Islande : Péninsule de Reykjanes, Hekla… et un peu de lecture !

L’Icelandic Met Office (IMO) indique que l’intense essaim sismique qui a commencé dans la Péninsule de Reykjanes le 18 juillet 2020 décline lentement. Selon le Met Office, il s’agirait d’un « événement de réactivation volcano-tectonique à plus grande échelle dans la péninsule. »
Les dernières images satellites ont permis de cartographier de nouvelles déformations de surface dans la zone où a été enregistrée la séquence de puissants séismes entre le 18 et le 20 juillet, avec des magnitudes qui ont ateint M 5,1. Le traitement des données satellitaires montre clairement un signal de déformation avec un déplacement d’environ 3 cm le long d’une faille orientée NE-SW dans la région de Fagradalsfjall. Les images acquises au cours de la période mentionnée ci-dessus révèlent également un signal d’affaissement dans la région de Svartsengi. Le phénomène a commencé entre le 16 et le 18 juillet, peu avant la survenue des puissants séismes tectoniques à Fagradalsfjall.
Les prochaines images satellites, attendues à la fin de cette semaine, permettront de savoir si la déflation est toujours en cours ou si elle s’est arrêtée.
Aucun changement significatif n’est signalé dans les mesures géochimiques effectuées cette semaine. De plus, la centrale géothermique de Svartsengi ne signale aucun changement dans ses mesures de routine.
L’IMO conclut son rapport en ces termes: « L’activité en cours sur la Péninsule de Reykjanes, qui a commencé fin 2019, reflète une réactivation volcano-tectonique à grande échelle sur une grande partie de la péninsule entre Eldey à l’ouest et Krýsuvík à l’est. »
Source: IMO

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Dans le même temps, l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande indique que les mesures effectuées près du Mont Hekla indiquent une augmentation de la pression exercée par le magma. Cette pression est nettement plus importante que lors des dernières éruptions du volcan en 1991 et 2000.
L’Institut, qui a effectué les mesures, prévient que les éruptions de l’Hekla se produisent en général soudainement et que les randonneurs à proximité du volcan pourraient être rapidement en danger. Les éruptions commencent souvent par de violents événements phréatomagmatiques, de sorte qu’un groupe de randonneurs qui serait surpris par une éruption se trouverait vite en difficulté.

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The Icelandic Met Office (IMO) indicates that the intense seismic swarm that started in the Reykjanes Peninsula on July 18th, 2020, is slowly decreasing. This activity is interpreted to as “a larger scale volcano-tectonic reactivation event in the Reykjanes peninsula.”

The acquisition of recent satellite images has allowed to map new surface deformation in the area associated with the sequence of large earthquakes that occurred from July 18th to 20th, with magnitudes up to M 5.1. The satellite data processing clearly shows a deformation signal corresponding to approximately 3 cm of movement along a NE-SW oriented fault in the region of Fagradalsfjall. The images acquired during the period also reveal a localized subsidence signal in the Svartsengi area. The subsidence started between July 16th and 18th, slightly before the occurrence of the large tectonic earthquakes in Fagradalsfjall.

The next satellite image, expected at the end of this week, will confirm if the deflation is still ongoing or if this has stopped.

No significant changes are reported regarding the geochemical measurements performed this week. Additionally, the geothermal power plant in Svartsengi reports no changes in their routine measurements.

IMO concludes its report with these words : « The ongoing activity on the Reykjanes peninsula, which commenced at the end of 2019, reflects a widespread volcano-tectonic reactivation of a large section of the peninsula, currently spanning Eldey in the west to Krýsuvík in the east. »

Source: IMO.

Le dernier essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Source : IMO)

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In the meantime, the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland indicates that measurements made near Mount Hekla indicate a build-up of magma pressure that has become considerably greater than when the volcano last erupted in 1991 and 2000.

The Institute, which performed the measurements, warns that eruptions of Mt Hekla usually happen suddenly and that hikers in the vicinity of the volcano might be in danger in case of volcanic activity. Eruptions often start with powerful phreatomagmatic events, so that a group of unprepared hikers surprised by an eruption would have few means of escaping.

