Paluweh (Indonésie) [suite] // [continued]

drapeau francaisVoici quelques détails supplémentaires au sujet de l’éruption meurtrière du Paluweh. Selon un rapport de l’agence Associated Press, les six personnes emportées et tuées par une coulée pyroclastique avaient refusé de quitter la zone menacée.
Plus de 500 habitants de l’Île de Palua qui avait auparavant refusé de quitter la zone d’exclusion de 3 kilomètres ont été évacués après l’éruption de samedi vers l’île voisine de Flores où 138 personnes sont arrivées dimanche dans la ville de Maumere. Onze d’entre elles, dont deux femmes enceintes et des personnes handicapées, ont été conduites à l’hôpital en raison de blessures subies lors de l’éruption. Parmi les gens qui sont morts figurent trois adultes et deux enfants. L’âge de la sixième personne n’est pas connu. Les autorités locales ne sont pas optimistes quant à la récupération des corps des enfants, car ils ont été ensevelis sous des matériaux encore très chauds.

Les six victimes de ce week-end figurent parmi les habitants qui avaient refusé de partir l’année dernière lorsque la zone de sécurité a été établie. Beaucoup de ceux qui sont restés ont cru en de vieilles coutumes qui exigent leur présence pour empêcher la lave de détruire les villages. Pendant les éruptions du passé, depuis les années 1930, la lave avait coulé le plus souvent vers le sud mais cette fois-ci les coulées pyroclastiques se sont dirigées vers le nord en direction des plages où les victimes dormaient.

Environ un quart des 12.000 personnes de Palua ont été déplacées vers Flores quand le volcan est entré en éruption en Octobre dernier et le gouvernement a accepté de construire de nouvelles maisons pour les personnes évacuées*.
L’éruption avait baissé d’intensité lundi. De petites explosions pouvaient encore être entendues en provenance du cratère qui expulsait de la cendre et des gaz jusqu’à 600 mètres de hauteur.
En plus de l’éruption, un séisme de M 6,0 a été enregistré au large côte orientale de l’Indonésie lundi à environ 870 km au nord du Paluweh. Il n’est pas fait état de dégâts ou de victimes. Le séisme a été localisé à 90 km de profondeur et l’épicentre se trouvait à 180 km à l’ouest nord-ouest de la ville de Saumlaki, dans la province de Maluku.

La petite vidéo en accéléré accessible via ce lien montre bien l’instabilité du dôme du Paluweh:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=8KN0uXEOhWU

*Un article paru dans le Jakarta Post explique aujourd’hui que les autorités ont évacué de Palue Island d’autres personnes, y compris celles qui ont d’abord ignoré les ordres d’évacuation, suite à l’éruption samedi du mont Rokatenda (Paluweh).
Selon le responsable de l’Agence de Gestion des Catastrophes, « il y a au total 5.315 personnes résidant dans la zone rouge, dans un rayon de trois kilomètres du cratère du volcan. Nous avons évacué 1.337 personnes lundi. Elles ont d’abord refusé parce que leur culture ne leur permet pas de quitter leur terre. Nous avons finalement réussi à les persuader de partir « .
Le samedi, les autorités ont évacué quelque 3.000 habitants de l’île.
1,417 habitants avaient déjà trouvé refuge à Ropa, dans le district de Ende, lorsque le volcan est entré en éruption en Février.

 

drapeau anglaisHere are a few more details about the deadly eruption of Paluweh volcano. According to an Associated Press report, the six people swept up and killed by a pyroclastic flow had refused to leave the area for safer ground.

More than 500 Palua Island residents who had earlier refused to leave the 3-kilometre exclusion zone were evacuated after Saturday’s eruption to the neighbouring island of Flores where 138 persons arrived on Sunday in the town of Maumere. Eleven people, including two pregnant women and two disabled people, were taken to a hospital due to injuries sustained during the eruption. The people who died included three adults and the two children. The age of the sixth person is not clear. Local authorities are not optimistic about recovering the children’s bodies since they were buried under hot volcanic material.

The eruptions were smaller on Monday. Small explosions could still be heard coming from the crater which was still spewing ash and gas up to 600 metres into the sky.

