir, Rock formation, Volcanic Eruption, Hengill steam, Þursaborgir, Northern lights. They are available online and are priced at 7.50 dollars on the company’s website (http://www.enjoyournature.com/products/) and at 9 dollars on Reykjavik’s site.

What would you choose? Personally, I hesitate between the mettle of « Volcanic eruption » and the romanticism of « Northern Lights »…

condoms

Mise au point à propos du Katla (Islande) // Clarification about Katla volcano (Iceland)

drapeau-francaisUn séisme de magnitude 3.9 a été enregistré sous le glacier Mýrdalsjökull à 13h30 le 26 septembre, suivi de quelques répliques. La source du séisme a été localisée sur le flanc sud de la caldeira du Katla qui se cache sous la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull.
On a observé moins d’activité sismique au niveau du Mýrdalsjökull la semaine dernière qu’au cours de la semaine précédente. Le 29 août dernier, deux séismes de M 4,5 ont été enregistrés dans la partie nord de la caldeira. Ce sont les événements les plus significatifs depuis 1977.
Le Met Office islandais indique toutefois qu’il n’y a aucun signe d’activité volcanique dans la région.
Pendant ce temps, le Daily Star annonce dans son titre qu’ « un séisme monstrueux secoue un volcan tout près de la Grande Bretagne, au milieu des craintes d’un nuage de cendre. »  Ce n’est pas la première fois que le tabloïd britannique écrit de telles idioties. Il y a quelques semaines, le Met Office islandais a dû publier une mise au point pour contrer les absurdités publiées dans la presse à sensation britannique.
Il est vrai qu’une éruption du Katla pourrait générer un nuage de cendre semblable à celui émis par l’Eyjafjallajökull en 2010, mais les paramètres volcaniques actuels n’annoncent pas un tel événement. Il serait souhaitable que les journalistes britanniques se mêlent de leurs affaires et arrêtent d’alerter les populations avec des articles dénués de tout fondement.

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drapeau-anglaisAn M 3.9 earthquake hit Mýrdalsjökull glacier at 1:30 pm on September 26th, followed by a few aftershocks. The source of the quake was the south side of the Katla volcano caldera, which is under the ice cap of Mýrdalsjökull glacier.

There was less seismic activity in Mýrdalsjökull glacier last week than during the previous week. On August 29th, two M 4.5 earthquakes were registered in the northern part of the caldera. Those were the largest quakes since 1977.

The Icelandic Met Office indicates there is no sign of volcanic activity in the area.

Meantime, the Daily Star’s headline goes like this: “ Monster earthquake rocks volcano on Britain’s doorstep amid fears of ash cloud eruption”. This is not the first time the newspaper has written idiotic articles. A few weeks ago, the Icelandic Met Office had to release a special statement to counter the nonsense published in the British yellow press.

Sure, an eruption of Katla volcano might generate the same kind of ash cloud as Eyjafjallajökull in 2010, but the current volcanic parameters do not announce such an event. It would be great if British journalists minded their own business.