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Si avez décidé de ne pas aller en Islande à cause de la situation sanitaire actuelle (tests pour les touristes étrangers à l’aéroport de Keflavik), vous pourrez vous rabattre sur la lecture d’un livre que vient de me signaler très aimablement un adhérent de l’association L.A.V.E. Il s’agit d’un roman intitulé Heimaey par Ian Manook. Voici le résumé proposé par l’ami Google :

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancoeurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l’inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu’en maître du suspense il y distille.

L’ouvrage a été publié en septembre 2018 par les Editions Albin Michel. Il est également disponible en Livre de Poche.

Péninsule de Reykjanes (Islande) : Ça recommence ! // Reykjanes Peninsula (Iceland) : Strong seismicity again !

Un fort essaim sismique a secoué la péninsule de Reykjanes dans la soirée du 19 juillet 2020, avec un événement de M 5.1 sur l’échelle de Richter. La secousse a été ressentie à Reykjavik où les habitants ont entendu la terre gronder et senti leurs maisons vibrer. Des répliques ont été enregistrées jusqu’au matin avec des événements de M 4,6 et M 4,3.
La sismicité a son origine à l’extrémité sud-ouest de la péninsule de Reykjanes, au sud de l’aéroport de Keflavik, près de la ville de Grindavik et du Blue Lagoon.
Au cours des derniers mois, la zone autour de Grindavik a été secouée par de fréquents séismes. Les capteurs GPS ont également détecté une inflation du sol, peut-être due à une intrusion magmatique. Début 2020, on a craint que l’activité sismique annonce une possible éruption volcanique, mais à l’époque, les autorités ont estimé que le risque était très faible. La dernière éruption sur la péninsule de Reykjanes a eu lieu il y a environ 800 ans.
Il convient de noter que la sismicité est également intense sur la Zone de Fracture de Tjörnes dans le nord de l’Islande, avec des événements parfois supérieurs à M 4. Des chutes de pierres ont été observées dans la zone. Il est conseillé aux visiteurs d’éviter de marcher le long des falaises.
Source: IMO.

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 A strong earthquake swarm shook the Reykjanes Peninsula on July 19th, 2020 in the evening, with an M 5.1 event on the Richter scale. The event was felt in Reykjavik where residents heard the earth rumbling and shaking their homes. Aftershocks continued until morning with the strongest aftershocks measuring M 4.6 and M 4.3.

The earthquakes originated in the southwest tip of the Reykjanes peninsula, south of Keflavik Airport, near the town of Grindavik and the Blue Lagoon.

For the past few months the area around Grindavik has been hit with frequent earthquakes with GPS-linked sensors showing ground inflation, possibly due to magma intrusion underground. Earlier this year there were fears of the seismic activity being the precursor of a possible volcanic eruption but at the time authorities deemed the risk of an eruption to be very low. The last time a volcano erupted on the Reykjanes peninsula was around 800 years ago.

It sould be noted that seismicity is also intense on the Tjörnes Fracture Zone in northern Iceland, with events sometimes above M 4. Rockfalls have been observed in the area. Visitors are advised to avoid walking along the cliffs.

Source: IMO.

La sismicité en Islande (Source : IMO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’activité strombolienne continue sur le Pacaya (Guatemala). Les explosions projettent des matériaux incandescents à une centaine de mètres de hauteur. On observe toujours des coulées de lave pouvant atteindre une longueur de 800 mètres.

Source : INSIVUMEH.

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La crise sismique se poursuit dans la Tjörnes Fracture Zone (Islande), avec plus de 13 000 secousses enregistrées depuis le début de l’essaim le 19 juin 2020. Il s’agit du plus grand essaim sismique dans la région au cours des 40 dernières années. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M5,8 le 21 juin.
Personne ne sait quand l’essaim se terminera et personne ne connaît la cause des séismes. Les scientifiques de l’IMO remarquent qu’ils sont peu profonds et pourraient être liés à l’activité d’une centrale géothermique dans la région..
Source: IMO.

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Au Kamchatka, la situation n’a pas beaucoup évolué. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange pour l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch car des explosions accompagnées de panaches de cendres peuvent se produire et perturber le trafic aérien.

La couleur est Jaune pour le Bezymianny et le Klyuchevskoy.