About a quarter of Palua’s 12,000 people moved to Flores after the volcano began erupting last October and the government has agreed to build new houses for the displaced*.

The six victims this weekend were among residents who had refused to leave last year when the safety zone was established. Many who stayed believed in old customs that requires their presence to keep lava from destroying villages. During past eruptions dating to the 1930s, lava had typically flowed south, but this time it moved north toward the beaches where the victims slept.

This short time lapse video shows the instability of Paluweh’s lava dome:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=8KN0uXEOhWU

*An article in the Jakarta Post today explains that the authorities have evacuated more people, including those who initially ignored evacuation orders, from Palue Island following the eruption of Mount Rokatenda (Paluweh volcano) on Saturday.
According to the chief of the Disaster Management Agency “there are a total of 5,315 residents living in the red zone, a radius of three kilometres from the volcano crater. We evacuated 1,337 people on Monday. They initially refused because their culture does not allow them to leave their land. We managed to persuade them to leave.”
On Saturday, the authorities evacuated some 3,000 residents from the island.
1,417 residents had already taken refuge in Ropa, Ende regency, when the volcano erupted in February.

Paluweh (Indonésie): Une éruption tue 6 personnes // An eruption kills 6

drapeau francaisSelon plusieurs organes de presse, le Paluweh (aussi connu sous le nom de Rokatenda) a tué 6 personnes aujourd’hui samedi au cours d’un violent épisode éruptif qui a débuté à 4h27 (heure locale). En plus d’un panache de cendre de 1,5 – 2 km de hauteur, le volcan a émis des coulées pyroclastiques entre Woje Wubi et Punge Beach dans le village de Rokirole. Trois adultes et deux enfants seulement ont été retrouvés. Une sixième personne n’a pas encore été identifiée. Les autorités locales ont pris un certain nombre de mesures et ont évacué la population vers des zones plus sures. Il est demandé aux habitants de ne pas s’approcher à moins de 3 km du cratère.

drapeau anglaisAccording to several news reports, a large-scale eruption of Paluweh (also known as Rokatenda) killed at least five people early on Saturday morning. The eruption took place at 4:27 a.m. (local time) and aside from spewing an ash plume up to 1,500-2,000 metres high, it also discharged pyroclastic flows from Woje Wubi to Punge beach in Rokirole village. Only three adults and two children have been recovered. A sixth victim has not yet been identified. The local administration has taken a number of emergency measures by evacuating the victims to safer areas. The residents have been asked to go to a radius of at least 3 kilometers from the crater.

Paluweh-10-aout

Le Paluweh le 10 août 2013  (Crédit photo:  ABC News)

Paluweh (Petites Iles de la Sonde / Indonésie) (Lesser Sunda Islands / Indonesia)

drapeau francaisD’après un témoin indonésien, le 4 août 2013, le dôme de lave qui se trouvait au sommet du Paluweh s’est effondré, entraînant des explosions et probablement des coulées pyroclastiques. Un panache de cendre est monté jusqu’à environ 3 km d’altitude. D’après cette personne qui s’est rendue sur le volcan, environ 20% du dôme ont été détruits durant cet événement. Vous pourrez voir des photos sur Facebook à cette adresse :

https://www.facebook.com/NdesoNdeso#!/photo.php?fbid=10152073343886102&set=a.10150359263581102.425672.579271101&type=1&theater

L’éruption la plus meurtrière du Paluweh a eu lieu en 1928 avec 226 morts. Elle est décrite dans mon dernier livre « Killer Volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog)

drapeau anglaisAccording to an Indonesian witness, on August 4th 2013, the lava dome at the summit of paluweh partially collapsed, generating explosions and possible pyroclastic flows. An ash plume rose up to 3 km a.s.l. According to this person who climbed the volcano, about 20% of the dome were destroyed during the event. You will see photos on Facebook at this address:

https://www.facebook.com/NdesoNdeso#!/photo.php?fbid=10152073343886102&set=a.10150359263581102.425672.579271101&type=1&theater

 

Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

Lusi-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)