Lichens et gaz volcaniques// Lichens and volcanic gases

drapeau francaisL’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a récemment publié un article intéressant sur le comportement des lichens dans les régions volcaniques et plus particulièrement sur la Grande Ile d’Hawaii. En lisant l’article, on apprend que les lichens sont des organismes qui savent s’adapter à la vie dans les environnements extrêmes. Ils peuvent survivre à la chaleur, au froid, à la sécheresse, ou à l’humidité. Ils peuvent se développer à même le sol, sur l’écorce des arbres, sur des roches, ainsi que sur le métal rouillé ou le plastique. Ils apparaissent souvent dans des habitats non occupés par les plantes à graines qui sont plus envahissantes.
Sur la Grande Ile d’Hawaii, les lichens colonisent souvent de jeunes coulées de lave, en particulier celles composées de lave a’a. Les lichens contribuent au développement du sol en fournissant des matières organiques et, quand ils ont la capacité de fixer l’azote, ils peuvent l’ajouter à l’environnement. Cela permet de préparer le terrain pour le développement des espèces végétales. Certains types de lichens rencontrés à Hawaii sont également les premiers à coloniser des régions volcaniques ailleurs dans le monde comme les Caraïbes, les Açores, La Réunion, les îles Canaries, et en Afrique.
Bien qu’ils soient capables de tolérer des conditions environnementales extrêmes, certains lichens sont très sensibles à la pollution de l’air. Les lichens peuvent retenir pendant des dizaines ou des centaines d’années les produits chimiques qu’ils absorbent à partir de l’air et de l’eau. Depuis le milieu du 19ème siècle, quand la révolution industrielle a largement contribué à la pollution de l’air, les observateurs ont noté la rareté des lichens dans les milieux urbains.
Toutes les espèces de lichens n’ont pas la même sensibilité à la pollution de l’air, de sorte que la présence ou l’absence de certains lichens dans une zone peut être utilisée pour cartographier les concentrations de polluants. De nombreuses études à travers le monde ont utilisé les lichens pour évaluer la qualité de l’air.
Les lichens sont particulièrement sensibles au dioxyde de soufre (SO2), un polluant produit par les centrales fonctionnant au charbon et au pétrole, les processus industriels, les automobiles et les volcans, tels que ceux d’Hawaii. Le SO2 dissous dans l’eau devient de l’acide qui est facilement absorbé par les lichens et nuit à leur capacité de photosynthèse. Sans le sucre qui est produit par la photosynthèse et qui contribue à la vie du lichen, l’organisme ne pourrait pas prospérer et finir par mourir. Pour certaines espèces de lichens, le SO2 inhibe également la capacité à se reproduire.
Lorsque l’éruption sommitale du Kilauea a débuté en 2008 dans le cratère de l’Halema’uma’u, d’énormes quantités de SO2 ont été émises par le volcan et les lichens de la région ont beaucoup souffert. On est en droit de penser que la baisse significative des émissions de SO2 mesurées depuis 2008 pourrait se traduire par une reprise partielle de ces lichens. Les lichens peuvent aussi accumuler des éléments présents en faible quantité dans les émissions volcaniques. Des études effectuées sur le Kilauea, ainsi que sur l’Etna et Vulcano en Italie, montrent que dans les zones sous le vent lourdement impactées par les panaches volcaniques, les lichens contiennent une concentration plus élevée de polluants volcaniques tels que le fluor, le brome et des métaux tels que le cuivre, le plomb, le zinc, l’or, le mercure et l’antimoine.
Les zones riches en végétaux peuvent intercepter le SO2 et « nettoyer » l’air, ce qui génère un microclimat plus adapté aux lichens. Certains habitants d’Hawaï ont remarqué qu’ils étaient moins gênés par la pollution volcanique, ou vog, dans les zones fortement boisées que dans les zones voisines qui sont dépourvues de végétation.

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drapeau anglaisThe Hawaiian Volcanoes Observatory recently released an interesting article about the behaviour of lichens on volcanoes. We learn that lichens are tough organisms adapted to life in extreme environments. They can survive heat, cold, drought, or an abundance of rain. They live on bare soil, tree bark, woody debris, and rocks, as well as on rusty metal and plastic.

On Hawaii Island, lichens are important colonists of young lava flows, particularly aa lava. Lichens contribute to the accumulation of soil by supplying organic matter, and nitrogen-fixing lichens may add nitrogen to the environment. This helps set the stage for future development of plant communities. Certain types of lichens found in Hawaii are also important pioneers of young volcanic landscapes in other parts of the world, including the Caribbean, the Azores, La Reunion Island, the Canary Islands, and Africa.

Although able to tolerate environmental extremes, some lichens are quite sensitive to air pollution. Lichens retain the chemicals they absorb from air and water over periods of tens to hundreds of years. Since the mid-19th century, when the industrial revolution began producing increased levels of air pollution, observers have noted the scarcity of lichens growing in urban settings.