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Ces derniers jours, on a observé une activité strombolienne plus ou moins intense sur la zone sommitale de l’Etna (Sicile), dans les secteurs Bocca Nuova / Voragine et Cratère SE / Nouveau Cratère SE. Dans ce dernier secteur, l’activité était localisée dans la « selle » séparant les deux édifices. On a pu voir plusieurs images de cette activité sur les réseaux sociaux. Le tremor reste à des valeurs basses.

Source : LGS.

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D’après l’Agence Météorologique Japonaise (JMA), l’activité reste intense sur le volcan de  l’île Nishinoshima. Une importante séquence éruptive a été observée le 11 juillet 2020. Les images diffusées par l’Agence montrent des gerbes de matériaux incandescents qui jaillissent jusqu’à 200 mètres au-dessus du cratère. La lave continue à s’écouler en abondance, tandis que les panaches de cendre montent jusqu’à 5400 m au-dessus du sommet du volcan.

Source : JMA, JCG.

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Le Stromboli (Sicile) mérite une visite ces jours-ci car le nombre d’événements sismiques VLP correspondant aux explosions stromboliennes est élevé, avec une moyenne de 13 à 15 événements d’intensité moyenne chaque heure.
Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est actuellement enregistrée. Il y a très peu de chutes de blocs le long de la Sciara del Fuoco (environ 4 événements par jour en moyenne).
Les émissions de SO2 dans le secteur NE de la terrasse cratèrique sont faibles, avec 23 tonnes par jour. Les émissions de CO2 mesurées sur le secteur C / S de la terrasse cratèrique atteignent en moyenne 585 t / j.
Vous trouverez ci-dessous une photo et une image thermique de la zone sommitale du Stromboli.
Source : Laboratorio Geofisica Sperimentale, INGV.

En raison des derniers événements éruptifs, l’accès au volcan a été restreint. Les visites doivent être effectuées avec les guides locaux. En raison de la dernière éruption, il est impossible d’atteindre le Pizzo, autrement dit la zone sommitale au-dessus des cratères. L’altitude maximale autorisée est de 400 mètres.

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 Here is some news of volcanic activity around the world.

Strombolian activity continues at Pacaya (Guatemala) with explosions that send incandescent material up to 100 m high. Lava flows up to 800 m long are still observed.

Source: INSIVUMEH.

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The seismic crisis is going on at the Tjörnes Fracture Zone (Iceland), with more than 13 000 quakes detected since the swarm started on June 19th, 2020. This is the largest earthquake swarm in the region in the past 40 years. The largest event had a magnitude was M5.8 on June 21st.

Nobody knows when the swarm will end, and no one knows the cause of earthquakes. IMO scientists indicate they are shallow and could be related to geothermal production in the region, as they are located near a geothermal power plant.

Source: IMO.

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In Kamchatka, the situation has not much changed during the past days. The aviation colour code is kept at Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch because ash explosions may occur and disturb air traffic..

The coleour is Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

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During the past days, some strombolian activity with variable intensity was observed on Mt Etna’s summit area (Sicily). It affected Bocca Nuova / Voragine as well as SE / NSE craters where activity occurred in the depression between the two craters. Images of this activity were released on social networks. The remor is still at low values.

Source: LGS.

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According to Japan Meteorologiccal Agency (JMA), activity is still intense at Nishinoshima. A powerful eruption occurred on July 11th, 2020. The images released by the Agency show incandescent material rising 200 m above the crater, large lava flows, and an ash plume up to 5 400 m above the summit.

Source : JMA, JCG.

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Stromboli (Sicily) is worth a visit these days as the number of VLP seismic events corresponding with the strombolian explosions is high, averaging 13- 15 medium intensity events per hour.
No significant deformation of the volcano edifice is currently recorded. Rockfall activity along the Sciara del Fuoco is low, with about 4 events per day.
SO2 emissions in the NE sector of the crater terrace are low, 23 t/d. CO2 emissions measured on the C/S sector of the terrace is medium, 585 t/d.

Here is a photo and a thermal image of Stromboli’s summit area.

Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale, INGV.

Because of the last eruptive events, access to the volcano has been restricted. The visits should be performed with the local guides. Due to the last eruption, reaching the Pizzo, the summit area above the craters is still impossible. The maximum altitude is 400 metres.

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 Séquence éruptive du 11 juillet 2020 à Nishinoshima (Source : JMA).

 

Strombol 01 02

Vues des cratères du Stromboli (Source: INGV)

L’Islande lutte contre le CO2 // Iceland is fighting against CO2

Alors que la France aura bien du mal à tenir ses engagements climatiques, l’Islande est en train de prendre la tête des pays qui font des efforts pour réduire leurs émissions de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de notre planète.

Dans des articles publiés le 15 novembre 2017 et le 23 juin 2019, j’expliquais que l’Islande pourrait être le bon endroit pour stocker dans le sol l’excès de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. C’est actuellement l’objectif du projet CarbFix qui vise à capter ce gaz et à l’enfouir dans le substrat rocheux de nature basaltique.

Un article publié ces derniers jours sur le site Iceland Review nous apprend qu’une nouvelle technologie destinée à la production d’aluminium offre l’espoir d’éliminer les émissions de CO2 de la production. La société Arctus Metals, en coopération avec le Centre d’Innovation Islandais, a réussi à produire de l’aluminium avec ce nouveau procédé qui émet de l’oxygène au lieu du CO2.
L’élément clé de cette technologie est l’utilisation de plusieurs anodes verticales en alliage métallique inerte et de cathodes en céramique, au lieu d’électrodes en carbone. Cette innovation pourrait éliminer les émissions de CO2 des fonderies d’aluminium en Islande et dans d’autres pays.
Les trois fonderies d’aluminium islandaises produisent plus de 800 000 tonnes d’aluminium par an et émettent plus de 1,6 million de tonnes de CO2 dans le même temps. Si toutes les fonderies d’aluminium islandaises adoptaient cette nouvelle technologie, les émissions de CO2 seraient réduites de 30%, ce qui permettrait au pays de remplir les obligations internationales du pays en matière d’émissions de gaz à effet de serre.
En utilisant la nouvelle technologie mise au point par Arctus Metals, une fonderie d’aluminium de la taille de celle du groupe Rio Tinto à Straumsvík dans le sud-ouest de l’Islande produirait autant d’oxygène qu’une forêt de 500 kilomètres carrés.

Un accord de coopération a été signé avec la société allemande Trimet Aluminium, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aluminium, qui poursuivra le processus de développement et prévoit d’adapter la production de ses quatre fonderies à cette nouvelle technologie.
Source : Iceland Review.

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While France will find it difficult to meet its climate commintents, Iceland is currently leading the world in its efforts to reduce the emissions of CO2, one of the main greenhouse gases that contribute to global warming.

In posts released on 15 November 2017 and 23 June 2019, I explained that this country could be the right place to store in the ground the excess of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere. It is the goal of the CarbFix project which intends to capture that gas and stick it back into basalt bedrock.

A recent article on the website Iceland Review explains that a new Icelandic technology intended for aluminum production offers hopes of eliminating CO2 emissions from the production. The company Arctus Metals, in cooperation with Innovation Center Iceland, has successfully produced aluminum with this new process which emits oxygen instead of creating CO2.

The main part of the innovation consists of using multiple, vertical inert metal-alloy anodes and ceramic cathodes, instead of using electrodes made of carbon. This innovation could potentially eliminate CO2 emissions from aluminum smelters in Iceland and elsewhere.

Iceland’s three aluminum smelters produce more than 800,000 tons of aluminum a year and emit more than 1.6 million tons of CO2 a year. Their emissions make up 30 percent of Iceland’s total CO2 emissions.

If all our aluminum smelters adopted this new technology, Iceland’s CO2 emissions would be reduced by 30 percent, enabling us to fulfill the country’s international obligations and more.

Using the new Arctus Metals method, an aluminum smelter the size of Rio Tinto’s in Straumsvík in Southwest Iceland would produce as much oxygen as a forest covering 500 square kilometers.

A cooperation agreement has been signed with the German company Trimet Aluminum, one of the world’s largest producers of aluminum, which will continue the development process and is planning to eventually convert production in their four smelters to this method.

Source: Iceland Review.

Fonderie du groupe Rio Tinto de Straumsvík, dans le sud-ouest de l’Islande (Crédit photo: Iceland Review).