Lichen species differ in their sensitivity to air pollution, and the presence or absence of different lichens in an area has been used to map concentrations of pollutants. Hundreds of studies around the world have used lichens to assess air quality.

Lichens are particularly sensitive to sulphur dioxide (SO2), a pollutant produced by coal- and oil-burning power plants, industrial processes, automobiles, and volcanoes, such as those here in Hawaii. SO2 dissolved in water is acidic, is readily absorbed by lichens, and damages their ability to photosynthesize. Without the sugar which is produced through photosynthesis and which fuels the lichen’s life, the organism will fail to thrive and may eventually die. For some species, SO2 also inhibits the ability of lichens to reproduce.

When the summit eruption of Kilauea began in 2008 within Halema’uma’u Crater, huge amounts of SO2 were released, and lichens in the area suffered. One might expect that the significant decline in emissions measured since 2008 could be reflected in a partial recovery of these lichens. Lichens can also accumulate trace elements present in volcanic emissions. Studies at Kilauea, as well as at Mount Etna and Vulcano in Italy, show that in downwind areas heavily impacted by volcanic plumes, lichens contain a higher concentration of volcanic pollutants. These include fluoride, bromide, and metals, such as copper, lead, zinc, gold, mercury and antimony.

Heavily vegetated areas can intercept SO2, effectively “scrubbing” the air to provide a microclimate that is more hospitable to lichens. Some Hawaii residents have noted that they are less irritated by volcanic pollution, or vog, in heavily forested areas than in adjacent exposed areas.

Lichens 01

Lichens en Islande

Lichens 02

Photos: C. Grandpey

 

Un bref essaim sismique a secoué le Katla (Islande) // A brief seismic swarm rattled Katla Volcano (Iceland)

drapeau-francaisUn bref essaim sismique a secoué le Katla aux toutes premières heures de la journée du 29 août. Les événements les plus intenses avaient des magnitudes égales ou supérieures à M 4, avec des hypocentres localisés à quelques kilomètres de profondeur et sous la surface. Cette magnitude est la plus importante depuis 1977, année où des secousses semblables n’avaient pas été suivies d’éruption. Le dernier essaim sissmique semble avoir pris fin et aucune autre secousse significative n’a été enregistrée depuis. Les autorités islandaises n’ont d’ailleurs pas modifié le niveau d’alerte du Katla.
L’essaim sismique a été suivi d’une augmentation du débit de la rivière Múlakvísl qui sort du glacier Myrdalsjökull sous lequel se cache le Katla. Une forte augmentation des émissions de H2S et de SO2 a été observée. Ces deux gaz sont généralement associées à des fluides hydrothermaux au moment d’une hausse de la sismicité sous le volcan. Ils ne devraient donc pas annoncer une prochaine éruption, d’autant qu’aucun tremor harmonique n’a été enregistré.
Le Katla a déjà connu de nombreux essaims sismiques depuis sa dernière éruption il y a 98 ans. Les prochains jours et les prochaines semaines nous apporteront davantage d’informations sur la situation. .

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drapeau-anglaisA brief seismic swarm rattled Katla volcano in the early hours of August 29th. The largest events were over M 4, with hypocentres from a few kilometers deep to near the surface.. These M 4 earthquakes are the largest to occur at Katla since 1977, when they did not lead to any eruption. However,the seismic swarm seems to have been short-lived as seismicity has returned to background levels. Icelandic officials have not changed the alert status for the volcano..
The seismic swarm was followed by an increased in the flow of the Múlakvísl River, which flows out from under Mýrdalsjökull. A significant concentrations of H2S and SO2 has also been observed. Both gases gases are probably related to hydrothermal fluids and are a common occurrence when earthquake swarms have disturbed Katla. They may not be directly linked to any change in eruptive activity, all the less as no harmonic tremor has been detected…
Katla has already experienced numerous earthquake swarms in the 98 years since its last eruption. The next few days and weeks will give us more information about the situation.

Myrdals

Vue aérienne du Myrdalsjökull (Crédit photo: Wikipedia)